‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 72 sur 124 · AUTRES PROSATEURS DU SIÈCLE D'AUGUSTE · texte numérisé non relu

AUTRES PROSATEURS DU SIÈCLE D'AUGUSTE

ORATEURS. — RRÉTEDRS. — GRÂMIIAIRIENS. — VITRWVE.

Orateurs.

La mort de l'éloquence politique fut, à Rome, la mort de presque toute éloquence. Il semble que rien n'empêchait les orateurs judiciaires, même sous Auguste, même dans le monde pacifié, de produire des œuvres comme la Milonienne ou comme le discours pot^r Archias. Mais ces œuvres ne naquirent point : le génie perdit sa fécondité, en perdant la liberté delà pensée et de la parole. Ceux qui parlaient dans les tribunaux ou dans le sénat purent passer, chez les contempo-^ rains, pour des prodiges, et même pour des passe-Cicéron : la postérité n'a pas ratifié ces jugements, et il n'y a pas '*''

seul de ces prétendus génies dont elle se souvienne. Je ne dis rien des Messala, des PoUion , de ces hommes d'un autre âge , qui conservèrent d'abord quelques-unes des traditions antiques. Leurs successeurs furent indignes d'eux; et eux-mêmes n'étaient guère dignes des Hortensius et des Cicéron. Mais le temps nous a dispensés de lire les discours de ces soi-disant orateurs ; il nous a même fait une autre grâce : il a anéanti , avec leurs écrits , la plupart de leurs noms.

Le genre démonstratif ne périt pas; bien au contraire! mais quels orateurs et quelle éloquence ! L'institution des lectures publiques favorisa outre mesure le développement d'une foule de talents faux et vides ; le panégyrique fleurit dans toute sa gloire , c'est-à-dire en pleine adulation et en plein mensonge. Ces discours d'apparat n'avaient pas besoin d'être des chefs-d'œuvre pour plaire aux intéressés; et, quand l'auteur s'était concilié quelque protecteur puissant, et qu'il avait échangé sa banale monnaie contre des espèces un peu plus solides et sonnantes, non but principal était atteint, sinon tout son dessein rempli, toute son espérance satisfaite. Je ne doute pas que ces déclamateurs ne fussent enchantés qu'on les prît pour de grands orateurs ; mais je crois qu'ils savaient aussi se résigner à ne passer que pour des arrangeurs de mots et pour de plats personnages, pourvu que leur estomac et leur escarcelle eussent recueilli mieux que du vent. Au reste , le temps n'a pas été plus débonnaire pour eux que pour leurs rivaux du genre judiciaire. Le peu qui subsiste des panégyriques d'alors ne leur appartient même pas. Ce sont quelques phrases mutilées de trois oraisons funèbres ; et ces oraisons funèbres avaient été écrites l'une par un mari en l'honneur de sa femme, les deux autres par deux fils en l'honneur de leurs mères.

Rhéteurs.

On donnait quelquefois le nom d'orateurs aux rhéteurs eux-mêmes. Eux aussi ils faisaient des discours , en même temps qu'ils enseignaient à en faire. C'étaient des plaidoyers imaginaires, des harangues sur des thèmes donnés^

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