CHAPITRE XXIIL
RÈGLEMENTS DE COMMERCE ÉTABLIS PAR ULLO A.— REPRÉSENTA- TIONS DES MARCHANDS.— MARIAGE ROMANESaUE D»ULLOA.— INUTILES EFFORTS DE KBRLEREC POUR SORTIR DE LA BAS- TILLE.-RETOUR DU DÉLÉGUÉ MILHET.-EXASPÉRATION DES COLONS.-ASSEHBLÉES POPULAIRES.— REQUÊTE DBS COLONS ÂV CONSEIL SirPÉRUSUR^RÉOUIBITOIRE DU PROCUREUR GÉNÉRAL LAFRÉNIÉRE.— AVIS RAISONNÉ DU COMMISSAIRE-ORDONNATEUR FOUCAULT.
1766. Le 6 mai, le gouvernement espagnol lança un décret, par lequel il permettait, par grftce spéciale, un commerce direct entre quelques-unes de ses possessions d'Amérique et les colonies françaises. En conséquence, il était permis, en remplissant certaines formalités, de tirer des possessions espagnoles, des bestiaux et des grains, poorva que le transport s'effectuât dans des bâtiments espa^ gnols de Caracas. Pour éviter la contrebande et toute autre fraude, il devait être indiqué un port dans chaque province où résideraient deux commissaires français, chargés de faire les achats. Le droit d'exportation était fixé à 5 pour cent. De la Louisiane il était permis d'exporter des bois, du riz, du mais et d'autres productions du sol. Messieurs Favre d'Aunoy et Villars furent nommés commissaires français à la Nouvelle-Orléans, aux appointements de 4,000 livres.
Cet acte devait faire voir aux colons que la cour de Madrid prenait au sérieux le traité de cession et que la
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France avait renoncé de bonne foi à la Leaisiane.^Q'elle 1706 . reconnaissait dorénavant comme une province espagnole.
'^Le 6 septembre, M. Aabry publia Pordonnance sni- Tànte, comme règlement de commerce:
^Sa Majesté Catholique, ne désirant que le bien et l'avantage de ses sujets établis i la Louisiane, étant informée par M. de Ulloa, capitaine de vaisseau, envoyé par elle pour en prendre possession, de tout ce qui concerne Tapprovisionnement de vivres de cette colonie et de l'exportation des denrées et autres productions qui en sortent, a bien voulu, pour favoriser les habitants de ce pays, permettre que les bâtiments des colonies françaises de St-Domingue et de la Martinique qui apporteront ici des vins, farines et autres vivres, et qui, en échange, tireront de la colonie des bois et des denrées, soient reçus, en attendant que d'Espagne on trouve le moyen de faire ce commerce. On a bien voulu aussi accorder des passeports aux armateurs de France qui apporteront de ce royaume les provisions et autres marchandises nécessaires pour cette colonie» Mais comme ces permissions n'ont été accordées qu*autanr qu'elles seraiejit avantageuses pour les habitants de la Louisiane, et que depuis quelque temps les négociants ont fait monter les marchandises, les vins prin* cipalément, à un prix extraordinaire, et qu'ils ne veulent que des piastres gourdes, ce qui porte un grand préjudice aux habitants ; en conséquence des ordres que Sa Majesté Catholique a adresses à M, de Ulloa et qu'il nous a communiqués, il est ordonné à tous les capitaines venant de St.-Domingue, aussi bien qa^à cenx quî viennent de France, muais d'un passeport de Son Excellence le secrétaire d'Etat de Sa Majesté Catholique^ car autrement ils ne seront pas reçus, de se présenter à M. de Ulten avec leurs passeports, aussi tfit leur arrivée, et avec la facture de leurs cargaisons, I) esit défendu
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17^ 4e lien 4écha4ger jnaqu'à oe qu'Us* «teat persûssioA d« lui au bas de leuis passejMurts ou de leujrs factures. £t U est ordonné aux commissionnaires, de se présenter égale* XBent à M. de Ulloa, en donoBiiit la note du prix auquel ils voudront vendre leurs marebafidises, pour les fairf exaniner. par des perso^es justes et intelligentes de eette coloi|ieb et, si les prix soot excessifs, on ne leur per«»mattra pas de les vendre» et ils seront obligés d'«^er vendre ailleurs.
^I^es dits aégpoiaiits seront obligés de reoevoir la monnaie courante, d^ pays eu paiement de leurs xnajr-chandisos; Ih tireront au moins le tiers de Içnr çaifr gaisoD en boiâ et autres effets de la colonie-^ ^ ^. ^^^a
Le reste de Tordonoatice détermine la quotité de» produite delà colonie qu'ils devront emporter cnnime cargaison de retour, et cette quotité d'ejt portât ion est basée sur la quotité d'importation de» marchandise:» étrangères introduites dans la colonie*
On voit que» bien qu'il n'y eut pas encore de prise de possession de la part d'U Uoa, le gouverneur français» Aubry, considérait la province comme espagnole et ne fSaisait osage des pouvoirs dont il était revctu, que pour faire eiécuter les volontés du roi d'Espagne. Il servait d^intennédiaire entre ta population française cC UUoa,qui n'avait pas les forces uéce^s aires pour^e faire obéir directemeuL Ainsif Ulloa ordounaitr ^t ^\jubry exécutait.
Le 8, les négociants de la Nouvelle-Orléans préseur tarent aux membres du conseit supérieur, une requête pour les prier de ne paa consentir à la mise à exécution de Tordonuanee précitée, avant qu^ils n'eûsiient eu le temps d'être entendus à ce siyet» Celte requête était conçue et signée ain^I que suit : , , ^ «^^
Ret^uéle dot Négociante*
A Nos Seigiieui^ du cQUtteil supérieur de la p^oyàicv de la Louisiane ; ' f?
peint €18862 les lois, ite s'y «<M»t trop soumis pour ne p99 tia OiToire en droit de réclamer votre autorité, et dei^a^ dent à se pourvoir coutt^e une ord^unance ]pubKé^ le H de ce mois, au nom de Sa Majesté CathcjiqfiQ^ sisiiét Aubry, défendaïUià tout ^apîtaine eit négo^ùuit d'«Ji|order dans ce pays pour y faire leur vwtet qw^an ilré#* lable ils n'aient fait estimer et mettre un prix à leurs marchandises par-devant M* de ULloa.
*^Un corps ausi^i utile à tous égards et que le£ rois ont toujours hotioré de leur conilaiice, accablé par deficonditions onéreuses, ne craint point qu on Jui refuse, à la réquisition d'un procureur général aussi zélé que celui du Roi Trés-ChrétJcn en cette province, le tempiï de faire é^s représentatJooH avant l'exécution de la dite ordonnance, et de démontrer que l'extension et la liberr té du commerce, loin de nuire aux états et aux cotonie^r en sont au contraire la force et le soutien,
"Signé : Joseph Milhet, Uoze, Cantrelle, D, Braud, J, Mercier, L. Oucrest, Petit, Duforest; Toutant Beaure^ gard, Lp Boisdoré, B, Duplessy, Braquier, P* Caresse, J, Vienne, P. Segond, Voix, Durel, Blache, M. Poupet je, ^
P. Poupe t, Estébe, Rodrigue iils aîné, J. Sauvestre, G< %
Gardelle, Ducarpe, F. Dnraud, J. et N. Boude t, Ri voire, ; •
Macucnara, F. Denis, J, Arooult, A- Reyoard, P-Seuilb, A* Bodaille, L.aullLé, Dubourg, Durand cadet, Pestas, Frigière, L. llanson, Fuurnier et SL-Pé, Détour et ^ VillefrtiQche, Salomon, Deia^size, Blaignat, Langloisy Fortier, J. Lalitte cadet, Hénard, L. Estardy^ Astier et Brunet, J. Bienvenu^ Sarpy, Doraison, Cavelier frères, j^ Papion, Gaurrége, Revoil, Guezille, Gutgnan, St. AunCf MouUlneau, P. lléry, A. OUivicr et BroustiardJ* ^ m
Les représentations mentionnées dans cette requête et que le corps des négociants demandaient le temp£^ de rédiger, furent présentées au conseil supérieur, le 12 du même mois, et en addition aux noms précédents^
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1766L portaient lei suivants : Diunas et Grieumard, Château, P. Simon, E. Hugues, J. Sarrou, B. Gaillardi, Raguet, J. Nicolet, Brion, Betrémieux Tainé, Blandin Dutertre, Bijon» L. d'Hanbeck, M. Duralde, Bonnemaison, Joli, Fontall, B. l'Enfant.
Lès 'Capitaines de navires présentèrent une* supplique de la même nature.
Les colons, en dépit de l'évidence, se berçaient toujours de la même illusion et espéraient que le traité de cession n'était pas définitif. Cependant, Taliénation de la moitié de la Louisiane en faveur des Anglais, qui en avaient pris possession, était un fait accompli et devait leur dessiller les yeux. Un autre fait, entre bien d'autres, qui aurait dû les éclairer, c'est que Je gouvernement français avait suspendu le paiement des lettres de change de la colonie pour les exercices de 17H3, 1764 et 17fï6, en prétendant que c'était aux Espagnols t # à supporter les dépenses de la colonie depuis celte époque p Donc, Tac te de cession était bien réel, donc la France, en attendant que la prise de possession eut ' lieu, ne se considérait que comme le dépositaire et le
gardien d'un bien qui ne lui appartenait plus,
M, Foucault réclama contre cet arrêt du conseil d'état portant ainsi suspension du paiement des lettres de change, "Cette suspension, disait-il| en date du 29 septembre, a été à la veille de produire un fort mauvais effet- L'alarme répandue à ce sujet pouvait anéantir le commerce de cette colonie. Je manquais de tout, ne pouvant plus offrir de lettres de change en paiement. Il m'était impossible de rien acheter, ni de nourrir et entretenir les troupes,
"Si M- de UUoa avait pris possession de cette colonie aussitôt après son arrivée, comme 11 le devait, il noDS aurait évité tout cela. Je n'aurais été assujetti qu'aux embarras qu'aurait causé le défaut des ordres que j'ai eu l'honneur de vous demander. Il n'a reçu de f?a cour
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rien de ce qu'il en attendait, et il ignore si quelques nois iim. ne s'écouleront pas encore» avant qu'il soit en état de rien opérer. Il y a quelque temps qu'il engagea M, Aubry a rendre l'ordonnance dont copie est ci-jointe. Elle a été rendue sans ma participation* le 6 de ce moiSf publiée en ville le même jour et le lendemain, à son de tambour, sous Fescorte de quelques fusiliers français, la bayonoette au bout du fusil* La colonie, à peine revenue du trouble qu'avait occasionné Tacte de suspension, se trouve dans de nouvelles peines. Le début de M, de UUoa fait que chacun craint pour sa liberté, après la prise de possession* Les négociantfi oC les autres domiciliés de la ville m'ont présenté ensemble, à des jours différents, deux requêtes adressées au conseil supérieur. Les capitaines de bâtiments qui se sont trouvés à portée m'en ont présenté une autre. Le» habitants de la campagne se sont seuls abstenus d'en faire autant, quoiqu'ils ne craignent pas moins. Il se peut que les uns et les autres interprètent mal le sens " de la lettre qu'ils citent du roi à feu M* d'Abbadie pour la remise de cette colonie. Mais il est certain que, ou- *,
tre que la possession n*est pas encore prise, beaucoup de raisons, sans parler du vice d'irrégularité, mettent 4
cette ordonnance hors d'état d'être exécutée en tous ses ' •
points; et Sa Majesté n*a pas entendu dépouiller ses sujets, en faveur de l'Espagne, des privilèges et exemptions dont ils ont totu ours joui, lorsqu'elle a fait cette cession. Néanmoins, M* Aubry ayant assuré verbalement à plusieurs personnes que, réflexions faites, on % n'eiigeait plus reiécution de cette ordonnance, j'ai refusé de faire droit à ces requêtes. Je me bonie à vous en adresser les copies ci-jointes, vous suppliant. Mon- |^
«eigncur, de faire passer ici promptement des ordres qui confirment les sujets du roi dans la croyance où ils sont, qu'il n*est rien diminué des avantages qui leur étaient accordés par Sa Majesté.
Ï5i CiîAP. xxmj
MA "^Itàf&fàôeLÛonée Tordlonnânee tfc^ftet pas été ftRe dans Icfs ferait, on n W pas plt» rassmé. Flttsieufs persôtiBefl^ont écrit dans les atttrefi éolbnies -d'y snsi^'* fftpe tes atrmements poar celle-ci. Depuis qtielqtteft nwris n nèhoas Tient que fort peu de bfttiments français^ H point d^nglais, qui nous ont toujours été d'un grand fte^urs' par ie» farmes dont étaient composée» leurs earg;aison.«^, et, comme il ne me reste plus que cinquante quatfs ée tîrres, je vais- me trouver réduit à donner tfo rî» &ik gamlsda et auy autres rationnaires."
On voit que tes habitants de la Louisiane attacèaiénC ft 'Itf lettre âu roi de France à d'Abbadie une importance qn?è!fe ne devait pas avoir. Le roi, annonçant aux colons qiffl tes avait placés sous la domination de FEspa^ gne, ne cbercfcait évidemment qu'à tes consoter etf teur disant, qu^l espérait que le roi d'Espagne tes mahi'tiendrait dans la jouissance de tous leurs droits et privi^ lêges et ne changerait rien à Tordre de choses auquel ils étaient accoutumésv ainsi ^'aux lois qui les avatent toCrjours régis. Les colons avaient (Failleurs eu connais* sanoe des actes de donation et d'acceptcition, et avaient pvr se convaincre que la cession était sans réserve aueune et sans condition, imposée au roi d'Espagne. La tettre même sur laquelte ils appuyaient leurs prétenâcniff n'était a<kessée, qu*dprés la cession, par te rai de Franco àvA dé ses officier». Le roi d'Bsqpagne n^ était nrt* tement partie et <ievait être eensé tfen point avcrir cow naissance. Aprèirfoat, te roi de FMmeese bomail ft* exprimer des désirs que te roi d'Espagne pouvait, k sa guise, prendjre ou ne pcus prendre en eonsidéxation» Le» dérârs 6u les vœux du rm de France ne pouvatent dene impeser aueilite obligation au gouvemement^espagné^ et par conséquent ne pouvaient constituer aucun droit dont les colons pussent se prévaloir. Seirfementf en deher» de la question de droit, tes cotens auraient pu s'étayer de la lettre du roi de Firance, comme appui
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inoraly pour faire un appel à la générosité du roLd'Es- 1716. pagne.
Fendant que les colons étalent dan;s cet état d'exaltation, Ulloa descendait le ileuve, au mois de septembrcj et allait fort tranquillement attendre à la Balise Tarrlvée de la marquise d'Abrado» Vune des plus riches héritières du Pérou, dont la beauté égalait Topulenee, et qui venait épouser le nouveau gouverneur que l'Espagne avait donné à la Louisiane- La bonne fortune d'UUoa était d^autant plus remarquable, qu'il était alors dans 5a cinquantième année. C'était une aventure romanesque qui se terminait, au moment où une révolution allait commencer.
M< de Kerlerec, qui était à la Bastille depuis 1763, voyant qu'on Vy laissait sans plus s'occuper de lui» fit cette anuée de grands efforts pour en sortir. Il soumit au gouvernement une lettre d'adieux que lui avait présentée le corps des négociants, lorsqu'il quitta la Louisiane » et dans laquelle on lui disait que Von considérait son départ comme un malheur public I ^'Jamais, lui disaient les négociants dans cet écrit, un gouverneur ne fut mieux instruit des justes bornes qu^on doit mettre à Tautorité. Vous n'avez jamais usé de votre pouvoir que pour nous faire du bien, et tout ce qui était ii^uste vous a toujours paru impossible."
M. de Kerlerec appelait aussi rattention du gouvernement sur une communication du conseil supérieur, qui lui donnait beaucoup de témoigtiages d'estime et de reconnaissance.
Pensant que c'était pe/ les accusations et par Tin* fiuence de M. de RocKcmore qu'il était ainsi détenn, il ajoutait aux pièces rféjà citées le certificat suivant qui lui avait été donnât en 17(Î0, par les personnes les plus reoommandablâs de la colonie; *
^Nons soussignés, déclarons et attestons qu'il est à ^ notre connaissance que depuis que M. de Rochemora »
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1^68. est dans cette colonie, il n'a cessé île barrer et traTerser toutes les opérations de M. de Kerlerec, gouverneur, et les sages précautions qu'il est à notre connaissance qull a voulu prendre, pour sauver la colonie de la disette où elle se trouve aujourd'hui, et enfin, pour être paré à tout événement d'incursion de la part des ennemis, en portant dans toutes les parties de son administration une lenteur marquée et affectée, quand il n'a pas pu refuser d'exécuter les ordres donnés par le dit sieur de Kerlerec, gouverneur, dont il a publiquement dit ne pas reconnaître les ordres. Ce qui est arrivé très souvent à notre connaissance. Nous ajoutons cette déclaration, &c.,&c.
Noayene-Or]éaiw,25aYriI 1780.
Signé: Devergès, chevalier de St.-Louis, ingénieur en che^ Chabriliard, capitaine d'infanterie, d'Arensbourg, capitaine commandant les Allemands, Coppin, capitaine d'infeinterie. Volant, commandant des Suisses, liessassier, capitaine de milice, Favrot, capitaine dlnfauterie, de Chermont, ingénieur du roi, Raguet, procureur général du conseil, le chevalier de Lanoue, lieutenant d'infanterie, L. Milhet, officier de milice, Braquier, offieier de milice et négociant, Trudeau, lieutenant aide-major, de Lalande, commissaire au conseil, R Marquis, lieutenant des Suisses, Huehet de Kernion, commissaire au conseil, P. Caresse, officier de milice et négociant Pradel, ancien capitaine d'infanterie, Desmazelières, capitaine d'infanterie, Duverger, Totibadon, officier d'infabterie, Del^ssize, négociant, Descoudreau, lieutenant d'artillerie, Pontalba, capitaine dlnfanterie, le chevalier de Macarty, capitaine d'infanterie, le chevalier de Masaa, chevalier de St- ' Louis, ancien capitaine retiré, Raguct fils, négociant» Gantrelle, marguillier, habitant, Leblanc, officier d'infanterie, Voisin, capitaiiie d'infanterie, L. Ollivier, négociant, Devergès, fils aîné, officier d'infanterie, Bien-
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venu, aide-m^or de milice garde-côte, Faubenheimt 17(16^ otEcier suuï^âet Ducros, aide-major de milioei Rivière, négociant, Laperlière, lieutenant d'inlanterie^ Belair, capitaine de milice g^de côte, Dreux, oilicîer de milice, Adamvillci, enseigne en pied d'infanterie» Boissan, officier d'infanterie, Lavergne, capitaine d'infanterie, le chevalier de Glapion, enseigne d'infanterie, Grévemberg, habitant^ de Labarre, capitaine de milice garde côte, L- Hanson, babitant, officier de milice, Cbabert, capitaine d'infanterie? de la Gautray, capitaine d'infanterie, Laclède, négociant, officier de milice, Bachcmin, enseigne d'infanterie^ Roullinf enseigne d'infanterie, Lalonche Verbin, enseigne d'infanterie, &c. (Stc.
Tous ces documents étaient accompagnés d'un mémoire JnE^titicaiif dans lequel jVL deKerlerec passait en revue et défendait tous les actes de son administrât! on< Mais en dépit de toutes ses démarches et de tous ses efforts, les poiles de la Bastille restèrent impitoyablement iermée^
Le 2Û janvier, le commissaire ordonnateur Foucault 1767. écrivait au ministre :
*'AL de Ulloa^ voyant combien était grand l'embarras dans lequel J'étais, pour Tacquittement des dépenses à faire dans la colonie, par le discrédit des anciens billets et celui des lettres de change causé par l'arrêt du egnseil d'état du roi, du 4 mai 1766, et voulant me mettre à mon aise de ce coté là, me proposa par écrit, le fi décembre dernier, de la Balise, où it était depuis le mois de septembre précédent, de me faire fournir des deniers du roi d'Espagne, a titre d'emprunt, les piastres qui me seraient nécessaires pour cet objet, et, conune il me marqua que toutes les dépenses depuis l'arrivée des Espagnols ici, étaient pour le compte de Sa Majesté Catbolique, j'acceptai."
On voit par cette dépêche, que Ulloa faisait preuve d'une e:itréme libéralité, lorsqu'il oiTrait à titre de prêt,
IM [cHAP. xxm.
Vtfn. tm coimnlssaire ordonnstenr, tout Targent dont il pouvait avoir besoin pour suppléer au <Uscrédit de Fancien papier du gouvernement français. On voit que non seulement Foucault acceptait cette offre, mais encore ne Vacceptait que parce que le gouverneur espagnol s'engageait à prendre pour son compte toutes les dépenses de la colonie depuis son arrivée. M. Foucault admettait donc que la colonie, quoiqu'il n'y eut pas de prise de possession officielle, était devenue espagnole, et que M. Ulloa avait un titre suffisant pour en assumer tous les frais d'administration. D'après cela, on ne comprend pas comment Foucault se crût par la suite autoritfé i refuser à UUoa le droit de sTimmiscer dans une administration dont il payait toutes les dépenses, et comment il put se joindre i ceux qui crûrent pouvmr légitimement chasser Ulloa d'une province re* connue espagnole par les principales autorités françai* ses i la Louisiane et surtout par la France elle-même. Car des ports de ce royaume il ne s'expédiait pas un seul navire français pour la Louisiane, sans un passeport espagnol. Ce fait seul était concluant et devait convaincre les colons, autant qu'une prise formelle de possession, que la colonie avait réellement cessé d'être française.
Le 80 mars, M. Foucault informait le ministre que, grâce à l'argent prêté par Ulloa, il avait fait rentrer une quantité considérable du vieux papier déprécié, émis par le gouvernement. En date du même jour, M. Ai:^ bry écrivait aussi :
'^J'attends avec le plus grand empressement la troupe espagnole destinée à servir dans cette colonie. Je me flatte qu'au moment de son arrivée, la prise de possession se fera et qu'il n'y aura plus alors aucun motif pour la retarder. Depuis im an que M. le gouverneur espagnol est ici, je me suis toujours concerté avec lui, dans tout ce qui regarde l'avantage et le bien du service de
OBAr. xxnij mt
flalMh^eflté OadioUqne; jèloiai domé tovlM kft ooh- IW. naÎBnmcesqne je poavaûs avoir de la Leniaîaiie. Jf Tai aoeompagné dans tons ses voyages, et* quoique je pense dif^remment que lui sor plusieurs objets eoaeer nautle gouvernement de cette colonie» je tàehe antaat qu'il est possible de conformer mes idées aux sioMWS, et de le prévenir dans tout ce qui peut lui faire pkdsii; Ma position est très embarrassante. Je siûs obligé i^mvmr de grands ménagements avec les Ei^agnelSt JEVaa- •çaisy Anglais et Sauvages qui se trouvent ici, et ne peovent guère s'accorder. Je tftche de faire régner l'union et la concorde entre tout le monde, mais c'^st un gland ouvrage. Depuis le matin jusqu'au soir, j'ai affaîl» à toutes sortes de nations, dont les intérêts et les earaatdres sont très différents. Ce qui me surehaige dfeee» pittiotts.
''M. de UUoa est depuis sept mois à la Balise, Murapé à établir un nouveau poste et i attendre des nouv^Uet» J'y ai resté quelque temps avec lui, mais comme j'ai vu que riep ne finissait, et que ma présence était nécesr saire à la ville, j'y suis remonté, attendu que les bahir tants ténmgnent bi«i du regret de ne plus appartenir à ht Pranee. Je ne cesse de leur persuader qu'ils sefont aussi heureux sous la domination espagnole que sous la domination française, et qu'ils jouirùnt des mêmes yn^ vilàges et avantages sous le voi d'Espagne, comme nsins le roi de France. Je ne cesse aussi depuisdeuK ass d'inspirer les mêmes sentiments aux Sauvages^ ifà te* grettenA beaucoup leur ancien père et, sont tais Aehés de oetle révolution.
^Le gouverneur que Sa Majesté Catholtqaea^tnvoyé» est un homme rempli de mérite, de connaissanses et de taleBÉs,maiB contre l'usage de sa nation, il est sBtaépBa* iSMt vif, et il me semble qu'il n'écoute pas assez les re* ppésentations qu'on lui fait. Ce qui mécontente ceux fui oit aAure à lui. Je lui ai dit que les Jiabilauls de
1761 ift Liwi«a>e étàienj copube ceux jhi Cêxnûia^ yi'&kieùt parlant avec doacenr, qu'en las prenant par rhoueiir et les «entiments, on en ferait tout ce qu'on voudrait ; \ que ai on voulait les gouverner despotiqueraent, \ ils ont toi:yours été menés doucement, du tempi ,q«fik appartenaient à la France, il serait à craindie qn'après la prise de possession^ plusieurs n'alMuidontiésssat leurs terres pour aller diez TAnglais, qui leur en donnera tant quUls en voudront, et leur aooordera toute Ubertéy afin d'engager d'autres a les suivre
^Dans le changemeztt de gouvernement de cette coloue, j'aurais bien désiré que celui qu'on a envoyé pour la eetnmander eât l'art de manier les eqprits et de gagner les eosurs. Ce n'est point par la hauteur et la fier* té, par les menaces et les châtiments qu'on doit conduire im iMnunes. Dés marques de bonté et de bienveilltoco, fnelques preRuesses dispersées à propos, étaient néoesr •aires dans ime révolution pareille. C'est le seul moyeu de parvenir à ses fins et de s'attacher de nouveaux su-r jets qui regrettent beaucoup leur ancien maître,
*^ les Ei^agnols n'agissent pas avec deueeur et qUr'ils veuillent gouverner cette ceionie comme un Bré? side du Mexique, la plupart des habitants quitteront Icws terres pour aller chez l'Anglais, qui est viMrViset qni ne négligera rien pour se les attira et de cetle &r fen, la piotie espagnole qui s'est beaucoup peuplée de^ pois quelques années, deviendra avant peu un désert.
*A mon dernier voyage à laBaliëe, M* de UUoa me témoigna avoir envie de prendre poss^nûiHi de la oolon mt» Je Ini répondis qull en était le nviitre, et queje^ la lui remettrais aussitôt qu'il le jugerait a propos. H mm ppspsoa d'en prendre possession à la Balise mième, et en conséquence, de faire amener le pavilka feanf is et de foire hisser le pavillon espagnol ; et, oomom ilastendait de jour en jour des troupes, il me pria* au nmk