‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 43 sur 92 · LIT MES · texte numérisé non relu

LIT MES

Pi

240 [CtiAP, xxv.

nés à faire la même chose à la trésorerie du roi, où ils comptaient trouver un capital de plus de cent mille piastres, et au paquebot de Sa Majesté, le Volant, où ils s'imaginaient aussi qu’il y avait de l'argent, et enfin qu’ils avaient intention de s'emparer des papiers du gouvernement, et principalement de ceux de ma correspondance avec votre excellence, je me suis rendu à bord du paquebot, où j'ai porté avec moi tous ces papiers, afin de les mettre en sûreté et à l’abri de tout danger.

“Dès le 27, voyant l’état où se trouvaient les affaires, j'avais pris les mesures que les circonstances m’avaient permises pour mettre ce paquebot en état de défense, et pour empêcher que le pavillon du roi ne fût insulté, et il n'avait été fait aucure tentative de cette nature, le ler. novembre, jour auquel je m£ suis embarqué avec toute ma maison sur un vaisseau français pour me rendre à la Havane, conformément à la sommation qui m'avait été faite.

“Je suis sorti, le 16 novembre, de la barre de la rivière, et je suis arrivé hier à la Havane, après une navigation très pénible, occasionnée par un départ si précipité et qui ne m’a point laissé le temps de pourvoir à la moindre chose.

“J'ai communiqué succinctement au gouverneur de cette place ce qui venait d’arriver, et, dès le même soir, il s’est tenu un conseil sur ce qu’il y avait à faire pour secourir les troupes espagnoles et françaises restées à la Louisiane. Mais il a été impossible de prendre aucune détermination à cause de beaucoup de difficultés qui se sont présentées. On tiendra après demain un autre coggeil pour voir quel tempérament on pourrait prendre, et pour choisir le plus conforme aux vues de Sa Majesté. Ce conseil était composé du gouverneur, du marquis de Rubi, maréchal-de-camp, et de Michel de Altariva, intendant de l’armée.

“Mon avis était que je devais continuer ma route pour

Haires, vaient nse, et lité, et re, le é avec ne renon qui

rivière, 1avigarécipité ir à la

‘eur de ne Soir, e pour estées à dre auficultés ain un Jourrait rues de rerneur, ichel de

ite pour

l'Espagne, par le premier vaisseau qui ferait voile de ce 1768.

port, non-seulement pour rendre à votre excellence un compte détaillé de tout ce qui s’est passé et pour satisfaire en même temps aux doutes ou aux difficultés qui vourraient s'élever, mais aussi pour fournir à votre excellence les connaissances nécessaires âu succès des vues que Sa Majesté pourrait avoir, soit relativement aux principaux chefs de la rébellion, soit sur d’autres points, car je sais que, dans des cas semblables, il est très important de bien connaître la nature des moyens que l’on peut se résoudre à employer, ainsi que le temps et les circonstances où ils doivent être mis en œuvre; mais ces Messieurs ont été d’un sentiment contraire, et il leur a paru qu’il était plus prudent que j'attendisse ici les ordres de Sa Majesté, afin d'exécuter ce qu’il lui plairait de décider dans cette affaire, ajoutant que l’intervalle de quatre à cinq mois, qui est nécessaire pour recevoir les ordres de Sa Majesté, ne ferait rien perdre au bien du service.”

“Je me suis donc conformé à leur avis, quoiqu’avec répugnance, considérant que j'aurais gagné beaucoup de temps, si j’eusse suivi mon premier mouvement, puisqu’il m'aurait été aussi aisé de me rendre en Espagne que d’y envoyer une lettre. ”

Peu après, Ulloa envoyait au ministre la relation suivante de ce qui s’était passé à la Louisiane :

“Rappelez-vous, disait-il, ce que je vous ai écrit en mars 1766, peu de temps après mon arrivée à la Nouvelie-Orléons, relativement au caractère des habitants. Ce que je vous écrivis à ce sujet était fondé sur les premières informations que m’avait données le gouverneur Aubry, et sur une lettre que je reçus de M. de Kerlerec,

où il me faisait en abrégé le tableau de la colonie, et me

plaignait beaucoup d’être venu dans un semblable pays, et enfin sur ce que j'avais éprouvé moi-même depuis le peu de jours que j'étais arrivé, et sur la liberté qu’a-

IRIHIAR So ee y

LT. paie

pa

242 Lonar, xxv.

vaient prise les marchands, tant de Ja ville qu'étrangers, de me présenter une espèce de manifeste contenant différents articles, sur chacun des quels ils me demandaient une décision, pour qu’ils eussent à prendre des mesures en conséquence. J’envoyai à votre excellence copie du Mémoire, pour qu’elle connût la hardiesse des gens avec les quels elle avait à traiter, qui ne prétendaient rien moins que capituler avec leur propre souverain, et dont les expressions, loin d’être respectueuses et suppliantes, avaient le ton impérieux et insolent de la menace.

“Environ trois mois avant l'évènement, on sut que M. de Bienville, frère de Noyan, et M. Masan, le fils, étaient passés secrètement à Pensacola, par un canal de l'habitation de ce dernier, qui va se rendre au lac Borgne, sans savoir d’ailleurs quel était l’objet de ce voyage.

“A peu près dans le même temps, un Français, étranger dans la colonie, qui était venu prendre possession de certains biens, appartenant à des mineurs ses neveux, alors en France, outré d’une sentence que’ le conseil avait rendue contre lui, et que Lafrénière avait dictée, et de ce que je ne pouvais lui faire rendre la justice qu’il croyait mériter, me dit d’un ton assuré qu’ilsavait qu’il y avait des traîtres dans la ville, et que ces traîtres étaient des personnes chargées de la conduite des affaires les plus importantes, me donnant à entendre que c'étaient les individus qui, aujourd’hui, figurent en tête du soulèvement.

“Lorsque le soulèvement a commencé à se manifester, les personnes qui n’y trempaient point, et dont le nombre est assez çpnsidérable, ont hautement publié quel avait été le motif du voyage de Bienville et de Masan, à Pensacola, et les conjurés eux-mêmes n’ont point fait de difficultés de dire qu’on avait été implorer le secours du gouverneur-général anglais, et le prier d'envoyer des troupes pour soutenir les rebelles, ce qui devait s’exé-

ers, diflent 1res du.

vec rien dont ntes,

que

fils, al de lac le ce

trann de eux, nseil ictée, ustice avait aîtres es afe que 1 tête

fester, ombre avait \ Pende difrs du er des s'exé-

Page 1