‹ Histoire de la Louisiane (volume 2)Chapitre 31 sur 49 · M [WAP« XX · texte numérisé non relu

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Jit6i. gB6Bt constammeiit dans ces paragds» pourraient différer plus qu'il ne faudrait pour que la dite colonie reçût à temps les secours qui lui sont indispensablement nécessaires ; au lieu que les bâtiments qui seront expédiés de la Havane à la Nouvelle-Orléans, feront ii^ailliblement ce trajet en peu de jours, à cause des vents d'Est qui régnent constamment dans le golfe.

^Au reste, quelle que soit la tournure qui sera adoptée par M. le bailli d'Arriaga, la France paiera aveo la plus grande ponctualité les avances qui seront faites à cette occasion.''

Le 15 décembre, M. de Kerlereo, qui ne se lassait pas de se plaindre, et qui n'en manquait pas de raison^ renouvelait, avec plus de force que jamais, ses représentations sur le dénûment où on le laissait, ^lequel dénûment, dkait-il, menaçait non-seulement l'existence de la colonie, mais la vie de tous les habitants." Nous avons vu, par le mémoire précité de l'ambassadeur de France, que le gouvernement français avouait son impuissance à envoyer aucun secours i la Looi* siane. M. de Kerlerec, par conséquent, perdait son temps en demandes inutiles.

1763. Cependant, M. de Kerlerec ne se rebutait pas, et le 10 février, il écrivait encore :

^Je reçois courrier sur courrier des Chérokis^ qui demandent que je me décide i les alrandonner, ou à leur fournir les secours que je leur ai promis pour se défendre. Je les engage à prendre patience, mais la patience est une vertu inconnue à ces gens là, et ils ne peuvent que faire incessamment la paix avec les Aurais et tourner leurs armes contre nous, ne pouvant seulanent pas leur donner de la poudre pour se défendre ; car nous mêmes nous serons incessamment dans le cas d'en manquer pour repousser leurs incursions. Les Chactas et les Alibamons sont dans le mépe cas, ainsi

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que toutes les antres nations. Ymlà un précis de la 1763. situation de la Louisiane."

Sur ces entrefaites, M. de Kerlerec, s'il ne reçut pas des secours effectifs, reçut du moins des promesses. Ladessus, il écrivait au ministre en clate du 25 avril, ^e viens d'expédier des courriers aux Chactas, aux Âlibamons et aux Chérokis, pour leur annoncer les secours que vous promettez. Cette nouvelle réveillera leur pa^ tience, apaisera leurs murmures, et ralentira leur pro* jet de recourir à l'Anglais.

^Je mande aussi mon fidèle chef de guerre, le ixnip,qui est mon agent depuis quatre ans, et auquel nous devons en bonne partie Talliance* des Chérokis. Je lui enjoins de faire son possible pour amener ici six chefis chérokis et autant de considérés et gens de valeur, pour pouvoir raisonner avec eux sur les opérations à entreprendre, une fois les secours arrivés. J'en userai de même pour les autres sauvages.

''J'ai prévenu les sauvages que les Espagnols feraient dorénavant cause commune avec nous contre les Anglais, et d'agir en conséquence.

''J'ai beaucoup fait pour les Espagnols auprès des sauvages. Le vice-roi du Mexique m'en a fait des remercîments, de même que le gouverneur de Pensacola.'^

Le 19 juin, M. de Kerlerec annonçait au ministre qu'en cassant M. de Belle-Isle, pour l'appui qu'il avait donné à M. de Rochemore contre lui, lors de la saisie du navire, les Trois-Frères de Rhode-Island, il avait donné la place de major de la Nouvelle-Orléans à M. de la Houssaye, en remplacement de M. de Belle-Isle, et là place de major de la Mobile à M. de Grand-Pré. M. de Kerlerec y ajoutait l'éloge dé M. Foucault, le nouveau commissaire-ordonnateur, dont il vantait les talents, l'intelHgence et la capacité.

On a vu que, depuis quatre ans, M. de Kerlerec demandait des secours sur tous les tons, et qu'après un long

1763. silence^ on lui en arait promis. En effet, an mois de juin, il arriva plusieurs bâtiments. Mais, écriyit41, en date du 24 juin, au si^jet de ces bâtiments: ''U se trouve qu'ils contiennent à peu près rien de ce qui est porté snr les factures, de sorte que j'ai eu l'humiliation de ne point pouvoir tenir les promesses que j'avais faites aux sauvages. Ces navires n'ont point apporté les choses les plus essentielles ; et les choses qui y sont, ou sont peu goûtées des sauvages, ou sont d'une qualité tellement mauvaise et inférieure, qu'elles sont sans valeur. Que faire maintenant en présence des sauvages que je m'étais hâté de convoquer pour accélérer nos affaires ? Comment prendront-ils tout .cela 7 Comment les contenir? C'est une situation affreuse pour moi. Faut-il donc que la province de la Louisiane soit le jouet de la cupidité et de l'avarice!"

On se rappelle que M. de Rochemore avait été remplacé, au mois de juin de l'année précédente, par M. Foucault, n n'en avait pas moins prolongé son séjour dans la colonie, et ne partit qu'au mois de juillet de cette année. Au siyet de ce départ, M. de Kerlerec écri vit au ministre :

^M. de Rochemore • est parti sur la Médée avec un portefeuille rempli de lettres de change qui sont tirées sous un autre nom que le sien, et qui, â son arrivée en France, lui assureront ime fortune brillante. Cette substitution de nom empêchera Monseigneur d'être instruit au juste de sa situation."

M. de Kerlerçc y ajoutait des plaintes contre Messieurs de Belk-Isle, Grondel, Grand-Champ, d'Hauterire, Marigny de Mandeville, Rocheblave, Broutin, et envoyait un certificat contre M. de Rochemore, signé par soixante citoyens notables, y compris les membres du conseil supérieur.

On a vu que M. de Kerlerec avait fait le plus grand éloge de M. Foucault, dans sa dépêche du mois de

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juin, mais Foncaulf fiit loin d'éqpire.siir le même ton I7da. au si\jet de M. de Kerlereo, qu'il représenta oomme un malversaleur. Cette accusation est contenue dans une dépêche du 20 juiliet, qui est remplie de détails intéressants. Ces détails donnent une idée de ce qui se passait dans la IxMiisiane à cette époque. Ainsii M. Foucault demandait que l'on fixât la quantité de bois de chômage à accorder au gouvemeurt qui se plaignait de n'en point avoir une provision suffisanteH<|n0iqu'il tt^ les moyens d'en acheter avec le trakeraeaat de quarante mille livres par an qu'il recevait M« F«Rh eault exposait qu'en 1761, il avait été fourni aag#Q^ vemeur deusc cent vingt sept eord.es de Ihûs et tims ceti^quarai^ livres de bougie verte, à l'ordoiHiateurt M. de Rochemore, deux ce^ vingt-et*im cordes ^ hoi^ et quatre cent cinquante livres de bougie, ao ^(prde ma* gasitt général et au garde magasin partiouUer qoeffas* te cordes de bois et deux cents livres de bougie» gk^^ cun. & faisait observer que les loyers du flouver»ew et de rordopnateur, se montaient à Quinze mille UviPes^ ^'Un seul déménagement de M. de Kerlereo, dtsaît-il» avait occasicisné une dépense de vingt miUe Uvies*"- - Q ajoutait que de 1750 à 1763, on avait tiré, pMr les dépenses de la colonie, jusqu'à la concurrence d'une somme de quatre millions cent soixante sept miUe c^nt vingt cinq livres, en lettres de change* Ces dépenses étaient d'autant plus onéreuses pour la Fianee, qn^slle suecomJbait sous le poids de la guerre malheureuse qu'elle soutenait centre l'AngletcyrM^ ^ l'admit dépouillée de presque toutes ses possessions: américaines» La conquête du Canada par les Anglais avait causé uae émotion pénible à la Louisiane, qui Ini était unie par tant de liens, et qui, pendant Imgtemps» en avait formé une dépendance. Un pressentimeni vague, et qui fut bientôt vérifié, faisait craindre aux edons un

changement de domination. £n effet, 1^ JA novam-

1762. bre, le. roi d'Espagne acceptait^ sous sceau privé, le don que le rai de France lui faisait de la Louisiane. Voici en quels termes était coiiçu Tacte d'acceptation :

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