NOYAN
^'U fat prouvé contre lui qu'il avait soulevé les Aca* diens, que c'était lui qui avait fait faire sar son habitation, par François Verret, la hampe à la quelle devait s'arborer le pavillon français, lors du soulèvement. Le soir qui précéda le jour où éclata le soulèvement, il se tint à la porte des Tchoupitoulas pour attendre les Âcadiens, et, à leur arrivée, il les conduisit chez M. Desiller, oà il les logea et leur procura des vivres, et même des armes; enfin il prit i la conspiration une part ausû grande qu'aucun des autres coiyurés.
MARauis.
^11 remplit les fonctions de commandant-général des séditieux, qui avaient pris les armes malgré la défense expresse de Charles Aubry. Il entra avec plusieurs autres dans le conseil pour apprendre ce qui serait arrêté, et il en sortit ensuite pour en faire part aux séditieux. Il engagea^ les conseillers à passer par l'endroit où les rebelles étaient sous les armes et où le pavillon français était arboré, et, au moment où ils passèrent, il les te* mercia par un discours qu'il leur adressa. Non content d'avoir contribué à l'expulsion d'Ulloa, ce fut lui qui s^embarqua avec un grand nombre de séditieux, pour le chasser entièrement de la rivière, et de l'ile royale catholique où il s'était arrêté. Il ne revint sur ses pas qu'après avoir fait dix-huit lieues, et qu'après avoir appris qu'Ulloa était en mer. Il fut aussi un des plus ardents à solliciter le renvoi de la frégate espagnole, parce qu'elle représentait, sur la rivière, Vodieuse domination espagnole ; il avait formé le projet d'établir une république à la Louisiane, qui serait gouvernée par un conseil de quarante membres et par un protecteur, élus par le peuple. Ce fut encore lui qui, lorsqu'on apprit l'arrivée d'Oreilly à la Balise, mjit la cocarde blanche,
33Ï* [ÇHAP. XXVIl.-
1769. en signe de résistance, et engagea plusieurs autres à en faire de même et à adopter ce signe de ralliement qu'il établissait pour les rebelles.
''U est prouvé par le résultat du procès-verbai» et par la .déclaration même de Marquis, qull s'est rendu con^ pable de tous ces crimes, et on peut dire avec vént4 qae c'est lui qui a commis Finjure la plus atroce enveni les deux souverains, l'état, le gouvernement et le pea« pie espagnols, et que la distinction dont il jouissait, et sa qualité d'étranger, par rapport à la France et àl'Ei8«« pagne, lui avaient fiait naître l'idée fténétiqiie de liberté et d'indépendance, et oelle d^tabUr éans la colonie ua gouvernement républicain, tel que celui de sa patrie, (la Suisse)
Caresse.
**I1 était l'autevr, conjointement avec Lafténiére, do Mémoire adressé au conseil au nom des habitants et né* goeiants de la Louisiane. Ce fuft lui epii se présenta, aveo me troupe de séditieux à la porte du coiMeil,* p<mr em« pécher que les conseillers ne sortissent avant de prendra une résolution favorable ^. la prétention desTebelks. finfi», ce fut lui qui fiit toujours à la tête des principales ofiérations. Il fut l'un de ceux qui, poor subvenir aux be* soins de la ccdonie, qui allait manquer de numéraire, for» mèrent le projet d'une banque, sous le titre de Mont-de* Piété. Annexée aux pièces du procès, se trouve une lettre qu'il écrivit à Lafrénière, le comblant d'éloge» sur tout oe qu'il avait fait pour la conspiration, et lui disant: Nout espérons v&ir renaître en vous à la Louisiane fonh Éeûr de Rome et M. de MaupeoUy pour le maitUien du ànfits ée la natioru Les rebelles le choietrènt pour l'un de leucs syndics.
Joseph Milhet.
, ^11 flit Tua de ceux qui s'employèrent le plus aetive**
CMAF. XXVIX.]'
; à faire aigher la représentotUm qui éocsÉioÉBa le 1769.
décret d'expulsion, lancé contre UUoa, et il alla à son en maison «oUiciter ohaoïm de donner oe qu'il pou- Tait pour subvenir aux dépenses de la conspiration. L« jour du sottlèyement, il se prétenta comme offieier Stmm compagnie de milice qui avait pris les armes pour amob^. tenir la rébellion^ etf le jour raivant, il était destin^ avec d'amies cmijaréBy i s'embarquer sur deux bateaipL pour aller à la suite de don Antonio de UUoa» et prencbre de* forée le fort de la Balise. Il est ausn prouvé que c'esi dans sa maison que les conjurés avaient fut leur dépôt d'armes, et qu'il s'associa à tous les autres actes de la conspiration.
Jean Milhet.
^Parmi les trente-six témoins qui fur6nt entendus, il en est plasieors qui ne s'aceordent pas sur les faitsc et gestes de Jean Milhet, frère de Joseph ( ce qu'il y a de plus clairement prouvé contre lui, c'est que, le jour du soulèvement, il prit les armes avec la compagnie de milice dont il était lieutenant.
PmpiT.
••n flit prouvé qu'il avait participé à tout ce qu'avaient fait les conjurés, qu'il avait beaucoup déclamé contre les Espagnols, et que plusieurs jours avant le soulèvement il avait dit : Qu'avant peu on sei^ait débarrassé de eedùAle d^Ulloa^ parce qu'il avait déjà pris les mesures nécessaires pour le faire en aller. Le jour du soulève* ment, dit le procureur fiscal, il se présenta parmi les rebelles, avec ses armes, donnant des ordres, voulant paraître jouer un des principaux rôles, jusque-là qu'il eut l'insolence de détacher de ses mains le navire sur lequel on expulsa don Antonio de Ulloa, parce qu'il s'impatientait de la lenteur que les matelots mettaient dans cette manœuvre ; pour lesquels faits, plus que suffisants.
340 [CHAF. XXTIi.
l<7^^ il a été réputé on des prineipaux compilées de la piration.'*
^n fut aussi prouvé que lors de TarriTée d'Oreilly à la Balise» Petit avait dit, en apprenant cette nowelle: QfÊ^û fallait sortir four cembattre les Espagnols^ et faire smUer la cervelle à celui qui ne suivrait pas ce partir
Le iNK>eureur fiscal commente avec une sévérité, nos exempte d'une certaine causticité, sur les faits et gestes et même sur la personne de Petit ''Voila, dit-il, les délits les plus atroces qu'ait pu commettre un personnage d'une trempe aussi faible que celle de JosejA Petit. Malgré son emportement et sa fureur, il ne loi était réellement pas possible d'en faire . davantage. Ainsi, en ne considérant que ce qu'il a fait, il n'y a aucun lieu de douter qu'il n'ait été un des plus opiniâtres conjurés, et-qu'il n'eût participé à d'autres délits encore plus graves, si sa capacité et la oontextnre de sa personne lui eussent laissé les moyens de l'exéeution."
POUPET.
'^n fut nommé trésorier des rebelles, et accepta cette charge. En cette capacité il fournit les deniers qu'exigeait la conspiration, et c'est lui qui a payé à Braud l'impression du fameux Mémoire. Enfin* il prit les armes avec les révoltés, et tint des assemblées séditieuses dans samaison.
Hardt db Boisblanc.
^'U ftit un des conseillers surnuméraires nommés par Lafrénière et Foucault, et fut l'un de ceux qui soutint le plus vigoureusement dans le conseil la requête qui demandait l'expulsion du gouverneur espagnoL II fit aussi de grands efiTorts pour contraindre le départ de la frégate espagnole. "