TERENCE
style , on peut considérer les Adelphes comme la mieux écrite des pièces de Térence : l'habile moraliste s'y élève à une diction parfaite inimitable. Molière en a tiré \ Ecole des maris, dont Tintrigue est bien supérieure à celle des Adelphes, mais le grand comique français ne saurait faire oublier la délicieuse élégance de son modèle.
C'est par ce coup de maître que se termine la carrière dramatique de Térence. Ses biographes s'accordent à dire qu'il partit alors pour l'Asie ou plutôt pour la Grèce, afin d'étudier de près les mœurs de la contrée, dont il s'était approprié si bien l'esprit et le sentiment littéraire; mais il ne revit plus sa patrie adoptive. Suivant l'opinion la plus répandue, il revenait à Rome avec une riche moisson d'imitations et de copies, lorsqu'une tempête l'assaillit, et il mourut soit dans le naufrage, soit du chagrin d'avoir perdu les richesses qu'il rapportait, On ne sait rien de particulier sur la vie intime de Térence. Ovide, dans une de ses élégies, semble insinuer qu'il n'était pas un bon vivant, un joyeux convive. On doit sans doute attribuer celte réserve, cet amour d'une vie simple et tranquille ta l'habitude générale de l'esprit de Térence , et tout porte à croire que les douces et salutaires influences du mariage et de la fcimille agirent sur sa nature affectueuse et sensible. Il laissa une fille du nom de Térentia. Elle fut mariée, après la mort de son père, à un chevalier romain, à qui elle apporta en dot une maison et un jardin de deux arpents situés sur la voie Appienne.