AF. XXIII.1 IM
du roi son mâHre» de oontinuer le gouvernement da 1767; pa3rs jusqu'à leur arrivée. Cette proposition m'étonim et m'embarrassa. Je lui représentai que je croyaii qualité cérémonie semblable devait se faire dans la capitale, avec toute la dignité convenable, en présence de tous les habitants, qui viendraient lui rendre leurs hom-' mages et l'assureraient de leur fidélité inviolable pour le service de Sa Majesté Catholique. Je lui dis que les habitants et môme les étrangers seraient étonnés qu'une eéiémonie aussi éclatante se fît à la Balise. AprM quelques difficultés que nous eûmes à ce sujet, pour lui prouver que je cherchais toujours à me concerter avee lai dans tout ce qui regarderait le service de Sa Maje»^ té Catholique, malgré que sa demande me parût singn*» lière, j'y consentis. En conséquence, nous dressâmes^ d'un commun accord, un acte signé de lui et de moi, cijoint, par lequel vous verrez. Monseigneur, que je lui U* vrais la colonie et que je m'en réservais le gouTeroe^ ment jusqu'à l'arrivée de la troupe espagnole. Cet acte fut rédigé et signé le soir, et, le lendemain au matin, jour où la prise de possession devait avoir lieu, M, de Ulloa me dit qu'il avait fait ses réflexions pendant ta nuit sur Touvrage de la veille, et qu'il pensait qu'il valait mieux diÛ'érer et attendre l'arrivée des troupes \ que cependant, quoique cet arrangement n'eût pas eu Heu» il enverrait à sa cour une eopie de ce qui s'était fait entre nous, et que si je le jugeais convenable, je n'avais qu'à en envoyer une également à la mienne* Comme je de\^is partir le Rurîendemain pour la ville, où mn présence était nécessaire, et qu'il attend des troupes d'ina* tant en instant, il me pria, avant mon départ, de donner ordre au commandant de la Balise, de faire arborer, aussitM sa demande» le pavillon espagnol, et amener 1« pavillon français. Ce que j*rvi fait
**Je ne néglige rien, et je fais tout ce que je peux pour me réunir et me concerter avec lui dans tout ce
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1917, qiii regBtAè le bien et Favatrtage 4a aervioe de SaM»jeeté Catholique, et il est certainement trop juste peur ne pas se louer de tous mes procédés à son égard. Mais dans un changement tel que celui-ci» et dans la position oà est la colonie, comme il est intéressant de gagner les eœuK et de faire aimer un nouveau geavemement, il me paraSt qu'il ne prend pas les mesures les plus eonrenaUes pour cela."
■ Quant à la prise de possession que Ton reprochait tant aux Espagncds de ne pas compléta, et, quant aux dépenses de la colonie que la France voulait fiBÛre payer, à pertir de 1768, au ^goavemement espagnol, le marquis de Grimaldi, alors ministre en EqMigne, écrivait au comte de Fuentes, ambassadeur près de la cour de France, en date du 11 mai*:
^UUoa n'est arrivé à la Nouvelle-Orléans, que le 5 mars 1766. Il ne prit pas almi possession pour les matifk dégà expliqués. M. le duc de Praslin (1) se rappellera qii^il y eut des doutes de notre part à l'égard de l'acceptation» Mais, comme les mêmes rais<«s qui iaisaieni croire à la France la nécessité de la cession, conseillaient à l'Espagne de l'accepter, le roi la reçut, quoique ¥oa reconnût parfeûtement que nous ne faisions l'acquisition que d'une charge annuelle de deux cent cinqnan* te mifie à trois cent mille piastres, en édbange. d'une utilité négative et éloignée, c'est-à-dire, celle de posséder un pays pour qu'un autre ne le possédât pas»
^D'ailleurs, rien n'a été stipulé sur le temps où l'Eapagne devait en prendre possession, et l'on ne doit point s^étonner si elle ne s'est point pressée, parceque ai la colonie est utile, nous avons perdu notre profit ; si elle ne l'est point, quelle raison pourrait-il y av<Mr pour nous fiûre sortir de notre todn ordinaire et pour nous ûdre courir après un poids onéreux 7 Voilà, MonsÎBur, pour-
(I) AHiiiilre de k moiiiie.
fM* mmm fcoauaeg vmpÊÏB ^>p M. te été de FwiUa mdmi 1767. fiuue entrevoir que notn serions même oUigés de fwiyer lee dépense» faites depnis 176S, époque de la cession, iin^y a pas {rius de raison pour cela que pour nous demander tonte la dépense &ite par la Fnmee depuis ses étabMsssiawit dans ce paychlè» Cette prétontien est d^aitoat ptaÉ singulière que, depuis la -eetston jusqu'à Farrivée d'i/llea, c'est la France qui a absolument jeui des av— tagsn du eommeroe de la eelenie, ayantages dent elle eontinue de jouir même actuellement^ quand ks dépenses que Ton y fait ne sont pas à sa cbarge. Pas un seul vniseeau espagnol avec des denrées n'a encore étéA kk Louisiane. Tous ceux qui y ont été sont des vaisseaux ftançaîs. Berai^il juste que la France, ayant gardé paér son compte FutiUté du pays» exigeât de l'Espague les dépepws de la eokmie avant d'y avoir mis le pied!
'^jC roi, loigours perte à ne pas eaimer le moitodre pr^fudîee aux intérêts du Roi Très-Chrétien, son cousin, quoiqu'H eût eonuu, dès le c<mimencement, que la cdoaie était une ckeerge sans profit, quoique M. de Ultoa i^en ak pas pris possession- par les justes motiis de se ÉHyofersaasHf appui de la tioupe française, sur laquelle ottCfuyait pouvoir compter, et quoique tout le cemiMrto ait été à l'avantage des Français, le roi, dis*je, a ééelavé qu'il ferait payer toutes les dépenses faites depuis l'arrivée d'UUoa."
Vél étfltit PétaÉdes choses lorsque Jean Milhet revint de France, où ii avait été envoyé comme délégué. Sa longue absence avait contribué à nourrir les espérance's de ses eaneitoyens, car ils pensaient qu'il ne l'rârait pas aitff piolaagée, sV n'avaîi pas vu une probabililé de réassbte pour sa miscRon. Mais lorsqu'à son retour, ii limtê aouMBça qu'il leur fttUait renoncer aux chimères dont ils s'étaient bercés, l'exaspération fut portée à son cumble, et les colons ne craignirent pas de manii^ster
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9ip«§fiiole doMi ilB étaient iMna«é«»
Le !20 jattvw, M. Foncaok é^rivuit «n winiHii i ^^Qâlqi^e* eotretieM que j'ai evm ay## M* ^ UHoa, dans les prenÛB» instftiila de eon airivée, nitev«ic0l fut ereir#^qiiAf m pouvant praodre peieinriflii delà eolnde» à oaque du peu de treupes qm'il y avait aMnéeaeida rel«s que la garoiaon fiaaçaite «wt fait de paeeor aa iewioe d'EgiegiMS il ea aurait attendu k MMieaty-ea ne s'ocQiipaiit que de la diaeipltoe de eM eoldat^ de l'admiaiitvatieu dtm ftMweee de Sa Majesté CaiMiqae» et de pfeadfe eeaaaîaeaiM^e. de la ateatioa du pays et des Qndioile les plue pvepiea à y fcader^dee éiabiase» Bieats. Mais il a trouvé taat 4a facilités dia» M. A» biy que, peu apide, U a agi ouTeiteaieHt eeasise tfU eAt été réellemeat à la téta de la eelaaie» eu sorta que M. Aubry ne représente plus depuis long-temps que le eeoBMiaudant de la tioupe, et qu'eu a tant sqjet de bous regajsdei Vxm ^t rautK coome au SMrvioe d'BqMifaB^ sons les ordres de M* de Ulloa» Je wm suia fotté ause plaisir à loi dcwier l^s ôelaiecisseuieiia dont il a eu M a enccffe besoin, et au eenuaissaiie sspogoel anpû. N4> anawns, eentaat que sa lenteur à pr^rfae] pouvait qu'être onéreuse au loî et à ses i timent snr la plupart de ses mouveoenta a souveatdi^ féBé de eelui de M. Aubry» et je ne m'y soiaieiida q«a parce qu'il est seul chargé de la cekaie."
l^ môme jour que le epuwmiiaiie oadsfmaAstt etvoyait pette dépécba* le gouvemaur Aubry eu rédigeait un# de son odté, dans laquelle U disait;
«'Je me trouve forcé d'attendre Tairivée de teiranpe eapagnele, sei^s laqueUe la prise de psffsossinu ue f»nt pa3 absolument se £sire» En attendant» les affairaa se dirigent autant qua possiMa» asamie si ette y. éiajl
"^Ma pasition est des phis eatraardîiMtifes. Je
OIMT. JÊSOU^ im
m^ biwi d« Frmtei et w atéÉM Wapt^jv îles. gMiyenia ïm •okmie ooUbm cd ello appattemait au m â'Bsj^ifM. Vu oQÊtamâxkima^ fiuBçaia fatne ies Fmhi* 9Éλ à la cUmÉMMicm etpagnole» Le gQttvegiwMMP (PS** [ me fÊie iaÉtimmiettt de rendre dtoe offlomia&ees t la poliee et le ttômmeioei ^oi wrffireiiiieÉt 4e«t le flKMkle^ atttÉihi qu'en n'est peint aecontiuiié à loitee ee0 iMMKéantéi. Ceat ta inetranmit qu*H bmk éêamê* Uitmkiii ftmtmt pour Faoceeder eor le tea eepagaeL Le payiUoa d'fiqiagae est préflentemeat aax extréoulée ée la eolooie^ U est à la Balisë» au Missotu% à la lÎTiéee à*lhetnilet et vi»À-yis les Natchea. M. de Ulloa vieat d^tablir ees %aatee iMNrreaiix postesi et ^ a dinni'si lee qfaatré râgt dix koaunes qu'il et alneaésatec loL Oetle efiéràtioa s'est eaét^utée avee trasM|âilUté, sans aaeu Meident» et n'a causé aMàa décangeaieiit anx nôtres qui subsistent totdome égalasieat; de sute que danÉ tena ciwi %ai Wà% stfr le fleure depuis la Balise jaay'^xJUia^j le pavillon finaaçaâe y est te«t ^ùêÈoam SMpSKVMt.
^U s'est pas flatteur de geuvemet une ebleaie qui <ipsoi¥v# tant de révekitianû^ qui ne sait depuis treîaans» si élis est espagnole ou 4ançaise^ et qui* jtisf^'aU aso» mssit dQ la prise d^ possessioni se tr«Mi¥^ à propsèiaent parleSf^ftBSiiualM^ Lorsqu'elle se fiera, j^pouniai dire à K« 4e UUoa que je lui remets uaa eéloaîe espa|^ioler atteadu les ekangemeats et les aMYeaatés ^he/y ai îttMndiûtadé aonè6ft afvee Im 4» ten^ qa'èUe appai^tenait à la France, .
«"U ana paraît que M. de Ulloa itftt quelquefois trop faintiMeiiîT et iJEiit seuvent des diffl^ukâs sdr des ckoees qpl n'eu valent pas la paiocu IL nous faut quelqiiefeîs diff^tap sur les ohoses les plus justesi etsurlesqaeUesil n'y auiait auo«n dédiât «atre à$ pauvres paitiouUee&''
Le 17 «(la IS janvier, il avait fait le £nâ^ la plue vif qu'a» e^. jan^ûs éprouvé 4 la bmiiaM* Le» #ta-
I#4 (giiap« xJMii*
lî^* gert ««Mil* le mène 8ortq«'«n 1T46, el périMal pMT fe Mconde ibit 4am toute Fétondve de la «prerÛMe. tm imm de la Newelie-CMéans, le ileQ¥e fat giaei àm detx càè6fljaGK}a'à trente et quarante pieds de ses banda Le calme é«ak ktn de se létabKr à la Jjsmmmmm^ iMlgié les efievte d'Anbry. Tont n'était qtfsgifëm et ^iatrigoes d'an beat de la piwnaee à Faatre. I>es aamnbléee ûéqaeatee avaient lieu i la NoaYeUe' Oriéaaeet daae les oampegnes» et ne faisaien* fi/é* ckaafler dayantage les esprita Un nimennaire eap«* dss enré de la Côte des AUemands, prit une .pavt tvés aetive i tontes œs menées, et ftit un de cenx qui eoQtribaèreat le plos an -sonlévemeaitde celle partie de la jNNmnce. Enfin, tous les habitants du pays furent invités à enreyer des délégués i nne grande assemblée qni devait se teaii^ i la Noavelle-Orléana Lafrénière y jo«a le prineipal réle et harangna rassemblée* Il Ait ▼i¥a^ ment sontenn par Jean et. Josepb MMhet^ et par l'ave^ eat Deueet On y vota nne adresse au eonneil supérieur, demandant l'expulsion d'UUoa. Cette adresse flst couverte de plus de cinq cents signatures et présentée au conseil, le 28 octobre. Elle énumérait les raiseos pour lesyieUes les pétitiimnaires pensaient que la do^ minatîon espagnole devait être fatiUe au pays. BHe eiqposMt que de nombreux actes de rigueur ayateat él6 exercés contre de paisibles citoyens par un étranger qui, quoique se présentant sous un earaetèie officiel, n'avait satisfait i aucune des fiunaalttés, ni à aswun des devoirs prescrits par l'acte de cession. -
H)n citera, était-il dit danf cette requête, un adeien capitaine qui a été détenu aux arrêts par ses ordres, et sou navire dans le port, pendant Fespaee de huit à dia mois, pour n'avoir pas su Ure dans les décrets de la 9t9^ videnee que le bateau, dans lequel il avait envoyé des paquets qu'on hd avait eenflés, feratt naufrage. ^Une semUaUe tyrannie a été exereée paar le dépo*
CHAIN xxhlJ MC
fNaift de eette même sntefrité infomia «e UléglM' «É» yen deux capitaines de ht Martini^et qui n^tilMI commi0 d'antres crimes que eelni de n'atoir pas devittl qve le oenseil de la Looisiaiie arait rendu nn Arrél qui interdisait Centrée des nègres créolisés des ttes in veut et sons le vent.
^nel traitement xm ancien citoyen n'a-HI pas èpto&^ véy à Toocasion d'mi paquet qmi aTÛt été feiaâb am cà^ pitaine de son navire, et qoi ayant été cditrttrié poor iêê vents» n'a pu le remettre i la Havane I
"KJomment décrira-t-on rinhomanilé «vec laqneBÉ ont été menés les Acadiens ! Ce peuple, A lông-telApft le jouet des événements, V^st déterminé par «n eMjMfl patriotique d'abandonner tout ce qu'il pouvait posséder sur les terres anglaises pour venir vivre sotts le» hxfâ^ reuses lois de leur ancien maître. Bs sont arriVés à grands frais dans cette cdonie. A peiite sent-il» paf' venus i^ défricher l'emplacemeÀt nécessaire à une pat^ vre chaumière que, sur quelques représentatidus ^qjcfSB ont voulu faire à M. de Ulloa, il les a imnacés de les chasser de la colonie et de les faire vendre comme detr etdaves, pour pwjrer les rations que le roi leur avait données, en ei\joignant aux Allemands de leur refuser retraite. On laisse à décider si cette c«fkiduite lie tient pas de la barbarie. Mais on croit pouvoir conclure, sam rien avancer, qu'elle est diamétralement opposée à la prudence politique qui veut que l'on fHvorièe ton» tes le» branches de la popidattoii.
^eux qui se plaignent, (et quel homme assez anéand sMs le joug peut essuyer sans murmure de telleft hibumanités 1) oui, on ose le dire, ceux qui se plldgneut iKMft' menacés d^étre emprisonnés, exilés à la Balise et en* voyésaux mines.
H8i M. de Ulloa a été revêtu de quelque autortté, son prince ne lui a jamids ordonné de la rendre lyrannîqiie, ni de l'exercer avant d'avmr fait cMnakro sm titues. eH^
rtm §0$ygbm C^teUMVœatÎAiisiieiQiitlMMiI^viiafsdaft fpaff ^ mie. fiUas s'aico^eiit peu av6« riramaMté fW fiMit k^ oamotàie et <yii dirige leum Mti#ii& . '^^b. fie fininûtpmit si on entreprenait le détail de l(M4tef , le» kuoMliatîoaB que les FraaçaU de la I^Mvelle- Qrléans ont éprouvées. Il est à désirer, pour llioimeiir d^ }m iiatiWi VIA œ qui a pu en transpirer pqisse être tfiît«4 pv les.préeieui: effets de la protection àm ooftwH «W^ôeur qioe l'on rédaiD/e aujourd'hui^ Car, pow mettre le comble à tant de tribulations, on lui prMit» qpifaYe». le teinp%oa réduira les oolons de la LooisÎMie îla mmfiip «ourntuce de la Tortilla, tandis que l'aiîpaiit le plus sobre ne iesa jaiaaieleur. pei«e. ^
, <^epi(ndaAt la conservation de leurs jfwrs» leurs obUr gfitir'y envers leors oréanoiecs» leur honneur émanant 4u patriotisme et de leur devoir, Uu^urs fortunes enfin se tfo^veat attaqiiés par le dit décreti les portent a ofiar Idgqif iMiens et leur sang pour conserver à jamais .la 4$iw, et loviolabla titre de. citoyen français.
^'tfot cet e4|K>s# les conduit naturellement à des. cen- ^NsioniW souupialles Je zèle de la cour supérieve pour Vi. bi^n pubUe, sa fermeté pojor le maintien des h)ia 4o«^^ M^esté Tirés-Chrétienne l'a établie dépositaire, les assurent fii'eUe fera Faccaeil le pluii favorable.
^JAais avant d'entrer dans œaconckisi^nfl^ les sou^ signés -doivent rendre hocnmage aux bopt^s de Jtf. Aub^ ties.Tœw.du public se sont toiyours accordés avec le choix du princ^ à Ixâ donner le commandemeut en cbsLde 1^ Louisiane^ Ses vertus Ijoi ont fait déterner l^ tîtie d'honnête homme et de gouverneur éqioiti^ tg|^(l)U II n'a jamais iisé de )Me pouvoirs que pour £M^ le biePf ^t t#it ce qui a été ij^uste lui a tQfw^vs paru impossible. Ils ne craignent point qu'on |eur rcyprocb^ qpe Ui rocQnnaiseance les ait fait exagfirer en yielfue
^kme. Né|^g«r dea kmangea méritéM» <^Mt wbr «m ifis. dette KgitijBM.
^Enfin les ^ussignés conclaent an snppMaai la oaMK
1 ^ • ^D'obtenir que les privilèges at esenptioaa» A>iit la ooknde a joui depuis la rétraceanoa qaa la (kanpi^ gaie des Indes eB a faite i Sa Majesté TrèspCkaéiiaMM^ -aoîent maintenus, sans qn'aneime innayation piainaa aa arrêter le cours et troubler la aftreté dea aJÉoyeaa» •
9^ . ^nll soit accordé dea paaaapoala, caagia et penaiasions éoaanants de Kessienrs les yamyamaiw aÉ commissaire de Sa Mi^jesté Trës*dirétiaaaa avs- aapir taines de navires qui s'expédieront de cette aalania peur tel port de France et de l'Amériqae qaa ca paiiai ^tve.
9"^. **Qw toQt bàtimeiit aiqpédfé da tal vart. dt France et de TAmérique <]pie ce pMwae étra» Mm f Mp tuée libffe du fiewç» aoit qu'il viejiM dir9«(te«iw(.Bmr <»ette cQlôQi$, ou qu'il y abovdi^ de meiAàbê^^ wni fm eela sf est t^tijours ppatiqqé*
4® , "Que la liberté du eoowneçca aiYejo tout»» taf liaioiui du oontliient qui sont som la dommtiim di Sa Hi^estê Tvès-Clurétienne soit i^çcoidée k teui l#s ^ tQ)ren^k en co^forodi^ de9 ordres du roi à |bu Mt d!Al>r badie, eorégîatiTés au greffe de cette ville, et oanfmné* maiti; awsi à la k^tre de Moi>seigueuf le. due d^ CkA aeul au même M. d*Abbadie« eu da^ du 9 ft vôer l^Mi
<l<^. '«QueM. UUm seiit déolavé iuâracrt^ire etri pateur» en plusieurs points» de l'autori^ dév<due aA { vernement et au conseil, puisque toutes leff' MfW apdkw uances et coutumes veulent que cette autorilé UQ foit exercée par aucun officier qu'après qu'il i^uru JEii9iV toutes les formalités prescrites» et q^est à quw M% VJiloa n'a point satisfait. Il d<Ht donc être déda^ in^riflWf et usurpateur pour les raisons suivantes ; . HPottJP avoir fait ajrbcMrer le pavillon efpuguol eu yln»* sieurs endroits de la colonie, sans avoir prénlaMciOCltf
l'm. mmsÈwé et Ut eifégislrer wa ooBseil les thres et poavoirs dout il a pu être muni, et sans que les citoyens a*- WÊmiAéê en ai^nt pa être infonnés.
Vowr avoir de son chef et aatmté privée, etigé que éip oajpilaines de navires fassent détenus, et leurs bâti- «Mate 4am le port, sans ancon fondement, et pour mram lait BMttre aux arrêts à bord d'une frégate espar gnole dts citayans français.
* avoir fait tenir des consens par des officiers » daas lesquels il a été rendu des arrêts coneer* \ laa oitoyens do la Louiôane.
^Las ssasDignés demandent qu'en vertu de tous ees gnoA^ et taal d'autres de notoriété pnUique, et aussi pour la tranquillité des citoyens qui réclament la protectfan dm eanseU, ils soient affiranchis désormais de la d'une autmté tyranniquo et des conditions porte Ht décret, au moyen de l'éloignement de M. de UMoa, aaqwel il doit être enjoint de s'embarquer dans le premier bâtiment qui partira, pour se rendre où bbn lai seoMèra, hors de l^ dépendance de cette province.
^Bnfln qu'il soh ordonné à tous les officiers espagnols ^ wnt dans cette ville, ou répandus dans les postes dépendants de la colonie, d'en sortir pour se rendre égalemeai là oà ils jugeront à propos, hors de la dépendaaoe de la dile provinoei et qu'il plaise à la cour d'ordonner que Parrêt à intervenir sera lu, publié et affiché dans tous les lieux et endrcMts accoutumés de cette ville, al aapîas e<rflationnées envoyées dans tous les postes de ladileaolonie.''
On volt que cette adresse qm^ £t-on, avait été rédigis par Lafrénière, ne brillait pas par le style.
Après qo'eUe ftit lue au conseil, sur demande du proilMUi» gdaéral Lafrénière, elle fut renvoyée à Messieurs Huchet de Kemion et Piot de Launay, conseillers titulaiaes, pont être par eux examinée et communiquée à Messieurs les gens du roi.
eu Af xxiiu] IM
Séance tenante, le iMt>careiir général sovÉnk bm tlilv conseil le réquisitoire suivant, qu'il avait eu soin de tenir tout prêt :
^Le premier point, le plus intéressant à examiner, est la démarche de tous les habitants et négociants réunis qui, dans leur servitude préparée et leurs malheurs dénaontrés, s'adressent à^votre tribunal et vous demandent justice des infractions faites à l'acte solennel de cetsiMi de cette cdonie.
Votre tribunal est-il compétent? Sont^ils fondés ?
^Je vais prouver l'étendue de l'autorité royale déférée au conseil supérieur. Les parlements et les conseîk supérieurs sont les dépositaires des lois à l'abri desquels les peuples vivent heureux, sont protecteurs nés, par état, des vertueux citoyens, et sont établis pour faire exécuter les ordonnances, édits et déclarations des rois, après leur enregistrement. Telle a été la volonté de Louis le Bien Aimé, Votre Seigneur et Roi, et au nom duquel tous vos arrêts jusqu'à ce jour ont été rendus et HÛs à exécution. L'acte de cession, seul titre dont le commissaire de Sa Majesté Catholique puisse se prévaloir pour réclamer autcMité et propriété» fiit adhressé i déAmt M. d'Abbadie, avec ordre de le ùite enregistrer au conseil supérieur de la colonie, afin que les différente Btate de la colonie, soient informés de son contenu et poissent y avoir recours au besoin, la présente n'étant à autres fins.
''La lettre de M. Ulloa, datée de la Havane, du 10 juillet 1765, qui earaetérise ses désirs de rendre à Messieurs les habitants tous les services qu'ils pourront seohaiter, vous fut adressée, avec prière de faire savoir aux dits habitants qu'en cela il ne ferait que remplir s(m devmr et flatter mm inclination.
««La dite lettre fut, par votoe arrêt de déUbévés, publiée, affichée et enregistrée, comme un gawinlyw les
Itf [gHAP. XXllL
Mm. IwbîiMHto^ aitr^eAt de knr bonUeur et de leor tranqRiUité.
"Une autre lettre du mois d'octobre dérider, éerite à M. Aobry^ coBstate que la justioe se rend toigou»^ dans la e<donie au ttom du roi Louis le Bien Aimé*
"H résulte du puissant point d'appui de l'aote solennel de cession et d^ actes accessoires, que Meaeiews lei kabitants et négociants sont bien fondés à vous w^ présenter leurs très humbles représentations, et vouB^ Messieurs^ Ixéa autorisés à prononcer.
^Examinons utaintenant avee scrupule l'a<^e de cessiez, et la lettre de M. Ulloa écrite au conseil supérieur.
**Ce même acte solennel de cession qui doufte tiÉre de propriété à Sa Majesté Catholique, statue pour les eoknft des privilèges aneiene et connus, et la parole r«kyale de N<H;re Seignemr Roi en promet et en fait espérer d'autres, dont les malheurs de la guerre l'ont privé de faire jouir sea s^jetsi Les privilèges aneienB étant supprimés, par l'autorité du commissaire de Sa Mi^eoté GatlM^ique, la propriété devient eaducfoui» L'aete de cession, par pure, simple et bonne aiDoitié, s'est feiâ avee les réserves qui ^sonfirm^it les privilèges et U* beefcési el qui promettent aux habitants une vie traai^ ipièye^'A l'abri de Leurs lois oanoniqiuss et civiles. La propriété résultant d'une cession par don graAnit, ne poovant se répéter et être obtenu^ qu'en satisfaisant pendant toute la propriété aux réserves contenuea dans la dît a^sfee de cessioui Notre Seigneur Roi es|ière et promet^ en cônséquenee de l'amitié et affection da Sa Ma* jemfeé Catholique^ qu'elle voudra bien donner des ordres à son geuvemèurt^ et à tous auAres officiers employés à son swviee dans cette colooie, pour l'avantage et la tranquillité des habitanls de cette même colonie, e^ qu^^ls «aient jugés et leurs biens régis suivamt lea l<ris, fetmesi ^ usages de la ooloniè.
**Les titres de M. UUoa peuvent-ils faire prévaloir des
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épdèntiaiites et des ordres teiAectairefi «r respect dt i iiw. l'acte de •oesai«n ? Les privilèges anciens» la tiwtqnfllité des oîtoyeiiB étant rendus tons sacrés pa^r «ne prtH messe royale, par tw enregistrement ordonné ait ooid- 9ml supérieur, par une publication notoire et preserite, et le reeours à l'acte de cession par les dMSérenlB Elats de la eolonie, étant l'unique fin de la lettre de NnCre Seigneur et Roi, rien de mieux fondé et de ptas légal ^e le droit de représentations acquis par autorité royale aux habitants et citoyens de la colonie.
^Passons à l'examen de la lettre de M. UUoa, éerite an x^oDseil snpérieiff de la Nouvelle-Orléans, enr dn^ dn 10 juillet 1965. Je rapporterai mot à motVortiele concernant le conseil supérieur et Messieturs les habi« ttnts.
*^Je me flatte «TotMinoe, dit Vlloa, qu'eHe (la oe9Èwn) pmmra mef&umir des occasions favorables^ de noas re$t* dre tous les services que vous et Messieurs les fndritmnts pêurromt souhaiter. De quoi^je vous prie de les asetfrsr de ma part^ et qi^en cela, je ne ferai que remplir mes de^ voir s etjkttter^num inclination,
**H* UUoa a piNyoré pM* là les ordres qu'il avait ref«Bcle Sa Majesté Cathcriique, conformément à Taote snlennel de oession, et il annonçait tm sentiinent indis^ pgnpoble à tout gouverneur «roi veut bien servir sen v^ ses ^olotôes. Sans Imbitants, peint de oommei^ Brce peu d'habitants. Le rapport des demi industries à la masse de l'état étaye les trônes. La Sbené 69ia*«on«UfPsn!ee (Mnt mères nonrrieesdes^lenx Etats, (•^''fctosfhision en «st le tjrran et k nmisAilre. Sans H» berté plus de vertus. Dn ëasfuHistte Mit Ja)p«Mmisrilé^e* VskÈÊÊno des ^vioes.
^OÉ-ttila-'Uib^fli des négevinuls et Ass iMMMMirf hbummrcfmB dé piwieolteu et debien^eiHlMice Nwitunn»
Ur 0tfw édite, le (!»nimerce et fugi^eiritiire.
IW [eu AT.
iTii. retûmmt deijpotfme. Um seule ai^CHrité Tk&t teol anéaDtir. Tous les Etats sans distinctloii ne doiyeiit plus, sans eourir risque d'être taxés de crime, que trembler et être asservis à ramper I Le conseil supàriew» boulevard de la tranquillité des citoyens vertueux, ne s'est soirtenu que par la probité, le désintéressement des magisirato et la confiance réunis des citoyens eatt^exoL Sans |Nrise de possession, sans l'enregistrement indîqiei^ sable au conseil supérieur des titres et patentes suivant les lois, formes et usages de la colonie, et sans la présentation de l'acte de cession, M. de Ulloa a fait juger par un président, trois conseillers et un greffier, nommés d'office, des faits de la compétence du conseil supérieur et concernant des citoyens français.
^Vingt fois les mécontentements et désagrémmUs semblaient vous forcer à vous démettre de vos jdaoes, mais* vous avez toi\jours regardé annexé à votre état^ coweiUers du Roi Très-Chrétien, d'adoucir et de cal» mer les murmures des citoyens vexés. L'amour èb la patrie, et la jui^ce due à tout citoyen qui la réclama ont nourri votre zèle. Elle s'est rendue avec la mène exactitude. Vous n'avez jamais voulu faire vos représmitations aux infiraetions faites à l'acte de cessmn, veas avez toigours craint d'autmser la levée en masse d'mie oeloaie mécontente et menacée des plus grands jaaL heurs, vous avez préféré lati*anquiUité puUîque. Ma» la masse des habitants et uégoeianls vous éÊmtmim jwtice.
^Passons à l'exaaiMi exact et seiapuleux des grimÊÊ, plaintes et imputations contenus dans ks ' ÛÊÊm des hebilMitH et n^goeiants.
Quel triste et notoire tableau vum oxpasMÉ le84
Lesiéanxde la desnière yussubune
i jusqu'à ce jour du paiemaot de s^ miHisns
de papier du roi mis sur la place pour les besoins du
service, et reçus avec eonfianee par les néfeoîants et
XZII1.J 173
^avaiairtiMri^raiMUieeetleBfiMiBtéf 4b k lIM* ciM«kitioii, mak l'activité et Findiistrie da onltivatMyr 6t aégoeiant français avaient presque surmonté ces 6ihess, Les eoîns lesplns reculés des populations sa»vafM Avaient été découverts, le commerce des pette^ tories était poussé à son plus haut point» la nonveUe oëknre du coton jointe aux indigos et tabacs assoraient des eluurgements aux armateurs. Le comBÛssaireda Sm Mi^jesté Catholique avait annoncé et prcunis dix ans de liberté de commerce. Ce temps suffisait pour tout citoyen firançais, attaché à Son Seigneur Roi. Les ta^ bacs de cette colonie, prohibés en Espagne, où ceux de la Havane sont les seuls permis, les bois, (bran<^ conttdérable du revenu des habitants) inutiles à FEupagne t/m est fournie daiw cet objet par ses possessions, et enfin Tindigo, inférieur à celui de Guatimala qui en i plus qu'il n'en faut aux manufactures d'Espagne, ftt ruineux les retours des denrées des habitants et livraient les dits habitants à la pksi gsnnde misère. Le commissaire de Sa Mtgesté Cathaavnit constaté pubMqaement l'impossibaité du Bree de ce pays avec l'Espagne. Toute prolaelisn, fiMvenr, enconragement étaient formellement pia* nus i Fkabttant. Le titre de protecteur fut donné i- M. UUea. La bonne fi» et la confiance nourrissaient Ift»* et l'aetivké nécessaire au cultivateur, par qneHe fatalité minante et imporssytiMe t une nMison de 90,000 Uvres vendue «,M0 li* VMSietlsshabitatiMMi tesift4i*.ooup perdro sur lenrvnlewîntrinsèque la moitié et les deux tien? Les Ai«n» non s^éemnlent et le nnméraiin est pkm bas qne jansak. im œnianee est perdns, et le déeongagsment est g*né« rai» tant letentit du eri kignbTO de la misèn, le pmnÉsr tilM de citsTcn Iknnçais se voit éeUpser, et le fiital d^
> de massue à l'anéantissement total éb la
1T4 [«BAf* xau.
11iB« wloaie. ItOframUmi eqwgAoI e«t «rboé 4 la gulinn, aux minois et au autres Ueux ; aucun titre, auevuie patente n^ont été présentés au owMeil supéiâeurt le tMBpefttit, les délais fixés peur la libellé de l'éBU^tatîonae tBeuveroMfc expirés, la ftiree tyianmaeim, il 90m» jGuKka Tivre asservis, chLirgé^; de cliaine£w du abaadoopiécipitainiBent des établiâsementô tranj^portés du i pèvf^ au petit fils* Tous les habif anU et négociants Toas den wlent leur Ëeigneur lîoi^ Louis le Bi«n ikimé. : MU fortunes et leur sang sont oiierts pour vrrre et u Ir Français.
^'Passons au résumé des points de charge, griefs et ÛApuMioPS» 4^ *
^JtCf Ullpa a fait juger, par dse conseâlfers par kii nommés d'office, des faits de la oompétenee du ceaacil supérieur, osnoemant fes «dtoyens françaiSi Les seSH tsnpsn 4mt été signifiées et misea à exécution oontie ks siiisws Cadis et Leblane. M. UUoa a soutenu les négses mécontents de leurs maîtres. « M. le comnrissaîfe dbe âa Majesté CatlMilique. n'a présenté au conseil onpé nsur aneHn (te ses titres, peniroiss «t provietens^nia paint«xhiJié aa copte de l'ade de cession fpoor en di^ nander acte ; a, sans les dites forgiaKtés indiopcnsabiei» asbaré k|pavillon espag^a la Bafise,. aux lUiaoi» et attires iieu*; a» sans autorité légale, puni, *châliéet vexé les citoyens fintnçais ; en a même envoyé aua. aai» Bém dans la frégate de Sa Miyesté CaiMiq«»1 «i^u*pé,*4s aa senle autorilé, ie quart des <iswinnnrs deahaw faifeanfes de la ¥flk,6er«at uffÊCOftié^ atVa Ut ttoAan* laryur y teim pakse ses eke^raa& 9*'-
t tftiatani MiAreaMPt4ftYafnin4,.je Pt(|aien»pniupitt wic
^ét^fom les sentsnnsssendttes parka riiiiissiikrs'ttoi» ■éi d»s^ie et naissa à •xéeirtiQa eanUe .ka-sseMiOa* JÊà el^fceblaaa, sitircniT itançais» aaknit iéïkais ati tatakMà llantssiÉé da Motte Kaipirnr Bai^.el . tiveaida^#espeat dA- è> la Justine
tf.a dHAF. xxtfk*! 175
lUk mm oooa^ soilêriMr, 6& t^e qtk^elles Tiotent les' Imft, nad. MMi fomes et tisages de la c<donie, confinnés et gatantis ieir, ï par l'acte solennel de ceflsioii.
iofi ^Que M. UUoa soit déclaré infmotairé à nos lois, i m fiondes et usages, et aux ordres de Sa Mc^festé Catkoli^ luim que en vertu de l'acte de cession, ainsi qt^il est eertifié m è p^ 8)ft iMr^ datée de la Havane du la juîUet 17694 iaëà *^vrû mAi déclaré usurpateur d'une autorité iUégttle Biif éa faisaaf obàtiet et vexer dos citoyens frav^^^is, sam pour avoir au préalable, satisfait aux lois, formt ^l UMige» dfe fiiirè enregistrer au coftseil supérieur '^^i^^ouvoirs, g tf titres et provisions et la copie de l'acte de oesMon pour
en demander acte. ^'
ti Qu'il soit enjoint à M. Ulk>a, eommissaîte de Sa Ma*
jeaté Caithiriique^ de sortir de la colonie dana la frégate ûut laquelle il est vean^ sous le plus court délai, pow éviter de6 aeeidents ou de noavelles rotteurs» et d'aUer reoMbre eoml^te de sa concteiite à Sa Majesté Catholiqae ; et qunmt aux diflërents postes établis par le dit iiew ITUoa, qa'il. soit dit qu'il laissera les ordres par écrit, q«'fl jugera eonvenaUes ; qu'il soit déclaré responsable da itim les évèiieoienta qu'il aurait pu prévoir ; que Itmh sisîcira Aubiy et Fo«cauk soleil priéa et même 4M»nmitnt ma aOu> de Notre Seigneur Roi, de contimier à cobm mander et régir la colonie comme ils faisaient oi-de^ vaut
'^^Q^.toitt bâtiment sortant de cette cdottie ne pourak étsf0 expédié que soma des passeports sii^ués de JÏ, Feu*» oanlt» fiBÔ^Atkt fettctîM d'ordonnateur.
'"Qtte la prise de possession ne pourra être propsséa ni tentée pàar aucuns moyem, sans de noovi^anx ovdvea de Sa. Miu^fli^ TràshChrétieiine^
^tba Massimrs Loyola, Gayarré et Navanr» soisn^ déclarés être garaal^p^ le(ur sîgnatare dans. l€# bana. qU.'îiil Mit Ima sur place» slisnafeat appsiQÛrldS€Mlf^<de S»M«jaiié Galhaliqila, qui les aient aiitoriaésinelt^
176 [esAF. xim.
I7«8. dits bons et papiers sur la place ; qu'il leur soit aeeoidé les délais nécessaires ponr donner l'ordre qu^ls jngerant convenable à leur comptabilité.
'^ue les habitants et négociants sment aatorisés à choisir des députés ponr aller porter leurs snppUqvcs an Seigneur Roi.
^u'il soit fixé et arrêté que le conseil supéricpw* adressera des représentations i Notre Seigneur Roi ; que Parrét à intervenir soit lu, publié, affiché et enregistré.
^ue copies collationnées en soient envoyées à M. le duc de Praslin avec une lettre du coitfeil supérieur, et aussi dans tous les postes de la colonie» pour y être publiées, affichées et enregistrées."
On voit que le réquisitoire du procureur général, qui passait cependant pour un homme à talents, ne vahit pas mieux en fiiit de style que Tadresse des habitasts. Dans une séance du tendemain, le conseil déclara q«e, eut le rapport de Messieurs Huchet de Kemkm et Piot de Lanmay, conseillers titulaires, ccmunissaires en cette, partie, le tout mûrement examiné et la matière bum en délibération, le procureur général cmî et retiré, il adoptait tovtes les conclusions du dit prociH«ur général, et Farrét fut rendu ccmformément i ces conefcisioM, le M octobre.
On observera que Lafrénière assumait dans son réqidsltmre, comme un fait notoire, ce qui était coMtsaire à ht vérité : c'est que de certaines obligations avaient été imposées au roi d'Espagne^ et étaient inhérente» an traité de cession. Au contraire, ce traité était absolu et Éans eondition aucune. lia chose était teUtment évidente que Foucault qui, par-dessous main, fot Mitait tMles ces agitations, n'osa pas ni^ ee qui était si elair, et opina ainm que sint dans le cousit :
"Lltention durei, notre maitre, étant qw la eelasie de la Louisiatie appartienne en pWse pvai^iété à Sa
«BAP. 3CXIII.| ITT
MBÎeM CatliAUqtie» en yerta de la oesskm qui lui a été 176 faite» mon avis est qu'on, ne peut renvoyer de cette colonie aucun des officiers espagnols qui j sont venus par 4Nrdre de la cour ; qu'attendu les sqjets de mécontente- Bient énoncés aux représentations des citoyens de la même colonie et le défaut par M. UUoa d'avoir observé les fbnnalités usitées» et pris formellement possession, mon dit sieur Ulloa soit tenu de ne s'immiscer en rien, 4 l'égard des français, tant colons qu'autres qui pourraient y venir, de ce qui pourra concerner la place de gouverneur; et que ce qui a rapport à la navigation des Français et étrangers soit pratiqué comme avant aon arrivée ; que cependant tous les officiers d'administration de Sa Mcgesté Catholique continuent leurs fonctions respectives pour l'approvisionnement de la capitale et des postes, pour le paiement des appointements et solde de la troupe française qui continuera son service, et des travaux qui seront jugés nécessaires ; le tout, jusqu'à la décision des cours de France et d'Espagne, sauf aux représentants i faire auprès de Sa Ma. jesté Catholique, la démarche la plus respectueuse et la plus licite pour l'obtention des privilèges qu'ils réclament Délibéré en la chambre du conseil, le 29 octobre 1768.
(Signé) Foucault.
Il y avait une étrange incohérence dans l'opinion émise par Foucault Reconnaître à Ulloa le droit de payer les fonctionnaires publics et les troupes françaises à la Louisiane, enfin, lui permettre d'assumer toutes les dépenses de la colonie, c'était admettre, de fait, qu'il en était le gouverneur. Les fonctionnaires publics, du moment qu'ils étaient payés par l'Espagne, cessaient d'être Français et devenaient Espagnols. Les troupes françaises, du moment qu'elles recevaient leur solde du trésor espagnol, étaient virtuellement passées
au service d'Espagne et devaient obéissance au gouver-
ITê [CRAP. xxm.
1768. netir envoyé par «Aie. Ahuri, Âobry, ayant consentf à 06 que UUoa ftt tentes les dépenses de la e6lotàef avait raison d'exécuter toutes ses velontés et d'agir en quelque sorte comme son lieutenant. Il n'était pas raisonnable d'alléguer le défaut de prise de possesrion, lors- , que toute la colonie était approvisimmée par le trésor espagnol, du consentement des habitants et même à leur invitation. L'autorité dlJlloa ne pouvait être admise partiellement, il fallait la rcgeter ou la reconnaître dans son entier.
BIONIPICATION k ITLtOA DS L'AEftftT D*EXPTTL8I0N LANCÉ CONTRE LUI PAR LB CONâUL fiWPÊStBUR.— PROTÊT ITAUBRY.— dI^ART D*aLLOA.— REPRÉSENTATIONS DU CONSEIL SUPÉRIEUR AU ROI DE FRANCE.— MéMOIRE JUffFIFICATIF IHB9 COLQNE.— ILS ENVOIENT 0B0 n^PUTlB EN FRANCE.
AuBRT, aussitôt qu'il eut eonnaissance de Pan^ ndop- nés. té pour l'expulsion dlJlIoa, protesta immédiatement et en termes éner^ques contre Fezéeution de cette nUefltire :
**Je proteste, disait-il, cofitre Tarrét du conseil qtri renvoie Don Antonio de UUoa de cette cdonie. Leurs Majestés Très-Ghiétienne et Catholique seront offensées du traitement que Ton fait éprouver à une peivmme de son caractère, ét^ malgré le peu de fbrces que j'ai sous mes ordres, je m'opposerais de tout mon pouvoir à son départ, si je ne craignais que sa vie ne f&t exposée, aussi bien que celle de tous les Espagnols qui se trouvent icL Délibéré à la chambre du conseil, ce 29 octobre ivrà.
(fflgnô) AuB*T.
On voit que le gouverneur français n'hésite pas à déclarer la seule cause pour laquelle il ne s'opposait pas» par la force, à l'exécution de l'arrêt du conseil, qu'il trouvait par conséquent illégaL
180 [CUAP. XXlY.
1 768. Peu de jours après que Tarrét d'expulsion fut prononcé contre Ulloa, les habitants et négociants de la Louisiane qui avaient provoqué cette expulsion, publièrent un mémoire justificatif sur cet événement II était ainsi conçu :
Mémoire des HabitatUs et Négociants de la Louisiane sur FévènemmU du 29 octobre 1708.
'^Témoins oculaires des calamités qui nous affligeaient» . les Magistrats du conseil supérieur de la Louisiane, n'ont pu se refuser plus long-temps aux cris plaintifs d'un, peuple opprimé. L'arrêt du 99 octobre, qui a suivi nos très humbles représentations, est une preuve locale de Timminenoe des dangers qui nous environnaient et de la pesanteur du joug qui commençait i nous accabler. Animés par la conjoncture actueUe i croire que les grands maux demandaient des remèdes prompts et efficaces, nos magistrats n'ont pas balancé un moment, sur la démarche nécessaire de renvoyer le soi-disant gouverneur de Sa Majesté Catholique, pour lui rendre compte de sa conduite. Mais leurs soins diligents ne se sont pas bornés à calmer les inquiétudes d'un peuple gémissant Ils l'cmt encore autorisé à porter sa supplique et ses vœux aux pieds du trône, bien persuadés que le regurd compatissant de leur souverain naturel se détournerait sur des sigets aussi dévoués, et que leur amour respectueux pour leur monarque ne serait pas rejeté par Sa Migesté bienfaisante, l'image en terre pour ses peuples de l'être conservateur. Zélés Français, dont les biens et les familles sont établis dans ce continent, vous dont les cœurs épurés n'ont pas besoin que Fœil du souverain les anime, vous dont le zèle pour votre incomparable monarque n'a rien souffert du passage et de la distance des mers, de la fréquentation de l'étranger, de l'activité agissante d'une nation rivale et voisine, calmez vos inquiétudes sur la cession de
cette proYineer Notre grand roi, dans sa lettre qui noua nad. Fannonce, semblait pressentir nos alarmes. Il se ren^ dait médiateur de notre cause avec Sa Majesté Catholique, nous faisait espérer de sa part les mêmes marques de bienveillance et de protection que celles goûtées sous sa chère domination. Ces se alimenta augustes doivent enhardir notre amomr. Que les cris d'aliégrese^ que les mve h roi tant répétés autour de notre pavillon, le jour de la révélation, et pendant les deux qui l'ont suivie, se renouvellent sans inquiétude ! Que notre faible organe apprenne à Tunivers et à la postérité même que cette domination chérie sous laquelle nous voulons vivre et mourir, à laquelle nous offrons les débris de nos fortunes, notre sang, nos enfants, et nos fa« milles est la domination de Louis le Bien Aimé.
''La colonie de la Louisiane fut cédée à Sa Majesté Catholique par un acte particulier passé à Fontaineblean, le B novembre 1762, et accepté par un autre acte passé iTEscurial, le treizième jour suivant. Le roi, par sa lettre écrite de Versailles, le 21 avril 1764, à M. d'Abbadie, alors directeur général et commandant pour Sa Majesté à la Louisiane, en lui annonçant cette cession, témoigne qu'il espère en même temps, pour favantage et la tranquillité des habitants de cette CO' hmieM qtifil se promet, en conséquence de P amitié et affec* tion de 8a Majesté Catholique, qu'eUe voudra bien donner des ordres à son gouverneur et à tous autres officiers employés i son service dans la dite colonie, pour que les ecclésiastiques et les maisons religieuses qui desservent les cures et missions y continuent leurs fmC' tiens • • • . que les juges ordinaires continuent, ainsi que le conseil supérieur, à rendre la justice suivant les lois, formes et usages delà colonie; que les habitants y soient gardés et maintenus en leurs possessions . • espé* rant au surplus que Sa Majesté Catholique voudra bien donner à ses nouveaux sujets de la Louisiane les mêmes
1813 \faAT* JU0V.
17ce. marques de bienveillance et de prote^ion éprouvées tou^ la domitmiion prtcédtîUe et dont kt ^euh vialheurt de ta guerre les avaient empêchés /le rcssaittr de plus grands ^fets; (fu'ti lui ordonne en outre défaire enr^gistrer la préacnlt lettre au conseil supérieur dû la NourciU'0t*ica7iSt afin que les dijfi^i^nts Hats d€ la «H lome soicni informés de son conit-nu^ et qti'ils pui&setU y fivoir recours nu besoin^ la présente n*e(ani a autres fins> Heureuse et consolante expectative, que faisaient naître dans nos ccEur» les prome&sGa du p]Qfl augosto et du plus respectable des moncu-quest par quelle fata*lité vous étes-vous évanouie 1
"M. UUoa arriva à la Baliae, le 28 février 1760, dans ane frégate de vingt caooas, ayant environ quatrevingts hommes de troupes, trois capucins espagnols et des gens de radmiulstration. Il débarqua, le 5 mars^ à laviUe, et accompagné des magistrats mcmes du conseil qui, malgré la pluie et IWago, s'étaient transportés àà>n canot II passa entre deux haies bordée» par Im ttonpe réglée et la milice bourgeoise, an bruit du canon et des aoclamatioiis publiques I U répondit d'abord à des témoignages si éclatants par les promesses les phui biiUantes. Mais les suites n'en justifièrent point la solidité. Sans entrer dans les détails minutieux et ridicules delà vie privée, retraçons ses démarches relatives à la cause publique. S'il s'est proposé pour but principal de détruire, par les prémices de son admimstrmlion clandestine, les eqiérances dont nous nous flattimsi il a parfaitement bien réussi.
^Pour rendre pins sensible le premier motif de nos plaintes, il convient d'observer que la traite qui se £sit dans les nations sauvages est une des principales . branches du commerce, dont l'intérêt est tellement oni iei avec celui da onltivatenr, que l'an est le ressort de l'autve. Cette traite est un débouché fort avantageux pov les prodoctâoiis de plusieurs manniaetnies etffû
cfiAP. XXIV.] 188
s'étendra, par Vencotiragemeiit. C'est tme mine abon^ 1768. dante dont ronvertore présente des richesses ; qui même promet des trésors plus estimables que les reines métalliques du Potose, et d'autant plus considérables qtte Pae* tivité du traiteur les creusera phts avant De cette source inépuisable découle l'avantage du public et des particuliers. Le négociant y trouve un débit lucratif de ses marchandises ; l'homme de travail, employé dans ces voyages et à cette traite, y rencontre les moyens de subsister et d'amasser un pécule. L'affection des naturels s'entretient par la fréquentation des Français, ardents à leur procurer les effets que la oonnaissance leur a rendus néeecfsaires. La sûreté publique enfin, que cette traite avec les nations barbares qui nous environnent, a fkit naître, est conservée par elle. Mais, oe n'est pas le seul bien qui en résulte pour la colonie en général. Cest que les navires d'Europe et des îles, attirés par Fespérance d'un retour avantageux, nous apportent les provisicms dont nous avons besoin, et trouvant dans nos magasins des pelleteries sur lesquelles ils espèrent bénéficier, ces approvisionuements nous sont distribués à vn prix honnête, qui devient excessif lorsqu'il leur fatR s'en retourner sur leur lest Ces vérités, ces se- Uiies avantages ont été envisagés par nos respectables ministres, toutes les fcÂB que leurs ordres préds ont eacouragé les traiteurs en reconunandant la liberté de oe commerce. La vérité en a bien été reconnue et exinressément déclarée par Monseigneur le duc de Choiseul ^ns sa lettre i M. d' Abbadie, en date du 9 lévrier 17M. Tout le Nord du Mississippi et tout le Nord- Ouest du Missouri étaient alors offerts à nott^ aotûrîté. Des nations innombrables et riches en rares pelleteries, qjBà habitent ces contrées inconnues, seraient conquises en peu de temps à nos seules manufactures. Les décovrertes à faire dans ces beaux pajrs seraient réservées à nos efforts, et nos yeux perceraient pour la pre-
184 [OHAP. MDV.
1768. miére foiiSy au profit de raniren, cette partie de son glebe qu'il lui reste à connaître. Quel encoaragement pour nous que les intentions de ce sage ministre I Nous le voyons, avec des transports de reconnaissance, non-seulement se prêter au rétablissement de nos fortunes renversées par les malheurs de la guerre, et a Tagrandissement de nos ressources presque anéanties par les conditions mêmes de Japah, mais encore étendre ses vues à des découvertes géographiques, et nous tracer dans le même tableau la route de la ibrtune et de la gloire; projet éclatant que M. Ulloa a dérangé et qu'il eût renversé sans doute I Ne cherchons pas à pénétrer ses motifs et bornons nous a retracer la persévérance de ses tentatives sur la liberté ^de la traite. Elles se sont manifestées d'abord sur les lieux mêmes par une prohibition générale. Les habitants et négociants des Illinois se sont récriés. Us ont fait envisager, dans leurs représentaticms i M. St.- Ange, conunandant français au dit lieu, la certitude de leur ruine et le danger inévitable d'être pillés et peutêtre égorgés par les sauvages qui, n'entrant pas dans les considérations politiques, veulent être fournis de nos marchandises et traiter constamment de leurs pelletéteries. Malgré la répugnance du sieur Rici, capitaine espagnol envoyé par M. Ulloa aux Illinois en qualité de commandant, les traiteurs sont encore allés oette année dans les villages, avec cette différence, qu'ils ont été réduits à un certain nombre; mais c'étaient les derniers efforts de leurs privilèges expirants, «t M. Ulloa, environ dans le même temps, accordait i oinq on six particuliers une traite exclusive dans ces pays, recommandés par nos ministres à l'émulation générale. ^L'exploitation des bois est un autre objet qui occupe iei le commerçant, que nous venons d'unir si étroitement d'intérêt avec le cultivateur. Dans les représentations faites au conseil supérieur de cette provinee, il a été exposé que cet article pour le pays était d'an dé-
CIIAP XXIV. I ISS
hit exoédimt cinq cent mille livres chaque année» et cfttte vérité n'a éprouvé aucune contradiction. Cette ezploitatioOf que la nature du pays présente à chacon ayec on bénéfice proportionné aux forces qu'il peut y ejuployer, mais toiyours certain dans ce degré de proportittiy est le juremier effiwrt de Thabitant qui commenoe, et l'objet de l'appUcation de celui qui s'est fortifié. Otez dans la Louisiane la liberté de la teaite ; £er- BMB les débouchés au débit de ses bois» et dès cet instant vous réduisez le commerçant et le colon au désœuvrement et à la disette. L'iurdonnance publiée» le 6 septembre 1766» n'était que comminatoire de ce malheur. Sa Mi^asté Ca&olique, nous dîsait-on, informée par M. UUoa de tout ee qui concernait en ce pays l'apprevisioimement et l'e^oitation» voulait encore favoriser les habitants au point de permettre l'exploitation de kars bois sur les bâtiments venant de St. Dotningoe et de la Martinique» jusqu'à ce qu'on eût trouvé en Espn*gne le m^en de fitire oe ciunmeroe. Mais quelle r^m* semblanoe que le commerce de nos bois fût janMiie adopté en Espagnol C'était enfoncer par dégiés le poîgnaid» et le grimd coup a été porté par le déoset* Ulfum le premier article» il est dit que les chargemenÉi 8# forpnt seulement dans les pc^ts de Séville et d'Ali» oartej Carthagène, Malaga» Barcelone» la C<»Qgne» 4&c« Dans le huitième, que les retours se feront dans les méoMBs ports. Dans l'article troisième» les bâtiments q^i s'eqpédient pour la Louisiane seront de construeliQA espagnole, et les capitaines et équipages seront espragnnis on naturalisés. Enfin, dans les articles 4ème et 9ifaï% les relâches volonMaires dans aucun port de l'A* manque, jnéme de la domination espagnole» sont pr^ hibées, et les relâches forcées sont soumises à des véri^ iioat^ons et à des impontions onéreusest Nous restaitil donCt pour le commerce de nos bois dans les colonies £rM$aise« de St. Domingue et de la Martinique» seuls
IM [cuAP. xxnr.
IHI. •Adrote où ils aient quelque Taleor, nous reiteit41, âk^ JBf la loenr de la plus fkdble espéraaoe T Censeiirs iiapradents, dont les réflexioni pea solides pourraient s'é* teadre sur notre coadnite dans la présente révotutioa, tâdiez, j'y consens» par vos combioaiBeos probWouUi^ qws, de recomposer l^aroMBie interrompae» en Faces» dant avec le décret. Mais songes d'abord à noasisB* seîgner les mojrens de subsister.
^D'ailleurs, quelle apparence de fessouroe pourrait saapeadve i Burins nés justes inquiMudes 7 Le produit de MS terres et notre commerce consistent en bràs» indigo^ pelleteries^ tabac, coton, sucre, bray et goudron. Les pelleteries ont d'autant moins de valear en Espagne qu'elles y sont employées i très peu d'usage et que Fappsét même de celles qui i^y emploient se fait à l'élnui* ger. La Havane ot le Pérou lui foumîsseat des sncies et àm bois bien préférables aux ntoes ; Guadmala, m iadigo supérieur et en plus grande quantité que ses fi^ hsiques n'en consomment ; le Pérou, la Havane et Cemr pèelw, du coton ; Ftle de Pin, des brays et goudron ; la Havane et la partie eepagn<^ de St Domingue, dn tm^ bas. Les éenrées de notre erâ, inférieures i celles qM SM vastes possessions produisent, inutiles d'ailleurs» et surabondantes dans ses ports, y sont rebutées, ou rédul» tes i très peu de valeur. Qnel fiûUe produit dev«nH Asnc attendre de l'exportation qui en swa &ito les ports où le décret nous adresse ) DHm autre 06lé^ le peu de manufactures établies en EqMigne, Joint a» peu de secoeirs que les villes maritimes y ftssisilwrt de Fagriculture interne, forcent les sig^ts de Sa Ma^ jesté Catkoliq«e qui y sont établis, de reoourir i fi^ tranger pour lents provisions de toirte espèce^ Mefl^ sefMe fournit des blés dans ces ports qui ne pourraient i^approvisionner des productions du pays métne^ sans les frais excessifs d'une exportation péniUe i travers d'nu' pays montagneux. La nation ontîère est- ^Kfkmr
CBAK XXIV.] 1§7
taire d'ailleiin de toi» les p^yBmwofac^^ Hit.
r(q>e, et la fieivear la plus insigne que lui ait faite la pro* vidence, est de la rendre mattI^es8e du Pérou et du Mexique, pour acheter ses pvemiers besoins. Riches par notre seule industrie, pouvons nous espérer que YlEfh pafne nous fournira lee nôtres suffisamment, et à bon oonpte, lorsqu'elle est obligée elle-méoie de .se proou* 1er les siens à prix d'argent et i grands frais ? Malgré llexen^ption momentanée peut-être que nfms annonce le décret, de tous les droits i perceToir sur les effets qui seront chargés pour la Louisiane, ces tristes vérités conmies de l'univers entier, jointes au discrédit certain de nos dentées dans les ports d'Espagne, nous ont âôt craindre à juste titre que nos récoltes, quoiqu'abendaa* tes, loin de récompenser comme ci-deyant notre applitatiMi ^t notre indostrie, en nous donnant souvent le snpeitfu, cessent de nous produire même le pur etsimpla nieessaire.
"^D'après ces observations, quoique superficielles enoere aux certitudes dont elles sont déduites, peut-on dmxUn un ii^tant que cette colonie, quant à ses produe** tiens, ne soit inutUe à l'Espagne, et que les vues poli* tîfHes dans le traité de cession n'aient été restreintes au seul but d'en fetire un boulevard du Mexique. Mais la misère des colons s^oute*t-elle de nouvelles forces i ce boulevard ? Et par quelle manie saper nos fortunes renaissantes, en détmisant la liberté de notre commerce» lorsque <)es mêmes vuies politiques ne semblent pas exi* ger ce sacrifiée ? Tout nous donne lieu de penser qpm Sa Mi^esté Catholique désirait de s'instruire d'abord, par les rapports de son envoyé, des causes productives et des moyens conservateurs de notre bien être. Les assurances de notre roi nous assuraient de la bienveillance du nouveau souverain, et des douceurs de la domination intnrs. Les officiers de Sa Majesté Catholique nous annonfaiei^ à leur arrivée, la continuation de notre corn-
188 [ciiAf. xxif.
^'i^. inerce an moins petidant dix années ; la sonrce de nos besoins connue en Espagne, sans que noos Toussions indiquée nous mêmes, restait encore ouverte à notre aeti* Tité ; mais avons nous pu douter, à la vue du décret que M. Ulloa, chargé de ce rapport, comme Tordonnance publiée ici, le 6 septembre 1766, nous le déclare, ne sek Fauteur de ces calamités imminentes, et qu'ayant pro- .fêté nos ruines, ses relations peu véridiques n'aient dé« tourné les effets de cette même bienveillance q«e son maître voulait sans doute nous faire ressentir.
L'on objecterait en vain que le dernier article du décret permet d'extraire des ports d'Espagne les fruits et e^ts apportés de la Louisiane, pour les aller vendre cbez rétranger, i^ils n'ont pas de débit en Espagne même, et qu'il ne sera payé aucun droit d'extraction. Que trouve-t-on d'avantageux dans tout ce qui nous est présenté ici comme un véritable avantage t Ne comptons pas les articles du décret, mais prenons en l'espritr et ne Ksons aucun de ces articles sans suivre l'enchaînement qui les Joint si intimement les uns aux autres. U nous sera permis à la vérité d'aller débiter chez Mtranger nos denrées et nos effets qui ne pourront pas se vendre en Espagne, mais à queUes conditions t Nos commerçants naturalisés d'Espagne, suivant l'article S du décret, seront tenus d'aller dans les ports de Séviile, Malaga, et de payer le 4 pour cent, suivant l'article 18. Forcés par le rebut de leurs denrées de quitter ces ports et d'aller faire leur vente chez les nations voisines, il fttodra qu'ils reviennent sur leur lest dans les ports d^Bspagne, suivant l'article 1er, pour prendre leur chargement de fruits et effets déjà introduits en Espagne, et qui auront payé les droits d'entrée suivant Particle 7. . Cette marche dispendieuse détruit-elle nos réflexiotts affligeantes sur la vue de la disette générale qui nons menaçait ? Joignons i cela les frais de navires» estimés par nos chambres de commerce, à 8,060 livres, chaque
CHAF, XXIV.J M^.
mois, pour tin bâtiment de 800 tcçineaiu ; cénx de 46* VML chargement dans les ports d'Espagne et reohargemeait pour les pays étrangers ; le doublement de^s coBuni»sions et des assurances, les frais de magasinage, ÏWQ§r mentation des avaries, les droits domaniaux dont \m Toisins ne f^gront pas grftce sur des denrées venant d'B«pagne ; et nous verrons le décret, oMnme un alambia dévorant raréfier nos réooltes jusque dans la cinquidiaa essence.
^Les promesses de notre roi, retracées dans sa lettre du 21 avril 1764, nous faisaient espérer que nous aurions toujours les mêmes lois à suivre et les mêmes juges à écouter. Mais quelle atteinte donnée à cet article par M. UUoa dans le début même de son administration I Il n'a pas encore pris possession ; ses titres n'ont été ni vérifiés ni enregistrés, ni même présentés ; aucun lien ne nous attache encore à son autorité; rien autre chose qu'une déférence respectueuse pour le caractère àmkt on le croit revêtu, lui promet notre obéissance ; et des punitions sévères, des châtiments inconnus sous la domination française encore subsistante, sont infligés déjà par son ordre aux fautes les plus légères, en supposant même qu'elles soient réellement des fautes. (>, il ne faut pas s'imaginer que ces faux principes d'administration et les tristes nouveautés d'une domination inconnue aient été les seuls motifs de nos craintes et de l'alarme répandue dans nos familles. La loi d'Eq>agne peut avoir ses agréments et ses avantages fne nous ne connaissons pas ; mais l'antipathie pour l'humanité et la disposition naturelle à faire du mal» reoonnue et avérée dans la personne chargée de nous présenter cette loi, nous en a fait sentir les conséquences les plus dures, en ne paraissant agir que par ces mêmes conséquences. La politique espagnole rétrécit les postes, le plus qu'il est possible, pour en fermer à son gré l'entrée aux étrangers et l'interdire absolument à l'in-
1768. teriope. En wtaéqaeoee de cette loi, Veawfé de fi» MnjeBté Catholique a fermé tontes les passes éa Misshsippiy à l'exception d'une seule ; mais celle qu'il a eltràsie est la mmns profonde, la plus difficile et la phn périlleuse. Une kri presque universelle défend Im éta- Uissements dans une certaine distance dfs citadelUs et ftnrtificatioi» des villes frontières. M. Ulloa en a ossh lAuque des Rétablissements formés dans les temps pii^ mordiauxde la colonie naissante, par concession de notre prince, et sous les yeux de ses gouverneurs, ne devaient I^us sttbiteter, à cause de la proximité <fun entourage en i^eux dont depuis quelques années on a fermé la tfHe. La condamnation aux mines est définie par la loi (f Espagne contre les malfUteurs et les hommes dangereux. M. de Ulloa n'a pas craint de la prononcer contre des citoyens conMdérés, dont le délit n'était autre que d'avoir été les interprètes de leurs compatriotes et les porteurs de représentations respectueuses; expositives de nos besoins et tendantes uniquement i l'encourag»ment de notre agriculture, i l'accroissement de notre commerce, à IHmportation de nos besoins et au bien gé» néral du pays. Les paquets qui sont remis par des personnes constituées en dignité méritent d'autant plus de dillg^ce][et d'exactitude qu'ils peuvent intéresser la cause commune. Mais ceux qui s'en chargent n'eut jamais répondu des forces majeures, de la ooBtrariété des vents, des risques et périls de la mer. Quellea <Iûretés, quels traitements, quelles vexations exeroés par M. Ulloa consécutivement contre les sieurs Gagnait et Gacbon, parce que leurs navires n'avuent pu remettre ses paquets à la Havane, pour avoir été contrariés par le temps. Un arrêt du conseil supérieur de cette prefvinee avait défendu par de justes et sages motife l'introduetion des nègres créolisés ou domiciliés de St-D<Mnlngue et autres lies, mais le tout se réduisait i visiter les navires négriers à leur arrivée et à renvoyer au plu»
OBAP. XZIV.I IM
Tile eeox qui étaient dans le cas de la probikHiMi. IL iVii. UUoay a joint le séquestre des Uena, remprueuieamit des personnes, et sans ancone ordonnanee comninar Urire qui doit toujours précéder les premiers ofcfttiawnli, il les a exercés envers Cadis et Leblanct dont to«t k erime était de n'avoir pas en la faculté diviiiaÉeiftt «t d'avoir ignoré l'existence de cet arrêt Ces feîts f«i sent d^one notoriété constante et dont phisiewrs paHi» coliersontété les victimes, intéressait la oMwe p«fatt^ que autant et plus qu'on ne pevt l'imaginer. ïoiar mt rendre les cowéqaenoei plus senslUes, nous entreiew dans le détail de plosieun.
«^uant à Finterdiction des passes dn Minisslppi^il firat savoir que M. Ulloa, malgré tout ee qm'o» a pa lui pqwésenter et ee qu'il a pu voir Im^^néma, o« mj^ piendre par de f&cheux evèoenients, i^étak entéM è faire firéquenter la seule passe du Nord^Est, où il n'y ta dans les plus hautes marées, que neuf i dix piedad'ea»! défendant qu'aueua bâtiment n'entrât a« ne soittt pat tèute avtre, dont le fonds est OTdinairemont de Hm i deujse. A cette prohibition si gênante et si périUeoset û en avait joint uae a«tre qui Pétait eneeve davaatafe* C'était la défense aux j^tes de covcher i boië des hth Unents mouillés devant la passe el; que les vents #t le peu deau empêcheraient d'entrer. De là sont née des inconvénients et des accidents récidives, qui cepeadbat ne l'ont pas dissuadé de son premier arrangement. Le premier inconvénient était le retard des navires qai sortaient, retard dispendieux et firéquent en tonte satsen, jpaiB presque inévitable en hiver, que les t^ents de Need Nord-Est régnent le ph», lesquels ne pouvaient servir poor lapasse du Nord-Est, au lieu qu'ib font non-8e»> lement sortir par la passe de l'Est, meôB servent cneere à faire route, sans qu'on soit obligé après la sortie d'attendre le temps. Il en était de n^me pour feutrée ; les vents étant Sud-Ouest et Sud Ssd-Ooeiit, en m ]
l#i [ciiAr. XXIV.
If9t. vfAt entrer par la paètse du Nord-Bst ; ces vents étaient f«v«rables à la passe de l'£st En outre, dans l'obligalion à laquelle l'officier espagnol de la Balise assujAtiflMÛt de mouiller les bâtiments une fois entrés, visi^viS' des maisons de la dite Balise, mouillage de haut fêtÈd et découvert à tout vent, on y courait de gnmds risques qu'on aurait évités en mouillant à La- £D«urobe, ou en continuant de nponter le fleuve, sui- ^nuit la liberté ancienne qui n'en était pas plus f^^ ▼#rdkle à ceux auxquels on aurait voula interiJlre Je fmtL lyailleun, dans tous les payn, dès qu'on pilote c6tier a mis le pied à bord, il n'en sort plus que le bâtiment lie soit entré ou sorti* et mis en lieu dv-. ^reté, opérant €kr jouff et de nuit suivant Texigence des cas et Jes vieis* s^des du temps. Si cette règle doit être inviolable, e^est sans contredit dans nos parages, avoisinés de pays bas, et d'un grand fleuve où les fonds ,sont de vase dans UA endroit, de sable dans un autre, où d'heure i autre les vente changent et les eaux augmentent ou diminuent. Donc, en empêchant les pilotes de coucher à bord, dans un coup de vent forcé, et s'en revenant de nuit, un capitaine qui n'était pas pratique, ne connaissant ni les fonds ni les passes, n'avait aucune ressource. Obligé d'appareiller pour s'élever, et souvent de laisser ses ancres et ses cables, il allait donner sur les réci& vrâias, appelés les moutons^ ou du moins tombait sous le vent de la passe, sans espérance de remonter si tôt. Biifin, i^il avait le bonheur de s'élever au large, il ne revenait, après bien du temps et de la peine, que pour ebercher les mêmes dangers.
''La navigation, cet art si utile aux états, mérite-t-elle doue qu'on seconde la nature pour en accroître les peines et les périls ? La fortune des armateurs et la vie des marins sont^elles si peu précieuses que le caprice d'un seul homme doive les soumettre à des dangers presque iuév^tables? .Interrogez les capitaines et équipi^es
^ Anui ; toui ont Ytt leê noCivéMx périli knretftés jittr M. Vllos'; ploÉletiFs ont été les jouets et tes viethnes €to ieit HkiniyiiRtofli ^MfiiMfMinwiiËi^l * kI^ihi tAttit tktiit ët^Xr ^mi^es^ PMcideiit du «apl«aftie^a»roti, ft *t» sortie #i
nMinFSf esc Iv&ppSIlu» AppeS VVCIh rONe ftfl^*veiHMr Mnl9
pMwir' sortir par la passe Natd^Cst, km Vents étant Ncnrd' et Nord-N«rd-Bsi| ^*s^f prérseatti eafia, tètent âTBM'ehangé ç mais ie temps ataft fait é^aetier les eartnc air poitit quil festarchiHS 1s[ passe. H Ait assez hecMffx potir ae ¥et)rer et rentrer. Il iemaata en ville poiË" #a« rénKTT aon nafircif^tme' seooMde toIA. rvdtea ^ae laipllfe est jt Ifrente Menés 40 lVstnboachii#e da- Aeuv^'ijpii^ii faipt soavefit monter à la eordeile, et' 412*!! e^ arrivé i plasfecit« êfy mettre citiqaante à «Krfxante jdlirs' sans pba^roir fkii<e anti^emetft. lie tAevr' Sarron perdit* iion voyage. H lai en eoéta beaaconp'de frais, fi Si la passe éè PEst ÉVrÉt pas été fMerdi«e, n qnll eût été pèrmis-anie pHates dé la f#é<itienter, il serait sorti sans retard et sftm aan^BT*
^^ais éMm le tempe même ifcte Mnsti^om ee Hé*nmire» la trompeuse nous annonce ipi*on vend h IVaemi krâfrès erràHMIerie rèAréaf do natti^ \a Carlôiâ;ée £k1loebelle, pM>iqife ensevétiè^rfans tesssfblest £e éaplti*it Lacoste me gémirait pas stfr la "perte de son MMNnent si; qaand M^s^est pt^éstnté ponreatre^il kft'eêt éié f>çrniis de retenir de nuit le pilote h Mm bord, qui, ne pouvant h mrttre danîï ïos pftssf s, lut «lirait indiqué nn fond ûf vase d*^(jà il lw! serait fctW, cmnme il est arrivé à phi^i(-«rs, et «mr antres, an capitaine Choiiriac.
■*Qtielqtws habitant s'adonnent m à faire de la briqnr qui Remploie et î^e consomme dans le pays. Les trois principales briqueteries sont aux trois principales porter de cetl« ville. Une des pîtis ibrle^, et à laquelle un atelier nojnbreux est occupé, tait le patrimoine de quatre urtfltiltî». ef ^'rtfferme ^^ï^^^In*fW*■7fl^*^^ ânyrT^ mîHe
194 feiiA». xxit.
autre revenu, et Faielier n'y pevU.paf foire ses viwes.. La vîUe d'ailleuw n'en neweat aocone ineomn^odité, et les le«re»« 4'^ Tw-'tîre la torva aéeeasiÛM.à la labriqo^ étant ^oigaéas du grand ehawin, la voia publique aW eibvijfÉtiiàcie ai eoibarrasbée. M, Ulloa s'est attH<)ué 'l'abord au fermier judiciaire de cette briqueterie, et Jui :l défendu absolument de contiDuer, sous peine de saisie défi Degrés, bœufs, charrettes et ustenî^iles. Les parties întéreBsées, après bien dm effort*» sont enfin par^^etiueft a tirer de lui la niisoii de celte défenge, IJ a dit 4}ue les trou» A^oiï Von prenait la terre contribuaieiit à corrom^ pie la salubrité de Tair» On s'est muni, pour le dtseim^ dai^ dpa f9§9(mU^ de médeeiM et. de ohinii«ien0. M. |^ baau» docteur au médecine, entretenu par Sa Mi^estét a même doimé là deseiie dea oheenratians sayantee ^ coiteluanteg en ^ut fioiiit. Quant aux réflexioue Tftl* gaiwif «Ues étaient que le pays avait t#^|ours été 4ert 9aiiL malfrét Içs tious des briqueteries et les eypvières qui bordent le fleuve et entourent la ville; que smvast c#«!yitéu)e il foudvak aqssi oomblar e«Me4-et,4iù les eaux s'é<yMdei»t et séjournent pend^mt la iMJewe p«at»B de Tanu^ M. UUoa n'avait pas prév«. sa^a doute sas ab» jaotioiis, mais il en imagina et eo adopta une antre <)u'il «rut sans^ réplique; c'est qiie les éubliseemeats daiyapit être éloignés des ibrtifiaatwus^ donnant se -n^m à un entourage en piaux qui fi'a riai^ d^ secret, et dtaft rapproche est sans eouséquienee. L'afiftire ee.pwdamt a tramé en lougueur sans pauvaîr ablenîr de lui, ni un ordre par écrit de cesser, ai une paraiis^ion vasbate da cputiAuer ; £t plqsieuss ont pan^é, a^ac fandanmt^ que Ventrqprîse de. la brique était amhitieiinéa psa m m 4eu3^ parj^cuUers, ce qui s'aeaordait tqH bi^n mvm M penchant dç renvoyé d'J^spssna. à réduire tout an. p» vjl^K^ wdusifs,.
^Ce penabaotJidnwiitsbls tfmtÀàfimié mé^m WiH
ciiÂr. xxrv.]
dftTaatagtt dftin la {miUMliofi q«'il fli fwmée deiMWfe Im! d'apporter des aégres en cette ookmie, sons prétexte d'ane eoneurréBce qai aaratt été nuisible à iln né|^ eilmt anglais de la Jamajqae, qui avatt enveyé on ba« teati i M. Ulloa poar cimenter avec hd l'entreprise de la foamitvre d^eselaves. Le coup portait èfn même temps snr le eemmeree et str Fagrieutture. CTëtait en* laver au négociant un objet considérable, et restreindre au e^oB les moyens de ee fortifier» car cette concnrreneoy préjudiciable au fournisseur anglais, devenait avaatagease à Phabitant qui agirait donné kt préférence aa beti marché et à la metHeure constitution des esclaves. Quoi denoi ravir aux nouveaux sujets tes moyens les plus naturels de profiter et de s'accroftre, peur en gratifier un étranger ! Est-ce ainsi qtf|me nou« velte admiaistralion s'annonce? M. Ulloa aurait-11 reçu cet ordres de son maître? Qui oserait le présmnër? Mais'ii'esMa pas tea^ de croire que de riles ratsens éfintétét oatraient dans Tonbe de ses projet» exeltfsift. HKos gMVemears et magistrats ont toc^jours été' re* gardés par nous comme nos pères. Toutes les fois ^ue nom avons om devoir lenr fkire nos trè» huaiMes r^ pféeeatalvMM sur nés beèoimrparttcciliers ou sur Pintéf^ général, nous en avons été favorablement aecmfeHHtf; Nobs adreflioMHMflu»a«x goarertrMniftt coAimattAitnts, Mu de Bcwî regarder comme tkes rebelles ^<les mattais, (leNoe cbéri de M« Ulloa) ils approui^^ent tios délnarobiee^ oenMRe ee^nfermes au sentimeat du- vrai citoyen. BiMs en avons une pre«ve dans la réponse de M« Ai^ry, da 9^ jttin 1765^ an Mémoiie des négociants de la Notbv0lle*Ori#aiis. Il dîanpe tios ittcertHode». Orgttne du arinietre inotsa égard, commo le itthnstre Fétaft du sonvoiaiBy il nÊHÊm^ eommtnique les ordres «lu'il a^ reçus è» kri» el- MUS ^bÉiie eopfe des lettres ifa^l a ééritës en seasti|>iiaLe-aut efirtere-des postes.- 1it#i{t**paf'tieus^ exeker, nous eaeouragert et nous demandfr fiâ tMb W^
pfires y (MBt €C|AJmoés; si dos deautndai pftraJMwt jiut«0, ia voix de M. le produreur-géaéral ••coude 1» n^ô^^e» et la oour délibère eimvHte. L'évèstiOMiii 4n Sictttobre en e^t la preuve réoei^. Des pvoipwittP n>]ralBs Mm feiaaieat e^érer la Hiéme dwoeur, la uvâiae liberté, let^ Hiéioee friviléges daM le aonvea» gouveracttent Mais bien loin de nous aa aseorei la contianatîmii M* UUoa a'a pat aiéai^ voula ei^ laisser gubttsUr plus loag-t^i^ les apparemas. L'ordonaamie publiée, le 6- septaoibr« 1766, engagea les aégooiaiits à faire des raprésaatatioQS qu'ils addiressèfsut à,leais iqar gistralB. M. UUoa les traita de séditieuses saos les eoa> nakra, et quoique nos juges» fax condesQendanoe^ e^sr seut susfeodu leur jugemenÉ, il- ^ oru devoir tenter ua example eapabla d'effrayer à l'avanoe 4u»»oM|ua oserait s'sjcpûqaer sur sas ^téréts ou sas besoinii Des néfo^ oiau^d'ioiiqu'il a oru SUAS doute les priaeipauxauteiat di omk repséa»utationS) att^sh^s a<iipays par kmt for x^Ula, leur crédit» lauB coouaeiiee et kAur Artaue enlîère» se sout TU^m^aacés de la conAseatifa de leurs bieas^ de leuas pe^rsouœs» jugeaient qui d^ait éanauer duneul tiihiTir? 4a M. UUoa, et dont ilsoMt ayeapejua-détougaé lese«etiW • .
""J^teis quai était.4Mc.e«t.aflMMr de ai» Jlhjetté C9^ tbolitueMle quels brevats. était-il .UMUÛ 7 Daqualpi^. yilégeinauiétait41 revêtu, pour exarcar una aii^asilé si tyramiique, avaat »é«ie d'avoir laaatr^ sas pauwiia ousestiliesqua^aNisigaoiQUseaeare<? Uabcaitcao^ naus dit que, pendant, le hua Ml^r qu'U fiti larBaliae B^if^c M. Anbry,^aotM otpïunandaat, il a été passé eu* ti^ux uaaotesousi^ngpiivédaMaiise. SiaaIaMt vrai, quel aurait éyté son priwipa paliti^pia^eana saadaat pa^ oat-aote pqblic» et qn. ae déaUvai^ paa aai quaKié«« ce u'ei^ de.iaasvier saJtyrMaioid^a Miles de tiap#i^iS#Vrait-- ,. -, ,.*y ...•.'•
muM. juirj] iiff
\^hm tMme 4e lymâii» fmnMm Art. Jcipmp y «é» Joîtb'TOXfttÎM» |MiiP covrespmdre à la véiilé des ftiila JkjTM «^pKl appaîoil n^Mçanty 4aM k • Jiiéfli« le«|p qu*tt«er«MVàk de iMtre pMrtqm dos. nwqiMi àttÊm
WriMgfa «MQÛMionyraTMM^MIlS TQ BMM ffénîiÉir d*«M
iMia fos prénîtes ckk. ki Maratte et ie gkire Ta» 9Mur de l'autre eMfowMtiiee da 6 eeptonKbre IMiy piir nîerdéevetde aee voknb6ft4«,ait^é poUlé iei« etai le-neai angasie de Sa MajM^ aété abneûrMMat eaïf ployé. Cette erdenaaace, dis-je, a été pimaidgaée daai aes oaww^annyaja «on de la cajeee et à la tète de TÎagl soldats espagnols armés de leurs fusils et d# leiM baygaMttee. Eiait^e peur aeus Inealter »b penr en impeeer. à mm murrouf^? Dans le premier eas, qa'eAt» il daaefait» eet UUoa, en ville conquise et priée 4'dflUNit? Q«i| i^pansil eût-il ckeiei poar y mattifesler see orde» naaœs» puisqu'il en a. nie un semblable en use^ge ea^ vers des amis et dee alliés? nous prenait41 pour les seavagee du Pérou ^-da Mexique? Dans leseeead oee» reav<^ d'£i^>agae a'igaorait doue pas (pie eeUe erdannaace, firnit de ses relatioas erronées» était dia* méèrnlfirat opposée à nolipe bien être» eteapaUe de pÉHiiejabeffd d'eawiter nos atumures ? Ckargé de B$Êm hminp qu'il a si justement méritée^ sa nation peut lai reproAsr oaeore d^aTotr «aaqué «as «iglesée la poU^ tiqpie».en nous forçanè par sa tyrannie à redouter legoa* wapMient espagnol* . .
''NMMh l'avons Yuayioc indignation négeeieraTeo an Aaglaie la liberté de ^^aatre i^leaMtndli poar quinze piaaimii par tête I et loreqne le jourda la révokitèe% M» Attbryi. notre ooounaadant, presué par nos pnérea et uee lastanoes, les a redeanudés aveo autorité» aoas a^iaas rm ees noavoaUK affvaaehis deeeendre du la ié^ ytaespegaple oè lev iseaveau maître lee reteaatt» et sa. jeler^a «plaine loaée aaageaoaz do ha» liUm» Mous aaïae vaaee Tiotiaies'iavnrtivaévr av ilaÉa
Wê Lauv. MU¥^
-§é teurs ptitewioBB héréJilairew mi sMtîiiieitt p^lriolir fW,«e»aMlhe«reiMC AcodteM^vi, r— nillis «UevaM » protégé» par nos oomaiandaBis et«o« j«- !>à «e 'OMUMier de lecun Jéw^bnn «t lKvailiiii««t i ies iép»Mr ; «duh 1m a^MS vvb, erffm|ét 4a*€o«rfoiur fléaéUq>ede M. UBoa» pMir vm sajcfl aoaal légw^pièdMreprtMiitaJImistràalHifl^ Ivenblaals da aeluMaaamw, ilvoroyaîaat iMjà lea voir ett^ttum sur la liberté dé lavra ftunlUes, et se vmr readrè à l'eiican pa«r acquitter les ratîoM da roL ' 8oBimea4i#wi Fay attè Marae?
**(^m n'a441 pat fait aafi%aat komaw siagoUar dans las aotisM snêmes de la rie prirée î QaeHe hmailintiaa la ||atHm françéése -n'ea a-^-elie pas reçue pesatant asa. séjmir iei^ noanimileaMat par la violatîoik ^ drat des fsasi maïs eaoore par le wépris des leis^déasff tiqaea? Outre qoe, par dédain sans doate pour les€atMkiaes français, il s^est abtteau -de fréqaeaÉsr aas églises» et s'est fait dire lawssse éaassamaiseii, pendaat dbHhait mois» mais c'est qa'il j a eneore iUt ooatférer le sacremeatdu mariage parsen^amimner à ée« aesidotit la jfeoHne était ane aégrssse eselave et Fks aa blaac, sans la permission dnearé, saturancsine pu* bHeatien 4e bam» saM aaaaac ibrme ai saleaaîlés féqaiaea par l'église, ao'gratid «oaadaie da paUio» au aiépris du concile de Trente, et contre 1» dispusiliau fi<eîse de nés jPfdonnanoas» tant civiles que eaaeaiqaes.
""Qu'y aarait*il donede répféhmslUe dans le |mti fas la oondaite et les vexatioas^'de M. Ullaa noaseat feit prendre I qael bmiI aarieaaaoas fait en seeouaat aa joQg étranger» que la asaiii qot Fiaiposait wmdait eatore fhm aocaUant ? Qael font avoaa usas ea eaia de lédaraer aes kifh aetse fatrie^ tielre asaaeiaia^et éfr kû vaaar la yessÉvéïaaaa da aatre andaur? Oea ioaa» Use* iiataliafa aaat-ettai dcae saas ewBKiletdiiiis
bisWre T Plus d'une ville de Pranoe^ ées ftémmUm iim. mâene, le Guerci, Je RooergHe, la Gascogne, Cafaor% Menteuban, n'onfe-ils jm» brieé à plusieurs wj|iiiei« le
JQfXg anglais avec fureur ou refusé ses fers avec cons* tance 1 En vain les traités^ ies cessioûB^ ïen ordre» mêtnejs renouvelés de nos rois ont-îls tenté quelquefois ce que le bonheur des arméefï anglaises n'était pourtant pas capable d'achever^ et cette nobie résistance aux volontés de» souverains naturels, loin d*allumer Ivur colère, a réveillé leur tendresse, attiré leur aecoars et opéré une entière délivrance.
"Mais d'ailleurs de quelle utilité la colonie de Ja Louisiane serait-elle à TEspagne ? Inférieur à ses pro* ductîons, aux riches contrées qu'elle possède, hïitre paya ne pourrait être que le boulevard du Mexique* Or, ce boulevard sera-t-il impénétrable aux forces de Sa Majesté Britannique qui, étant maîtresse de la partie orientale du Mississippi, en partage la navigation, et qui possède, dans le haut, des établissements dont l'accès ne lui est pas ouvert par Terabouchure seule cki fleuve^ mais encore par la proximité immédiate des autres pays du Nord, où sa domination est établie*
**La conservation de cette colonie par la France garantit mieux les possessions d'Espagne de ce côté quo la cession faite à cette couronne. Les impressions désavantageuses connues déjà contre elles par les nations sauvages et qui ont attiré non-seulement des inîmltest mais de vivesî menaces de leur part a M» Kici, capitaine espagnol, commandant aux Illinois, les rangeraient en cas d'attaque dans le parti ennemi. Tout au contraire, ces peuples marchent toiyours avec le soldat français^ sans s'informer pour qui Ton veut combattre. Yoilà le véritable boulevard.
«Puisque TËspagne ne peut trouver aucun avantage en racquidtkm de cette province immense, et que, de .certitude, les strictes bornes de son commerce nous
iw». lédMnôwt (IreMiue F là shbple eâstende, pcotqvm 1m âe«x ■auverains s'accowfeïaîent-a» à ïi0U8 rendue MifliMremx par te phàsif se«l de te faire^ O'^slilii efWM de le croire, et ees setttimeiitt n'entrent jimt dns k «Bar des rais. La protection qne le n6tre noàs pror met en sa lettw» du 31 «vrH 1764, de la part du wm- Tcan eonvcnUi , fait Toir qu'ils conspiraient podi^ notre iMi^eur ; et le sileiice respectueux que nous avons gard^ jusqu'à présent sur la réjililé de lios intérêts, lésa sans «bute empêchés de parvenir aux vrais moyens qui pouvaient nous rendre heureux. Quant à l'utilité dont eette celoaie petit ^trc à la France, les moindref^ réflexioM la rendent sensiWe. La perte du Canada ayant fenoé oe débouché aux manufeôtures dont la France abonde, la conservation de la Louisiane peut réparer sote peu de temps une perte aûsâ nuisible à Kndustrîe iiatàoaale. Les efforts des vrais Français établis ici, et q«i vienaent chaque jour s'y établir, peuvent facilemonl creuser cette traite Ai Missouri, ouverte d^ arec des succès heureux, et à Fa^randissenawit de laqueBe il manque l'encouragement et les secours que la domûw^ tion française peut seule procurbr* Les sauvages mftn» du Canada viennent tous les jours aux Illinois fràîter des matohandises françaises, qu'ils préftpent à celles que le6 Anglais leur portent dans 4eurs villages. Que l'on cosse de forger des entraves à notre activité, et bientôt tes Anglais cesseront de vendre à la France les pcftsterios qu'elle consomme. Nos mautdactures^ dans leurs en* vois, trouveront un débit assuré qui fera leurs gaino^ et lottw profits, et dans les retours des pelletwies auxquelles on peut joindre notre itfdigo, notre sucre, notre ooton» elles auront encore la ibomiture des matières piomières qui fait leur aliment et sur lesquels s'exerce ift Muoad'œuvre. Si dimc l'utilité des naanufacturcs dans lo royaume est si bkn looonnue, qu'elle leur ait attW do Éouà to«|Wt «M fiotectioa |mrtic«riiêre d» aotioM^h»,
ciiAP. XXIV.] 99i
ii'ett-ii pas dans Totire politique que c^te prateetîM Stf^ a'étende à leur conserver des ressources auxquelles elk «midoierait peut-être les forces de l'état, s'il s'agissait d« les acquérir,
'^ Joignez à ces considérations le remboursement suspeadu, dépote 1769, des sept millions de papiers royaux *^ fermaient le numéraire de notre place et le nerf de notoe commerce; joignez l'enchaînement des engagements rtciproques des négociants de France à nous» et de BOUS «ux négociants de France, qui attendent leur sort et «eriui qu'il plaira aw Seigneur Notre Roi de donnera oeftto finance ; joignez enfin l'obligation où nous sommes 4e travailler au rétablissement de nos fortunes dâa- Ibrées» sans pouvoir nous aider de ces anciens fond% partages ei-devant d'un chacun, en proportion de son économie, de son émulation ou de son patrimoine, et J'on twra que nos nouveaux efibrts méritent d'être seoMMlés par notre roi.
^Jaloux observateurs de tout le respect dû aux tétes iNmromiées, et des égards mutuels que les peuples p** liées se doivent les uns aux autres, nous serions an désespoir que nos démarches pussent s'en écarter. H n^ a rien d'ofiensant pour la cour de Madrid, dans l'exposi- Ifam de nos besrâis et dans les assurances de notre amomr qw nous portons aux pieds de notre auguste 8onveTaia> Nous osons espérer que ces marques de •être zèle serviront encore à inrouver aux nations la vérité àm titre de Bien Âi$néy que l'univers entier lui donne et doMt nul autre monarque n'a joui jusqu'à présent. Peut-être 'dira-t«en i Madrid même : heureux ce prisée, ■Mre alKé, qui trouve pomr obstacle à sou traité de cession l'attachement inviolable de ses si\jets à sa domisa*tion et à sa glorieuse personnel - .
^Nous n'iguOTOtts pas que f envoyé d'Espagne a pris,
avant soii4épart» et reoneille encore par émissaires des
ée quelques particuliers qui résidep t parmi
[cflAf. JUUV.
HM. aoM;di«nt8iMro«iaiie8 qu'il s'attmtta^héspw des pvo* mmimfin brillanles et %ni cherchent ici des pro^élyte^ em peUBUMlaBt les simples et en effrayant les faibles. Mcûa qaelque chose que puissent contenir ces certificats peo. authentiquef» ils ne démentiront jamais la voix générale et la notoriété publique. Les marchands génois» a»* glaiSy hollandais» témoins de la révolmtioBy rï^ndroot compte de la vérité dans leur patrie» Ils certifieiont* d'une manière bien plus certaine, que natre pavillon s'est élevé, sans que ^ frégate espagnole ait reçu, a|i siea la moindre insulte; .que M^Ulloa s'est erabarqiié avee tonte la liberté possible et sans auciu acte de nsÉrs part qui tendît même à l'indéqence ; qu'alon ci dqpuis nous avons redoublé d'égards et de politesses #i^ vers les autres officiers de Sa Mcgesté Catholique ; qpe pendant les trois jours de la révolution» (chose unique ^ singuliéret de l'aveu même des £q;>agii<^, il |ie s'est élevé parmi plus de douze cents hommes de miliof^ parmi les femmes, ks eniants» le peuple ^tier, loioun offi iigurieux à la nation, et que leei seuls qui s^sontfiMta esteadre, auxquels les étrangers, mêmes o«t.pris peft# ont été ; Vive le roi de France I Vive Ix>uis le Bieià Aimé!
K/'est à Sa Migesté bienfaisante que nou% babitwto négociants et colons de la Louisianei^adittssQiis nés tiés humbles prières pour qu'elle reprenne jnoessngMoeit hk colonie, et aussi résolus, de vivre et de mourir spw m ehàre domination que déten^ipés i faire tout ee f»'eai« géra la praq»érité de ses anues» l'extea^jon de aa puis* saase, la gloire de son règne, Jiovs lasujq^lkms de «o«f loir nous conserver notre nom pateiotii|Qe, ims 1oî% #t nos privilèges."
A la Nouvelle-Orléans»
Çhex Dnrts fisASBi*
Imprimeur dn RoL.
Avec pemûssioii^ de M. le Cqmwisrtairs-CMi
On Toît que oe Mémoire jostifioalif» rédigé em fcrt 1708. mauvais ftançiûs» mélasge confus de vérités et cPerrenrs» obscur et déf<^ctueux par le langage, sans netteté ^kms les idées, fait peu diumneur i ses rédacteurs, ^e n'ai cité tout au long ce document, bien inofieimf sans dflfote par lui-même, qu'à cause de FimporlaBce qu'y aMacbérent les Espagnds, et du ressentiment qu'il pvo^ viMiua plus tard chez ces nouveaux mahres de la coloûe. D'ailleurs il est intéressatit, pent^tre, comme représ^itant les mœurs, les sentiments, les passioins et les wpmr ciÈé» de l'époque.
Quant au privilège de traite exclusive ayec les saa«- ▼âges, doot les colons se plaignaient comme ayant été aooordé à quelques personnes au détriment du reste iie la population, il est juste de fieûre observer que œtle ^«lle exclusive avait dérfà ^té établie par d'Abbadie, «I IVM, et que le gouvernement français ayant blâmé celte mesure, Foucault l'avait justifiée. Ulloa n'avtfh ckmc fUt que continuer l'existence d'un privilège créé par un gouverneur français.
Quant aux expressions hyperboliques d'inviolable at^ taehement et de dévouement inébranlable pour la gih riernse personne de Louis XY, de Louis le Bien Aimé, qoe les colons appelaient le plus auguste et le plus grand de tous les monarques, on se demande sur quoi de pareils senttnMiits pouvaient être fondés^ La France lui ren* dait plus de justice, à oe prince avili, qui, sans renumls, l'avait dépouillée de ses plus magnifiques colonies, s^ teadënt sans interruption depuis Fembouchure du Misaissippi jusqi^à eelle du St-Laurent, et qui, au lieu d^employer les trésors de la France à soutenir une guerre glariénse et à défendre ses immenses domaines améri* ottM, les prodiguait i de vils flatteurs, les jetait sous les pMs des plas ignobles courtisanes» et s'endormait au niMeu des oi^es de-son Paro*«ux-Cerft, sans savoir fwbèblottieiit dans quelle partie de l'Amende était située
9M' [chat, xxpr.'
I7i9. la Lomsiaat, et, oertaimment, sans se douter qae là il y arait des hommes qui regrettaient sa domination.
Le 80 oetobre, le lendemain du joor où le eonsett rendait Farrèt d'expulsion contre Ulloa, Anbry écrivait aa miustre :
MonseigneoTy depuis prés de quatre ans que je to»i BHtnde eette celoniey gavais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour faciliter aux Espagnols la prise de possession de cette colonie. J'ai eu lliomieur de v«U8 informer des arrangements que j'avais juris, de concert avec M. UUoa, pour l'établissement des postes espa* gnok dans différents endroits du fleuve. Ce qui avait été exécuté jusqu'ici avec beaiUM>up de tranquiltilé. J'ai eu l'honneur également de vous informer que, quoique la prise de possession n'eut pas encore été ùàtèf vu le retard de la troupe d'Espagne, cependant les a&ires se passaient, autant qu'il était possible, comme si elle l'était déjà. Il m'a paru que ma conduite n'avak point été désapprouvée par vous. Vous avez marqué en conséquence que le roi d'E^Migne devait payer toutes le» dépenses de la colonie, a commencer du jour de Farrivée de M. de Ulloa dans le paya J'espéraia que tout se serait passé tranquillement jusqu'à l'arrivée àes traupes d'Espagne. Mais malheureusement, une révoUe générale contre le gouverneur espagnol et sa nation vient d'éclater, sans que j'aie pu m'y qpposer, et dn renverser tous nos projets. Le peu d'argent que l'Espagne a envoyé ici, les dettes qui ont été contra^ tées au nom du roi d'Eqpagne et qui ne sont point aeqpâttées, joint à la misère affreuse qui règne dans le pa]r% telle que je vous l'ai exposée par ma lettre du 4 avril dernier, ont mis le peuple au désespoir, leqnil» étant excité et animé par des commerçants et habitants, a poussé les choses à l'excèa Une requête signée par six cents habitants a été présentée au conseil, le 96 oa> tobre. Us nedemandent pas meins que de renvoyer la
cnAP xxtv.j
goavemear et les Eqpagnols hors de la col<»lt. Lé 90 ootobret joar du conseil, il s'est trouvé dans la rille prés de neuf cents hommes armés, arec un pavttloa bkm qu'ils ont arboré sur une plaoe« criaat tous^éaératoment qu'ils ne- voulaient point d'autre roi que celvî 4m France et paraissant disposés à faire lÉiain basse sur ks Eqpagn<^ si on n'avait point égard à leur demsaJU Voyant qu'on, ne reconnaissait plus l'aatmîté, et q«e Im pevqile avait franchi les bornes du reiq>ect et de Febéis sanee i ses supérieurs, je priai M. Ulloa» coutre qm Ym^ nimosité était la plus grande, de- se retirer dans sa ir4> gâte avec Madame son épouse, qui est grosso et a «a enfant de six mois. Pendant ce temps, M. de GraadU Maison, major de la place, a été par mes ordres wm Quartier se imttre i la tête de la troupe avee Msih sieurs les officiers; malheureusement je n'ai qu'usa eenlaine d'hommes icit le reste étant dispersé dans les différents poires de ce vaste pays. De ces cent hoames, j'ai envoyé un officier et vingt soldats dans la frégate 4m 8a Miy^té Catholique, dont on a rompu le pont aussii* t^t. Vingt autres étant de gafde sur la grande plaast il m'en restait plus qu'une scMxantaineau Quartier. Qiasl' que teo^s auparavant, j'avais &it donn^ des earto»ehes aux soldats, à tout événement. Ce qui a répandu Faksme parmi les habitants. M. de Grand-Musea, mcgor, a été parler aux. officiers de milice qui étaient à la tête de leur troupe, pour leur ordonner de se retirer. J'ai fisdt également de mon o6té tout ce qui était eu mon pouvoir pour tfteher de calmer le» esprits. Ce qui est difficile dans les inremiers moments de iusew. Mais eoÊttrom il était dang^^ux d'aigrir les esprits, qui n'étaient déji que trop animés, me trouvant sans forées ps«r m'opposer à tout un peuple, j'ai cru que, peut sauver la vie au peu d'Ei^pagnols qui se trouvaient iei, il éiait eonvesable dans une cireoasta&ce aussi mathm reuse d'agir aveodoueeur. J'ai été mumU assistsr au
LcHAP. xxnr.
M8. owiaeil pour tiolier par mes représenftatioiis de fairo ■eolir aux juges les suites et la coaaéqaenee de Fafirive qu'ils allaient juger ; je leur ai exposé imam les dmgeps avjiquels ils s'exposaient en renvoyant honteosenent M% de UUoa de cette colonie. Je leur ai dit ^«e les rois de France et d'Espagne seraient offensés éê rmr traiter ainsi nne personne de son ranget de son #anM9tère. Voyant qne je ne pouvais m'opposer i leurs éémarcbesy que lenr parti était pris, j'ai protesté contre Wor arrêt qui ordonne xle renvoyer hors de la efÀorne^ nmm trois fois vingt-quatre heures» celui qui avait été enmyé par Sa-Majesté CathoUqnepoar en prendre posses* shm* Je regarde cette action comme on des pins grands •Henlats. S'il y avait eu une douzaine d'individus de HMèasdans^le pays, qui n'ont pas peu contribné à mettre tnit en feo, cet événement ne serait pas arrivé I - ^VoQS saurezf Monseigneurt qne, malgré qne tout le Monde «Mvefsellement veuille rester Français et proteste d'âne idélîté inviolable pour le service du roi de Franee, cependant tout est bouleversé. L'on ve«t qm je reste eommandant* et M. Foucault» ordonnateur. Tevt se fait par violence; sons prétexte dente rendre hsaqcoup de respect, on ne m'obéit pointy^t sous un ûuitèatie d'antorité, n'ayant point de troupes pour la ÛNte lespaeter, l'on dégrade ma personne et la digmté de la place où je sois élevé.
*^m capitaine et oinqnante kommes de milice doi-p vent escorter M. de UUoa jusqifè la Balise, et cela se fittt malgré mes erdres. J'feû cknmé en eonséqnen- 00 tm «ffioier avec un détachement, ponr aller dans le méMe vaisseau où passe M. de UUofi jnsqu'i kt Ba^ KoOf «fin de le garantir de toute iasnhe. On se propose aassi de renvoyer la frégate de Sa Majesté Oatholiqv» Ce qni serait une iiyure atroce au pavillon dm roi d'Espagne. Oelte révolte aetend pas im^nns ^'àempdriier les Espagnols de preadre posseaMida pays. Saw le
CflAf* XXIV.]
{Kréttxte da quelques fitiefs qu'ils oBt omKfe iê fs»- vmk
veiseort ils se proposent de renvoyer la oAtioB. Qs Ye«-
lent mettre une garnison d'balntants à la Balise fom
lefaser les bâtiments espagnols qni viendraient. Us
ment le peuple i crier qu'ils veulent rester
et fidèles scgets de Sa M^eslé Trés-Cbfétiea«s. Une
eopie d'un décret de Sa Migesté Catlviliqne pas i
au cemmerce de ce pa^ qui annoace qu'il ne
plus ici de bâtiments de France ni iles îles» n'a pas peu
contribué i cette révolution.
'^J'ai l'honneur de vous écrire cette lettre à la hâte par M. de UUoa» Son prompt départ et l'emlmrras inévitable où je me trouve, attendu* que tout le peuple eut en Tiware et continuera d'y être jusqu'à ce qn'il sait pas^ t^ m'eapéohent de pouvoir vous en écrire davnntefa Sens peu de jouis il partira quatre députés paar lis ïisaaie» savoir : MrX»spe^rièBei,dieveJief4e S^'lL4miB e4 efieier de siénte» que j'eavoie peur avoir 11 devons remettre Je détail circenstaneié-de soUa
iMilKU
**Jjt eensoil envoie le sieur Lessassien ^Les habitants, M. de Bienville, officier de va . **Les cswmesf nnts, ie sieur MiUi^ eapitsi— de mi- Use.
^Daas une eireenotance aussi -df^^loraUe, je taiii oeiyaiotemeat avec M. de Grand-Maison» qui s^est i jeius léuni ayec m^ pour le bien et l'avuiÉage du viea de 8a Mi^sslé^ travailler à apaiser cette e| tAehei de eonsenwr, s'il est psssililsi les établinsa i«snpepisla plaeésear le fleava, jusipi'à ae qne wmm i ps^ de aoBveam aidées de wlse. put . ''Je jae flalie, Measeigneus, qne vaasne m^impatsnsu pta eetéaèiiPmeat, ayant fait tat ce qni élail aa bmii pauveôr pe«r l'eipéslisr.
Ml^relaidde la tsoiyetfFip^as, les «ettes firiUs eat sentie stOss et yi'ils paieat iMpleateaieaty aient paa
. pM otutilligé à aDgmeftter la misère qui a enfin vUtait le penple an désespoir. Tout ce qu'on peut faire éaiis m moment aussi malheureux, c'est de tâcher de calmer te^esprits et de fistire en sorte que chaque chose reste à ■to^plttoe. Mais c'est bien difficile.
^Je màÊ persuadé que les députés vous rendront un éilBil dMMrent èm mien. Mais je suis sans reprocha, à ê» «pe je me flatte, et je marque la vérité. Vous pottr* wm- éWlleurs interroger M. Lapeyrière •
^JVeobKé de vous marqiœr que M. UUoa m'aécrk, i^uis^ette lettre, pour me prier de faire évacuer les élâhlfssemettts espagnols, et de les ftûre relever pur ma tnnpe. H me raal^e de les renvoyer à la Havane par lie hittmeuis qui v<M à St-Demhigiie. Il a, en m^mc HÊÊÊfmrélé aasec généreux pour ordonner aii ceiiriii— irri •ipagml de eontinmr i fournir la soMe à la tfmfte AMiçaise et anx offieiefs."
Le 31 octobre, le conseil supérieur se réunit de nittveau et annula la protestation d^Anbrp par Vasvèl sui-
^Yti p«r le conseil supérieur la pvotoslatMif faite par M. Aubry, chevalier de l'ordre royal et militaire ^és êèélAms, ooBunandant pour 8a Miô^sté Tréa^iffétienne la pnsvince de la Louisiane, à Farrét lendii 4e iMu présent mois, contre M. Ulloa, flaMi^sléCallMi)i^oe,icelle kie, l'andiettce #■1 Mr ee le pi^weur général dn rot en ses SMëlasIsHi, le ooassii, amm eondamner le» améIû» qtfr*wit donné lieu à M. Aubry de prêtoÉer eoatve l'anét ^É»4s Mnr^nWdn pi«senlM>îa, aééeiar4et4Mata.la^^ pivieslatiMimrile et osmhho nonaiveMieç «donne* ^m le dit arrêt sortira son plein et entier etfet, ^^àtm, ' Inapvetofllatîeii én^snteHievr Aubry aynml élétan- M#e( Uilea« rfàfmm à pylirdésJe letids— in*<^
CMAP. XXIV.1 ^W9
écrivit èk M. Aobry, en date du 31 octobre, une leltie lltt. dans laquelle il lui disait entr'auCres choses :
'^On n'a nul reproche à me faire ; car si j'ai fidt coostmire des forts ou donné tout antre ordre, cela n'a été que de l'avis et consentement de votre Seigneurie, 0t avec l'approbation du roi, mon mattre, i qui la cdonie appartient; et votre Seigneurie étant le gonvemenr» général d'icelle, et à qui a été adressé l'édit de Sa Majesté Très-Chrétienne, par lequel elle déclare la cession, dans ce cas^ les juges civils qui composent le tribunal du conseil supérieur ni autres personnes n'om rien à y voir. "
Cet argument d'Ulloa ne manquait pas de force. Du moment que le gouverneur français jugeait convenable de reooanaitre ses pouvoirs et de lui livrer tacitemeirt la cokmie, en loi obéissant et en se constituant s<âi Uentenaajt, le conseil supérieur assumait une bien hante lespoûsabilité, en déclarant que la province n'avait pas eerâé d'être française. Qu'Ulloa eât exhibé ou non ses peuvoirs, il n'en est pas moins certain que le gouverneur français avait reconnu son autorité comme gouverneur eqiagnoL S'il en avait abusé, il semble que c^étak em rai d'Espagne qu'il fallait s'en plaindie et non au roi de France.
Le 31 octy>bre, au soir, UUoa était embarqué avec tonte sa mai8(m. Au point du jofir, le len novembre, noa troupe nombreuse de colons qui avaient passé la nuit i une fête donnée pour un mariage, et dont probablement les tètes étaient échauffi§es par les libations ordinaires dans une semblable occasion, parurent sur la levée en chantant des airs patriotiques et en poussant des cris de triomphé. L'un d'eux, nommé Petit, coupa les c<Hrdes qui retenaient le navire au rivage, et la troupe joyeuse eut la satisfaction de le voir flotter et descendre le fleuve en suivant le courant; mais il s'arrêta à quelque
distanoe» et ne mit à la v<Mle que dans l'aj^iiàsaidL Tel
vm. Ait le défmrt d'Ulloa. Il devait en coûter bien des lannes à la colonie I Ulloa s'était embarqué poar la Havaa^ i bord d'un navire français, parce que la frégate espagnole qui Favait amené avait besoin de beaucoup do i^patations.
Le conseil avait débuté par décréter Texpulsioii d^Hoa, et, six jours après son départ^ il ordonna une iflibnnation relative aux vexations qu'on reprochait à cet officier d'avoir fait subir à des citoyens français. Il semble que e^est par là que le conseil aurait dû oom« meneer* Huchet de Kemion et Louis Piot de Launsrj^ fhrent chargés de procéder i cette enquête.
Les témoins entendus témoignèrent sur phudeiùv abus d^antorité, et déclarèrent entr'autres choses: que M; Ultoa avait arbitrairement et injustement puni un capitaine de navire, ainsi que le mattre de ce navire» pour n'avoir pas remis à la Havane des paquets dont il los avait chargés; qu'il s'empara de plusieurs enfiyUs lépreux, et eut la cruauté, malgré les supplications de leurs parents^ de ks envoyer i la BaHse» où ils man^ quérent de tous soins; que pour plaire à sa fonme/ M. de Ulioa avait défendu de fouetter en ville» attendu que les eris des esclaves faisaient mal à madame Ulloa, de sorte que les habitants de la ville, à leur grand pré* jodioe, étaient obligés d'aller faire fouetter leurs esclaves i deux lieues de là ; enfin, que M. de Ulloa avait» pour sa cOBTenance personnelle, empiété sur une rue, q«^ avait réduite à sei£0 pieds de largeur; et quHl ttTttit jugé convenable de boucher une des portes de la ville, toujours pour sa eonvenanoe personnelle.
Bntr'autres curieuses dépositions est celle du révérmd père Dagobert, vicaire^néral et euré. Il dépose qu'il n'a autre chose à Imputer à Ulloa que d^vxrir, dan sa maison, ftttt procéder, par son aumteier, à Padministratlon du sacrement du mariage à deux personnes, sans ancunie poUii^tlon de bans et sans aucune fimne, et
CHAP. ZXIV.J 211
qu'on lui a même donné l'assarance qve œ mmage itiS. était entre on blanc et one négresse. Le témoin déclaie que ce mariage avcdt eu lieu sans son consciateiont H ajoute qu^lloa s'est arrogé le droit de chapelle elwB lui, et qu'il y a fait dire la messe pendant dix-huit i par l'aumônier de la firégate» sans qu'il y eât •ndroit décent pour la dite chapelle. Il dépose Mademoiselle de Larredo, marquise d'Abrado, arriTée du Pérou à la Balise, où M. de UUoa était allé l'attendre, il l'avait menée à la Nouvelle-Oiléans en tiiomphe, comme se disant marié, à la Balise, avec elie^ et la bénédiction nuptiale lui ayant été donnée par l'au* mènier de la frégate, sans permission du dépostet, vicaire-général et supérieur de la provinoe, et sans aucune publication de bans, le dit aumônier n'ayant jamais été autorisé à célébrer les mariages dans la proTÎnee. ^ Le pore Dctgobert termine en disant que ce mariage a causé beaucoup de scandale dans la ville, a effimyé les consciences timorées, et qu'on le croit clandestin, aucune ferme civile ïd canonique n'ayant été observée.
Le 22 novembre, le conseil supérieur adressa la let^ suivante au duc d& Praslin, ministre des affaires étrangères, pour le prier d'i^puyer les représentations que le conseil déposait aux pieds du trône.
^'Monseigneur,
^Le conseil supérieur de la Louisiane vous dépédie H. Lessassier, l'un des conseillers assesseurs, pour vous vemettre un arrêt rendu par cette cour, le 29 ootdbore 1768, contre M. Antonio Ulloc^ arrivé en cette colonie le 6 mars 1766, se disant l'officier envoyé par la cour d'Espagne pour en prendre possession an nom de Sa lif^êaté Catholique.
^Lorsque cet officier s'est présenté sous les apparences d'une mission aussi honorable et aussi importfcnÉf, toute la colonie pénétrée de rei^ct pour sou
31S [cuAF. xxnr.
ïWl oMweèère prétendii, remplie d'èbélnanoe et de «oonûik 8ÎHI aux volontés du roi, lai a rendu, de son propre nuMiTeHMnty les honneurs et les hommages dûs à un en* Y&fé représentant son souverain. Tous les états, sans eaBeepÉioii, lui ont fait en corps leurs visites respeetawasesy en lui témoignant le regret sincère et naturel qm tmàt najet français ressent en perdant un si bon psÎBoe que Louis le Bien Aimé. Us lui ont en même teoipsi donné des marques de leur soumission à passer sous la domination espagnole, tant en considération du jmabô de famille que dans Fespoir de vivre sous leun anciennes lois, usages et coutumes, ainsi que l'acte de oesnon, puUié et affiché, semblait les en assurer, espérant dWUeurs mériter par un sincère attachement et une inviolable fidélité la bienveillance et l'amour du ttMiveau rm, Sa Migesté Catholique.
^'En effet, les esprits paraissaient dans des disposi- , tkms assez &vorables, et cette partie de la nation fl«n* çaise serait devenue espagnole sans s^apercevrâr de son changement de domination. Mais cet envoyé soidisant a bientôt renversé et détruit toutes cet dispositions. D'abord, il a refusé constamment de se faire reconnaître et recevoir dans la ferme légale, sans lar quelle toute autorité peut-être méconnue. Il a ensaite éludé de donner la moindre connaissance de ses pouvoirs à qui de droit. Quoique non revêtu d'aucune autorité légale, il s'est néanmoins fait conduire dans différents postes de la colonie, où ayant été annoneé comme gouverneur par Sa Mi^esté Catholique, il a été reçu et traité avec toute la décence possible. H y a fait généralement tout ce qu'il a voulu, sans la moindre opposition. U n'a trouvé partout qu'un peu^ très soumis. Cest dans ces voyages que la bisarverie et l'inflexibilité de son caractère ont commencé i se développer et i se faire connaître.
'^A son retour dans la capitale, il a insenMblenwnt
CIIAP, XXlT.l SIS
usurpé Fantorité du gouvernement, et pen après il ii^^tt ITéS. érigé en despote absolu. Enfin il s'est bient6t rtmèi^ l'objet de l'horreur et de l'indignation publique, taaipMr ses mauvais procédés que par l'indécence outrée de sa conduite, et par une sordide avarice qui lui a attiré le mépris le plus marqué de la part du peuple, qui ne jwge que sur les apparences. Il n'a respecté aucune Ass lois, coutumes et usages établis. Tous les états ont été par lui avilis, méprisés, et la colonie allait tomber sous le joug du despotisme le plus odieux. Le droit des nations, comme les lois les plus sacrées, tant pour le spirituel que pour le temporel, ont été vi<dés par dsfi coups d'autorité multipliés, par les vexations les plus criantes, par des emprisonnements arbitraires, par use protection singulière accordée aux esclaves, toqjours ennemis jurés de leurs maîtres, et par des procès où la ferme et les lois n'ont aucune part Les gens méoMS de sa nation venus à sa suite, revêtus de ciuractère ou non, ont également partagé avec les Français le poids de oette tyrannie.
'^C'est enfin par une conduite aussi indécente, autii odieuse et aussi coupable, qu'il a dissous ces liens piéciaux d'amour et de respect qui se formaient dans le cœur des Français pour s'attacher à leur nouveau roL , Oui, Monseigneur, cette aliénation est d'autant plus irréparable, qu'elle est l'efiet du mépris souverain qae cet officier a témoigné pour la nation française, et que leis habitants de ce continent sont informés du despotisme odieux, sons lequel gémissent toutes les colonies espagnoles, notamment celles dont ils sont voisins.
•'^Tonte la colonie, consternée par le présent et effrayée pour l'avenir, s'est écriée d'une commune voix : que deviendrons-nous, lorsque ce gouverneur non recoann sera revêtu d'une autorité légale et qu'il aura des fortes^ puisqu'aigourd'hui, sans forces et sans autorité légitime, il ose nous traiter aussi indignement? Quoi donc !
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^^* mf9èB avoir esmyé tant de malheurs» ocoasionMés pir Ja \ et le discrédit des billets, seol numéraire de cette D» £ftat-il encore que le peu de bien qui nons reste, ^e notre liberté, notre honneur et même notre vie soiest. livrés à l'entier arbitraire d'un tyran, et que nous «groBS réduits i une condition plus dure que celle des pins vils esclaves, dont la vie est au moins sous la protection des lois !
H)emoiût ces réflexions et quantité d'autres également jvstes et terribles, qui ont réuni en corps tous les habitaaits et qui les ont contraints à faire au conseil de txèe bvmbles représent€Udons.
^]>t cour n-a pu, sans violer son serment pour le maintien des lois et sans manquer aux devoirs les plus essentiels de la reUgion et de rhumanité,refti8er à toute «ne colonie gémissante, la justice iju'elle réclamait avec tant d'instance contre l'oppression de cet officier. En l^emplissant son devoir à cet égard, elle a certainement évité quelque coup d'éclat, qui aurait terni le lustre de la nation française. Pressée par tous ces motife, elle a vendu contre cet officier l'arrêt dont elle vous fait remettre copie. M. UUoa s'y est soumis. Cest le premier B^te de prudence et de sagesse qu'il a fait en cette colonie. Il s'est embarqué sur un vaisseau français pour la Havane. Il a mis i la voile, le 1er du présent «lois» À quatre heures après midi. Quoiqu'un peuple ttés nombreux fût présent à cet embarquement, les ehoses se sont passées avec toute la prudence, la modération et la tranquillité possible. M. UUoa ne peut se plaindre, sans mcmquer à la vérité, d'avoir reçu, ai fui ni qui que ce soit de sa suite, la moindre insohe, soit de paroles ou de faits.
Hje conseil vous présente ici plusieurs pièces, oo^jeîntement avec l'arrêt rendu contre cet officier, dont l'énuméiation suit: * •
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^Le conseil ose se fiatter, Monseigneur, que vous 1769. vendrez bien les faire passer anx pieds du trône et les appnyer de tout votre crédit auprès de Sa Majesté, pour qu'eUe daigne les recevoir favorablement."
A cette lettre était annexée une adresse au roi, ainsi conçue:
^'Trds humbles réprésentations qu'adressent au roi,no« tre très honoré et Souverain Seigneur, les gens tenant son conseil supérieur i la Nouvelle-Orléans, province de la Louisiane*
SiRB,
^Votre conseil supérieur^ en se hâtant d'enregistrer votre ordre en forme de lettre au sujet de la cession de cette colonie, foite par Votre Majesté à Sa Majesté Ca^ tboliqne, prouva sa soumission, et détourna ses regarda de la triste situation de votre peuple, tovyours att^dbé i vous, Notre Seigneur Roi.
^Votre Majesté garantit par cet acte solennel la tranquillité et le bcmheur des habitants et de ses antres scgets. EUe avait promis qu'ils seraient jugés et leurs biaas réglés suivant les lois, fcurmes et usages de la colonie* Deux ans découlèrent depuis l'enregistrement, jusqu'à l'époque funeste du principe de nos malheurs éprouvés jusqu'à ce jour. Dans cet intervalle, les coeurs français m nourrissaient de l'espérance. Us se regardaientt Sire, toiqours sigets de Louis le Bien Aimé. L'industrie du cultivateur, l'activité du négociant, rendaient ki oeWnîe florissante. Les terres, les maisons en ville et « les nègres avaient une juste valeur. De conskiéraUes magasins de négociants attiraient les piastres et le ïhâb et Campéche, et animaient l'émulation des traiteu» parmi les nations sauvages. Le commerce des pelle* tefies était poussé dans les contrées les plus éloignées* Un numéraire considérable circulait ; les piastre étaient communes ; les traiteurs espagnols afBuaient^
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1768. et l'on fait compte de plus de quatre cent mille piastres qui ont été portées à Pensacola depuis l'arrivée de M* UUoa. Le quai de la Nouvelle-Orléans était sans interruption rempli de différents navires. Le prix des loyers multipliaient les maisons. La ville s'embellissait Un gouvernement doux, tant pour l'équité des chefs que pour l'urbanité naturelle aux Français, attirait et fixait de nouveaux colons. L'image du bonheur facilitait les établissements; les accroissements en tout genre étaient considérables. M. Ulloa arriva à la Balise, le 22 février 1766. Un événement tragique lui enleva onze matelots ; la pluie, le tonnerre et le vent l'introduisirent à la Nouvelle-Orléans, le & mars à midi. Le temps le plus affireux ne fournit aucune ex* cuse. M. Ulloa fut reçu avec les démonstrations les phus distinguées de respect ; tous les Espagnols reçurent des Français les marques de politesse les mieux caractérisées.
'^M. Ulloa partit pour aller visiter les postes et établissements jusqu'aux Natchitoches ; il fit peu de frais, et trouva chez les habitants les secours et les provisions dont il eut besoin. Il ramena les esprits, et, depuis son entvée dans le fleuve jusqu'à son arrivée aux Natchitoches, il promit dix ans de liberté de commerce. Tous les habitants aisés projetèrent de profiter de ce délai, pour arranger leurs affaires et se faciliter une émigration favorable dans quelques colonies françaises. M. Ulloa» de retour des Natchitoches, ne fit i^paroir aucun de ses é titres et pouvoirs, et prétendit ne devoir pas dépendie d'une présentation de ses titres et provisions au cons^ supérieur pour en obtenir l'enregistrement. Une ordonnance concernant le commerce fut, par ordre de M. Anbry, sur la demande de M. Ulloa, publiée au son des tambours, escortés d'un détachement la bayonnette au bout du fusil, commandé par deux officiers, le 6 septembre 1766. Cette ordonnance était illégale. M. Aubry,
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eommandant pour Votre Majesté, ne poavait rendre 1768. anoime ordonnanoe de police générale sans agir conjointement aveo M. Foucault, ordonnateur. M. Ulloa, qui n'avait point satisfait aux lois, fermes et usages de la colonie, en demandant Tenrégistrement de ses titres, me pouvait donner aucun ordre légaL Tous les négo* ciants s'unirent pour demander à votre conseil sapéiienr JQstice.contre l'illégalité de la dite ordonnance, et conte» le coup destructif qu'elle portait au commerce. La re* qnéte fbt présentée à M. Foucault, premier juge; il couvrit l'illégalité de l'ordonnance, mit à l^cart Finfractiom fiûte aux droits de sa place, et, s'unissant avec les magistrats de votre conseil supérieur, calma et apaisa le mécontentement U(»tk>nnance ne fut point annvlée par arrêt; il fttf promis aux négociants qu'elle n'aurait point son exécuti<»i, tant que la prise de possession légale ne serait point fSùte. Premier trait de modération, pour ne point dire de faiblesse, de voti« conseil supérieur; M. Ulloa exigea que cette requête lui tàt remise po«r choisir dans les soussignés ceux qu'il voulait sacrifier à •on courroux. M. Foucault résista à cette infraction à la confiance publique, et répondit qu'il e^piroyait la re* q«éte i M, le duc de ChoiseiiL. M. Ulloa se disait n^ de cette colonie* Surpris que des représentations décentes fiissent adressées à une autorité légale, il déclara cette démarche attentatoire au despotisme qu'il voulait iatroduffe, et s'exhala dans les termes les plus injurieux contre votre conseil supérieur, M. Foucault et tmxB les Français. L'alarme et la consternation se répandirent dans les esprits. Votre conseil supérieiir, par sa soumission innée aux ordres de Votre Mi^sté, avait fait enregistrer, publier et afficher votre ordre en forme de lettre. Le contenu en fut examiné : cet acte solennel assure la tranquillité et le bonheur de vos sujets. Votre Majesté garantit le clergé dans ses privilèges et fonctions ; elle promet les mêmes lois, formes et usages ; elle
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1768. promcft la «onservation de son conseil supérieur et de ses juges ; elle promet enfin à ses sujets que» sous une do* mination nouvelle» ils vivront heureux à Tabri des lois oanoniques et civiles, toujours observées dans votre co^ l<Miie. Tous ces bienfaits» Sire» solennels par votre pro» messe royale» par un enregistrement et publieatioH prescrits» ne pouvaient jamais dédommager vos si:yets de la perte du meilleur des rois. Le Français nait libre et soumis. Ses privilèges nourrissent son amour. Les lois protègent les vertueux» puni^fsent lé coupable ; on y admire les formalités que l'humanité et l'équité ont prescrites. La notoire conviction du crime proportioiine les châtiments et peines à infliger aux criminels. Jamais» ^ffe» un de vos sujets ne peut être condamné sans être entendu et sans que les délits soient prouvés. Tels sont les lois» formes et usages toujours suivis et observés dans cette colonie. De combien d'infractions commises par M. UUoa contre ces privilèges sacrés pour l'hnmanitéy et contre les lois» formes et usages de la colonie. Sire» votre conseil supérieur se v(Mt-il obligé de porter des plaintes à Votre Mc^esté ! M. UUoa a affecté pour votce conseil supérieur le plus grand mépris. Il a cherché à le rendre inutile» et a osé» sans autorité légale» et par infraction à la lettre de Votre Migesté» créer et former un nouveau corps de conseil.
"«L'arrêt du 9 juillet; 1763 défendit l'entrée de tous nègres domiciliés de St-Domingue. Le nouvel arrêt dxL 16 ncirembre 1765 fit la même défense pour tou&les nègres domiciliés de la Martinique et de toutes les autres colonies. Les funestes suites du poison dont les nègres se servaient à St-Domingue» pour se défaire de leurs maîtres» furent les puissants motifs des sages arrêts rendus par votre conseil supérieur. Le sieur Ca£s arriva de la Martinique avec quarante-quatre têtes de nègres ou négresses. M. Lebeau» médecin» fit la vinte des nègres et en donna son rapport. Le sieur Cadis fît
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sa soumission par écrit de rembarquer les dits nègres n€6. qui avaient été domiciliés à la Martinique. Il en vendit vingt-six, reconnus bruts, et Tacquéreur les envoya à la Pointe-Coupée, avec un permis de M. Aubry. M. Ulloa arriva de la campagne, fit descendre les nègres déjà vendus à différents habitants, et nomma trois Espagnols et quatre Français pour juger les dits nègres. Votre procureur-général, Sire, réclama les droits de votre omiseil supérieur. M. Ulloa répondit qu'il voulait et entendait que l'importation et l'exportation àe tous objets quelconques flissent soumises à ses ordres, et qu'il avait nommé un nouveau conseil pour juger et lui en rendre compte. Ce ooup d'autorité fut déclaré infraotaire à l'acte solennel de cession, et aux lois, formes et usages de la colonie. Il nous fallut céder. Qael plus notoire attentat, Sîre, peut être conmiis contre votre autorité rojale, séante en les gens tenant votre conseil supérieur, à la Nouvelle-Orléans 7 On trembla sur le despotisme qui s'annonçait, on Fenvisagea certain à la prise de possession, puisqu'une autorité illégale osait s'arroger des faits de la compétence de votre conseil supérieur.
**Le sieur Leblanc, quelque temps après, arriva avec dix-sept nègves ou négresses. La même autorité illégale jugea. Les sentences espagnoles sont annexées aux très humbles représentations de votre conseil supérieur. Le sieur Loyola, désigné pour commissaire-ordonnateur pour Sa Migesté Catholique, rendit une ordonnance de paiement pour les droits du geôlier, infractaire à l'acte de règlement du 1er. février 1764. Le sieur Leblanc représenta que l'arrêt de règlement ne condcminait qu'à quinze sols par tète de nègres empris<mnés ; sur ce, il fut mis en prison, jusqu'à ce qu'il eût satisfait à Tordre de M. Loyola, qui le condamnait à une piastre pour chaque nègre.
^M. Ulloa, six mois après son arrivée, exigea que les bâtiments, allant et revenant de St-Domingue et autres
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1168. îles françaises, se chargeassent de ses paquets pour les remettre à la Havane, et y en reprendre d'autres en revenant. Tous les capitaines s'offirirent, et plusieurs» sans aueun lucre, favorisés par les vents, portèrent des paquftts à la Havane et en rapportèrent Aucun de ces bâtiments n'avait l'entrée du port. Us avaient mlie de mettre en travers devant le fiirt Morro, et d'envoyer le«r. canot porter les paquets ou en recevoir. Le sieur Gagnard, ancien navigateur, propriétaire et capitaine d'un bâtiment brigantin, fut chargé de paquets. Le vent et le courant le forcèrent à débouquer. Rendu à ^* Domingue, il profita d'un bâtiment qui appartenait à un domicilié à la Nouvelle-Orléans, qui partait le lendemain ; il lui remit les paquets et en tira un reçu. Le sieur Gagnard revint deux mois après dans son bâtiment. Il rendit compte, exhiba son journal, et remit i M. UUoa le reçu qu'il avait tiré. Il essuya toute la msn* vaise humeur de M. Ulloa, silence lui ftit imposé, et il fut renvoyé chargé de menaces. Son bâtiment fut arrêté pendant six mois. U eut, au bout de ce temps, permission de l'expédier en donnant les sieurs Grieumard et Denis pour ses cautions, et il eut ordre de rester comme otage. M. Ulloa apprit enfin que ses paquets avaiest été remis à la Havane. Les cautions civiles Airent déchargées, et l'infortuné Gagnard devint h<Mnme libre.
'^Les sieurs Durand frères expédiaient leur bâtiment pour St.-Domingue. Ils envoyèrent les sieurs Grachon et Martineng, leurs capitaines, prendre les paquets de M. Ulloa ; ces paquets ne purent être remis à la Havane, ni en allant à St.-Domingue, ni en revenant. Ils furent remis à M. Ulloa, qui entra dans ses fureurs ordinaires, fulmina en injures et menaces, et envoya les sieurs Gachon et Martineng dans la frégate de Sa Majesté Catholique, où ils furent constitués prisonniers dans la Sainte Barbe. M. Ulloa avait formé un nouvel établi:jsement à la Balise. 11 défendait de se servir de
l'ancieime passe, beaucoup plus sûre et plus profcNide. i*^^* Il obligea les bâtiments de pMser par celle qui était à la portée de pistolet de son établissement. Plusieurs bâtiments ont essuyé de grandes pertes et de considérables avaries ; les accidents réitérés firent cesser mh établissement, et l'ancienne passe fut permise.
^* Trois familles acadiennes, dont les chefs étaient deux frères et un cousin, tous trois nommés braud, activèrent dans la colonie à leurs frais. Ils suppliàreat pour avoir la permission d'acheter une terre auprès de leurs parents et amis, dans le haut du fleuve. Les oris de leurs enfants, l'état critique d'une femme prête à accoucher, les représentations des hommes irritèrent M. UUoa. Il leur défendit de rester dans la colonie, et il les fit embarquer dans un bâtiment anglais qui partait pour' la Nouvelle Angleterre. Us furent protégés par des étrangers qui favorisèrent leur évasion. L'un a été jusqu'à ce jour chez les Anglais à Manchac, et le troisième s'est soumis à aller à l'établissement que M. UUoa a fait vis-à-vis des Natchez. Vingt fanûUes se sont rendues a cet établissement Le terrain noyé, par devant, par les eaux du fleuve, par derrière par ceUe des lacs, les a obligéi à des représentations. M. UUoa a ordonné des otages qui sont dans le fort espagnol et qui répondent des autres Acadiens. Les Acadiens, jouets des mers et des événements, qui ont refusé tous les avantages ofierts par les Anglais, pour recourir à vous. Sire, le meUleur des rois, et observer leur religion, se trouvaient si malheureux et si vexés, que la plus grande partie était décidée à passer sur les terres anglaises, où on leur promettait des prêtres. Depuis le départ de M. UUoa, la famille acadienne étabUe chez les Anglais, demanda une terre pour redevenir sigette de Votre Majesté. Des faits multipliés et notoires de sordide avarice et non admissibles à M. UUoa, pourvu de qucurante miUe livres d'appointements, ne doivent pas être insérés dans
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1768. les très humbles représentations de votre eonseil aopérienr. Lie détail des sociétés de M. et de Mme. UHoa^ quoique très extraordinaires, serait déplacé ici. Mais» Sire, quellef nouvelle infraction aux articles six et trente* boit de votre ^dit connu sous le titre de Code Noir, du mois de mars 1724, enregistré, publié et affiché dans cette colonie I M. Ulloa a fait marier dans sa fnaison tm Espagnol avec une négresse, sa domestique, et a accordé la protection la plus ouverte aux nègres non Inutiles, sur leurs simples plaintes, et sans avoir jamais entendu les maftres. Quel bouleversement fu-^ neste ! Vos ^sujets étaient menacés de l'esclavage, et leurs nègres acquéraient des dégrés dlionmies libres.
*^otre Majesté a. été informée depuis long-temps du caractère dur et tyrannique de M. Ulloa. Messieurs de la Condamine et Manuel Edmas, vice roi du Bérou, Font connu avant, Sire, que vos sigets de la Louisiane, ses victimes, aient été forcés de s'en plaindre. Les prinèipes politiques sur le devoir des hommes qui sont honorés du titre de commander, pourront-ils s'accorder avec la conduite de M. Ulloa, nonmdé par Sa Majesté Catholique pour venir prendre possession d'une colonie habitée par des sigets de Votre Majesté ! Il se hâta de caractériser son antipathie, en demandant à la Havane une nourrice, pour que son enfant ne pût sucer aucune goutte de sang français ! Quels pernicieux principes ! Quelles barbares dispositions !
^Les négociants fbrent renvoyés au sieur Maxent comme à l'organe de M. Ulloa et à l'oracle du commerce.
^L'habitant, pas mieux accueilli, vivait reclus sur ses terres, occupé de ses sillons. Il désirait un avenir heureux, tremblait, et gémissait sur celui dont il était menacé.
"L'émigration parut le seul moyen, aux habitants Jes plus aisés, pour se soustraire au joug projeté. Tout-à-
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coup les immeubles et nègres perdirent la mmtié de leur 1768. valeur, le découragement devint général ; le numéraire manqua ; les billets de la coloniey d'une grande ressource, quoique discrédités, furent convertis en récépissés; onze mois s'écoulèrent sans qu'il arriva une piastre. Les Espagnols étaient les seuls payés de leurs appointements, gages et salaires. L'ordonnance du 6 septembre 1766, parvenu à St-Domingue et dans les autres tles, avait dégoûté le conunerçant navigateur. Le quai se trouva dégarni ; il n'y restait que deux vaisseaux. La misère devint si grande ^que la moitié de la colonie se trouva réduite au riz et au mais, et^ sans les sages précautions de M. Foucault qui en fit descendre de la Côte des Allemands, les pères et mères n'auraient eu que des larmes à ofirir aux cris plaintifs de leurs enfants afiamés. Dans la plus profonde paix, les rir gueurs de l'affireuse famine se firent sentir en cette colonie seule, dans le temps où l'Europe entière et tontes les autres colonies jouissaient de l'abondance. Votre conseil supérieur. Sire, doit-il dire à Votre Majesté que votre peuple est persuadé, que M. Ulloa se réjouissait d'avoir si bien réussi et qu'il était décidé à réduire vos sujets à la nourriture de la Tortille? Le désespoir devint général M. Ulloa, l'honmie le plus fin et le plus dur de son siècle, travailla à gagner les esprits et fit courir le bruit que la colonie pourrait bien retourner à Votre Majesté; que l'Espagne ne pouvait pas en faire le commerce; que les tabacs râpés étaient prohibés en Espagne ; que Guatimala fournissait plus d^digo qu'il n'en fallait à ses manufactures, et que le Pérou fournissait du coton. Le désir et req)érance assoupirent les cris vi& de la misère et du mécontentement ; quelques bâtiments arrivèrent chargés de ccnnestibles. Les Anglais approvisionnèrent de quantité de farines, et cent trois mille piastres furent débarquées à la Contadorie. Les appointements, gages et salaires furent
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if68. payés josqnes à la fin de juin dernier. On n'acqmtUt qfÊe la moitié des dettes contractées par les Espagnols, et ils devaient, au 1er octobre, plus de quatre cent mille livres, en y comprencmt les dépenses de 1767. Le nn* ■aéraire s'éclipsa, on perdit tonte confiance sor un papier dont il n'y avait que la moitié de payée après onze mois d'attente» Dans ces moments de perplexité, plusieurs copies du décret royal parvinrent des difiérents ports de l'Europe. La voix générale rendit M. UUoa rei^nsable de ce coup de trahison. H avait promis dix ans de liberté de commerce ; il annonçait qu'il avait tout crédit à la coar ; il n'y avait que trente et un mois qu^il était arrivé ; il avait prouvé l'impossibilité du commeroe de TEspagne avec la Louisiane ; il connais^ 4Mdt l'espècje d'cùsancedes habitants, et savait qu'il était beaucoup dû au commerce de France et à plusieurs colons retirés et domiciliés dans votre royaume. Les ha- Utants et négociants entrevirent leur ruine, des chaînes, et la plus cruelle misère. Votre conseil supérieur a l'honneur d'annexer à ses très humbles représentations un commentaire qui constate l'impossibilité de l'exécution du décret royal publié i Madrid, et prouve jusqu'à quel pmnt de misère M. UUoa avait entrepris de réduire des sujets, pour lesquels Votre Majesté espérait de Sa Majesté Catholique, protection, faveur et bienveillance«
''Vos siyet8,Sire, devant être privés de leurs aliments ordinaires, étaient condamnés à fournir leurs substances à des vampires, et tout moyen avantageux leur était ôté d^quitter leurs dettes avec le commerce de Francç et les anciens colons retirés de la colonie et domiciliés dans votre royaume. Tous les cœurs furent livrés au désespdr. M. UUoa fUt unanimement déclaré l'ennemi implacable de tous les Français ; tous les anciens mécontentements se réveillèrent; les habitants, négociants, artisans et ouvriers s'unirent pour fajfe des représen*-
tati«iis à votre conseil supérieur. Elles furent présentées 1768. à M. Foucault Votre conseil supérieur fut convoqué le 38 octobre, i huit heures du matin, et, par arrêt de délibéré, il ftat ordonné que deux conseillers titulaires examineraient les dites représentations ; qu'elles seraient communiquées au ministère public et rapportées le lendemain sur te bureau pour y être dit droit; six colons notables furent nomiïiés (conseillers d'office. Votre oonsefl supérieur, composé de treize membres, s'assembla le 29, à neuf heures du matin. Avant de recueillir les opinions, le doyen de votre conseil supérieur demanda à M. Aubry si M- Ulloa lui avait communiqué Bes titres et pouvoirs. M. Aubry répondit qu'il ne lui avait été communiqué aucun titre décisif sur la mission de M. Ulloa. Les opinions flirent données par écrit, et l'arrêt fut prononcé à onze heures trois quarts. Le dispositif de l'arrêt étant, comme il est de règle, enregistré et copié, il tôt signifié à deux heures un quart à M. Ulloa, à bord de la frégate de Sa Majesté Catholique. M. Aubry protesta contre l'arrêt La protestation iut mise sur le bureau, le SI octobre. L'arrêt intervint le dit jour, qtd déclara nulle et caduque la dite protestation, et ordonna que Parrêt du 29 sortirait son entier et plein effet Quatre députés des habitants et négociants demandèrent, le 1er. novembre, à deux heures et demie, rexécution de l'arrêt Votre conseil supérieur s'assembla, et l'huissier vint rendre compte, i quatre heures, que Ma Ulloa était embarqué dans le bâtiment qu'il avait choisi. Il est resté onze heures daiiâ le fleuve, et y a joui de la* plus grande tranquillité. Votre conseil supérieur. Sire, a= l'honneur de représenter à Votre Majesté qu'il ne fût accoidé à M. UHoa que trois jours de délai, parce que, lo. la fermentation était si grande et le mécontentement si général, qu'il crut faire acte de pru^
dence en limitant le départ sous un court délai ; 2o, parce 2»
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1768. que dans les meubles qui servaient à If. Ulloa, les quatre einquièmes appartenaient au propriétaire de la maison et à différents particuliers. Votre conseil supérieur, Sire, croit devoir rendre compte à Votre Majesté des événements qui précédèrent et suivirent les séances du 29 octobre. Le bruit courut que les habitants et négociants devaient faire des représentations à M. Ulloa; il en fut informé. Il fulmina, et promit l'exemple le plus sévère, les châtiments les plus rigoureux poor les principaux et notables soussignés. Il employa tons les moyens pour fomenter une émeute ^t irriter vos sujets. Douze cents livres de poudre, cent cinquante sabres furent embarqués dans la frégate ; elle m«uilla un peu au large, après avoir démoli le pont qui comn^uniquait à la levée. L'alarme se répandit dans la ville et à la campagne. Les habitants arrivèrent en ville avec, leurs fusils. M. Aubry fut au devant d'eux, leur promit que votre conseil supérieur jugerait librement, et leur ordonna la tranquillité. Les armes furent mises bas et déposées» M. Ulloa, pendant que votre conseil supérieur siégeait, fit demander à haute voix deux canonniers de plus. Aucun Français ne s'en émut, et la tranquillité, le silence et la décence continuèrent à être observées. Cinquante habitants et négociants notables se chargèrent des patrouilles. Pendant quatre jours, les cabarets et billards furent fermés, et malgré Faffluence et le concours de sept à huit cents personnes , (de l'aveu des étrangers et des Espagnols mêmes), il ne s'est jamais vu autant de tranquillité, et plus d ordre. Quatre. députés des habitants et négociants vinrent, le 29, à deux heures et un quart, supplier de leur faire part du prononcé de l'arrêt. Ils furent introduits, et, audience te- '^ nante, le greffier leur lut le prononcé. Us furent en rendre compte aux habitants, négociants, ouvriers et artisans, qui s'assemblèrent autour d'un mât de pavillon.
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Le précieux pavillon français fut arboré. Les femmes, 1768. les enfants couraient le baiser; Pair retentissait de mille vive le roif vive Louis le Bien Aimé! Quel glorieux hioment, Sire, pour un aussi grand monarque! Vos biienfaits, vos bontés paternelles, vos termes teiïdrés et compatissants, exprimés dans le douloureux acte de cession de cette colonie, ont gravé dans tous les cœurs de la Louisiane la reconnaissance et le plus vif amour. Votre Majesté trouvera dans tous les citoyens des soldats qui oflFrent de verser leur sang, sacrifier leurs fortunes, pour couvrir le Mexique et soutenir" vos alliés, pourvu qu'ils n'appartiennent qu'à vous. Sire, leur très honoré Seigneur et Roi, Louis le Bien Aimé. Grand Roi, le meilleur des rois, père et protecteur de vos sujets, daignez. Sire, recevoir dans votre sein royal et paternel des enfants qui n'ont d'autres désirs que de mourir vos siyéts. C'est le vœu de cette colonie. Votre conseil supérieur a cru devoir en rendre compte à Votre Majesté. Daignez, Sire, préserver vos sujets de nouveaux malheurs. Leurs cœurs sont tous ulcérés des plaies de la tyrannie et du despotisme. Les bienfaits du meilleur des rois peuvent seuls, Sire, rendre votre peuple heureux. Les Français, accoutumés aux douceurs d'un gouvernement désiré par tous les étrangers, ne pourront jamais s'assujettir à l'exclusion et au despotisme pratiqués dans tous les gouvernements espagnols. L'homme naît soumis à des lois. Il les connaît en grandissant, et y demeure attaché dans un âge mûr. La refonte du caractère, du cœur et des mœurs honnêtes^ ne pcnt jamais se fkire librement par des hommes qui ont rempli la moitié de Ifeur carrière; la force seule peut les assqjettir. Quelle vie f quel combat pour des citoyens, Sirc^ nés su- Jets du roi Louis le Bien Aimé ! Daignez encore, Sire, être favorable au vœu général de ht colonie et aux très hurïlbles i*eprésentations de votre conseil supérieur.
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1768, '«Votre conseil sapérienr, Sire, croit aree certitude pou» voir assurer Votre Ms^jesté que, depuis la paix jusqu'à l'arrivée de M. UUoa, la colonie avait augmenté d'un tiers, et que depuis Taiiivée de M. Ulloa» jusqu'au 21^ octobre, elle était retombée dans son premier état; que dix aiis de liberté de commerce avec toutes les nations, qu'un fonds de cent mille écus. Sire, accordés de vos bienfaits pour les dépenses des troupes, les présents des sauvages, et Tentretien des bâtiments, donneraient /à Votre Majesté, au bout de dix ans, un demi-million pris dans la colonie, vous fourniraient, Sire, huit à dix mille citoyens bons soldats, et feraient encore submster et encourageraient les manufactures de votre royaume, en couvertes, lainages, &c., &c. Cette colonie est la seule partie septentrionale de l'Amérique qui puisse donner un débouché aux dites manufactures.
«'Telles sont les très humbles et très respectueutes représentations qu'ont cru devoir présenter à V<»tlre Mcyesté,
*«SlKB,
««Vos très humbles, très obéissants, très fidèles et très affecticmnés siyets, les gens tenant votre c<Hiseil supérieur de la Nouvelle-Orléans.'^
Cette adresse au roi est sur un ton d'exagération qui dut nuire à son efiet On y reconnaissait l'accent de la haine plutôt que celui de la froide vérité, qui seule aurait dû présider à la^ rédaction d'une pareille pièce. Personne ne pouvait croire que ce fài TirUention dHJÏloa de priver les nouveaux sujet» de 8m Majesté Catholique de leurs aliments ordinaires et de les réduire à la nourriture de la Tortille. U était permis de penser que les accusateurs qui faisaient un crime à Vlloa d^ avoir donné à son enfant une nourrice esfogmoh^
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étaient trop irrités pour voir firoidemeiit les faits tels nés. qu'ils s'étaient passés. On devait les soupçonner de dénaturer la vérité, involontairement pent-étre, dans le récit qu'ils faisaient II y avait en effet quelques re- {Nroches i faire i Ulloa, mais ses fautes étaient loin d'être d'une nature aussi grave qu^on les représeB^t
QUELLE ÉTAIT LA COMPOSITION DU CONSEIL ÊTABU PAR ULI/>A. SITUATION DE LA COLONIE APrIs LE DÉPART DE CE GOUVBR NEUR.— PROTÊT DBS OFFICIERS ESPAGNOLS, LOYOLA, 6AYAREÂ ET NAVARRO CONTRE L'ARRÊT RENDU k LEUR ÉGARD PAR LE CONSEIL SUPÉRIEUR.— REQUÊTE DES HABITANTS AU CONSEIL POUR L'EXPULSION DE LA FRÉGATE ESPAGNOLE RESTÉE DANS LE FLEUVE.— ARRÊT CONFORME À LA REQUÊTE.— LE CONSEIL DBS MINISTRES EN ESPAGNE DÉUB^E 81^ ON GARDERA LA LOUISIANE.— LA QUESTION EST RÉSOLUE AFFIRMATIVEMENT.— FOUCAULT JOUE EN MÊME TEMPS LE ROLE DE CONSPIRATEUR ■T DB DÉNONCIATEUR.
1768. Le nouveau conseil formé jpar UUoa pour remplacer le conseil supérieur et auquel on fait allusion dans tous les documents où l'on se plaint de Tadministration dlJlloa, se composait de Loyola, commissaire de guerre, de don Antonio Estevan Gayarré, contador ou président de la cour des comptes, de don José Melchior d'Acosta, eonunandant le paquebot de Sa Majesté Catholique, le VolaïUf de Reggio, capitaine réformé d'infanterie, de Olivier de Vezin, grand voyer et arpenteur, de la Chaise, conseiller honoraire du conseil français, et Dreux, capitaine de milice.
L'adresse du conseil supérieur envoyée, le 22 novembre, au roi de France, était accompagnée de cette lettre de Foucault au ministre :
^'Monseigneur,
^Par ma lettre du '29 septembre 1766, j'ai eu l'honneur de vous informer de ce qu'avait produit dans l'es-
prit des habitants et antres domiciliés de catM cofe» 1766. nie, nne ordonnance cc^ieose que M. Ulloa avait fait rendre par M. Aubry, an nom du roi d'Espagne. D^ pois ce tempst M. Ulloa n'a cessé de donner i chaomi des sojets de mécontentement, et, en dernier lieu, il a para ici un décret de Sa Mi^^sté Catholique, coDoernant le commerce de la Louisiane, tout-à-fait oppoeé à ce qu'on espérait, fondé sur l'acte de cession.
''De tout cela, il est résulté d'abord, que les ^^rions ridies et ceux tant soit peu à leur aise prqjetaient de quitter la Louisiane avec leurs femmes, enfants, nègres et effets, aussitôt qu'il se présenterait des occasions, et que ceux, obligés de passer leur vie ici, parce qu'ils sont sans fortune, hors d'état de jeter les fonder ments d'un nouvel établissement et chiurgés de fa» mille, gémissaient de ce que leur sort ne leur permet* tait pas d'échapper à un joug aussi pesant que celui dont ils étaient menacés de la part des Espagnols, et ne vivaient que dans l'eqpoir d'être un jour sous un goo» vemement plus conforme à leurs mœurs et usages que n'est celui d'Espagne.
/«Je croyais donc voir, au premier jour, la colonie privée de ses meilleurs habitants. La réflexion a £ût changer ce plan. Le 24 octobre dernier, j'appris que tous les colons réunis faisaient des représentations adressées au conseil supérieur, tendantes à renvoyer de la colonie M. de Ulloa et les autres espagnols qui liy trouvaient, et qu'à cet effet, ils étaient résolus à se pré* senter en armes et à arborer le pavillon français. Aussitôt, j'en assemblai un grand nombre. Je leur dis q«e cette conduite me paraissait bien peu réfléchie, qu'il y avait à craindre qu'elle déplût aux deux rois de Fjranoe^ et d'Espagne et que les suites en fûssant funestes pour la colonie ; qu'ils trouveraient une voie plus douce et plus analogue au caractère français pour parvenir à leurs fins; que le conseil délibérerait, sur une mat«èi«
[CHAP. iOCV*
^''^* M0riiinp0itaate,8^UkfaUaH;qaeye8pénd8qifUM pMserait de leur part rien qui pAt troubler le repos et Im tranqmllitéy étant décidé à ne point tenir de conseil, éÛM pernstaient dans lenr résolution de paraître avec des armes et d'arborer pavillon français. Us me répondirent que,, excepté sept ou huit personnes, toute la eolonie.iiBiisait des VŒUX bien nncères pour l'éloignément de M. UUoa et des autres Espagnols, partieulièment contre M. de UUoa. Mais je me refusai i les écouter. Je me retirai avec des assurances de leur part, qu'ils se comporteraient de la manière la plus décente et la plus paisible et qu'il ne. serait nullement question de paviUon. Malgré ces assurances, je n'ai passé que dam la plus grande inquiétude le temps qui i^est écoulé du 24 octobre au 20, que le conseil a pro- Boneé définitivement Car, M. Aubry ayant fait espérer à M. de Ulloa qu'avec la garnison il le mettrait à l'abri de tout ce qu'on pourrait tenter contre lui, le reste des habitants des bords du fleuve, de dix-huit à vingt lieues, hÊaut et bas, s'étaient rendus à la capitale, le 28 , avec leurs armes, et on pouvait craindre que quelques coui» ne ftssent portés^ Le même jour, 28, ces représentations parvinrent au conseil, qui a rendu l'arrêt interlocutoire d«|t je joins ici copie.
^Mes soinsi et ceux de M. Âubiy, pendant cinq jours, ont calmé les esprits, et quoique, le 20, la troupe étant au Quartier, les habitants, commerçants dcc, au nom- \sn de mille environ, dans un emplacement situé à peu de distance de la maison que j'occupe et où se tenait le oenseil, fassent assemblés et à portée de prendre les ar* mes au premier signal, pendant que le conseil délibérait sur le sort de M. de Ulloa, qui, dès la veille, Vêtait retiré avec sa suite à bord de la firégate qui l'avait amené ici, tout s'est passé tranquillement, à cela près que le paviUon français a été arboré dans cet emplacement, et que cette cérémonie a été accompagnée de cris
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réitérés de vive le roi de France^ vive Lmm h Bimè- lfl6. Aimé.
**M. de Ulloa a satisfait à ce même arrêt Sa fté» gâte s'étant troavée hors d'état de partir dans on délai si court, parce qu'il fallait changer les mâts et la carèBe, il s'est embarqué pour la Havane^ avec sa suite, mni argent et ses effets, sur un navire français en préssBce des huissiers audienciers, qui en firent leur rapport au conseil. Il a i^pareillé de la Balise, la nuit du 16 au 17 du courant, emmenant avec lui l'officier, le sergent, le caporal et six fusiliers du détachement que M. Aubry lui avût donné pour le tranquilliser jusqu'à sa sc^e dm fleuve.
^M. Ulloa a donné ordre par écrit aux officiers d*a«U ministration du roi • d'Espagne qui sont ici, d'arrêter toutes les dépenses qui regardent la colonie, pour le compte de Sa Majesté Catholique, jusqu'au 81 octobve dernier inclusivement, à la réserve cependant de celkM des postes, qui seraient continuées jusqu'au jour où les comptables auraient reçu, de leur part, des ordres cob« formes à cet arrangement U leur a marqué aussi, qu'aussitôt son arrivée à la Havane, il enverrait ici de l'argent pour acquitter toutes les dépenses, ^joutant qu'ils pourraient prêter à M. Aubry les fonds qui leur resteraient, et dont il aurait besoin pour la solde de sa troupe seulement
^J'ai l'honneur de vous assurer. Monseigneur, saiw trop hasarder, que si M. de Ulloa avait su se conduira ici comme il convient à tout honune placé pour en gcior vemer d'autres, et surtout une nation dont le caractère et les mœurs diffèrent tant de ceux de la sienne, il aurait dissipé la crainte où l'on était avec raison de ne pouvoir jamais sympathiser avec les Espagnols, £ùt succéder à cette crainte et à l'aversion, l'harmonie et la bonne intelligence, et pu gouverner avec succès. La réception qu'on lui a faite, à lui et à sa dame, et rem|»res-
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I1i6. seoMiit aveo lequel on a toiyours tâché de mériter son estime, lai en étaient un sûr garant Mais quelle différesce I Sans avoir pris possession de la colonie, ni même commimiqué aucun des titres dont il disait être porteoTt il était fort dur et fort absolu, d'un accès extrêmement diiiciti^ fl^anrogeait tout, ne voulait entendre aucune représentation, témoignait sans le moindre ménagem«Dt une haine implacable pour le nom français et marquait tous les jours qu'il a passés ici par des traits d'inhumanité et de despotisme.
^M. Aubry, ayant été instruit de Tordre que M. Ulloa adonné aux officiers d'administration espagnole, m'a fait entendre qu'il se proposait un plan d'arrangement sur les dépenses qui seront à faire pour les besoins du service, et qu'il en conférerait avec moi, après le départ da bâtiment sur lequel partent les députés. U est fbrt embarrassé, et ne peut guère être autrement, oar les E^)agnols n'ont ici que sept à huit mille piastres, trois on quatre bateaux en fort mauvais état, et très peu de BMUiitions et de marchandises, dont ils ne s<mt pas disposés à se défaire, n'ayant aucun ordre de M. Ulloa à cet égard ; et avec cela, il est difficile de payer les ap« pointements et solde de la troupe, les appointements et gages des autres sujets qu'il faut conserver au service^ de suffire aux autres dépenses inévitables, et de fournir à la consommation de la capitale et des postes, jusqu'à laréceplion de vos ordres, Monseigneur. Mais je ne prendrai rien sur moi. Je ne puis remplir tons ces objets que sur des ordres par écrit, et avec ce qu'il me lÏMra délivrer. Il est assez f&cheux pour moi d'être obUgé de me charger de ce détail, dans une circonstance telle que celle-ci, pour que j'évite, autant qu'il sera en mon pouvoir, de tirer des lettres de change pour d'aotrès parties que celles qui ont rapport à l'arrangemeat des eomptes de cette colonie, ou de répandre aucune es* pôoe de papiers sur la pla^ Cependant je me ooncer-
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terai toigours très TolontierB avec M. Aubfy podw Fé- It68. «onomie et pour tout ce qui pourra tenir au bien .et à l'avantage de la couronne, pour- le servioe de laquelle nous exerçons.
^Tous les colons se flattent que, compatissant à leur triste situation, par un effet de la générosité de votre cœur, vous voudrez bien, Monseigneur, porter le foi à ne pas désapprouver leur démarche contre la donÛBation espagnole et appuyer auprès de Sa Mi^jeslé la très humble prière qu'ils lui font de reprendre îoeessamment cette colonie et de lui conserver son nom patriotique, ses lois et ses privilèges. Je prends la liberté de vous assurer, et je n'avance rien qui ne soit fondé, que si, contre leur espoir. Sa Majesté se refusait à leur accorder cette grâce, les Espagnols n'y trouveraient phis qil'un désert, n'y ayant que très peu de personnes qui, dltns ce^cas, n'aient pas pris le parti irrévocable d'abandonner leurs biens-fonds et de se retirer avec tous leurs nègres et effets, les uns dans des colonies françaises, les autres chez les Anglais qui, sans se rebuter de leur reftis, leur font toiqours les plus belles promesses pour les engager à aller augmenter leurs établissements, qui ne sont éloignés des nôtres que d'une portée de mousquet, à trente milles de la capitale tout au plus. II è5t aisé de comprendre qu'ensuite cette nation n'aurait ici aucun /obstacle à surmonter pour l'exécution de sél projets ambitieux sur le Mexique, ni de la part dee Français, ni de celle des sauvages, qui se font un mérite de détester tous les Espagnols et qui, sans notre médiation en plusieurs rencontres^ depuis les premières années de la fondation de cette colonie, les auraient extrêmement resserrés dans leurs possessions de cette partie du continent, fec."
Trois jours plus tard, le 25 novembre, M. Aubry écrivait de son côté, au ministre :
•*Je vous mipplie, Monseigneur, de daigner jeter les
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17B8. yeux sur rme lettre qne j'ai eu llioiineDr de vous écrire en date du 80 mars 1767, Vous y verrez que j'y presseataift presque ce malheur dans trois endroits différents. Je vous ai fait connaître que M. de UUoa n'était peint convenable pofir gouverner ce pays, malgré son esprit, ses talents» ses connaissances et sa réputation dans toutes les académies de l'Europe, malgré qu'il soit rempli d'honneur, de probité, et de zèle pour le service de son^prinee. Il n'a point les qualités requises pour commaiider des Français. Au lieu de ehercher à gagner les eœurs, ce qui est absolument nécessaire dans* un diangement de gouvernement, il a fait tout ce qui convenait pour se les aliéner. Il a paru mépriser les premiers du pays et surtout Messieurs du conseil. Par ses propos indiscrets, il a fait appréhender la domination espagnole et donné à penser qu'il n'aimait point notre nation, faisant des menaces et annonçant un despotisme afireux pour l'avenir. Il a effrayé tout le monde, et par une conduite aussi déplacée et surprenante dans oa homme qui a autant d'esprit, il n'a pas peu contribué à s'attirer cette tempête, sur lui et sur sa nation.
**Par une autre lettre, du 4 avril 1768, j'ai eu l'honneur de vous informer de l'état déplorable et de la misère affreuse . à laquelle était réduite cette colonie. L'in«décision du sort des papiers français, la lenteur avec laquelle on acquitte les dettes de Sa Msgesté Catholique, qui s'est chargée de la dépense de ce pays, la privation de tout numéraire, l'insolvabilité des trois quarts de ceux qui doivent, la diminution des terres, nègres, et généralement tous les biens réduits à plus de deux tiers de perte, le regret de passer sous une domination étrangère où on craint d'être toujours malheureux, le peu de talent que le gouverneur a eu de se concilier le cœur et l'estime des habitants, la nouvelle d'un décret rendu par Sa Majesté Catholique, qui prive le pays du commerce des iles et de la France, tous ces motifs, réunis à
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Textréme misère qni règne ici depuis long-temps, et qui 1768. ne fait qu'augmenter tous les jours, ont enfin poussé le peuple au désespoir et occasionné cette fatale réyolution, qui ne serait jamais arrivée, si j'avais eu seulement trois cents soldats rassemblés. , .
n serait peut4tre dangereux, à cette heure, de faire trop sentir aux coupables la grandeur de leur faute et les rigoureux châtiments aux quels ils s'exposent^ vu le voisinage de l'Anglais. Il serait à craindre que, par désespoir, ils ne fissent encore pis.
^'A la tète d'une colonie bouleversée par la dernière révolution qui vient d'y arriver, et au milieu de tout un peuple qui, après s'être regardé comme espagnol pendant trois ans, maudit atyourd'hui cette nation et veut rester français, à l'exception de Messieurs les officiers, dont j'ai beaucoup à me louer, d'une poignée de vieux soldats qui me sont fidèles, et d'un petit nombre d'honnêtes gens qui se réunissent à moi, tout le reste de la colonie, depuis le premier jusqu'au dernier, veut rester français."
Par une autre dépêche de la même date, Aubry an- B<mçait que les Anglais avaient évacué, en septembre, les postes des Natchez et d'Iberville, d'après les ordre» du général Gage, et qu'ils avaient établi leur quartiergénéral à Saint-Augustin, ne laissant que cinquante hommes à Pensacola et vingt-cinq à la Mobile. Aubry pensait que les Anglais cherchaient à concentrer leurs forces, par suite de certains mouvements qui se faisaient dans la Nouvelle -Angleterre, où déjà fermentait le levain de cette révolution qui devait faire perdre aux Anglais leurs plus belles colonies. Il terminait sa dépêche en disant :
^Je n'attendais plus que l'arrivée des troupes espagnoles pour livrer le pays et aller en France rendre
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17G8. cottipte dé ma condnite, lorsqtftme révolte générale do toas leB habitants dn pays, contre le gonvemeur et sa nation, laquelle a éclaté tout d'un coup, le 28 et le 29 octobre, et à laquelle il ne m'a pas été possible de m'opposer, est venue renverser en un moment Fouvrage de quatre années, r" toutes les dispositions que j'avais prises pour l'avantsige de la couronne d'Espagre. Une requête audacieuse, outrageante à la nation espagnole, et rebelle aux ordres du roi, signée par mx cents habitants et négociants, a été présentée à M. Foucault pour demander un conseil, afin d'expulser M. UUoa et les Espagnols de la colonie. Le 29 octobre, jour du conseil, il s'*^^ trouvé, tant de la ville que de la campaghe, près eP^euf cents honunes armés, tous les officier» de milice ¥ leur tête, avec un pavillon blanc qu'ils ont arboré sur une place, criant tous : Vive la France ! paraissant même disposés à faire main basse sûr les Espagnols, en cas de refus. Voyant qu'on ne reconnaissait plus l'autorité, j'ai engagé M. de Ulloa à se retirer à bord de la frégate. &c.
* **Les habitants envoient, comme leur député, M. de St.-Lette. Ils voulaient envoyer M. de Bienville, -enseigne de vaisseau et créole de la Louisiane, meds celuici a refusé, ayant jugé cette mission incompatible avec son état, et il est parti pour France par la même occasion que les autres députés. "
Ce Bienville, dont il est ici fait mention, était neven de l'ancien gouverneur, fondateur de la Nouvelle-Orléans.
Ainsi la révolution était accomplie. Une population qui pouvait à peine mettre dix-huit cents hommes sous les armes, et qui avait dans son sein plusieurs milliers de noirs qu'il fallait contenir, jetait le gant à toute ht monarchie espagnole, et bravait un peuple puissant qui n'avait jamais passé pour disposé à pratiquer l'oabli des iryures, surtout lorsque sa fierté était blessée. Qtinnt à
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la France» il était évident qu'on ne pouvait compter sur 1768. son appui, puisque c'était son état de faiblesse qui l'a-» vait forcée à renoncer à cette colonie, et à l'offrir' au nu d'Espagne, qui ne s^en souciait guère. IKaiUeurs, \mt% ménae que la France aurait été assez frarte pour soutenir les colons, comment aurait^elle pu ani^ler le don qu'elle avait fieqt à l'Espagne, sans l'indemniser de toutes ses àA* penses dsms la colonie, et sans punir les auteurs 4o l'o«trage auquel elle avait elle-même exposé une alliée, qtd n'avait voulu que lui rendre service en acceptant la Louisiane, n est donc difficile de comprendre l'aveuglement et la témérité des colons, car il n'était que trop aisé de deviner la suite inévitable de cette révolution.
Déjà les trois officiers espagnols, Messi» ^rs Loyola» Gayarré et Navarro, que le conseil supérieur^avait ren* dus garants personnellement des bons qu'ils avaient émis au ncxn du roi d'Espagne, et qui étaient restés dans la colonie pour suivre leur comptabilité et pourvoir aux besoins des quelques soldats efspagno]& qui s'y trouvaient, avaient {protesté contre un décret qu'ils traitaient d'attentatoire à la majesté souveraine représentée par eux, chacun en sa capacité respective. Aussitôt aparè» le départ de leur chef, ils déclarèrent qu'étant ^ipay» révolté, ils étaient en pays ennemi, et se considéraient par conséquent comme prisonniers. Dès lors, ils ne s<v* tîjrmt plus que sans épée.
Sur ces entrefaîtes, UUoa, étant arrivé à la Havane^ éfflrivait, le 4 décembre, au marquis de Grimaldi, miaiiM tre en Bqpagne :
^Le bruit s'étant répandu, le 28 octobre, que les sou* levés se proposaient d'attaquer ma maison pendant la mfldt, et d'en enlever tous les effets de valeur qui s'y trouveraient, en me donnant un reçu pour m'en faire rembourser par les trésoriers de Sa Majesté, ainsi que les rebelles le pratiquent dans les séditions, et la nouvelle m'étant venue pareillement qu'ils étaient détermi-