‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 92 · CS · texte numérisé non relu

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l'ancienne passe, beaucoup plus sûre et plus profonde. Il obligea les bâtiments de passer par celle qui était à la portée de pistolet de son établissement. Plusieurs bâtiments ont essuyé de grandes pertes et de considérables avaries ; les accidents réitérés firent cesser son établissement, et l’ancienne passe fut permise.

“Trois familles acadiennes, dont les chefs étaient deux frères et uñ Cousin, tous trois nommés Braud, arrivérent dans la colonie à leurs frais. Ils supplièrent pour avoir la permission d'acheter une terre auprès de leurs parents et amis, dans le haut du fleuve. Les cris de leurs enfants, l’état critique d’une femme prète à accoucher, les représentations des hommes irritèrent M. Ulloa. Il leur défendit de rester dans la colonie, et il les fit embarquer dans un bâtiment anglais qui partait pour la Nouvelle Angleterre. Ils furent protégés par des étrangers qui favorisèrent leur évasion. L’un a été jusqu’à ce jour chez les Anglais à Manchac, et le troisième s’est soumis à aller à l'établissement que M. Ulloa a fait vis-à-vis des Natchez. Vingt famillesse sont rendues à cet établissement. Le terrain noyé, par devant, par les eaux du fleuve, par derrière par celle des lacs, les a obligés à des représentations. M. Ullou a ordonné des otages qui sont dans le fort espagnol et qui répondent des autres Acadiens. Les Acadiens, jouets des mers et des évènements, qui ont refusé tous les avantages offerts par les Anglais, pour recourir à vous, Sire, le meilleur des rois, et observer leur religion, se trouvaient si malheureux et si vexés, que la plus grande partie était décidée à passer sur les terres anglaises, où on leur promettait des prêtres. Depuis le départ de M. Ulloa, la famille acadienne établie chez les Anglais, demanda une terre pour redevenir sujette de Votre Majesté. Des faits multipliés et notoires de sordide avarice et non admissibles à M. Ulloa, pourvu de quarante mille livres d’appointements, ne doivent pas être insérés dans

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les très humbles représentations de votre conseil supérieur. Le détail des sociétés de M. et de Mme. Ulloa, quoique très extraordinaires, serait déplacé ici. Mais, Sire, quelle nouvelle infraction aux articles six et trentehuit de votre édit connu sous le titre de Code Noir, du mois de mars 1724, enrégistré, publié et affiché dans cette colonie ! M. Ulloa a fait marier dans sa imaison un Espagnol avec une négresse, sa domestique, et a accordé la protection la plus ouverte aux nègres non mutilés, sur leurs simples plaintes, et sans avoir jamais entendu les maîtres. Quel bouleversement funeste ! Vos sujets étaient menacés de l'esclavage, et leurs nègres acquéraient des dégrés d'hommes libres.

“Votre Majesté a été informée depuis long-temps du caractère dûr et tyrannique de M. Ulloa. Messieurs de la Condamine ct Manuel Edmas, vice roi du Pérou, l'ont connu avant, Sire, que vos sujets de la Louisiane, ses victimes, aient été forcés de s’en plaindre. Les principes politiques sur le devoir des hommes qui sont honorés du titre de commander, pourront-ils s’accorder avec la conduite de M. Ulloa, nommé par Sa Majesté Catholique pour venir prendre possession d’une colonie habitée par des sujets de Votre Majesté ! Il se hâta de caractériser son antipathie, en demandant à la Havane une nourrice, pour que son enfant ne pût sucer aucune goutte de sang français! Quels pernicieux principes ! Quelles barbares dispositions !

“Les négociants furent renvoyés au sieur Maxent comme à l'organe de M. Ulloa et à l’oracle du commerce.

“L'aabitant, pas mieux accueilli, vivait reclus sur ses terres, occupé de ses sillons. Il désirait un avenir heureux, tremblait, et gémissait sur celui dont il était menacé.

“L’émigration parut le seul moyen, aux habitants les plus aisés, pour se soustraire au joug projeté. Tout-à-

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