CHAPITRE XVIIL
BAPPORT DE M. LENORMANT BUR LA MONNAIE DE PAPIER.-GUERRfi CIVILE ENTRE LES CHACTAS.-^MORT DE SOULIER ROUGE.— LES FRANÇAIS SONT HARCELÉS PAR LES INDIENS.— NOUVELLE tui»* SION DE PAPIER MONNAIE PAR VAUDREUIL ET MICHEL.— ILS SONT BLAMES PAR LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS.— RÈGLEMENTS DE POUCE.— ÉTAT DES FORCES DE LA COLONIE EN 1751.
Le 27 mars 1747, M. Lenormant qui, en sa qualité de 1747, commissaire-ordonnateur, devait accorder une attention toute particulière à l'état financier de la colonie, fit, à ce sujet, un rapport dont voici un extrait : "Dès que le papier-monnaie a commencé à perdre, on s'est jeté sur les piastres, que l'on a achetées plus ou moins dans les commencements, suivant le plus ou moins de besoin, de cupidité ou d'industrie de ceux qui les achetaient ou les vendaient Voilà la source de tout l'agio qui s'est fait dans la colonie sur les lettres de change et sur les piastres. Il a considérablement augmenté pendant les années 1741, 1742 et 1743, mais il serait bien difficile de vous dire la fermentation qui a eu lieu à cet égard dans la colonie, à combien de virements cela a donné lieu, ni avec combien d'adresse plusieurs particuliers ont su profiter de ces circonstances à leur avantage, et au préjudice des intérêts du roi et du bien général de la colonie.
•^Sur la question de savoir s'il convient de hasarder de nouveau de la monnaie de papier, j'y trouve de grandes difficultés, parce que la quantité à émettre ne
22 [CHAP. XVIM.
1747. peut pas être ominae d'avance, pas plus que les dépenses de la colonie» sur lesquelles doit être fondée l'émission de ce papier monnaie.
*K)n a tout i craindre encore de l'avidité et du goût décidé des particuliers de cette colonie pour l'agio. Leur [industrie, dont on aurait pu faire un meilleur usage, a^été de tout temps uniquement tournée de ce côté là. Car, quoique l'agio sur la monnaie de la colonie, sur les piastres et sur les lettres de change, n'eût commencé qifen 1737, l'agio sur les marchandises de magasin, et sur tout ce qui en était d'ailleurs susceptible, a toujours eu lieu dans la colonie. C'est pour ainsi dire le seul objet auquel ceux qui demeurent dcms le pays se sont attachés, au préjudice de l'établissement des terres et des autres moyens qui peuvent faire fleurir la colonie.
"Je conviens qu'une nouvelle monnaie de carte ou de papier procurera un soulagement actuel à la caisse de la marine en France ; mais ce soulagement, qui ne peut avoir lieu que pour la première année, ne peut balancer les risques inséparables de Rétablissement et de Vexistence de cette monnaie dans le paysP
On voit que M. Lenormant, il y a juste un siècle, écrivait, en quelque sorte par anticipation, l'histoire du papier monnaie contemporain dont nous avons vu tous les tripotages ; on voit que les mêmes causes ont produit, en 1842, les mêmes eflets qu'en 1742. Ce rapprochement est par lui-même une leçon pour Favenir et n'a pas besoin de commentaires.
A cette époque, quelques doutes s'étant élevés sur l'étendue des terres qui dépendaient de la juridiction de la Nouvelle-Orléans comme chef-lieu, le marquis de Vaudreuil décréta, en date du 11 mai, quî cette juridiction s'étendait depuis le bas du fleuve, des deux côtés, jusques aux quartiers des Allemands exclusivement, et qu'elle devait comprendre aussi le quartier du bayou
GHAP. XVUll S8
St-Jean, ainsi qne le quartier de ChaatUly, «i^pelé 1747. maintenant Gentilly, par corruptioou
Le 10 mai 9 le marquis de Yaudreuil avait écrit au ministre, relativement aux Chactas : '' Je complais pourvoir vous apprendre, Monseigneur, que la nation ohajç^ tas nous avait fait satisfaction de l'attentat oommis sur nos français, l'été dernier. (L'assassinat du chevalier de Verbois et de deux traiteurs.) Tout ce qui m'eii est revenu, depuis mes précédentes, est qu'il s'est teun & Tombekbé une assemblée presque générale de tous les chefs et principaux guerriers, dans laquelle il a été ré^ solu de ne point perdre de temps à nous faire satisfaOf tion, et le commandant de ce poste me marque jurécisément qu'il est persuadé que Texcoution n'en ira pas loin, et que c'est la tête du Soulier Rouge et celles de ses adhérents qu'ils comptent livrer incessamment, et que, pour preuve des dispositions où sont la plupart de ces chefs et principaux guerriers à notre égard, ils lui ont promis qu'à leur retour dans la nation, ils allaient dépécher un courrier aux Gbickassas, pour avertir les Anglais de ne point venir chez eux, sans quoi, ils courraient les risques d'être pillés, et peut-être pis«
^'Voilà, Monseigneur, dans quelle dis^sition est au« jourd'hui cette nation ; soit que ce soit la misère où elle est réduite qui l'engage à revenir à nous, soit par un pur attachement à la domination française. J'espère qu'elle en viendra à nous faire satisfaction, et, telle chose qui puisse l'y contraindre, nous tirons toujours un grand avantage des différends que nous avons aigourd'hui avec elle. Nous n'avions ci-devant que de faibles assurances de sa fidélité, au lieu que si elle en vient à nous livrer les têtes des coupables, nous serons plus assurés que jamais qu'elle ne peut se passer de nous, et que l'Anglais ne peut lui faire les mêmes avantages qu'elle est accoutumée à recevoir des Français. En ce cas» elle perdra tout espoir de lier aucun commerce
24 [cHAf. xvin.
1747. ArVeo tes Anglais, et par là, elle noQs deviendra plus attachée qu'elle ne nous l'était ci-devant.
^n n'est point surprenant que cette nation ait tant tardé à nous faire satisfaction.£lle est nombreuse, il y a différents partis, et celui de Soulier Rouge n'est pas le moindre ; mais comme celui-ci, jusqu'à présent, n'a. pu lui faire voir l'exécution de ses belles promesses, il commence à perdre de son crédit, et il n'est pas douteux qu'à la fin ses partisans ne l'abandonnent, conmie il y en a déjà plusieurs, qui sont revenus dans nos intérêts, et qui font aujourd'hui partie de ceux qui ont juré sa perte."
Le 15, dans ane autre dépêche, il revient sur les mesures de défense qu'il avait prises contre l'attaque projetée des Anglais, et il dit :
"Bien qu'il n'y ait pas autant d'eau à la passe de la Balise qu'à celle de l'Est, j'avais laissé le fort intact pour ne pas donner à penser aux Anglais qu'il y avait une passe meilleure, les changements sur la barre étant trop récents pour qu'ils en eussent connaissance. Mais à présent qu'il n'y a plus que sept à huit pieds d'eau et qu'on avait lieu de croire qu'elle se comblerait en peu de temps, à en jager par les rapports de terre qui s'y sont faits depuis huit mois, étant d'ailleurs assuré que les Anglais sont informés de ces changements par voie de la Havane, j'ai pris le parti de désarmer les batteries du fort et de retirer les deux tiers de la garnison. Ne voulant pas exposer cette partie de nos forces aux hasards d'une attaque qui nous en priverait immanquablement, sans espoir d'en tirer aucun avantage pour la défense du pays, je n'y ai laissé qu'une pièce de canon de 8 et deux de 4, pour faire et rendre les signaux à nos vaisseaux, et un détachement de quinze hommes avec le pilote, sous le conmiandement d'un officier chargé de survoler la côte, afin de m'assurer de tout ce qui pourrait survenir d'extraordinaire, avec l'ordre de quit*
GHAR» XYIU.] fUBt
1er le poste, lui et sa troupe pour remonter ici, s'il aperr 1747^ cevait plusieurs vaisseaux ennemis ensemble.
^La passe de l'Est a dix sept pieds. Le Chameau l'a passé avec la plus grande facilité.
^J'envoie deux plans et devis pour deux forts, dont l'un est le fort de Plaquemines, situation que M. Lenormant préconise toujours. Outre mes raisons déjà développée^ contre cette situation, je dirai que le terrain n'est élevé que de deux pieds et demi au-dessus des plus basses eaux et qu'il est couvert d'un pied d'eau, lors des déborr déments. D'ailleurs, il est probable que le sol n'a paii assez de solidité pour supporter des travaux de fortifî-' cations, et c'est l'opinion du sieur Devergès, qui a une longue expérience.
^^Au détour des Anglais, le terrain est élevé de neuf à dix pieds au-dessus des plus basses eaux et pourrait soutenir toute sorte d'ouvrages. Il est nécessaire d'à? viser incessamment au choix du site à fortifier," . On voit que le gouvernement avait en perspective li^ ' nécessité de fortes dépenses, lorsque le budget des dé*-, penses courantes de cette année avait pris déjà des proportions plus fortes qu'à l'ordinaire et se montait à la somme de 506,445 livres.
Au commencement de 1748, il s'éleva conmie une 1748. guerre civile entre les Chactas, dont les uns se décla* rèrent pour les Français et les autres pour les Anglais^ Ceux qui s'étaient prononcés pour les Anglais, étant dansja minorité, étaient appelés les révoltés^ et se mirent, pai" petites bandes, à faire des courses sur les Français, ainsi que plusieurs lettres de M. de Vaudreuil en font foi. Une troupe de Chactas attaqua ua village des Allemands, tua un habitant, blessa sa femme, et fit sa fille prisonnière, avec trois nègres et deux né* grites. M. de Vaudreuil écrit à ce siyet, en date du 4 jwn;. ... . ...... -. : : . >
**Sur ce qu'on m'avait annoncé qu'un ^SkYf^^ .^H%
85 [CHAF. XVliJ*
1748. visité ce village, (Côte des Allemands) quelque temps auparavant» examinant tont avec attention, j'avais donné ordre de se tenir toujours sur ses gardes et de veiller surtout sur le ruisseau, par où ce sauvage était venu et par où il s'en était retourné. Pendant les premiers jours, qui suivirent cet ordre, on fut assez prudent et alerte, mais peu à peu, on a abandonné toute précaution. Puis, quand le mal a été fait, au lieu de s'assembler et de prendre des mesures efficaces contre un ennemi, dont on n'a rien à craindre, lorsqu'on est sur ses gardes, ils ont abandonné leurs habitations et se sont presque tous sauvés à la Nouvelle-Orléans, où pour les renvoyer, on a été obligé de les menacer, et de leur donner un détachement considérable pour les rassurer et les mener chez eu3C A peine le détachement fut-il parti pour revenir, que la plupart des Allemands se sont retirés de l'autre c6té du fleuve, pour y faire quelques défrichés dans les cannes. Us ont abandonné leurs maisons et laissé leurs terres bien cultivées, entièrement i la discrétion de leurs bestiaux.
^Voilà TelSet que produisent dans cette colonie les incursions des sauvages, et ce, autour de la Nouvelle- Orléans, où on a moins lieu de les appréhender que partout ailleurs. J'ai envoyé à Tombekbé l'ordre de faire tout au monde pour s'assurer des auteurs de cet acte, et fait dire à la nation que, si elle ne vengeait au plus tôt cette insulte, elle me mettrait dans le cas de l'abandonner entièrement."
Dans une dépêche du 15, il igoute : ^Depuis la précédente, j'ai appris, par des lettres de la Mobile, que le partisan, qui était venu aux Allemands faire le coup dont j'ai parlé, avait été tué, en arrivante son village, par son chef même et son propre firère, après avoir reçu les reproches qu'on lui fit, d'être venu gâter la parole donnée à la Mobile et la résolution prise de se récondr lier avec nous.
CHAlf. XYIÎU] *7
^J'apprends des Alibamons qu'un parti de Chactas 1748. anglais, conduit par le frère de Soulier Rouge, passant aux Kaouitas pour aller à la Caroline demander des secours, a été attaqué et a eu huit hommes tués."
Le 14 juillet, les Chactas du parti français attaquèrent un village du parti anglais, et tuèrent treize hommes, au nombre desquels étaient plusieurs chefs très considérés. Les Chactas du parti anglais, ayant entrepris de s'en venger, attaquèrent à leur tour, le 16 août suivant, un village des Chactas français. Le combat fut opiniâtre de part et d'autre. Il y eut plus de cent hommes tués à cette attaque, et les Chactas anglais Airent obligés de plier. On les poursuivit l'espace de trois lieues. Leur perte fut estimée à plus de quatrevingts morts, avec pareil nombre de blessés, dont plusieurs moururent des suites de leurs blessures.
Il se donna entre ces sauvages plusieurs autres combats moins considérables, dans lesquels ceux attachés au parti français eurent toujours l'avantage.
Le marquis de Yaudreuil renouvela, à cette accasion, les représentations qu'il avait déjà faites sur la nécessité d'augmenter les troupes de la colonie, et fit observer que, tant que les postes ne seraient pas bien garnis, on ne saurait se flatter de pouvoir contenir les sauvages. Il marqua aussi que les Anglais ne cessaient pas, en paix comme en "guerre, de travailler à indisposer les nations sauvages contre les Français.
Après de longues délibérations, et après beaucoup de sang versé dans une guerre civile qui menaçait de les anéantir, la majorité de la nation des Chactas s'était enfin déterminée à porter la tète du Soulier Rouge à M. de VaudreuiL Ce chef célèbre fut tué au moment où il conduisait un convoi de marchandises anglaises dans son village, et, par cet événement, le parti qu'il était parvenu à former en faveur des Anglais serait tombé, si, en le faisant mourir, on avait eu soin en même
88^ [oHAP. xvihV
^74a. tenïpA de détraire le convoi. Maïs les Anglais qui en étaient les maîtres, par le moyen des présents qu'ils se trouvèrent en état de faire, parvinrent à soutenir leur parti, à la tête duquel ils mirent un frère de Soulier Rouge. Quelques-uns mêmes de leurs partisans vinrent faire une excursion du côté des établissements français, et tuèrent cinq personnes. La nation se trouvant, par là-, encore divisée en deux partis, malgré la mort du Soulier Rouge, il y eut recrudescence de guerre civile. Les Anglais ayant profité de ces circonstances pour donner plus d'extension à leur commerce dans la nation, Toffi^ cier français, M. de Grand-Pré, commandant du poste de Tombekbé, fut informé que cinq traiteurs anglais devaient partir des Ghactas avec soixante chevaux tdiargés de pelleteries. Sur cet avis, il forma un parti de douze sauvages, commandés par un chef af&dé qui, s'étant posté sur la route que devait tenir le convoi, l'ctttaqua et le défit entièrement. Des soixante chevaux dont il était composé, quarante furent enlevés et les vingt autres tués ; mais il n'y eut qu'un anglais qui périt, les autres s'étant échappés.
Quant aux autres nations sauvages qui habitaient sur le territoire de la colonie, les Anglais, dont l'activité était pour le n^oins égale à celle de leurs rivaux, étaient parvenus à décider les Illinois à massacrer les Français et a détruire leurs établissements. Mais la conspiration ayant été découverte, le chevalier de Berthel, qui commandait dans cette partie du pays, en empêcha l'exécution, de sorte qu'on eut lieu d'espérer que la tranquillité serait bientôt rétablie.
Le marquis de Vaudreuil, en rendant compte au ministre de ces mouvements des nations sauvages, l'informa qu'il ne pouvait les attribuer qu'au mépris que ces nations avaient conçu pour les Français, en voyant lo peu de forces qu'ils avaient dans les différents postes, et qu'au bruit répandu par les Anglais que le roi de France
CUAP. XVIII.] âff
n'ayait plus de vaisseaux pour transporter des troupes' 1748. à la Louisiane.
Des Indiens avaient eu l'audace de venir attaquer et tuer des chasseurs dans le voisinage même de la Nouvelle-Orléans, et le quartier de la Mobile avait été tellement inquiété que, pour rassurer les habitants, M. de Vaudreuil s'était décidé à s'y transporter. Il fit entourer les maisons de palissades et fit venir toutes les petites nations des environs, pour garder les avenues du poste et prévenir les surprises.
Dès qu'on fut informé de l'attentat conunis aux en*' virons de la Nouvelle-Orléans, M. de Noyan, lieutenant de roi, qui y commandait en l'absence de M. de Vaudreuil, détacha M. Tixerant, lieutenant, avec cin«» quante hommes de troupes régulières et de milices, pour courir après les sauvages. Ce détachement ayant dans sa route rencontré des Chactas qui étaient en chasse, et qu'il prit pour les auteurs de l'attentat que Ton voulait punir, le commandant Tixerant envoya deux hommes pour les reconnaître. Ceux-ci furent bientôt aperçus par trois de ces sauvages, lesquels firent leurs cris ordinaires pour avertir leurs gens de la présence d'étrangers. Mais les deux Français ayant pris la fuite et rejoint le détachement, M. Tixerantî dont la troupe était à terre, la fit rembarquer pour tra^ verser un bayou qu'il mit entre elle et les sauvages, et derrière lequel il se retrancha. Les sauvages, voyant le détachement firançais battre en retraite, lui tirèrent quelques coups de fusil, tuèrent un soldat et en blessèrent deux autres.
Le chef sauvage ayant ensuite demandé à parlement ter, Tixerant lui reprocha d'avoir tiré sur les Français. Ce chef prétendit que ce n'était ni lui ni ses gens qui avaient tiré, mais bien des esclaves, déserteurs de chez tes français, qu'il ofirait de rendre, si on voulait les lid
30 " Icnkv. xviii.
1748. payer. H lui témoigna même beaucoup de chagrin de cette aventure.
M. de Vaudreuil, qui rend compte de cet événement» dit que le peu de fermeté du lieutenant Tizerant serait de la plus dangereuse conséquencei si le roi la laissait impunie» et que d'ailleurs cet officier s'adonnait à la boisson; U ajoutait qu'il fallait le casser. En effet» suivant la recommandation de M. de Vaudrenil» Tixerant lut cassé.
Jamais les Français n'avaient été plus harcelés par les Indiens que cette année. M. de Yaudreuil, le 16 novembre» donnait encore de nouveaux détails sur des attaques faites contre les colons par leurs infatigables ennemis. ^Le 9 courant» dit-il» un exprès de la Côte des Allemands me rapporta qu'un parti de sauvages était venu sur l'habitation de feu Cheval» où ayant aperçu quelques français et nègres qui bêchaient» les sauvages se saisirent des armes de ces habitants» ce qui les obligea de fuir et de traverser de l'autre côté du fleuve pour s'armer» mais qu'aussitôt» ils avaient repassé le fleuve pour s'opposer aux entreprises de l'ennemi. Je pensais que le sieur d'Arensbourg serait instruite temps de ce qui se passait et enverrait promptement au secours» mais je ne sais par quelle fatalité ce conunandant ne s'était pas encore rendu à son poste.
^'Tandis que ces habitimts traversaient le fleuve» les nommés Bouchereau et Rousseau fils» avec deux de leurs nègres» entreprirent d'amuser les ennemis» en at* tendant du renfort» et furent autour d'une maison» pour en chasser quelques sauvages qui s'y étaient retirés* Ceux-ci» qui les guettaient» tuèrent les deux Français et vinrent pour leur enlever la chevelure» mais les deux nègres s'y opposèrent et se battirent si vigoureusement» qu'ils tuèrent deux sauvages» et obligèrent les autres de se tenir enfermés dans la maison» d'où tirant de temps
CHAP. XVUI.] 81
en temps quelques coups de fusil, ils blessèrent un de 1148. ces nègres à mort, et contraignirent l'autre, qui avait déjà plusieurs balles dans les chairs, de se jeter à la nage dans le fleuve, qu'il avait à demi passé, lorsqu'on accourut de l'autre côté pour l'en tirer.
^Les sauvages ne voyant plus de résistanee et parcourant quelques habitations pour les piller, rencontré* rent un nommé Baby, maitre de demse de la Nouvelle- Orléans, qui était monté sur un assez mauvais cheval, et sans autre défense qu'un couteau de chasse qu'il avait à la main. Ils voulaient le prendre en vie, mais il fit si bien qu'il se débarrassa d'eux et se jeta dans une maison, où était un jeune homme nommé Guillaume, qui avait retiré chez lui dix à douze négrillons et né* grites. Comme cette maison est assez bonne, qumqae ce jeune homme n'eût qu'un seul fusil et peu de muni* tions, il entreprit d'empêcher les sauvages d'y entrer, et fit si bonne contenance qu'il blessa dangereusemient un ennemi et écarta les autres. Mais le sieur Baby, qid s'était retiré dans cette maison, y reçut un coup de fbsil au travers du cou, dont il mourut.
^Je fis partir le lendemain un nouveau détaehemeat de vingt-deux hommes, pour renforcer le premier que j'avais envoyé par le bayou St-Jean, ne doutant pe« qu'ils ne rencontrassent les sauvages lorsqu'ils voodraient s'en retourner, et le même jour, le nommé Fia* mant, habitant de cette ville, qui venait des Allemands, me remit une lettre du sieur d'Arensboui^, qui m'apprit qu'il n'avait pu se rendre chez lui que le 10, i sept heures du matin, et qu'ayant voulu aussitôt traverser du côté attaqué avec un détachement, il n'avait pu le faire, faute de voitures ; que d'ailleurs, nos ennemis étant en plus grand nombre qu'on ne pensait, les habitants avaient appréhendé que, s'ils se fussent mis en devoir d'aller chasser les sauvages, ceux-ci n'eussent traversé de l'autre côté, où, ne trouvant que peu de forces, ils
32 [cHAr. XYUU
114B. annûeiit massacré les femmes et les enfants, et rava^ toutes les habitations. Ce qui lui a fait prendre le parti de rester sur la défensive et de partager tout son monde en t^is bandes, dont l'une pour conserver le haut, l'autre le milieu, et la troisième le bas de la côte, où il était, disait-il, en attendant du renfort. Cette conduite m'a d'autant plus surpris, que je lui avais donné l'ordre précis de secourir ceux qui seraient attaqués de ce côté* ci, et que j'ai toiyours pensé que de cent vingt à cent trente Allemands qu'il avait, portant les armes, il aurait pu en détacher une cinquantaine, avec lesquels il au^ MÔt d& marcher de préférence. Il était inutile qu'il me demandât un renfort, l'exprès qui m'apporta cette lettre m'ajant assuré que les ennemis s'étaient retira le 10, sur ks dix heures du matin, et qu'il avait été avec cinq de sas nègres, la nuit du 9 au 10, sur les dix heures du ioir, chercher le nonmié Baby, prêt à expirer ; qu'il l'avait traversé de l'autre côté pour recevoir les derniers sacrements, et ensuite amené à l'hôpital de cette ville, oà il est mort peu de temps après son arrivée. ' "La nuit du 11 au 12, je fus averti que les sauvages eummis, sur le point de se retirer, avaient été attaqués par notre détachement, qui leur avait tué deux hommes, bktBsé plusieurs autres, et que le reste avait gagné un pays impraticable, où l'on n'avait pu les suivre. J'ai axBsitôt commandé les petites nations d'ici, (les envircHis de la Nouvelle-Orléans) pour leur aller couper le chemin dans le haut de M anchac, et j'ai envoyé un détachement de vingt hommes pour aller au9si les guetter dans le même endroit, en cas qu'ils s'y rendent.
"Les deux premiers détachements sont arrivés, le 12, à sept heures du matin, et m'ont amené tout le bagage et les voitures des ennemis, avec une négresse qu'ils avaient faite prisonnière. Cette négresse a rapporté que les sauvages étaient au nombre de treize, que ce parti' a perdu aux Allem^and^ deux guerriers, qui ont été tués.
CHAT, xvni.] 29
et trois dangereusement blessés. Surpris par nos déta- i748. chementSy ils ont eu deux hommes tués, çt les antres se sont sanvés dans des marais, d'où ils ne sertiront peutêtre jamais. A Texeeption de deux fusik, ils ont tout abi^onné, butiui voitures, et quatre chevelnres qu'ils avaient levées. De ce parti sauvage il ne rQSte plus que deux hommes capables d'aller dans leurs fçyors."
^oilà, Monseigneur, ce qui a causé tant d'alarmes. A entendre les Allemands et la plupart des habitants de la Nouvelle-Orléans, ce parti était composé de flxm de deux cents hommes, et encore des plus intrépides de la nation des Chaetas. J'ai toi^jours pensé qu'il n'y avait tout au plus que douze i quinze vagabonds qui, connais* sant la timidité des Allemands, venaient tâcher de leur enlever quelques nègres pour les vendre aux Anglais."
La situation militante dans laquelle se trouvait la ^colonie fat sans doute pour elle une grande cause de dépenses, car le budget de cette année s'éleva à 539,965 livres.
Le 3 janvier, M. de Maurepas, alors ministre, envoya 1749. la dépêche suivante, concernant le commue de la colonie, au marquis de Vaudreuil et à Midiel de la Rouvillière qui avait remplacé M. Lenormant comma commissaire-ordonnateur : ^ Je vous recomniande de veiller soigneusement à ce que le commerce interlqpe, ne se fasse pas entre la Louisiane et les colonies anglaises, par lequel les colons pourraient, au détriment des, intérêts du roi, vendre leur indigo aux Anglais, qui leur donneraient des marchandises, des nègres ou de l'argent.
K7est à quoi il est de votre devc^r de veiller, et cet objet exige d'autant plus de soin et d'attention de votre part, que, depuis quelque temps, les interlopes anglais ont trouvé le mc^en de s'introduire dans œtte colonie, n m'est même revenu qu'il y a é^ ex||ê^ fies bateaux pour la Caroline. Le 9«At pour ce commerce £raudttr
34 [chat. XYin.
1749. leQX y prendrait bientôt de profondes racines, pour peu que Toa négligeât d^ mettre ordre.
^L'intention du roi est donc que vous empêchiez exactement tout commerce avec les Anglais dans la colonie. Si quelqu'un s'avisait de conduire ou d'envoyer quelques bat|ments chez eux, il faudrait punir suivant toute larigueiir des lettres patentes du mois d'octobre 1727. Vous ne devez, sous quelque prétexte qne ce puisse être, admettre dans la colonie aucun de leur bâtiments, et tous ceux qui entreprendront d'y aborder, doivent être confisqués s'ils peuvent être pris. En un mot, vous ne devçz ni tolérer ni laisser impuni aucun commerce avec eux, et Sa Majesté n'admettrait pas d'excuse de votre part sur cela. Il en est de même pour le commerce des HoUandais."
Pour ce qui concernait les produits agricoles de la colonie, le ministre, voulant donner de l'extension à l'exploitation du cirier, autorisa M. de Y audreuil à acheter la cire végétale provenant de cet arbre, et à la payer, pour le compte du gouvernement, de 10 à 12 livi^s, Is^ livre.
La colonie eut encore beaucoup à soufirir, cette année, de l'hostilité des Indiens. Le marquis de Y audreuil, dans une dé]>êche du 22 septembre, parle de continuelles attaques faites par des partis de difiérentes nations sauvages et de l'alarme générale qui régnait depuis les Natchez jusqu'à la Nouvelle-Orléans.
Pour détruire entièrement les sauvages, ajoute-t-iU Il faudrait des créoles dupays^ qui sont seuls capables de courir les bois et de faire la guerre à la manière des barbares; nèois malheureusement^ il n^y en a pas suffisamment* 1760. Cependant, les Chactas du parti français avaient si souvent et si rudement .frappé sur les Chactas du parti anglais, qu'il n'y avait plus que deux viUages de cette nation* restés ^les aux Anglais. ^Enocnre, de pén deux
CHAF. XVI1I.J 35
villages» disait M. de Vandrenil an ministrey en date du 1760. 1er février, il n'y a guère que les chefs qui persistent» car beaucoup de leurs guerriers voudraient en finir et revenir à nous. Je forcerai nos alliés» en les menaçant de retenir les présents qu'ils attendent, dé chasser les Anglais qui sont encore dans Tun de ces viUages. Nous ne pouvons faire autrement» faute de forces suffisantes. Car il est important de ne pas exposer nos armes à un échec.
^Tout est tranquille» moyennant deux détachements envoyés» l'un aux Allemands» l'autre aux Tunioas» où j'fti fait bâtir un &rt que ces sauvages me demandaient depuis long-temps» pour protéger leurs femmes» lorsqu'ils vont en course.
^uant aux Chickassas» il faudra patienter jusqu'à ce que nous puissions faire une expédition contre eux. Car des expéditions de 1736 et 1740 contre les Chickassas» les sauvages ont tiré la conséquence que nous étions incapables de jamais détruire ou réduire les peaux rouges. Jusqu'à ce que ces revers soient effacés» ainsi que la funeste impression qui en est résultée» notre position seraextrément pénible.
'^ Les Chickassas m'ont envoyé une femme française et des enfants faits prisonniers l'année dernière aux Arkansas et m'ont fait demander la paix. J'ai fait payer la rançon des personnes et j'ai répondu que je verrais quant à la paix» mais qu'il fallait qu'ils se comportassent mieux que par le p€LSsé."
On voit que c'était une détermination prise de ne pas accorder la paix aux Chickassas» mais de les détruire entièrement
Le 24 juin» M. de Vaudreuil rend compte de la continuation de la guerre civile chez les Chactas» et parie d'un combat» où cent trente chçvelures de Chactas anglais furent levées. Il dit aussi que les Chaotas de l'Ouest sont allés en course contre les Chickassas et lui
30 [cflAP. XVUI.
1760. ont rapporté douze dieTehires. Il i^^^ote que, bi^i qu'il ne reste que deux villages chaetas fidèles aux Anglais, ceux-ci n'en font pas moins des efforts incroyables pour gagner le reste de la nation.
Au mois d'octobre, M. de Vaudreuil fit un rajçort favorable sur la situation de la colonie vis-à-vis des sauvages. ''Les Natcl^ez, dit-il, n'existent plus, ou peu s'en faut Les Chickassas sont fort affaiblis, et les Chaetas révoltés viennent d'être soumis. A la suite d'une expédition faite en septembre par les Chaetas affidés, ayant à leur tète quelques Français commandés par M. de Grand-Pré, les rebelles ont demandé grâce; et les sauvages, nos alliés, flattés de les avoir ainsi réduits, et charmés d'ailleurs de pouvoir terminer avec honneur une guerre qui leur coûtait leur propre sang, se déterminèrent à me proposer la paix au n<xn de toute la nation, et elle fUt conclue aux conditions suivantes :
''l ^ . ''Que tout chef, considéré, ou guerrier chaetas qui trempera ses mains dans le sang d'un Français sera tué sans rémission, et que si les parents de l'agresseur s'opposent à cette justice, toute la nation prendra les armes contre eux et leur fera subir le même sort qu'aux coupables.
"2 ^ . "Que tout Chaetas, ehef, ou guerrier qui introduira l'Anglais dans son village, sera puni de mort avec l'Anglais, sans que qui que ce soit de la nation puisse en prendre vengeance.
"8 ^ • Que toute la nation Chaetas continuera de faire la guerre aux Chickassas et qu'elle ne cessera de frapper sur ces perfides, tant qu'il en subsistera.
"4 ^ . Que les villages révoltés détruiront au plus tôt leurs fiHTts, et que l'on rendra de part et d'autre les prisonniers et les esclaves faits pendant la guerre."
Le gouverneur fit observer au ministre, qu'au moyen de cette paix, la colonie allait jouir dhme tranquillité
CUAP« XVUI.] 37
qo^eUe n'avait pas ea le bonheur de goAter dapoia 1750^ sa fimdation» et prétendit que l'on n'avait pins à era»dre que les Ciiickassas, devenus cependant nioias redoutables par leur affaiblissement gradneL
Le fomremement firançais avait demandé an marquis de Yaudreoil s'il ne conviendrait pas de maintenir la guerre civile des Chactas, afin d'affaiblir eette paissante nation. M. de Yaudreuil répondit que la nation des Chactaa étant de son propre mouvement revenue à des sentistents meilleurs, et ayant accepté des copdi* tions qui prouvaient la sincérité de son afiection pour les Français, il eut été imprudent, dans son opinion* après avoir rétabli la paix entre les Indiens et les Français, de ne pas mettre un terme à la guerre civil» qui les déchirait, surtout après la satisfaction que les Chac* tas fidèles avaient obtenue pour les Français, de la part des Chactas révoltés. '«D'ailleurs, dit-il, cette nadon n'aurait pas tardé à s'apercevoir de nos intentioDs ca^ chées et i se convaincre que cette guerre inlestinfi l'affaiblissait trop. Alors, elle se serait peut-être décidée à la paix sans notre participi^on.'*
On se rappelle, qu'en 1747, le commissaire-ordonnatenr Lenormant avait eu la sagesse de s'qqposer à une nouvelle émission de papieMnomiaie ; mais M. Michel de la Rouvillière, qui lui avait succédé, fut de plus facile eon^position. Les opérations- financières dont le papier-monnaie offrait la perspective étaient trop tentantes pour qu'on n'y revint paà. Aussi, messieurs de Yaudreuil et Michel de la Rouvillière rendirent, le len février, une ordonnance portant la création de billets depuis vingt-cinq livres jusqu'à trente livres, et an-r dessus, s'il était nécessaire : "^Lesquels billets, disant messieurs de Yaudreuil et Michel dans leur codonnanee^ seront numérotés, enregistrés, signés par M. Michel, et ensuite oremis par eon^>te au trésorier pour s'en senpr h acquitter les dépenses du roif^^pour retirer les i^uîts
38 [oMAP« XTiir,
r760. répandus dam le public et les récépissés qu'il pourrait lui-même y avoir répandus pour raison des dits paiements; lesquels nous ordonnons de rapporter au trésor après la publication de la dite ordonnance, et les billets y énoncés seront donnés en échange, de façon qu'il n'y ait pas d'autre circulation dans le public. Il sera fourni des lettres de change pour ces billets comme par le passé.**
Le' gouvernement fut fort étmmé lorsqu'il apprit qu'une pareille ordonnance avait été rendue, et elle fht dési^pprouvée par le conseil d'Etat, sur un rapport qui lui en fut fait et dont voici les conclusions:
1 ^ • ''Les chefs d'une colonie ne peuvent recourir i des expédients de cette espèce, que dans le^cas où il s'agirait de sa défense et de sa sécurité. Ils n'ont point, sur tout ce qui a rapport aux monnaies, plus d'autorité qu'un commandant de place assiégée qui, se trouvant sans argent et sans aucune ressource pour en avoir» peut faire recevoir du papier en paiement de ses dépenses ; et il serait même très dangereux d'étendre leurs pouvoirs sur une matière si délicate.
2 ^ . ''L'expérience que l'on a faite i la Louisiane de la circulation des papiers de caisse doit rendre très circonspect i cet .égard, et l'on ne peut pas douter que ceux qui font l'objet de l'ordonnance du gouverneur n'occasionnent bientôt les mêmes désordres que l'on a éprouvés i l'occasion des anciens. Par ces considérations, on estime qu'il est absolument nécessaire de les supprimer."
Le 28 novembre, le ministre écrivit i M. Michel une lettre fort sévère, dans laquelle il blâmait énergiquement l'ordonnance que ce commissaire avait rendue de concert avec le gouverneur.
"Le roi, écrivait le ministre, n'a point approuvé I'otddtmaikce que vous avez rendue, le 1er. février de cette année, pour introduire dans ie public des billets et les
GHAP. XYIII.] 99
faire drcnler ccmune de la monnaie. Sa Mi^jesté a été x76d. même fort surprise que vous ayez pris sur vous de faire une telle opération. Votre conduite i cet égard est sans excuse*
''D'abord, vous avez outrepassé vos pouvoirs. En-* suite» vous ne devez pas ignorer les désordres qu'ac* valent produits dans la colonie les précédentes émissions de papier» et vous auriez dû craindre le retour de ces désordres par suite de votre opération.. Sa Majesté ne casse pas votre ordre par égard» mais vous voudrez bien retirer.incontinent tous les billets émis» contre des lettres de change sur les trésoriers généraux.^
Sur CCS entrefaites» le roi ayant enfin égard aux re* présentations de M. de Vaudreuil» qui» depuis longtemps» demandait une augmentation de foroes» décréta que dorénavant» il serait entretenu dans la colonie au moins trente-sept compagnies de cinquante hommes» formant un effectif de dix- huit cent cinquante hommes, n fut aussi décrété que le gouverneur pourrait donner annuellement un congé absolu à deux soldats par com« pagnie» à condition qu'ils s'établiraient dans la colonie.
En date du 26 septembre» le ministre avait envoyé de sages instructions à M. Michel» pour faciliter l'ao* croassement de la colonie. Ainsi» il permettait à M. Michel d'accorder des avantages fort libéraux aux soldats et i tous ceux qui voudraient se fixer à la Lomsiane. Il terminait en disant :
''Sa Majesté a bien voulu consentir à la proposition que vous lui avez faite de fournir gratis» i ces portes d'habitants» (les nouveaux venus) des vivres en mais et riz pendant dix-huit mois» avec des instruments pour commencer l'établissement des terres qui leur furent accordées. Elle approuve aussi qu'il soit fourni six mois de vivres de la même espèce aux artisans qui s'établiront dans les villes» avec quelques instmmentf panr leur métier. Mais elle attend de vous que vous viUUei^
40 [oHAP. xnu.
)750. àèe qti^enfloitfaittttbintiisageyioeque leseenoes- Bioni soient bien choisies, rapprochées, et à ce qu'il soit établi des villages.^ âaCf Alc
Le 12 octobre, M. Livaudais, capitaine de port et «hef {ûlote, fit au ministre, sur rembouchure da Mi»- 8is8i|»pi, un rapport intéressant, dont Toici un extrait : ^Monseigneur, j'ai l'honneur d'informer Votre Gran'* ' deur du changement qui s'est fait à l'entrée du fleuve, occarionné par l'équinoxe de septembre dernier. Lorsque hi fiàte du roi, le Rhinocéros^ est airivée en juillet, le gisement de la passe était Sud-Sud-Est, et Nc^- Nord-CNiest, et présentement elle gtt Est et Ouei^ Oela n'est que trop fréquent depuis vingt-cinq ans que j'entre et scÉ-s des Taisseaux. Rarement les ai-je sortis par où je les avais entrés, et ces changements arrivent ordinairement dans le mois d'octobre, lorsque ce fleuve a jpen de courant Alors les marées remontent jusqu'à ompe lieues. Il fiuidra présentement que les vaisseaux qui viendront chercher l'entrée mouillent Est-Nord^Est et Otœst-Sud-Ouest des maisons du poste de la Ba^
'. Parmi* les billets des trésoriers émis dans le pays en paiement de salaires, d'émoluments, ou pour autres services du roi, et que messieurs de Vaudreuil et Mi« ehel avaient voulu faire rentrer, en y substituant une monnaie' de papier de vingt-cinq à trente livres, il s'en trouvait beaucoup de contrefaits, ce qui avait coniaribiié & les déprécier. On découvrit qu'un nommé Joseph, homme de couleur libre, en était coupable. Convaincu de ce crime, il fût condamné à être fouetté par le bourreau, à être marqué avec un fer chaud, dWe fleur de lys sur l'épcuile, et à être vendu aux iles. 1751. Le 12 janvier, le marquis de Vaudreuil écrivit au nâûistre ponr lui demander la croix de St.-Louis en fttveur de M. de 6rand-Fré, commandant à Tombekbé. Il fohdaif cette demande sur la bonne conduite et le
CflAP. XVUl.] 41
service intelligent de cetofficier, qui s^était distingué 1761. dans la dernière campagne contre les Chickassas.
Le 18 février, M. de Vaudreoil et M. Michel publièrent des règlements de police. Comme rien ne peut mieux peindre l'esprit et les mœurs du temps, que ces règlements, par le style, la forme et le fonds, ils sont transcrits ici presque en entier :