Ce Dolabella était (6 mari de TuUie, fille de Cicéron
plète le premier ouvrage, est probablement d'Hirtius, comme nous l'avons dit ailleurs. Les écrits sur la guerre d'Alexan* drie, sur celle d'Afrique, sur celle d'Espagne, sont attribués par les uns à Hirtius encore , par d'autres à Caïus Oppius, par d'autres enfin à des auteurs divers : le dernier, selon eux, ne serait pas même d'un contemporain, et on y reconnaîtrait les signes d'une main plus récente. La seule chose qui soit certaine , c'est que ces écrits ne sont point authen* tiques, non plus que le complément du récit de la guerre des Gaules ; qu'ils ne méritent pas de porter le nom de César ; qu'on ne doit chercher César historien que dans les sept livres et dans les trois livres incontestés.
Les Commentaires n'étaient réellement , dans la pensée de César, que ce qu'annonce leur titre, c'est-à-dire de sim» pies souvenirs, consignés par écrit au jour le jour, rédigés à la hâte et sans prétention, au fur et à mesure des événements ; c'est-à-dire, en un mot, des documents à l'usage de ceux qui feraient plus tard l'histoire de ses campagnes. Mais un homme comme César ne saurait toucher à rien sans y laisser la marque de son génie. Cette œuvre enfantée avec si peu d'efforts est une des plus admirables qu'il y ait dans aucune littérature: c'est de l'histoire parfaite en son genre ; c'est tout ce que la langue latine a peut-être de plus pur et de plus exquis. Quand César publia les Commentaires^ il n'y eut qu'une voix pour saluer en lui le premier des historiens romains. Je me trompe : ceux qui aimaient la rhétorique et les grandes phrases regrettaient qu'il n'eût pas pris soin de mieux écrire. Cicéron n'était pas de leur avis, et pour cause : «Les Commentaires, dit-il, sont un ouvrage excellent. Le style en est simple, net, plein de grâces, dépouillé de toute pompe de langage -.c'est une beauté sans parure. En voulant préparer des matériaux où puiseraient les historiens futurs , César a fait peut-être plaisir à des gens sans goût , qui seront tentés de parer ces récits d'ornements frivoles ; du moins, quant aux gens sensés, il leur a ôté l'envie d'écrire. En effet, il n'y a rien , dans l'histoire , qui ait plus de charme qu'une brièveté correcte et lumineuse ^ »