AUTRES POETES DU SIÈCLE D'AUGUSTE
VARIUS; P^DO ALfiINOVANUS. — MACER. — GRATIUS FALISCOS. — MANILIUS*
— GERMAMICOS. — POËHE DE L'ETNA.
Il y a bien peu de noms à ajouter aux noms des grands poètes dont nous venons d'étudier le caractère et les œuvres.
AUTKES POËTBS DU SIÈCLE d'aUGUSTE. 4Ô3
Pourtant , la poésie du siècle d'Auguste n'est pas tout entière dans Virgile, dans Horace, dans Properce, dans Tibulle, dans Ovide. Nous l'avons déjà remarqué, à propos de Varius et de quelques autres. Il ne s'agissait alors que de l'épopée; et voilà pourquoi nous n'avons rien dit de l'ouvrage qui avait fait surtout la renommée de Yarius. C'était une tragédie, intitulée Thyeste. On ne sait pas ce qu'était précisément cette tragédie, aujourd'hui entièrement perdue. Peut-être Varius avait-il essayé de traiter d'une façon nouvelle son terrible et dramatique sujet; peut-être s'était-il borné à imiter plus ou moins librement quelque chefd'œuvre grec; comme Ovide, selon toute vraisemblance, naturalisa à Rome la Médée d'Euripide. Quoi qu'il en soit, le Thtjeste de Varius passait , avec la Médée d'Ovide , pour la plus belle composition dramatique que possédassent les Romains : « Il n'y a pas, dit un critique ancien, un livre d'Âsinius ou de Messala qui soit aussi célèbre que la Médée d'Ovide ou le Thyeste de Varius ^ » Il est probable que le succès du Thyeste^ comme celui de la Médée^ fut tout littéraire; que le peuple y fut à peu près étranger; que Varius avait écrit pour les lettrés bien plus que pour le théâtre, et que ce qu'on prisait particulièrement dans sa tragédie, c'était la beauté d'un style mâle et ferme, et digne, presque partout, des grands maîtres, digne même, selon Quintilien, des grands tragiques de la Grèce.
Pour trouver un poète épique après Virgile , il faut descendre jusqu'au temps de Néron et jusqu'à l'auteur de la Pharsale. Quelques-uns cependant donnent le titre d'épopée au poëme historique qu'un ami d'Ovide, Pédo Albinovanus, avait rédigé en l'honneur de Germanicus , et dont il reste quelques vers. Ces vers, qui n'ont rien de bien remarquable , sont un fragment du récit de l'expédition de Germanicus dans l'Océan septentrional. Mais, si l'auteur de Y Enéide n'eut point d'héritiers immédiats , je ne dis pas d'émulés , l'auteur des Géorgiques n'en manqua pas. Ce ne sont ni des Virgiles , ni des Lucrèces , ni même des Ovides ;
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mais ce sont des hommes de quelque mérite, et que nous ne pouvons passer sous silence.
macer.
Émilius Macer, de Vérone, fut un imitateur de Nicandre. U avait écrit un poëme sur les propriétés des plantes vénéneuses. Cet ouvrage n'existe plus. Les vers attribués par quelques-uns à ce contemporain d'Auguste, sont, selon toute apparence, d'un autre Macer, qui vivait à la fin du ii« siècle. Il n'y a, dans ces vers, ni talent ni style ; et le premier Macer ne passait point, dans son temps, pour un poète méprisable. On se rappelle que Quintilien a fait à Macer l'honneur de rapprocher son nom de celui de Lucrèce. Quelques réserves qu'on soit forcé de faire sur une pareille assimilation , il reste toujours que Macer fut un écrivain élégant et un bon versificateur.
«ratlus Faliftens.
Nous possédons un petit poème de cinq cents et quelques vers, intitulé Cynégétiques, dont l'auteur. Gratins Faliscus, paraît avoir été contemporain d'Ovide. Gratins est da l'école de Virgile, ou du moins il fait tout son possible pour en être. Le seul défaut grave qu'on puisse lui reprocher, c'est une obscurité sous laquelle ne se cachent pas toujours des idées qui vaillent la peine qu'on les cherche. Mais , comme le fait observer un critique , qui nous dit que cette obscurité ne tienne pas à notre ignorance, et que des termes que nous ne comprenons plus ne fussent pas vulgaires autrefois? Ajoutons que Gratius n'écrivait pas pour tout le monde , mais pour les chasseurs ; et que son vocabulaire n'était guère moins familier a ses lecteurs que ne l'est , pour les chas* seurs d'aujourd'hui, celui de nos livres de vénerie. Les qualités ne manquent pas, dans les Cynégétiques. La description du chien est un morceau remarquable. Le poète trouve des accents énergiques pour peindre les maladies qui désolent une meute. L'épisode de l'antre où Vulcain guérit les animaux peut se lire, même après les merveilleux récits du cbantre d'Aristée. On aura quelque idée du ton général de