DORE
LE SHERB:
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1767. au commissaire ordonnateur, tout l'argent dont il pouvait avoir besoin pour suppléer au discrédit de l’ancien papier du gouvernement français. On voit que non seulement Foucault acceptait cette offre, mais encore ne l’acceptait que parce que le gouverneur espagne! s’engageait à prendre pour son compte toutes les dépenses de la colonie depuis son arrivée. M. Foucault admettait donc que la colonie, quoiqu'il n’y eut pas de prise de possession officielle, était devenue espagnole, et que M. Ulloa svait un titre suffisant pour en assumer tous les frais d'administration. D’après cela; on ne comprend pas comment Foucault se crût par la suite autorisé à refuser à Ulloa le droit de s’immiscer dansune administration dont il payait toutes les dépenses, et comment il put se joindre à cet qui crûrent pouvoir légitimement chasser Ulloa d’une province: reconnue espagnole par les principales autorités françaises à la Louisiane et surtout par la France elle-même. Car des ports de ce royaume il ne s’expédiait pas un seul navire français pour la Louisiane, sans un passeport espagnol. Ce fait seul était concluant et devait convaincre les colons, autant qu'une prise formelle de possession, que la colonie avait réellement cessé d’être française,
Le 30 niers il -Fement informait le ministre que, grâce à l’argent prêté par Ulloa, il avait fait rentrer une quantité considérable du vieux papier déprécié, émis par le gouvernernent. En date du même jour, M. Aubry écrivait aussi : il abiiinl
#J'attends avec le plus grand empressement" la troupe espagnole destinée à servir dans cette colonie. Je me flaitte qu’au moment de son arrivée, la prise de possession se fera et qu’il n’y aura plus alors aucun motif pour la retarder. Depuis un an que M. le gouverneur espagnol est ici, je me suis toujours concerté avec lui, dans tout ce qui regarde l’avantage et le bien du service de
Sa Majesté Catholique ; je lui ai donné toutes les con- 1767. naissances que je pouvais avoir de la Louisiane. Je l'ai accompagné dans tous ses voyages, et, quoique je pense différemment que lui sur plusieurs ebjets concer nant le gouvernement de cette colonie, je tâche autant qu’il est possible de eonformer mes idées aux siennes, et de le prévenir dans tout ce qui peut lui faire plaisir. Ma position est très embarrassante. Je suis obligé d’avoir de grands ménagements avec les Espagnols, Français, Anglais et Sauvages qui se trou ent ici, et ne peuvent guère s’accorder. Je tâche de faire régner l'union et la concorde entre tout le monde, mais c’est un grand ouvrage. Depuis le matin jusqu’au soir; j'ai affaire à toutes sortes de nations, dont les intérêts et les caractères sont très différents. . Ce qui me surcharge d’occupations.
“M. de Ulloa est depaié sept mois à la Balise, occupé à établir un nouveau poste et à attendre des nouvelles. J'y ai resté quelque temps avec lui, maïs comme j'ai vu que rien ne finissait, et que ma présence était nécessaire à la ville, j'y suis remonté, attendu que les:habitants témoignent bien du regret de ne plus appartenir à la France. Je ne cesse’ de leur persuader qu’ils seront aussi heureux sous la domination espagnole que sous la domination française, et qu’ils jouiront des mêmes privilèges et avantages sous le roi d'Espagne, comme sous le roi de France. Je ne cesse aussi depuis deux ans d’inspirer les mêmes sentiments aux Sauvages, qui regrettent beaucoup leur ancien père et sont très fâchés de cette révolution.
“Le gouverneur que Sa Majesté Catholique a né est un homme rempli de mérite, de connaissances et de ns talents, mais contre l’usage de sa nation, il est extrêrne- :