‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 73 sur 124 · AUTKES PROSATEURS DU SIÈCLE D' AUGUSTE · texte numérisé non relu

AUTKES PROSATEURS DU SIÈCLE D' AUGUSTE

et empruntés la plupart du temps à Thistoire ; c'étaient des exercices du genre de ceux qui avaient fait jadis la renommée des Gorgias^ des Protagoras, et de tant d'autres. Les disciples déclamaient pour ou contre, suivant Toccasion : ils revêtaient tour à tour les plus divers personnages ; les maîtres faisaient ensuite , à leur manière , ce que nous appellerions les corrigés. On devine assez ce que ces corrigés pouvaient être. Sénèque le rhéteur, dont nous parlerons plus tard , nous édifiera complètement sur ce point. C'est à de pareils discours que Juvénal fait allusion quand il dit : « Et nous aussi nous avons tendu la main sous la férule ; et nous aussi nous avons donné à Sylla le conseil de rentrer dans la vie privée, et de dormir profondément. » Comme les sophistes grecs, les rhéteurs latins étaient hommes à vous improviser indifféremment une oraison funèbre ou une dissertation morale, l'éloge de la fièvre, de la punaise ou de l'escarbot. Fronton n'innovait pas, quand il faisait disserter Marc Aurèle, son élève, sur la poussière ou sur la fumée. Il continuait les traditions de ses devanciers , et il était digne de leurs illustres niaiseries.

Les rhéteurs étaient fort nombreux à Rome au temps d'Auguste. 11 n'y en a pourtant que trois ou quatre qui aient laissé un nom : ainsi Coruificius, l'auteur, selon quelques-uns, de la Rhétorique à Hérennius; ainsi CestiusPius, de Smyrne ; ainsi Rutilius Lupus. Nous avons un écrit en deux livres sur les figures de pensées et sur les figures de mots, qu'on attribue à ce dernier. Ce qui donne une certaine importance à ce traité, ce sont les nombreuses citations qui rémaillent, et qui sont tirées en grande partie d'auteurs aujourd'hui perdus.

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Caïus Julius Hyginus fut, après Varron, un des plus célèbres des grammairiens du siècle. Il était né en Espagne, suivant les uns, à Alexandrie, suivant d'autres. Il avait été esclave dans son enfance, et esclave d'Auguste même. Affranchi par son maître, il était devenu, grâce à ses talents, un des premiers hommes de la cour. Il enseigna longtemps

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avec un très-grand succès, et il fut nommé par Auguste cor servateur de la bibliothèque palatine.

^ygin avait composé un grand nombre d'ouvrages. Le plus regrettable de tous oeux qui sont perdus , c'est son commentaire critique sur les chants de Virgile. Nous possédons, sous le nom d'Hygin, un recueil mythologique, intitulé Livre de Fables, C'est une collection de deux cent soixante-dix-sept petits récits, extraits soit des scoliastes grecs, soit des sommaires analytiques d'anciennes tragédies. Quelques critiques trouvent que le style de cet ouvrage est beaucoup trop incorrect, pour qu'on puisse l'attribuer sans scrupule à Hygin. Un autre ouvrage, plus mal écrit encore, et qui porte aussi le nom d'Hygin , c'est une Astronomie poétique y qui est en grande partie une traduction des Catastérismes d'Ératosthène, V Astronomie poétiçtte est précieuse par les documents qu'elle renferme sur l'astronomie ancienne, et par certaines données propres k faciliter l'intelligence des poètes.

La destinée de Verrius Flaccus ressemble singulièrement à celle d'Hygin. Il était affranchi du jurisconsulte Yerrius Flaccus, un des amis de Cicéron, L'école qu'il tenait était fréquentée par les jeunes gens des premières familles de Rome. Auguste voulut qu'il donnât des leçons à ses petitsfils, Caïus et Lucius Agrippa, et il lui assigna, dans le palais même, un lieu où il pût recevoir les élèves qui suivaient ses cours. Auguste payait, dit-on, à Verrius cent mille sesterces par an ; le professeur avait en outre le revenu de sa classe: seulement, il était convenu qu'il se contenterait de ses anciens disciples, et qu'il n'en admettrait plus de noi^veaux. C'est Verrius qui eut le premier l'idée de faire composer les élèves entre eux, et de décerner en prix aux vainqueurs quelques livres rares ou utiles. Il mourut fort âgé , sous le règne de Tibère. On lui éleva une statue , selon les uns , dans la ville de Préneste, et, selon quelques autres, à Borne même, devant le temple de Vesta.

L'ouvrage le plus précieux qu'eût rédigé Verrius est ce calendrier, cité par Suétone et Macrobe, et dont quelques fragments ont été découverts dans le siècle dernier. II en

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