‹ Histoire de la Louisiane (volume 2)Chapitre 32 sur 49 · Acte ^acceptation de la Louisiane par h roi cT Espagne · texte numérisé non relu

Acte ^acceptation de la Louisiane par h roi cT Espagne

^Don Carlos, par la grâce de Dieu, roi de Castille, de l«épn, d'Arragon, des deux Siciles, de Jérusalem, &c. dcc. &c : comme il a plû au Roi très Chrétien, mon très chei et très amé cousin, ensuite de la signature des articles juréliminaires de la paix entre la couronne d'Espag ie et celle de France, d'une part, et les couronnes d'ÀMgleterre et de Portugal, de l'autre part, avenue le trois du présent moi3, de déclarer» par le pur effet de la générosité de son cœur, et de l'affection et amitié qoe nèps nous portons réciproquement, qu'il entendait que le Hiftrquis de Grimaldi, mon ambassadeur extraordlMûre. aupfès de sa personne royale, et le duc de Cklotseulf S(m ministre d'état, signassent le même jour «n aele par lequel, dès l'instant même, la courcmne de France cède à' aelle d'Espagne, le pays connu sous le nom de Louisiane, ainsi que la Nouvelle-Orléans et nie dans laquelle cette ville est située, acte par lequel cepoU^Mit, mon susdit ambassadeur n'admet la cession qae stA spe rolt, attendu qu'il n'avait pas d'ordres de ma part qui pussent le déterminer à accepter purement et simplement le dit acte, dont voici la teneur :

^Le Rei Très Chrétien étant dans la ferme résolution de resserrer de plus en plus et de perpétuer les liens de la tendre aimtîé qui l'unissent au* Roi Catholique, son eeosin, nef/tofoèe d'agir en conséquence, en tout temps et à tons égard*, avec Sa Majesté Catholique, dans une parft.ite uniformité de principes, relativement à la gloire commune de leurs monarchies.

^Dans cette vue, Sa Majesté Très Chrétienne, véritablement sensible aux sacrilSces que le Roi Catholique a bien voulu fnre généreusement pour concourir avec

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elle moL rétablisiement de la paix» a désiré de lui dpn- I76a ner à cette occasion une preuve du vif intérêt <)a'elle pr^ndà sa satisfaction et aux avantages de sa couronne*

^Pour cet effeti le Roi Très Chrétien a autorisé le duc de Ghoiseul, son ministre, a délivrer dans la forme la plus authentique au marquis de Grimaddi, 'ambassadeur extraordinaire du Kbi Catholi(|ue^ un acte par lequel Sa Migesté Très Chrétienne, cède en toute propriété purement et simplementi et sans aucune exception» à 1^ Majesté Catholique et i ses succcssseurs c^ peipétaité, tout le pays connu sous le non) de la I/Oirisiane, ainsi que la Nouvelle-^Orléans, et Tile dans laquelle cette ville est située*

^Mais le n^^trquis de Grimaldi» n'étant pas assez exactement informé des intentions de Sa Miyesté Catholique, a cru ne devoir accepter la dite cession que conditionnellement et 9ub spe rati^ en attendant les ordres qu'il recevra du roi, son maître, lesquels, s'Us soat conformes aux désirs de Sa Majesté Très Chrétieuiie, comme elle l'espère, seront «immédiatement suivis de l'acte formel et authentique de la cession dont il ^agit, dans lequel seront stipulées les mesures à prendre et l'époque à fixer d'un commun accord; tant pour l'évaeuation de la Louiriane et de la Nouvelle-Orléans par les si\jets de Sa Majesté Très Chrétienne, que pour la prise de possession des dits pays et ville par les sqjets de Sa Majesté Catholique.

^En témoignage de quoi, nous, ministres respeotifii. avons signé le présent acte préliminaire et y avons fait iq^poser le cachet de noa armes.

^Fait à Fontainebleau, le 3 novembre ITtô.

(Signé) Le MARams de Grimaldl

Le bug de Choiseul.

**Ce considéré et dans la vue que l'exécution de cet

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1762. aoCe de la générosité du ItoiTi^Ofarttieii serve à <dmetiter de plus en plus entre les nations espagnole et fran^ çaise une txmim et une amitié dont les sentiments s^aasortissent si heureusement, à l'exemple que leur doi^ nent leurs souverains respectifs, j'ai jugé à propos d'accepter, comme j'accepte dans toutes les fermes requises, le susdit acte de cession, proitoettant accepter en osire tous ibeux qui seront jugés néceisaires pour que le dit acte ait «oti plein et entier e§H ^ autorisant pour les négocier, arrêter et signer, le susdit marquis de 6rimàMI : enfel de quoi, j'ai &it expédier la pi-ésente, lignée de maipain,ecellé(s de mon eceau secret, éca, fec."

(Sign^ Mot, le Roi.

1763. L'acte de donation et celui d'acceptation fbrent tenas eecrets, et le roi de France continua«d'agir eocnme souverain de la Louisiane» Âind, par une <»donnanee du leir janvier 176S, le roi nomma Nicholas Chauvin de LAjQrénière à la place de procureur général, e^ en date du 10 ftvrier, il attribua les fbnttions de coatrft- Ie«Br t Fducanlt, qui remidissait déjà cêUes «Poideaaateur.

Le même jettr, on l^uité de paix déâ^tif Ait conclu è Paris entre le* roi de France> le rai d'Espagne et le roi de la Chfande^Bretagne, aTcc le consenteomut et l'^oeesien ida roi de Portugal Par l'article f daioe traité il 'élàit dit:

«^AftideiétaMirlapaitsiur àm ibiide»e«ta solides et durables, et écarter pour jamais tottt sc^et de^dîspute par Rapport aux limites des tenitokM français Irt britanniques sur le continent d'Amérique, il est convenu qu'à l'avenir les confit» entre les états de Sa Majesté très Chrétiemie et^ceia de Sa Majesté Britannique, en cette partie du monde, seront irrévocablement fixés par une ligne tirée du milieu du fleuve Mississippi, depuis sa naissance jusqu'à la rivière Iberville, et de là, par une ligne tivée^au il^eade cette rivièn^^t des ûcs

MaurtpaB et^Poulchartrain jusqu'à la mer, et à etVbe 176a. fin, le Roi Très-Chrétien cède en toute propriété et gaian* 'tît à Sa Mi^esté BritanmquiB la nyière et le port de la Mdbtie, et tout ce qu'il possède ou à dû poâiéiier du côté gauche du fleuve Mississippi» à l'exception de la ville de la Nouvelle-OrléaBS et de 111e dûs laquelle elle est située, qui demevreront à la France, bie*ett- *t6iidu que la Havigation du fleure Mississqppi sera égailement libre, tant aux si^ets de la Grande BrèÉagna, eoinnuB' à ceux de la FVranoe, dans tonte sa loagaeaf depuis sa sowce jusqu'à la mer, et nommément eette partie qvi est &o(tre la susdite tle de la NouveUeOrléaMi et la rive droâedu fleuve, aussi bien qne l'entrée et la stitte par son embouchure. Dest de plus stipulé ^pae les bètûnenls appartenant aux si^et» de l'un m 4e Italie nation ne pourront être arrêtés, visités^ ni astiyettiy ai|i paiement d'auoun droit quelconque, dcc. 4dcJ*

On voit qœ, par eo traité, auqnei participai la m ^PiSspagoe, la France dkposaitd'nne partie ée la Leisi siane, oeomie ri l'acte de donatiosi ^t à Fonlainebleàu, le 3 novembre de l'année précédente, n'aswit psa existé. OV^taitprdMilemeatehëse entendaa met» ke deux couronnes, puisqu'il n'y eut aucune objectien dr la part de celle qui aurait pu en faire.

Par ce traité, le roi de France renonçait à ses prétentions sur la Nouvelle-Ecosse ou Acadie et en garanrtissait tout le territoire avec ses dépendances à la Grande Bretagne, en confirmant ainsi la cession qui en avait été faite par Louis XIV. Il lui cédait aussi en toute souveraineté le Canada et ses dépendances.

Le roi d'Angleterre garantissait expressément aux habitants du Canada le libre exercice de 4a religion Catholique et Romaine.

Quant aux habitants qui ne voudraient psus vivre sous la domination anglaise, dix-huit mois leur étaient accordés pour vendre leurs propriétés aux sujets de Sa

1763. Mi^jesté Britannique et se retirer où bon leur semblerait-

LeiB mômes droits étaient garantis anx habitvits de eette partie de la Lonimane qoi était cédée à TAngleterre.

Le roi d'Espagne c^ait aussi à ia Grande Bretagne la pifovince de la Floride, arec le Ibrt 8t- Angnstin et la baie de Pensacda, ainn qne tout le pays qu'il possédait* à rSst'et au Sud-Est du Mississippi.

Altasîy par ee honteux traité de paix» la France qaà srait si Kbéralement versé ses trésors et son sang, pour • rPaanireru^ part digne d'elle dans les conquêtes du nou- Wmi màMe, renonçait fintidement à ses magnffîques possessieUi en Amérique, où de nobles aTenturiers aTaient dé^yé tant de courage et de persérérattce pour nétfoérir des domaines immenses à une patrie ingrate, qui lie devait les en récompenser qu^en les sacrifiant on en les dounasi^ià l'étranger I Ainsi, il était dé- •sété qnedans l'espace d'environ un demi siècle depuis la coUnisatîon de la Louùnane, Ipi France serait réduite êr ne phM* avoir uk pouce de terrain dans l'Aménque JteptcnÉrismle, éiut eHe avait possédé la plus giande

UNS PARTIE DB LA LOUISIANE EST CÉDÉE 1 L*ANOLETEEEE, ET ELLE EN PREND P088E8SI0N.~M. DE KERLEREO EST RAPPELÉ EN FRANCE ET MIS A LA BASTILLE.— D'ABRADIE LUI SUCCÈDE. —LES JÉSUITES SONT EXPULSÉS DE LA LOUISIANE.— LBITR^ DU ROI X D'ABBADIE SUR LA CÈSSION.-CONSTERNATtÔN DES CA- LONS. • )

Les Anglais appelèrent Floride OetUkntftle (W^st 1763. Florida), cette portion du territoire ^H^ aralMt acquise de PEspagné. George Jdmston ayant été fteioAié gonvemenr de la province de la Fforkle Oecidenli^ arriva bienAfrt à ^ensacola avec le maJOT Lbftos» ^ui devait prendre le commandement des Blineis» et^ ils «é hâtèrent d'envoyer des détachements yewdte pesses mondes forts Condé, Toolonsè^^toft Rfmge . et Ji^àchez.

Le 16 mars, le roi de France, qni agMsall {jm^jm^n en souverain de cette partie de la Louisiane qoïl nV Tait pas cédée à la (Srande Bretagne, mais qu'il avait néanmoins donnée à l'Espagne, annonçait ipm une <^ donnance, qu'il s'était déterminé à réformer le eerps n»- Utaire servant dans sa province de la Looisiatie et à n'y oonserper qu'un comptoir de cemm^^ree, avec qqalre iMMnpagnies d^tofanterie seulement, po«r la' gatde etia pdhoe de ce comptoir dont M. d'Abbadie étut nommé le directeur et le commandant.

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1763. Voici la liste des officiers qui restaient dans la colonie avec des emplois^ Aubry, commandant des quatre compagnies.

Capitaines.

Messieurs de Mazelières, Duplessy, de Laferrière, de Vaugin.

Lieutenants.

De rHommer, Laforest, de Laumont, de Belle-Isle, Cabaret de Trépy.

Enseignes.

• La (jrranootïrtt de Yin, Yaucourt de St. Amante Dubralet

De Grandmaison, migor de la Nouvelle-Orléans.

Faurèsy capitaine de port

Mgniéib aîdMAajor.

LnlMida, tiiiHiwfeur.

dwrks Joseph Leblanc, c^taine des postes relevmsi'At la Noôvelle-Qrléans.

Le 9 bmI, m. de Kerlerec éorivût au ministre : ^J'ai mçhi le % avrUi les préliminaires de paîK que vous m'«VM adiossés ; et l'ordonnance du roi portant c^satieir dlnstîtités a été puUiée, le 10 du menue mok d'avril. Nous voilà débarrassés des ennemis europémis, imm b temys où vous m'aviei mis en mesure de les bien recevoir, maïs il n'en est pas de même d'un grand ■jtmbre de nations qui nous environnent» lesqnelies ont saoriié leur vie et leur tranqniUité pour le servîoe dit Français»

''Je vous ai exposé ma pecotion vis^-vis les sa^ivar geset partieulîér«nent les ChèNdds^ les Gfaactas et les AKbas^snes fbmsant enscmMc pktode doue Mille boranws. Les preiiîera se sent totelenient saeriiés pour nous sur les promesses que nons avions faites de tour

foamir lenrs be3oîn& H est dû <]uatrc présents aux 1^68. autres, et Us manquent aujourd'hui de tout.

"Très particulièrement informés de l'article dea préliminaires qui cède leura terres à rAngleterre^ ils disent hautement qu*ils ne sont pas tous morts, que te Français n'est pas en droit de les donner, et qu'enfin ils savent ce qui leur restera à faire, quand il en sera question- Tout cela est accompagné de menaces qui jettent la consternation chez tous les habitants, qui sont les plus exposés aux incursions des Indiens.

**Je n^entrevois donc que beaucoup de diiEcultés pour les évacuations des postes de Tombe kbé et des Alibamons. J'en Juge ainsi par la connaissance des nations où ils sont enclavés et par les comptes successifs que me rendent les commandants. Je prendrai de mon côté tous les moyens pour y parvenir, "Même difficulté au moins pour les lUinois, "J'ai Tintention de mander un certain uombre de chefs de Chactas et Alibamons, vingt cinq a trente de chaque nation, afin de prendre des otages pour la sûreté des garnisons que nous avons à retirer. Je placerai ensuite des détachements sur les lacs pour protéger l'ile d'Orléans,

"Je pense qu'il convient de donner aux Sauvages les présents arriérés, malgré l'état de pénurie où doit être le trésor, après une guerre longue et désastreuse : 1 ° , parcequc cea présents ont été promis loyalement et qu'on en a reçu l'équivalent en services réels; 2 ^ . parce qu'on s'attachera ainsi^ à toi^ours^ les Sauvage.s, et que leur attachement, conservé par tradition d'âge en âge, pourra nous servir utilement, dans le cas possible, où la France voudrait rentrer par la force dans des possessions d'où la force l'a expulsée/*

Lorsque les Indiens qui étaient en alliance avec les Français, virent le drapeau blanc disparaître devant l'étendard anglais, beaucoup d'entr^eux abandonnèrent

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1763, sans regret le territoire que leurs amis ne possédaient plus, et se rendirent t la Nouvelle-Orléans. Le gouvemeuV, touché de cette fïTeuve de fidélité, leur prodigua les louanges qu'ib méritaient et leur alloua des terres sur la rive Ouest du Mississippi. . Le â9 juhi, M. d'Abbadie débai^ua à la Nouvelle- Orléans, et M. de Keriérec partit pour France, où, à son arrivée, il ftit mis à la Bastille»

Vdél ce qui avait valu cet emprisonnement à M« de Kerlerec, à qui d'abord le gouvemeinenl avait donné gain de eaUse contre M. de Rochemore :

Sûr un compte rendu au roi par le due de Choiseul, sut les difficultés survenues entre Messieurs de Kerlerec ef Rochemore, Sa Majesté avait chargé le sieur Dupont et quatre conseillers au Ghàtelet de constater par une instruction extrajudiciaire les infidélités et les prévarications que Messieurs de Keriérec et de Rochemore s^étaietft mutuellement reprochées.

Cette commissidin d'enquête fit un rapport défavora^ ble à M. de Kerlerec : ^11 résulte, dk-elle, dans son rapport, èes pièces soumises à notre inspection, 1 ^ . que Itothemore s'est tenu dans les limites de son emploi, tandis que Kerlerec a toujours abusé de ses pouvoirs.

2 ^* *^ue Kerlerec a non-seulement violé les ordonnances en recevant des bàtimewts interlopes, sans y être oMigé pat lu néeessité, paisqu'à cette époque la colonie était sulSsamment Approvisionnée, mais qu'il a eommîs utie grande imprudence, êoekiM que ces interlopes étaient ètk espions ; que d'ailleurs il est proba» hid que Pintétét l'a guidé daafi oette oirc^nstanc^ s<m searétaire et lui-même étant en relation avec ta Jamaïque, d*oà venaient la plupart de ces interlopes»

**Un autre fait : c'est que les interlopes devaient, «ni* vaut une toi établie par M. de Keriérec, aller débarquer à la Nouvelle-Orléans^ et non mlleurs dans la cokmie ; fkute de tfuci, ils ti^élateiit |^ «dmis, tfovk que :fiÉMent

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les bej^ins de la colonie j que d'aillQorSr Kerlerco, syU 17(^3. vant l'allégation de Rochemore, avait reçu 10,000 livres d'uti interlope pour s'assurer qui 1 reviendrait apporter ce doat lui, Kerlerecp avait besoin ; mais, qu'à son retour^ le dit interlope n'avait pa, par ordre de Kerlerecj monter à la Nouvel Ic-Orléaiis, m ravoir soa argept,"

Voilà quelles étaient les tachottses conclusions qui avaient provoqué l'arrestation de Kerlerec* On lui reprochait en outre une dépense de dix millionii faite pendant les quatre années d'administration de Uocbemore» comme commLsBaire ordonnateur^ parceque c'était lui, Kederec^ qui avait ordonné la presque totalité dfi oeila dépense, comme frais de guerre.

Peu importe du reste à la postérité de ^av«ir qui avait raison, de Kerlerec ou de Hochemore. Il lai ^uf* fit de savoir que leurs dissentions, comme ce Des de feurs prédécesseurs, avaient été Junestes à la colonie^ et quelles n'avaient pas peu contribué à la démoraliser. Ils n'en étaient d'ailleurs que trop punis par cette JwJiice 4 bascule qui les frappait tour à tour, et qui, ejUrqf^di*' Clairement et sans les eonfroater, leur ava^t succesiirement donné raison, Tun contre Tautve.

Le 15 d'août, un certain Redon de Rasi^ac, qui occupait sans doute une position officielle daus le pays^ envoyait en France un mémoire sur la l^uiâiaafi* U y énonçait les raisons pour le^uçlles cette colonie u'avait Jamais pu prospérer. ''La Louinianei dibaiMI, ue contenait, avant la cession faite à T Angleterre d*une grande partie de son territoire, que trois mille famiiltjs françaises et environ ^ mille négre^ apré$ une po>»tiessiotï de la part des Français de plus de soixante ans." ^

Là-dessus, il entre dans de longs détail et finit pâ? résumer les causes de ce peu de prospérité dç la manière suivante; i

] ^ . *'Sous M. de Vaudrcuil, la uiqitié des feuuttes

1768. mariées, entcfyééB à ^la Looisiaiie, avaient cinqnante à soixante aos, sans endOuits.

2 ^ . *^eB familles, ou la plus grande partie, ont été placées au-dessous du détour à l'Anglais, pays trop marécageux et malsain, nécessitant des travaux constants d'endiguement. Ajoutez y la pauvreté, la misère, Tabjectibn des h<Hnmes, la prostitution des femmes.

S ^ . *^Les officiers faisaient le commerce et faisaient de leurs soldats des esclaves. Ajoutez y le pillage indigne't<déré par les gouverneurs, moyennant coutributiotts. Ajoutez y la dissolution des soldats, Tivresse, les rinn^ les doeb qui ont fait périr la moitié des habi* tants.**

Quefie peinture effrayante renfermée dans ces peu de mets, si elle est une image fidèle de la vérité! Quel spectacle offrait alors la Louisiane ! Et combien le tableau, qu'elle présente argourd'hui, comparé avec celui des lelmps passés, doit réjouir le cœur du philanlàrope, du moraliste, et de tous les amis des libertés bumaines I

Le 90 d'octobre, Pierre Annibal de Velle, Heutenant de rcH, conmiandant i la Mobile, et Jean Gabriel Fazende, '{Usant [fonctions d'ordonnateur au dit lieu, livrèrent l>os8eflflion de cette ville et de ses dépendances, ainsi qtle de to«te la partie de la Louisiane cédée à la Grande Bretagne, en vertu du traité de paix du 10 février, à Robert Farmar, conmiissaire de Sa Majesté Britanmqme.

Le 28 novembre, Pierre Chabert, capitaine d'infanterie, commatMlaBt du poste de Tooibekbé, et Yalentin Dubroea, garde magasin, livrèrent ce poste à Thomas Foid, délégué i cet effet

A peine les Anglais avaient-ils pris possession du territoire qui leur avait été cédé, que les Français s'aperee^mient qu'ils avaient affaire à des voisins incommodes, dont il ne serait pas facile de satisfaire les exigences.

CIIAP. XXI.] 100

Ainaa, le 6 décembre, le colonel Robertson écrivit a M* 17(58. d'Abbadie pour réclamer les canon^t que l'on av&ît retirés de la Mobile, sans en avoir le droit, disait-il^ parcequ'ils appartenaient à l'Angleterre, en vertu du traité de cession^

M, d'Abbadie, répondit, le 7^ au colonel Robertson qu'il était loin d'être de son avis relativement aux canons réclamés, parceque les termes; h Roi Très-Chrétien cède à Sa Majesté Britannique la rimère et le port de la Mobile et tout ce qu^il possède ou a dû posséder du càté gauche du jleuve Mississippi^ à Vexcepiitm de la Nouvelle-Orléans et de Pile dans laquelle tile est située^ ne pouvaient avoir rapport qu'au sol et au£ constmelions ; que cependant il laisserait en place les canons des forts de Tombekbé et des Alibamonsy à cause' de Texigence de leur position et de la difEculté de les approvisionner d'artillerie ; qu'il laisserait même quelques canons aux Illinois dans le cas où les Anglais ne pourraient pas en mettre assez, mais il ajoutait que ce Gérait sous inventaire et sur la promesse de les rendre, si les deux cours entendaient l'article du traité cemme lui>

Le commandant françuif ne pouvait pas y mettre plus de courtoisie. On verra cependant que les Anglais ne s'en montrèrent nullement reconnaissants, car peu de temps aprèsi M. d'Abbadie se plaignait des cblcanes sans nombre que lui faisaient les Anglais, pour la prise de possession. *' Us prétendent entr* autres choses, disailîl, que nousdevotis les garantir des incursions des sauvages !

il ajoutait: "j'avais donné ordre au chevalier de Lanoue d'évacuer son poste des Alibamons. Il a profité des bonnes dispositions des sauvages, et s'est replié le plus heureusement du monde, après avoir eu roccaftion d'e ne louer ses canons et de jeter ses poudres dans la rivière. Enfin, j'en ai été quitte pour beaucoup de peines et d'embarras. A cela prés; tout s'est bien phRsé.

]10 [oiAP. XXI.

1763. â seiait i sdnhaiter qn*il en fttt de mâme aïo: HUboîs, mais cela n'en prend pas la tournure. M. Nyon de Villiem tous en donne avis.

^Les Anglais doivent éti^e actuellement dans le fleuve. Ils ont ici des bateaux qui les attendent, et ils veulent tenter Tentieprise d'aller aux; Illinois. Je leur souhaite dtt succès. Des officiers français seraient très déplacés dans ce conyd, ne pouvant ni commander ni être commaadés. Ainsi, je n'ai pas jugé à propos de leur en donner. D'ailleurs, ils recevront de ma part les secours qae ^ pourrai leur procurer, mais l'afiaire de la Mobile m'ia appris à les conn^tre."

A cette dépêche était jointe celle de M. Nyon de YiUieK écrite au fort de Chartres, aux Illinois,, et dont M. d'Abbadie fiait mention*

5^Si lea Anglais, disait-il, se trouvent aujourd'hui dans de iî tristof eireonstances» ils ne doivent que s'en attribuer la easise^ Us étaient à même, lors des préliminaires de la pwc, desquels ils avaient avis longtemps avant nous» de rompre les premiers coups des sauvages. Rien ne les «npéehait pour lors d'en écrire au commandant de eeUe partie, qui leur aui|Ut rendu les services néces- «aînt j^our leur traac^llité. Mais au contraire, suivant les rapports des différentes nations, les Anglais, assurée des avantages qu'ils obtenaient par les préliminaire^w n'ont pim gai^é de mesures avec les sauvages, les Mit traité» aveo la dureté et la hauteur de maîtres, et eut puni kurs fautes par les croix, les supplices, les potences. Ils ont voulu faire oublier à ces sauva^ ffU ym^^hia «on» des Français, pour lesquels ils conservaient Ae rfikttacfaement et du désir, en se servant dans leurs karangues aux Indiens de termes trop peu rsspaetnHnj, pour ne pas dire trop grossiers, envers les IVançais."

• M* de Ny0a i^îoutait que, malgré cela, il ferait tout ce ^ dépendrait de lui pov bien disposer les sauvages

CHÂP« XXI.*] 111

envers les Anglais, mais qulls leur étaient extrême- 1763. ment hostiles et refaisaient d'entendre ancttne pardie pacifique sur ce sujet II doutait donc que les Anglais pussent, de quelque temps, prendre possession.

On v<^ que M. Nyon de Villiers poussait loin Thumilité et la charité chrétienne» en cherchant à ne Concilier les sauvages avec les Anglais, qui les mettaient en croix, les suspendaient a des potences pow les punir de leur amour pour les Français, et qui, uan contents d'avoir dépouillé les Français de toutes l^HCS possessions américaines, se servaient à leur égard cfe»pressions grossières et peu respectueuses.

On se souvient que les Capucins soutenaiesût ,UBe lutte contre les Jésuites depuis 1755. Cette amée^ils furent délivrés de leurs redoutables adversaires, f^ Je fameux ordre d'expulsion décrété par le gouvemeoMMNt français contre ce corps célèbre. Toutes lôurajftofiqé' tés, à la Louisiane, furent saisies, confisquées et vendues pour la somme, alcrn très forte, de ISOfiQê pilastres. Om sait que les Jésuites d'Espagne et de NapLss eureat le même sort que ceux de France et qu'ils âireiit en mène temps expulsés de toutes les possessions qui releralieiMt de ces trois couronnes. On pensait que cette soeiété était devenue trop puissante. L'on oraigaait sas d(% trines que l'on croyait dangereuses, et seB/«iabitioi^doat les richesses immenses de l'ordre ne faeiUtaiont 4fm trop le développement C'est ce qui j^oveqoa la |^v4> tendue abolition de oette impérissable assDciatioii» AJa^ fut anéanti, dit Voltaire à ce siiyet, xtet ordre fiui|(S9X qui avait toujours eu des hommes etstimabisi^ msÀB ei|oore plus de brouillons et qui fut, pendant deux «eats ans, un sujet de discorde. La suite dea tMips ^ faîl voir que Voltaire s'était trompé, quant à scpi anéantissement. Car il existe encore, plus vivace qm jaaais.

Le 10 janvier, M. d'Abbadie éorivait au miaistr^: ''J'ai donné possession de la Mobile aux Ai^laitL Im-

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1761. médiatement apràs, H. Fannari commandant pour Sa Majesté Britannique, a rendu une ordonnance captieuse, bien propre à jeter la plus grande inquiétude dans Fesprit des habitants français.

1 ^ • n exige, sous trois mois, le serment de fidélité des habitants français, pour être protégés dans leurs propriétés. A quel titre contraint on ainsi ces habitants, puisqu'il est fixé, par le traité définitif, dix-huit mois pour le terme de leur émigration, et qu'il est stipulé qu'ils ne seront gênés sous quelque prétexte que ce puisse être?

2 ^ . n ne sera pas permis de disposer d'aucune terre et antres biens réels, jusqu'à ce que les titres puissent être Térffiés par leur enregistrement et approuvés par Pofltoier commandant On ne veut reconnaître pour titres réels que des concessions en forme, données par les gofivemeurs et ordonnateurs de la Nouvelle-Orléans, tandis que, vu le petit nombre des habitants relativement à la grande étendue des terres, ils n'ont jamais tfa besoin que de la possession, possession prise et conservée, tfur simple permission de choisir un terrain et de défricher.*'

Cinq jours après, il i^utait : ^Le commandant animais de la Mobile a envoyé ici un officier pour suivre ce qui a rapport à l'équipement et à l'approvisionnement des bateaux qui seront destinés à transporter aux Dttaoki quatre cent cinquante hommes. Cette troupe doit arriver à Ift fin de ce mois. Cet officier parait très inquiet sur ce qu'il apprend des dispositions des sauvage du Nord. Le commandant anglais en aura été informé kd-même par un officier et vingt soldats qui ont été fidts prisonniers par ces sauvages et remis, aux UUnois, à M. de Nyon, qui vient de me les envoyer.

^Je crois que M. de Nyon doit évacuer son poste le plus tôt possible avec la mineure partie de sa troupe, cPautant que de nomlweuses tribus du Nord doivent al-

CIIAP. XXI.] 113

1er lai rendre visite et que des présents indispensables 1764. coûteraient beaucoup au roi, pour un pays qui n'est plus à lui.*'

Le 7 avril, M. Aubry, commandant des quatre compagnies que l'on avait laissées à la Nouvelle-Orléans, écrivait : ^L'attitude hostile des sauvages envers les Anglais ne permettant pas à ceux-ci de chercher à aborder les Illinois par le Canada, ils ont dû songer i y arriver par le bas du fleuve.

''En conséqt^ence, un convoi de dix bateaux« deuK pirogues, quatorze officiers, trois cent ving^ soldats, trente femmes et dix sept enfants sont partis de la Nouvelle- Orléans, le 27 février, sous les ordres de M. Loftus, officier anglais.

''M. d'Abbadie avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer le succès de ce vo3rage, soit en faisant haranguer les sauvages, soit en donnant ordre aux commandants des postes du fleuve de leur donner toute aide et protection, soit en leur donnant le sieur Baurand, comme interprète.

''Le convoi est arrivé, le 15 mars, sans accident, à la Pointe-Coupée, mais il était déserté cinquante hommes. Ce qui fait, avec trente désertés pendant leur séjour à la Nouvelle-Orléans, quatre-vingts déserteuirs.

"A la Pointe-Coupée, il arriva un événement. Un sauvage, esclave de la Nouvelle-Orléans, s'était enfui et réfugié dans le bateau de M. Loftus. Arrivé à la Pointe-Coupée, cet esclave y fut reconnu pat un an* cien maître a lui et par plusiems autres penKMmes, ayant été esclave à la Pointe-Coupée. On- demanda au commandant français l'ordre de le faire a^teir. Oe qu'il fit, en en prévenant M. Loftus. Mais celui-ci, loin d'écouter les raisons qu'on lui donnait, protesta contre le droit que l'on s'arrogeait d^arréter cet* esclave, et commanda un détachement de cinquante homme» pMr soutenir ses prétentions. Le commandant français ne

1764. voulant pas en venir à des voies de fait, dont les conséquences pouvaient être très graves, eut la prudence de céder, et Tesclave demeura libre, malgré la justice et le bon droit.

''Le sieur Baurand quitta le convoi pour s'en revenir à la Nouvelle-Orléans, suivant qu'on en était convenu, à la limite supérieure de la Pointe-Coupée; mais, avant de partir, il recommanda à M. Loftus de se bien garder des sauvages.

''Le convoi était parvenu à la roche à Davion, distante de 24 lieues de la Pointe-Coupée, et 40 de la rivière Iberville, le 19 mars, à 0 heures du matin, lorsque des sauvages placés à droite et à gauche, sur les rives du fleuve, tirèrent sur deux pirogues de découverte qui marchaient en avant du convoi, y tuèrent six hommes et en blessèrent sept. Ces deux pirogues se replièrent sur le convoi qui, sans tirer un coup de fusil, se mit en dérive pour la Nouvelle-Orléans, où il arriva le 22 mars. Les premières nouvelles de cette alerte venues de la Pointe-Coupée désignaient comme agresseurs les Arkansas et les Tunicas ; mais par une lettre plus détaillée on sait que c'étaient des Ofiagoulas, Chactas, Avoyelles et Tunicas, au nombre de trente hommes.

"Ce parti n'était pas assez considérable pour qu'on ne tentât pas de le repousser. Il aurait sufli pour cela, avec les finies ^ qu'on avait, de faire bonne contenance. Des convois français, moins forts, ont eu affaire à plus forte «partie et n'en ont pas moins suivi leur route, d'aatast que les Anglais n'étaient qu'à dix huit lieues deii Natchez, où ils pouvaient trouver un refuge et se créer des partisans, mais il aurait fallu pour cela plus de oomiaissacice éi caractère des sauvages et plus de liant dans le «en que n'en avait Loftus.

"On pouvait aussi, après avoir dérivé quelques lieiies, mettre à terre au-dessus de la rivière d'iberville, sur les possessions anglaises, d'où l'on aurait demandé des

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secours à M. d'Abbadie. C'était même ce que quelques 1764. officiers lui conseillaient, mais il n'en voulut rien faire.

^A son retour ici, le conunandant anglais, Loftus, dépécha à M. d'Abbadie (1) un officier pour lui apprendre ce fâcheux événement. M. d'Abbadie lui en témoigna son regret et lui offrit tous les secours qui dépendaient de lui; mais cet officier, loin de répondre à ces procédés avec la reconnaissance qu'il en devait avoir, a dit que M. d'Abbadie était l'auteur de son désastre, que c'était par son ordre que les sauvages l'avaient attaqué, et qu'il avait reçu le chef des Tunicas qui était venu lui rendre compte de cette expédition* Jamais calomnie n'a été plus noire ni plus atroce. M. d'Abbadie a fait tout ce qu'il a été possible pour engager les sauvages à rester tranquilles, et le commandant anglais cherche inutilement à se justifier de sa faiblesse et du peu de tète qu'il a eu en cette occasion. Il est reparti, le 26, pour la Mobile."

Le 10 avril, M. d'Abbadie apprit au ministre que quelques tribus sauvages demandaient à suivre les Français hors du territoire cédé aux Anglais, et voulaient venir s'établir sur la rive droite du fleuve, vers Lafourche. '*Ce sont, dit-il, des Taensas et des Alibamons. Je n'ai pu leur refuser cette grâce, et je me suis prêté d'autant plus volontiers à leur établissement dans cette partie, que j'y vois des avantages sensibles pour la cdonie. Ik y forment maintenant deux villages qui sont composés de près de deux cents personnes. Les Taensas sont chasseurs et cultivateurs, et seront d'une bonne ressource pour la Nouvelle-Orléans. Les Alibamons nous procurent bien la même ressour» ce, mais ce qui serait d'un avantage plus réel, serait de les opposer aux Ghactas, si ceux-ci voulaient tenter quelques incursions sur nos possessions. Ils en Sfont

(1) M. d'AbbMiie était aiora atent de la Nouvelie-Orléatis. ""

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1764. naturellement ennemis, et les Ghactas les craignent Cependant, je mettrai tout en usage pour concilier les uns et les autres. Mais, de tout temps, la nation des Chactas a été inquiétante et de mauvaise foi. Les Anglais font diversion chez eux. Je suis prévenu que, lorsqu'ils sont avec nous, il n y a rien qu'ils ne disent contre les Anglais, et qu'avec les Anglais, Ils disent la même chose des Français. Il sera toujours bon de les ménager, à cause du mal qu'ils pourraient nous faire, et je trouverai dans la nation Alibamon des ennemis à leur opposer, en cas d'événement. C'est ce qui m'a engagé à recevoir d'autant plus volontiers ce village des Alibamons. Ces émigrations des sauvages causent de la dépense, mais elle est essentielle, et je la modère le plus que je peux.

^Les dépenses des postes, dans ce pays, sont ana* logues à celles du Canada. Ici, comme là, tout le monde a des raisons de justification. C'est un chaos d'iniquités, dont on ne peut trouver la première source, si ce n'est dans les chefs, qui devaient arrêter les abus et qui ne l'ont pas fait. Je réduis tout au quart, sur tous les compt.es, &c. &c.

'^Je vous ai adressé par St-Domingue un détail de ce qui s'est passé au siyet de la prise de possession que les Anglais ont tenté par le Mississippi. Je regarderai toujours comme précaire la possession de la partie de la Louisiane qui nous reste, jusqu'à ce que de nouveaux arrangements nous la constatent; car comment la garder sans troupes, sans munitions, sans vaisseaux qui protègent la navigation du golfe et défendent au besoin l'entrée du fleuve.

^11 n'est pas possible d'entrer dans les vues des Anglais pour réduire les sauvages, en ne leur fournissant point de poudre. Ils ne nous font vivre à la capitale et dans les principaux postes, et ne vivent eux-mêmes, que par le secours des armes à feu. Us ont entièrement

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perdu Tosage de la flèche. D'ailleurs, il y a a<{taelle- 1764; ment assez de poadre dans les nations pour faire couler pendant long-temps des rivières de sang, et si nous paraissons les abandonner tout-à-fait, nous en serions les premières victimes.**

Le 7 juin, M. d'Abbadie, dans une lettre fort curieuse, communiquait au gouvernement français ses vues sur la situation du pays:

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