‹ Histoire de la littérature sacrée, grecque et romaineChapitre 33 sur 48 · PLAUTE ET TÉRENCE · texte numérisé non relu

PLAUTE ET TÉRENCE

Il est regrettable qu'il ne survive de la comédie latine que deux poètes, éminents, il est vrai, mais autour desquels se groupait, de leur vivant, une pléiade d'auteurs , dont les œuvres serviraient de points de comparaison aux jugements de la critique. On comprendrait mieux, pièces en main, le point de départ, le mouvement et le progrès de la comédie latine ; depuis les vers fescenuins et leurs grosses plaisanteries jusqu'à l'apparition des pièces régulières importées de la grande Grèce et de la Sicile par Livius Andronicus, Ennius et quelques vieux poètes. On aurait plaisir à retrouver dans le Campanien Névius ces brocards dont s'irritait la morgue patricienne. On saurait ce que signilje cette gravité, dont on fait un mérite au Milanais Cécilius, traducteur habile des Grecs , mais que Cicéron regarde pourtant comme un écrivain de mauvais style et Aulu- Gelle comme un poëte froid et glacé . On verrait si Luscius Lavinius, l'ennemi déclaré de Térence, avait autant de talent que de malveillance. On pourrait comparer au théâtre latin d'imitation le théâtre national, où les pièces togées, prétextées, trabées et tabernaires d'Atta, d'Afranius et des autres poètes formaient un genre qu'exploitait encore, sous le règne d'Auguste, Mélissus de Spolète, bibliothécaire de l'empereur. Enfin on jugerait ce qu'étaient les atellanes de Sutrius, de Dossennus, de Novius, de Pomponius, d'Aquilius, de Titinnius et de Memmius, qui firent en tout temps les délices du

Page 1