‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 70 sur 124 · TITE LIVE · texte numérisé non relu

TITE LIVE

TIE DE TITE LIYE. — HISTOIRE ROMAINE DE TITE fclTE. — VALEUR HISTORI- QUE DE L'OtlYRAGE DE TITE LlYE. — QUE TITE LIYE EST UN HÉRODOTE. — PATAYINITÉ DE TITE LlYE. — BEAUTÉS LITTÉRAIRES DE TITE LlYE.

irle de Tlte l^lve.

Tite Live appartient à ce qui est proprement le sièôle d'Auguste, c'est-à-dire à la génération qui suivit celles des Cicéron, des César, des Salluste, des Cornélius Népos. Si nous suivions rigoureusement l'ordre chronologique^ il nous faudrait le séparer des historiens fameux qui viennent de nous occuper, et l'ajourner loin de ce chapitre. Mais les noms de César, de Salluste, de Cornélius, appellent trop naturellement celui de Tite Live, pour que nous ayons eu un seul instant l'idée de remettre à un autre temps notre esquisse de l'illustre auteut*des Décades,

Titus Livius naquit à Patavi^ ou Padoue, en l'an d9 avant I. C, quinze ans avant la mort de César. A l'âge de vingtquatre ans, il vint à Rome, et il y fit un long séjour. Il fut Tami des personnages les plus distingués de la cour d'P

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guste, et Tami d'Auguste lui-même. On dit qu'il fut chargé par le prince de diriger Téducation du jeune Claude. S'ilne transforma pas son élève en un homme d*esprit, il en fit du moins un homme instruit, et qui avait le goût des lettres. Tite Live n'aspirait ni à la fortune, ni aux dignités. 11 ne profita de sa faveur que pour se faire ouvrir les trésors des vieilles archives de Rome, et pour se procurer les matériaux nécessaires à la construction du vaste monument historique dont il avait conçu la pensée. Il consacra sa vie entière à en exécuter toutes les parties. Aussi bien, n'était-ce pas moins que l'histoire complète et détaillée du peuple romain, depuis la fondation de Rome jusqu'à la guerre de Germanie et à la mort de Drusus. Je ne compte pas comme des travaux les soins qu'il donnait à sa famille, ni même le traité littéraire qu'il écrivit, dit-on, pour l'instruction de son fils. Il publiait successivement un ou plusieurs livres, à mesure qu'il y avait mis la dernière main : il ne serait même pas impossible que ce fût par dix livres à la fois, ou par décades, que l'ouvrage eût tout d'abord paru, et que la division à,e dix en dix livres fût du fait de Tite Live lui-même. Quoi qu'il en soit , Tite Live ne tarda pas à être mis au rang des plus grands écrivains ; et il lui fut donné de jouir longtemps de sa gloire. Un fait, raconté par Pline le Jeune, montre combien cette gloire était éclatante, et combien ses rayons frappaient les yeux au loin. Un habitant de Gadès fit exprès le voyage de Rome pour voir Tite Live, et, l'ayant vu, reprit le chemin de l'Espagne. Saint Jérôme fait venir à Rome plusieurs nobles Gaulois et Espagnols, uniquement pour contempler Tite Live, et qui, selon ses paroles, entrés dans une si grande ville, y cherchaient autre chose que la ville ellemême. Mais ce récit n'est manifestement qu'une amplification de celui de Pline le Jeune. Après la mort d'Auguste, Tite Live quitta Rome et revint à Padoue. Il y passa ses quatre dernières années ; et c'est là qu'il mourut, en Tan 18 de l'ère chrétienne, à l'âge de soixante- seize ou soixantedix-sept ans. Outre le fils dont nous avons parlé, il laissait une fille, qui avait épousé un rhéteur, nommé Lucius Ma- 'us. Ce Magius, suivant Sénèque le père, n'avait pas beau-

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