PRINCIPAUX ÉCRIVAINS DE LA DÉCADENCE
SENEQUE, LUCAIN, LES DEUX PLINE, JUVÉNAL et QUINTILIEN.
« Après les siècles de perfection , dit Voltaire , le goût se gâte. Les artistes, craignant d'être imitateurs, cherchent des routes écartées ; ils s'éloignent de la belle nature que leurs prédécesseurs ont saisie. Il y a du mérite dans leurs efforts, mais ce mérite ne sert qu'à couvrir leurs défauts. » Ces défauts sont, en général, la déclamation, la recherche, l'enflure, la subtilité, l'envahissement du style poétique dans la prose et de la prose dans la poésie. Afin de réveiller le goût blasé des auditeurs et des lecteurs, les écrivains se' laissent aller à l'affectation, s'emportent à la poursuite du bizarre et de l'étrange , qu'ils prennent pour le grand et pour le sublime, et ils descendent ainsi jusqu'à la puérilité, aux pointes, aux jeux d'esprit et aux baga* telles sonores. Cependant la nécessité de trouver des idées nouvelles , ou de donner un tour nouveau aux idées connues, a souvent l'heureux effet de produire des personnalités qui découvrent des combinaisons inconnues, des aperçus plus profonds dans le champ fécond et inépuisable de la réflexion, de la pensée et du style. « Il y a, dit Madame de Staël, plus d'idées fines et neuves dans le traité de Quintilien sur l'art oratoire que dans les écrits de Cicéron sur le même sujet. Quintilien a réuni ses propres pensées à celles de Cicéron; il part du point oij Cicéron s'est arrêté. La philosophie de Sénèque pénètre plus avant dans le cœur