‹ Histoire de la littérature sacrée, grecque et romaineChapitre 43 sur 48 · SIECLE D'AUGUSTE · texte numérisé non relu

SIECLE D'AUGUSTE

celaient des dépouilles grecques transportées à Rome, œuvres d'Antiphile , d'Artémon , de Zeuxis , de Théodore, de Pausias et de Polygnote. A peine y trouvait-on quelques peintures d'artistes romains , tels que Fabius Pictor, Pacuvius, Turpilius, Labéon, Plautius, Arellius, Fabullus et Ludius, paysagiste habile et ingénieux. C'étaient aussi des Grecs qui avaient fait ou qui faisaient les statues répandues à profusion dans Rome. Les Romains ne sculptaient point. Pasitélès, auteur d'un grand nombre d'ouvrages, notamment d'un Jupiter de marbre que l'on voyait dans la maison des Métellus, est qualifié citoyen romain ; mais il était né dans la Grande Grèce, et l'on ne peut douter que la Grèce ne fût également la patrie du graveur Dioscoride, qui avait buriné ce portrait d'Auguste, dont l'empereur et après lui ses successeurs se servirent pour sceller leurs dépêches.

Cette absence de génies créateurs établit donc une très -grande différence entre le siècle de Périclès et celui d'Auguste. Est-ce à dire toutefois que le siècle d'Auguste fut inutile au mouvement progressif de l'intelligence humaine? Loin de là. S'il est juste de considérer, avec Herder, la nation romaine et la littérature latine comme un pont jeté par la Providence sur l'abîme des siècles pour porter jusqu'à nous les débris de l'antiquité, on peut dire que la brillante phalange d'esprits éminents qui , chez les Romains , semble s'être donné rendez-vous au même moment de la durée, a augmenté le précieux trésor que la Grèce avait transmis à l'Italie, et a ouvert à la postérité des voies nouvelles dans la poésie, l'histoire, la législation et l'éloquence.

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