CHAPITRE XXn
D'ABBADIE MEURT.— AUBRT LUI SUCCEDE.— ARUViS DES ACADIEN0 A LA NOUYELLE-ORLÉANS.-ON LEUR CONCÈDE DES TERRES.— HOSTIUTÊ DES SAUVAGES AUX ANGLAIS.— ORIGINE DU NOM DE BATON ROUGE.— SUPPLIQUE DES COLONS PORTÉE EN FRANCE PAR MILHET.— ARRIVÉE D'ULLOA, COMME GOUVERNEUR, ET DES COM- MISSAIRES ESPAGNOLS I^YOLA, NAVARRO ET 6ATARRÉ.— FER- MENTATION DANS LA COLONIE.
1764. La France s'exécutait de bonne foi vis-à-vis de TAngleterre» et la cession de cette partie de la Louisiane à laquelle les Anglais avaient droit se faisait avec toute la célérité que permettait l'hostilité des Indiens contre leurs nouveaux seigneurs suzerains.
Le 16 juillet, M. d'Abbadie écrivait au ministre : **M. Nyon de Villiers, à qui j'avais envoyé des ordres pour l'évacuation du poste des Illinois, en y réservant quarante hommes pour la police, a différé son départ pour attendre le convoi anglais parti d'ici, le 27 février, mais l'ayant attendu plus d'un mois au delà du temps que l'on einploie à ce trajet, et n'en ayant pas de nouvelles, il partit des Illinois, le 15 juin, et est arrivé à la Nouvelle-Orléans, le 2 juillet, avec six officiers, soixante-trois soldats et quatre-vingts habitants, y compris les femmes et les enfants. Un coup fait par les Chérokis sur le nommé Pages, qu'ils ont tué chez lui quelques jours avant le départ du convoi de M. de Nyon, a autant contribué à effrayer les habitants des Illinois que l'opiniâtreté des sauvages à ne pas souffrir les Anglais.
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^Les circonstances augmentent nos inquiétudes. Vous 1764. êtes informé. Monseigneur, que les sauvages du Nord, les Alibamons Talapouches témoignent la plus grande inquiétude sur les propos que l'on prend plaisir à Jeur tenir sur la cession aux Espagnols de la partie qui nous reste de la Louisiane. Les Anglais prennent de là occasion de leur dire que nous les abandonnons tops, et partout, et qu'ils ne doivent recourir qu'à eux.**
Les Anglais étaient en effet infatigables, et cherchaient à tirer le meilleur parti possible des concessions qui leur avaient été faites. Leurs vaisseaux, qui remontaient le fleuve sous le prétexte d'aller à Manchac et à Bàton-Rouge, s'arrêtaient, après av<Hr passé la Nouvelle-Orléans, à l'endroit où est située maintenant la ville de Lafayette, et vendaient en contrebande des marchandises aux habitants de la ville et de la campagne. Les besoins de la colonie, à cette époque, étaient si pressants, que M. d'Abbadie fermait les yeux sur ce «trafic illicite, qui était aussi avantageux au pays qu'aux Anglais. Comme c'était sous le prétexte d'aller à leurs possessions de Manchac et de Bâton-Rouge que les Anglais s'arrêtaient au lieu indiqué plus haut, on disait dfiins le pays, lorsqu'on y allait trafiquer avec eux : Je vais au petit Mqnchac. . Le nom de petit Manchac en était resté à cet endroit.
Le 4 février, M. d'Abbadie mourut, et M. Aùbry se i765. trouva chargé du conunandement de la colonie. -
Le 28, M. Foucault écrivait au ministre :. ''J'ai l'honr neur de vous informer qu'il est arrivé ici, il y a peu de jours, plusieurs familles acadiennes, faisant nombre d^ cent quatre- vingt treize personnes. Elles ont passé da l'Acadie à St Domingue, où elles se sont embarqué^ sur un bâtiment marchand pour se rendre ici. 11 m'a paru que la religion est le seul motif qui les ait déter^ minées à laisser leur pays. Elles sont pauvres et di^ gnes de pitié. En effet, je n'ai pu me refuser à leur
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1765. accorder la subsistance, jusqu'à ce qu'elles aient choisi des terres au quartier des Opéloussas et qu'elles soient en état de se passer de secours."
Le 18 mai, il annonçait encore la venue de quarantehuit familles acadiennes. Il en était déjà arrivé, depuis le commencement de l'année, un assez grand n(»nbre, formant un total de quatre cent soixante-treize per^ sonnes, que l'on avait dirigées sur les Attakapas et les Opéloussas, sous le conunandement d'Andry.
K?es quarante huit familles, dit Foucault, demandent èes terres, qu'il est facile de leur accorder. On leur en donnera aux Opéloussas et aux Attakapas, où sont les autres, mais elles sont dans la misère. Comment les transporter sur ces terres 7 Gomment les faire vivre, jusqu'à ce que la culture les ait mises à l'abri du besoin 7 Comment leur procurer les instruments de culture nécessaires 7 Ce sont d'assez fortes dépenses, et si, comme on rassure, il doit arriver incessamment mille familles, ce sera un objet important. Je demande donc des instructions. Si les Espagnols remboursent ces dépenses, ils n'auront pas lieu de les regretter. L'établissement que feront dans le pays tous ces Acadiens et beaucoup d'habitants qui s'y sont fixés, venant des Alibamons et des Illinois, pays cédés aux Anglais, sera fort considérable en peu d'années, surtout si l'on parvient à déboucher le bayou Plaquemine, qui afflue au fleuve et à la mer." Le commissaire Foucault disait peut être la vérité, quanta la petite troupe d' Acadiens dont il parle dans sa dépêche du 28 février. Il était possible, conome il l'écrivait au ministre : Que ht religion fût le seul motif qui les eût déterminés à quitter leur pays. Mais la plupart des Acadiens qui vinrent à 'la Louisiane n'avaient pas qukté volontairement l'Acadie. Ils en avaient été violemment expulsés par l'Angleterre. Lorsque Louis XIV avait cédé l'Acadie à la Grande-Bretagne, il avait stipulé que les sujets qu'il abandonnait oonser-
veraient leurs propriétés, si toutefois ils juraient foi et i7Cô. hommage à la reine Amie. Mais les Acadiens ne voulurent prêter le serment que Ton exigeait (Veux qu'avec une réserve, celle de n'être jamais obligés de porter les ajrmes contre la France. Les autorités anglaises se plaignirent de ce refus, mais le gouvernement jugea convenable d'ajourner lea mesures de rigueur. Cependant la politique anglaise ne faisait que sommeille,r. Elle se réveilla en étonnant le monde par la froide cruauté de ses décréta.
L'Acadie est un pays stérile qui offire si peu d'attraits aux émigrantSy qu'il était probable que de longues années s'écouleraient avant qu'il pût s'y former une population anglaise assez forte, pour tenir en échec la population française. D'un autre côté, les Acadiens avaient fait parler hautement letir inimitié, de sorte qu'il fallait les contenir, en établissant parmi eux des M^ et des garnisons, qui auraient coûté annuellement de fortes sommes au gouvernement. La sitmati<m était difficile pour la Grande-Bretagne, surtout à cause de la comtigpAé de l'Acadie et du Canada, qu'elle cherchait alons keoor quérir et qui trouvait des défenseurs zélés d%ns les Acadiens, ses voisins. Mais, comme elle n'a jamais racine devant l'emploi d'aucun moyen pour arriver i son but, elle eut bientôt pris son parti, et elle donna l'ordpede s'emparer des Acadiens, sans distinction d'&ge ni de sexe, et de les jeter, de distance en distance, sm* les plages des autres colonies anglo^américaines. Peu soucieuse des misères et des douleurs qu'elle allak infliger, elle pensa que ces malheureux exilés se fondraient dans la population nombreuse à laquelle ils se tronyeraient mêlés. Ce décret fut exécuté avec la plus ^irande rigueur, et une forte partie de la population acadienne fut, à différentes époques, et par petite» bandes, .poussée à bord des vaisseaux anglais. £n quittant le% J^ets de leur terre natale, il ne fut permis aux Acadiens 4e
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^66. ne rien emporter, si ce n'est le sentiment de leurs manx et la haine étemelle que méritaient leurs cruels oppresseurs. Poussées comme de vîls troupeaux, des familles acadiennes, au nombre de sept mille âmes, furent entassées sur les navires de leurs persécuteurs, et, lorsqu'elles tournèrent leurs regards vers leur patrie, pour lui dire un douloureux %dieu, elles n'aperçurent que les flammes qui consumaient leurs villages et les bayonnettes anglaises qui bordaient le rivage. Telle l'antique Messéme vit fuir ses enfants devant le décret d'exil porté par les féroces Lacédémoniens. Ainsi, se sont renouvelées dans le nouveau monde ces scènes d'horreur et d'attendrissement dont la Grèce a été témoin et que le pinceau de l'auteur d'Anacharsis a représentées avec des couleurs si terribles. Les propres expressions de Barthélémy ne soht que trop applicables au sort des Messéniens modernes : ^ne nation entière chassée de ses foyers, errante au hasard chez des peuples épouvantés de ses malheurs ; des jeunes gens affaiblis par la douleur, portant sur leurs épaules les auteurs de leurs jours ; des femmes assises par terre, expirant de faiblesse, avec les enfants qu'elles serrent entre leurs bras ; ici des larmes, des gémissements, les plus fortes expressions du désespoir ; là, une douleur muette, un silence effrayant. 8i l'on donnait ce tableau à peindre au plus cruel des Spartiates, un reste de pitié ferait tomber le pinceau de ses mains."
Les colonies anglaises reçurent avec humanité les infortunés qui avaient été jetés sur leur territoire avec autant d'indifférence que s'ils avaient été le rebut de f espèce humaine. Elles rougirent du crime que commettait TAngleterre et résolurent de le réparer autant qif elles le pourraient. La Pennsylvanie, le New-Jersey et les provinces du Sud allouèrent des secours à ces vioftees de ht politique anglaise. Il Ait bien dur pour ées ecBurs ulcérés d'accepter ainsi le pain de la pitié de
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la main de ceux qui étaient les frères de leurs persécu- 17M. teurs et qui en parlaient la même langue !
Les Acadiens avaient ouï dire que sur un seul point de TAmérique Septentrionale flottait encore cette bannière sans tâche qu'ils aimaient avec un dévouement si héroïque. Aussitôt» l'espoir de la revoir ranima leur courage. La plupart nci pensèrent plus qu'à se rendre i la Louisiane, et tous ceux qui le purent s'y filant transporter. On a déjà vu comment ils y arrivaient par bandes détachées, auxquelles la colonie ^cordait tous les secours dont elle pouvait disposer. Elle y ga^ gna un surcroit de population probe et laborieuse qui, par la suite, fut pour elle un élément de prospérité.
Le 16 mai, M. Aubry écrivait au ministre: ^Vou» verrez. Monseigneur, par la lettre de M. de St-Ange, commandant aux Illinois, que les sauvages donuent encore bien de l'occupation aux Anglais, lesquels ont eu bien des difficultés à s'y rendre, malgré tous les efforts que ce commandant a fait pour leur en faciliter la possession.
^Je vous ai annoncé l'arrivée d'une de leurs frégates qui restera à la rivière d'Iberville, où ils vont construire un fort Ils en attendent une autre qui doit aller aux JNatchez, où ils se proposent de former un grand établissement. Ils ont aussi un petit vaisseau de douze canons qui doit aller à la rivière d'Iberville. Les coups de canon que ces bâtiments tirent, soir et matin, effraient les sauvages devant lesquels ils passent, et, malgré que je leur ai dit que c'est un usage des Anglais comme des Français, qui ne doit pas les étonner, ils en prennent de l'ombrage, et je crains bien par suite qu'ils ne commettent quelque hostilité contre eux, comme ils oot fait l'an dernier. Ce qui pourrait avoir de très fâcheuses conséquences. Aussi, fais-je tout ce qui est en mon pouvoir pour l'éviter.
^'est un spectacle nouveau pour nous et même ^-
fTG5. qniétanty de voir passer continuellement devant la Nonvelle-OrléanSy des vaisseaux de guerre et des trou^ étrangères. Quoique nous soyons en pleine paix, et qu'U paraisse que nous n'ayons rien à craindre, je sens intérienrement et comme malgré moi des alarmes à ce mget, n'ayant ni troupes, ni vaisseaux, ni munitions pour nous opposer à leurs mauvais desseins, en cas qu'ils en eussent dans des circonstances pareilles. Il m'a paru indécent que nous n'eussions aucune batterie sur le fleuve. En conséquence, j'ai fait construire el placer sur leurs affûts vingt pièces de canon, vis-à-vis le quartier des soldats. De cette façon, on répondra plus décemment aux saints, sans compter que c'est un porte respect.
'*^Les Anglais s'étaient flattés d'ouvrir facilement la communication qui était bouchée depuis long-temps entre le lac Maurepas et le Mississippi, et c'est ce qu'on appelle la rivière ^d'Iberville, distante de trente-cinq lieues de la ville, et où commence l'île de la Nouvelle- Orléans ; mais cette entreprise est plus difficile qu'ils n'avaient pensé, et le sieur du Parc, habitant de cette colonie, qui s'était chargé de cette opération, avec le consentement de M. d'Abbadie, pourra bien y échouer.
"Le gouvernement de cette colonie est plus embarrassaht qu*il n'a jamais été. Il est très difficile de pouvoir concilier à ht fois les Anglais, les Français et les sauvages, qui sont ici péle-méle.
*La correspondance que je suis obligé d'avoir avec les Anglais, qui m'écrivent de tout.es parts, et principalement le gouverneur qui est à la Mobile, me donnent de sérieuses occupations. Cest un h(»nme extraordinaire t Gomme il sait que je parle anglais, il m'écrit quelquefois en vers. Il me parie de François 1er et de Charles Quint ; il compare Pondiak, chef sauva* ge, à Mithri4ate ; il dit qu'il couche avec Montesquieu. Quand il se rencontre quelques petites difficultés entre
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les habitants de la NoureUe-Ofléans et de la Mobik» il 1705. me cite la grande ckarte, (magna charta), et les Ms d'Angleterre. On prétend que le ministre Fa envoyé à la Mobile pour s'en débarrasser, attendu qu'il était un des plus ardents dans le parti de l'oppoiition. U me fait de grands compliments, je lui en fais de niéiig, et, tout bien considéré, c'est un homme d'-espril^ mais un voisin dangereux, contre lequel il est boa de m astr tre en garde.
^On Tient ordinabrement de la Mobile pm l«s laosmt le bayou St Jean. Nous y avons toigours laissé poster les Anglais qui viennent icL Cependant j'ai rei«sé-)e passage i ]^. Farmar qui va aux Illinois avec ^sis cents hommes. Il a le fleuve, qu'il en use."
Les Anglais, du reste, ne se faiscdeirt pas faute-d'»* ser du fleuve aussi largement que possible. Us avaient constmit à Manchac un fort qu'ils appelèreal k tet Bute, et de ce poste, ainsi que des postes des Natcàes et de Bàton-Rouge, ils faisaient un grand eMOiperee avec les habitants de la Louisiflme, qui aHaî^it s'y approvisionner de toute espèce de marchandises. Les navires anglais remontaient et descendaient le fleuve, en faisant la contrebande la plus active^ et débar^ quaient surtout des nègres de tous côtés. Telte ftit la source de la fortune d'un grand nombre de nos plao^ tenrs. Gemme la colonie allait cesser d'ai^Mrfeenir à la France, qui n'y faisait plus de commeroe, le gwiver* Mur fermait les yeux sur ces tiwnsactioi» ilKcites.
Le poste de Bàton-Rouge, qui avait été cédé AnglMs, et ^toat ib avaient ftàt un entrepôt de* merce de contrebande avec le reste de la Louinanib qui était transf<M i l'Espagne, ne se ooRrpeeait aWps que d'an mauvais fortin et de quelques cabanes diqffersées çà et là, aux environ. L'avenir réservait de fUm hantes destinées à ce site, qui «st un des ptas^agrtiMes de PEtat de la Lomsiane. Sn ejBSst, en y voit d^ nos
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1765. jours ttae jolie petite ville, où le gouvernement fédéral des Etats-Unis a établi an magnifique arsenal ; et par one disposition de la nouvelle Constitution de l'Etat» le siège du gouvernement doit y être transféré en 1849.
Voici quelle fut l'origine du nom de Bàt<Ni-Roage, donné à la future capitale de l'Etat de la Louisiane. On sait <pie le cypre, dont l'écorce est d'une couleur itwgeâtrey est un arbre qui s'élève à une hauteur prodigieuse. Son tronc est dépourvu de branches et ce n'est que sa tête qui se couronne de feuillage. C'est le chapHeau de ia colonne. Le Page du Pratz raconte que» de son temps» on y voyait encore un cypre fameux, duquel un charpentier de bateaux avait offert de faire deux pirogues» l'une de seize tonneaux et l'autre de qua^ tmrze. HjGtnme le cypre est un bois rouge» dit Le Page du Protz» quelqu'un des premiers voyageurs qui arrivèrent dans ce canton» s'avisa de dire que cet arbre felaH on beftu bâton. C'est ce qui fait qu'on a nommé cet endroit Bâton-Rouge. Quant à l'arbre» sa hauteur n'a pas encore été mesurée. Elle est à perte de vue."
Les aBcieos Romains» qui voyaient en tout des présages» n'auraient pas manqué de dire que ce prodige du règne végétal était un signe certain d'une prospérité extraordinaire pour le sol sacré sur lequel les Dieux l'avaient p^acé.
Lorsque les habitants de la Louisiane avaient été iaferaiés du traité de cession qui les mettait sous la donûnation e^agnole» ils avaient résolu de faire des repeéeentations au gouvernement français. Us espéraient quB le roi de France» touché de leur amour et de leur dévouement» reviendrait sur l'acte de donation qu'il avait faîl^n faveur du roi d'Espagne et qu'ils éviteraient ainsi le Meneur» dont ils craignaient la venue. En conséquence» chaque paroisse de la province avait été inviléo i^ envoyer des délégués à la Nouvelle-Orléans.
Tontes les paromes se hâtèrent d'acquiescer à cette
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invitation, et une assemblée nombreuse composée des 1765. personnes les plus notables du pays eut lieu à la Nouvelle-Orléans. Les membres principaux étaient : Lafrénière» procureur-général, Doucet, avocat, qui était arrivé de France depuis peu, St. Lette, Pin, Villeré, le chevalier d'Arensbourg, Jean Milhet, qui était le ptaw riche négociant de la Nouvelle-Orléans, Joseph Milhet, son frère, St Maxent, de la Chaise, Marquis, Garie, Masan, Masange, Poupet, Noyan, Boisblanc, Grandmaison, Lalande, Leseussier, Braud, l'imprimeur èa roi, Kemion, Carrère, Dessales, &c. &c. &c.
Lafrénière, après avoir dans un disoours énergique, fait une vive peinture de la triste situation dans IftqmHe se trouvait la colonie, proposa une résolution fw laquelle les colons en masse suppliaient le roi de France de ne pas les détacher de la mère patrie. La propoeitiôn fut acceptée à l'unanimité, et Jean Milhet fiit choisi pour aller porter aux pieds du trône la requête des colons.
La première démarche de Milhet, arrivé en France, fut de se rendre à Paris, auprès de Bienville qui, ayant passé la plus grande partie de sa vie à la Louisiane et si long-temps veillé sur ses destinées, prenait i son «ort le plus vif intérêt Le fondateur de la Nouvelle-Orléans était alors dans sa quatre-vingt sixième amée. R regrettait d'avoir vécu si long-temps, depuis qu'il avait vu le démembrement de la colonie, dont une partie avait été cédée à l'Angleterre, et Pautre à YEêpmgme. Le vieillard, fort de ses cheveux blancs et de ses longs services, accompagna Milhet chez le duc de ChoiseuL Ce seigneur reçut la requête des colons et écouta Milhet et Bienville avec bienveillance. Mais, comme c'était lui-même qui avait conseillé la cession, il n'était nullement disposé à favoriser la démarche des eolons. Du reste, cette démarche, vu les circdkistances, ne pouvait avoir le résultat désiré, puisque la eokmie
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I76ôh ne pouvait .mainteiiîr sa précaire existence qu'en reoeyaat des secours considérables de France, et que la France s^avonait incapable de continuer à lui en fourmr.
Qnoiqne Milhet eût informé ses concitoyens de sa lum séussîtei ceux-ci se flattaient toujours que le traité de eewsioa serait annulé. En effet, quelques cirecmstaiie^ décevantes nourrissaient cette espérance. Un a» s*était écoulé depuis que d'Abbadie avait reçu Tordra da remettre la colonie au premier officier espagnol qtti se présenterait avec les pouvoirs nécessaires. Ce* pMidaBt, oet officier n'arrivait pas, et le roi d'Espagne ■• «eflrit)tait faire aucune disjposition pour prendre pos- S8S8Mi4p^la provkioe. L'horizon reprenait ainsi une owUeur plus fitvorable aux yeux des colons» lorsqu'il se rspBdntmit tout à coup, à la nouvelle que Don Antonio de UUoa avait été nommé gouverneur de la Louisiane Miétait' anj^vé à la Havane. Don Antonio de Ulloa avait, dans le monde savant, une grande réputation oemme'matbématicien, et avait été, de concert avec La- Condamine, Bouguer et Godin, chargé d'aller, sous Féqnataur, déterminer la eonfiguration de la terre.
Le 10 juillet, don Antonio de Ulloa écrivit, de la Havane, au conseil supérieur siégeant à la nouvelle-Orléans, aae letâ^ ainsi conçue :
Mbbsibubs :
^ Ayant reçii dernièrement les ordres de Sa H^'esté Cathslique pour fiasser en votre ville et la recevoir en i|an non, et en conséquence des ordres de Sa Majesté Très-Chrétienne, je saisis cette oceasioi^ de vous en faire part et de vous- avertir que j'aurai bientôt ThcMineur de me rendre chez vous pour remplir cette commission. Je me flatte d'avance qu'elle pourra me fournir des occasions favorables de vous rendre tous les services que vous et Messieurs les habitants de cette viUo pe«vent désirer ; de quoi je vous prie de les en as-
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surer dç ma part, et qu'en cela, je ne ferai que remplir 1766. mes devoirs et flatter mon inclination.''
(Signé) Antonio db Ulloa.
Au moraent où le pays alJait ainsi changer de domination^ le roi de France envoyait des fiches de consolation à quelques-uns des fidèles serviteurs qn'il a ban* donnait, et faisait remettre la croix de St*-Loois à Marcst de la Tour, Bonille, d'Arensbourg et Lavergne,
Voici une liste de quelques-uns des officiers conetituant, à cette époque, le penionnel des officiers attachés au service de la colonie :
M- de Macarty, lieutenant de roi à la Nouvelio-Orléans, de la Houssaye, major ; Dubarry, aide-major; Renaud de Coudreau, lieutenant des canonmers bombar^ sdier» à la Louisiane.
Aubert, Trudeau, de Lusser, de Pomeuf, le chevaïter Dafossat, de THonmier, Fleurîau, Voisin,
Lieutenants.
Roullin, Peechon, Leblanc, Charles de Lusser^ Li* vaudais aîné, Charles Dessales, Ooriocourt, le cbeTa* lier de RouviUe, Adam, St-Denis Tatnéf de Belle-lâle, Laforest de Laumont, le Chevalier de la Ronde, Duwmaa. Boisseau et le chevalier de VilUers.
Enseignes, '^^
Laatagaac, Girardeau cadet, de Bachemin, Lalande Dalcourt, Baudin, A^édrine, de Vin, Pellerin, d'Arensbonrg, Duverger l'aîné, de la Vau, de Latiouche, Duverger Toubndot», le chevalier de Glapion, Mongin, d*Arensbourg cadet, de Velle, Enould de Lîvaudais, Kernion et du Tisné.
Le 33 janvier, M. Foucault écrivait au minis^r **pluâ je réfléchis sur le changement de domination de
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1766. cette colonie, plus je prévois d'embarras pour mon retour en France après la prise de possession, si je ne reçois bientôt des ordres de vous, Monseigneur, qui lûe prescrihF«iit oe que j'aurai à observer sur les anciens billets répandus en cette colonie potilT le service du roi, d'autant que dans ce cas je dois m'attendre à de bien tristes représentations de la part du public, car cette monnaie était presque la seule qui servait à Tachât de ce qai est nécessaire à la vie, puisqu'il n'y a point d'argent sonnant, et que les lettres de change sont emportées par les gérants de cargaison, à mesure qu'elles sortent du trésor. La circulation de ce papier ne pouvant man ^er de cesser lors de la prise de possession par le» E£9)agnols, la position des personnes en grand nombre qui en sont chargées, qui depuis quelques années se ruinent à attendre qu'il plaise au roi de le faire acquitter, et qui n'ont pas d'autres ressources, sera infailliblement IntC touchante." •
Au mois de février, de nouvelles familles acadiennes arrivèrent à la Louisiane, au nombre de deux cent seize personnes. Ces familles, ainsi que celles qui les avaient précéêétSf fuyaient- devant la tlonânation anglwe. niés avaient préléi^ s'expatrier et eikls étaient venues chercher le seul point de l'Amérique' Septentrionale oâ flottait encoi^ la Ikinnière de France. Elles ^espéraient de pouvoir y vivre en paix, dans'Pexereioe de ieur religion et sous l'empire de lois qui leur étaient familières. Les premières familles qui s'étaient réfugiées à la Louisiane en attiraient d'autres. La levée et ht plaoef publique de la Nbuvellè-Orléans étaient souvent couvertes d'une foule de ces malheureux exilés, qui venaient chercher un asile, là où ils espéretient trouver des frères etoè Ton parlait encore leur langue. Ils ne s'étaient pas trompés. Car jamais l'humanité ne se montra plus afleotueuse, jamais là charité ne fht plus alxmdante niaDS ses largesses. On leur fournit des outils ai^toires bux frais
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du gouvernement» et, pendant la première année de 1766, Jeoir établisse ment, on leur distribua les mêmes rations fjue celles que Ton donnait aux troupes de Ijgne de. la colonie- Ces réfugiés s'établirent sur les deux rives du fleuve, an-dessus de la Cote des Allemands, et s'étendirent jusqu'à Bâton-Rouge et la Pointe Coupée. C'est de cette circonstunce qu'ei^t venu le nom de Côte d^s Acadi^ens que porte encore aujounThui cette parçie du fleaVG. - , '
Bon Antonio dt^ Ulloa, qui ^'était annoncé df^ptfis le iO juillet de Tannéje précédente, ue paraissait pas très pressé de prendre possession de son gouvernemeot, car il n'arriva k la Nouvelle^Orléans que le 5 mars de cette année* Il était accompagné de deux compagnies d'inlanterie copunandées par Piernas, de Loyola, comme commissaire de guerre, de Navarro, comme intendant et de Gayarrét comme contador ou président de la Cour des Comptes. Kavarro et Gayarré, en dehors de leurs attributions respectives, étaient adjoints à Loyola, et ils devaient tous trois agir comme commissaires, pour la prise de possession de la province et pour l'estimation de tous les objets appailen^tau roi de France et que le roi d*Espagne jugerai*: convenable d& garder pour son compte. Ulloa re<;ut un accueil respectueux mais froid et sombre, qui n'annonçait que trop clairement le mécontentement des cjtoycnSp Ayant été requis par ]*' conseil supérieur d'exhiber ses pouvoirs, il refusa de je faire, en disant qu^il voulait diflérer la prise de possejiiaioa jusqu'à l'arrivée de toutes les forces espagnoles. Il ajouta qa^il n'avait rien à démêler avec )e conseil supérieur qui n'était qu'un tribunal civil, et que, pour ki prise d^ possession, il navait à traiter qu'avec le gouverneur Aubry, ne reconnaissant que lui comme autorité compétente en cette matière*
Clloa n*en visita pas moins les différents postes de la province, et passa un temps considérable aux Naî-
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n66. cliitoches. Il fit pit>céder à ur recenseihent de la popnlatiOH de la colonie, et il parait qu'on y trouva mille hxûi cent quatre vingt treize hommes en état de porter les armes, mille quarante quatre femmes mariées ou filles nubiles, mille trois cent soixante quinze enfants mâles et mille deux cent quarante enfants de Taùtre sexe : en tout, cinq mille cinq cent soixante deux âmes. La population noire était à peu près aussi nombreuse.
Cette année fut très malsaine, et la colonie fut dévastée par une maladie qui ressemblait beaucoup à ccHe qui est si connue de nos jours sous le nom de fièvre jaune.
M. Foucault, dans une dépêche du 10 mars, avait anfk>ncé au gouvernement français l'arrivée d'UHoa et avait dit : **L'arrivée de M. de Ulloa dans cette co- Icmie, en dissipant la crainte où Ton était de ne voir que dans plusieurs antiées une décision certaine sur son sort, y a répandu une consternation générale à l'égard de la perte pour la France d'un pays aussi immense que Test* celui-ci par son étendue, par sa richesse naturelle, par sa fertilité en toutes les productions, par le nombre et les forces de ses habitants, par la douceur enfin de son cfimat Elle y a de plus, cônune je le craignais, fait une grande sensation au sty'et des anciens billets monnaie répandus pour le service. Toutes les personnes, sans exception, qui y sont intéressées, sachant que M. Ulloa n'apportait aucun ordre de les convertir, se sont plaintes amèrement du nombre d'années écoulées depuis que le roi leur doit, du tort que ce retardement leur cause, et de la triste nécessité où eHes se trouveraient, à la fin, de succomber, si on difiérait ènbore plusieurs mois de les payer, et si, pour coniMe de malheur, elles he pouvaient se procurer leurs besoins avec cette monnaie, la seule qu'elles possèdent. Imbu de cette rumedi* qui augmentait à mesure que les Espagnols avançaient dans le fleuve, je m'empressai
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cPen faire part i M. d'UUoa, fai jonr ««bm qviûfèHlaÊUh l'm. ^ua à la NouTelle^Oriéans. Il merépomyi qu'il. flMilaît parfaitement ce qui anÎTerait, si on interdisajk; la cirovr lation de oette monnaie, et que, pcair la f^nlenir jaiqa'à ce qu'il eàt des ordres d»^ larréter par unn converstow, il prendrait sur lui, après quH) serait en poeftefiiaion de la colonie^ d^ordonner qu'elle serait continuée dans toatee les affaires parmi Ie.s Espagnols comme parmi les Français, sur le pied du discrédit actuel de 75 pour cent, nû différents événements f)^cheDX Tout réduite. J% n'ai pas manqué^ conjointement avec M, Aubr}% de rendre Aùim^ Tînatant cette réponsie publique, ajoutant que nous ne tarderions pas à recevoir ces ordres. EAk^ a |vodwt peu (l'effet; on demande constamment d'être payé. M* de Ulloa, l'ayant apprit^, a employé un autre moyen* Il a hit ehercher en ville des anciens billets pour im piastres gourdes, à la déduction de 75 pour cent^ la piastre à 5 livres 5 houe, pour en donner à sa troupe ]e tiers de sa solde, mais cette troupe a fait refus de leâ recevoir, ontro qu'il n'a pu s'en procurer que difticilement, parceque la plupart des personnes qui en ont, fte flattant que le roi les acquittera au pair, continuent de regarder 6 livres en ces billets comme cinq livre» en argent, quoique la nécessité tes oblige depuis lou^* temps à dépenser 20 livres en papier monnaie pour & livres en espèces.
"Un autre inconvénient auquel on aurait pu s'aitendre, c* est que la gamif^on de cette colonie, toute composée de«oldats qu'on n'a retenus au serviee, aprcs la réforme de 1763, que parce qu'on les a flattés de voir arriver au premier jour les hommes de recrue que feu M. d'Abbadie a eu Tiionneiir de vous demander^ au leH Espagnols qu'on nous annonçait de toutes part», reluse d'entrer au service de TËspagne. M. de Ulloa a fiut observer à ces soldats, ainsi que M. Aubry et moi^ qui! attendait d'antres troupes, et quaprês qu'elles seraient
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VfH. avivées, il ïmm wunit knaiUe de quitter. Ht ont lépoa d»^'ik ne pourraient fstire ce flaerifiee que pour leur foi. Le eorps des officiers s'est assemblé pour délibérer mut oe qu'il y aiirait à ûore i ce siûet» et, réfléchis- Êmmt qm'nne contrainte serait déplacée et pourrait entrai- Ber quetqao chose de ficheux, il a été unanimemeat <^eidé qu'on les .laisserait les maîtres d'aceepter pu de reftifer* S'ils pernstent dasis leur résolution, il sera tmpesnble à HL de Ulloa de prendre poesessùm de cette CO' iemie^ n'y aycmt amené que quatre vingt dix hommes, et je juge, d'après les entretiens que j'ai eus avec lui, que, me comptant pas qu'ils changent, son dessein est ée loger ces quatre vingt dix honunes, séparément des FrançMf dans quelques maiscHis qu'il louera à une des exIréipÉé» de la vilje, et que» dans cette situation, il •Étendra les «idres de sa cour qu'il a denaandés. Cette eo^joncture n^us oblige, M. Aubry et moi, à continuer le i^veraemeat.et l'administration sur le pied où elle est eBcore."
Ou voit par cette dépêche, que Ulloa arrivait dans la eokmie avec les meilleures intentions. Il en fit preuve •en offiPMit de preoidre, a&a de raasbier les habitants» le papier monnaie du pays an prix courant imposé par le Seuvemement français, c'est-à-dire à 76 pour cent de perte, et de donner 4es piastres en échange. C'était une grande libéralité de sa part que la proposition qu'il faisait, de donner anxv habitants, les piastres qu'il avait portées avec lui et de payer sa propre troupe avec le papier meunaie qu'il aurait reçu en échange, -au. {nix •eufant Mais les hafaitaiits qui, pour un objet qu'ils pouvaient avoir à 6 livres en argent, étaient obligés de donner 20 livres en papier monnaie, e'ei^-dire qui perdaient 800 pour eeut, quand ils faisaient usage 4e UUeti pour acheter^ et qui ne pouvaient pas espérer qa»>^ le gounum^nent français les ferait rentrer à un taux au-dessus de leur d^uréciation légale de 75 pour
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cent, ce qui était leur taux de ciroolatioa fiMroée fmm l'^êSi Facquittemeiit des dettes et obligatic^M, n'en reftifiiiinal' pas moins de les livrer à UUoa» à moms qa*il ne les prit au pair. Us alléguaient pmir prétexte ^foe te gotiTemement français les aequitt^uit en-pkAor tandis que cela ne s'était jamais vu, depuis la fondation 4e la colonie, même lorsque la circulation en *pa^îeii élait beaucoup moîtis £brte que celle de l'3S66, qui' se mÉnrnit à sept millions de livres.
Les prétentions injustes et absurdes ptit his^uéHef «ob répondait aux offres libérales et obligeantes d'UUea^ flûent sans doute la première cause de l'inritalîo» qn^ manifesta par la suite. « .
Comme l'Espagne n'avait nullement éésiré ia cesiRon de la Louisiane, et qu'elle ne l'avait acceptée ^m pmui plaire i la France, elle ne s'attendait pas 4 ee ^gm H domination, qif on la forçait presque d'âflSHMr, eeeaîl regardée à la Louisiane comme un iéaui. Lein^de là* elle avait compté sur le bon voulûr des eolens et mv la coopération des troupes françaises poOr lui faciliier la prise de possession. Mais à peine UUea fut-il débarqué, qu'il s'aperçût qu'on le traitait «i euMmi ; il apfnit'aveo étonnement que les soldats firançais reli^ saient de passer, même manentanément,iaa servioe im roi d'Bspagne et de lui obéir, qnaiqu!ils y fitettent imidtés et autorisés par leur souverain légitiiile. Ce fut, là dam doute une seccmde cause d'irritatieii pour la fievié espagnole.
Le 2 avrils M. Fo«cault confimiait ks nouvaUes fa'îl avait données préoédemmént et discût: *^U n'y -a maurtr nant plus 4 espérer que les soldats en gosniion iei se déterminent à y servir le roi d'Bspa^fne* M. Aubiy s'y est pris de toutes les finçons pew les faire ehenfei» de détermination, mais ses efforts ont été vainSf de ma* nière qne M. de Ullea, qui n'est pae<fert e«rieKrd< les gafder di^is lenr premier sefu% pm^ll fine qu^ja^
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yM6» WÊÊm êioUié i ne prendre poisefMii de cette ooleue ^après avoir M|U des oardres en éa&séqnence de sa ecmr, à laquelle il demande une augmentation aux quatre lingt (Sx hommes qu'il a amenés."
Le S^ite même mois, M. Anbry rappelait au minîstm ifae la oolonie de la Louistane ayant été cédée aux Bspigiislij il aYaîft été signifié au commandamt franco du Msser à la divpositioii du gouverneur espagnol la garnison française» composée de trois cents hoBimes, si loateftis il l'exigeait, parceqi^oft était «onvenu avec la eMr d^Espagi^ de mettre cette gamisom à son serviof, iKVée ses officiers^ autant de temps qu'elle k jnge« rait i propos. Mais M. Aubry ajoutait :
H)ette gamisont dont le soldat est réduit à aefpt Uvtes par maie au Vmm de treate eîiiq livres dont le soldat es* pàgii^ jouit it 4a Havane, n'est pas dfaposée à rester ioas la ■iWi'uHu demination, d'autant plus que presque tM» lea seldala sont dans le cas d'avoir leur congé absolu fm Faacieiuielé de leurs services. . Au lieu d'augmenter le^soMats français et de porter leur paie de sept livrée à trente cinq, M. de UUoa a diminué la paie de se» propres scMats, et de trente cinq liTres qu'ils avaient à kl Havane, les amis à sepjt livres. Oe qui a produit mt mmtÊLttiB-eSft sur les deux troupes."
Cetle dépéehe d'Aubiy explique pourquoi Ulloa était arrivé avec si pM de troupes. Il est évidait que, d'après les conventions faites, la cour d'Espagne avait compté sur les trois cents hommes de troupes firan^ çoiscs qui avaient été mis à sa diqaositiaiL ^ La cour de Franea avait eu tort de ne s^étre pas assurée que ces troupes avaient droit à leurcongéi et elle avait par là induit la cour d'Espagne en erreur. Ainsi donc» la fiMite en était à la France et non à l'Bspagne, si la prise dn possession ne se fiûsait paa
QaaaÉ à la paie de aept livres par mens ^Hrte aux trsiqpea tMiçaises par UHoa, il est bon de fiûre obaer-
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ver que c'était la même qu'elles recevaient da gouver- 1765. nement français Les tronpes françaises, du reste, de* vaient y trouver un grand avantage, puisqu'au lieu d'être payées en papier de presque nulle valeur, comme sous le gouvernement français, elles auraient été soldées par UUoa, en argent, ou^en bons ou effets équivalents. Car il n'aurait pas même pu se procurer les bih lets dépréciés de la^colonie, parce qq'on s'était entendu pour ne les lui vendre qu'au pair. Sous ce rapport, on ne pouvait donc se plaindre. Quant à la réduction de la paye des troupes espagnoles au niveau de celle. des troupes françaises» c'était évidemment pour mieaj[ les confondre les unes avec les autres, pour le» mettre sur un pied d^égalité et pour éviter toute cause de jakmsie ; d^ailfeurs, ce ne pouvait être tm sujet de plainte que pour les Espagnols et non pour, les Françai^b
Quoiqu'il en soit, il y avait une fermentation sourde et un mal-aise général dans la colonie: voilà quels éti^kift les piébiitofr du dnm^ qui deviki* Mratètl'én-