‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 92 · I. Foubitants · texte numérisé non relu

I. Foubitants

retrouet cette de déler aux

que cet w’il emirer les et votre vins dès

excellenetté, au tes qu'il

es autres a même

onie Trcs-

cuAr. XXV.| 247

tât à la France, que ce fût Lafrénière qui dirigeât le conseil à son gré, au moyen de quoi il saurait faire perdre ses créanciers et empêcher qu'ils ne ruinent ceux qui doivent, comme il arriverait si on les obligeait à payer. Lafrénière s'était promis qu'après la chûte des Espagnols, il ferait avec sa famille de gros fonds, avec lesquels il se retirerait en France. Foucault avait pour objet que le commerce de France püût toujours se soutenir, afin qu’il pût rester dans la colonie avec la charge de conseiller et de commissaire, ainsi que j'en ai informé votre excellence. Ne pouvant réussir dans leurs vues, ils ont tout soulevé.

“Ce n’est pas la première fois que les maximes séditieuses de Lafrénière ont causé des troubles. Si M. de Kerlerec, du temps de son gouvernement, a dissimulé les intrigues et les menées dont cet esprit”turbulent agitait alors le pays, c’est qu’il était obligé de soutenir en même temps et cette guerre intestine et une guerre ouverte contre les Anglais, de façon qu’il n’était pas en état de prendre des mesures efficaces contre ces désordres.

“M. d’Abbadie, successeur de ce dernier, a eu tant de désagréments, qu’il en a porté plusieurs*fois ses plaintes à la cour de France, lui représentant les risques que la colonie courait par la folle ambition d’un sujet, qui prétendait réunir dans sa personne tout le pouvoir du gouvernement, et il fit de fortes instances pour qu’on lui re-

tirât la charge de procureur général, qui ne lui avait été

donnée que pour un temps limité. Si la cour de France n’y a pas eu égard, c’est que la cession étant faite, on laissait à l'Espagne le soin de faire les réformes, &c, &c.”

L’expulsion d'Ulloa, n’avait pas satisfait les colons, et, le 14 décembre, ils présentèrent une autre requête au conseil pour l’expulsion de la frégate Espagnole. Elle était conçue en ces termes :

Ininite

LADA Er

io le

248 Lonar. xxv.

Requête au Conseil Supérieur sur l'expulsion de la frégate Espagnole.

“M. Marquis, ancien commandant de la quatrième compagnie suisse, le chevalier de la Ronde, lieutenant réformé d'infanterie, le Breton, ancien mousquetaire de la garde du roi, syndics des habitants et colons de cette colonie, Messieurs Caresse et Braquier, syndics du commerce en cette ville, exposent que cette frégate qui servit de charte aux citoyéns vexés par M. Ulloa, de re. fuge aux esclaves révoltés contre leurs maîtres et d’écueil évident à la liberté expirante de leur navigation, que cette frégate, disent les demandeurs, fait encore voltiger sa flamme dans ce port et semble commander à la rade ; que les postes de Manchac, des Natchez et des Illinois sont encore occupés par des garnisons et des commandants Espagnols, que les officiers de Sa Majesté Catholique ne se disposent pas plus à partir que si le pays était de son obédience, et qu’il n’y a jusqu’à présent aucun changement apparent dans la perspective effrayante de cette domination éiangère, quia fait naître chez les citoyens de si vives inquiétudes ; que, quant à la frégaée espagnole; il n’est pas étonnant que sa demeure en cette rade cause un mécontentement général, attendu que le souvenir des vexations exercées par elle, conformément aux ordres de M. Ulloa, tant sur la liberté de la navigatiou que sur celle des citoyens, ne peut produire que lindignation. .

‘“Continuent les dits demandeurs à représenter que l'arrêt rendu par la cour, le 29 octobre dernier, en enjoignant à M. Ulloa de s’embarquer sous trois jours, soit dans la frégate, soit dans tel autre bâtiment qu’il jugerait à propos, enjoignait aussi implicitement aux officiers de la dite frégate de s’expédier sous peu de jours, et que sil a été accordé à M. Ulloa le choix du bâtiment pour

a frés

rième tenant ire de cette u comui serde reet d’éigation, encore ander hez et sons et s de Sa à partir y a jusla persre, quia les ; que, nant que ment géexercées loa, tant e des ci-

nter que , en enjoijours, soit qu’il juge- 1x officiers ars, et que nent pour

UILAP. XXV.] 249

s’en aller, ce n’est que parce que la cour avait présumé que la frégate avait besoin de quelques réparations pour tenir la mer avec sécurité ; que même un bruit confus s’est répandu que M. Ulloa lui-même, avant son départ, avait ordonné aux officiers de cette frégate de la réparer promptement, et de faire incessamment voile pour la Havane; qu’en effet, ils ont pris des ouvriers presque aussitôt, mais que leur travail a été conduit avec une excessive lenteur; que la carène de cette frégate est l'ouvrage de Pénélope, et que si l’on n’excitait leur diligence, on n’en verrait jamais la fin; qu’au rapport de tous les marins de cette rade, elle devrait ètre prête depuis long-temps, et qu’ils se feraient fort de l’expédier sous quinze jours. + . . . . . . . . . . +. . “Observent encore les dits demandeurs que cette lenteur ne produit rien qui tende à la tranquillité et à la satisfaction générale ; que, soumis et dévoués aux ordres qui émanent de Sa Majesté Très-Chrétienne, ils chérissent et révèrent tout ce qui porte ce caractère, mais qu'ils ont horreur de tout ce qui peut perpétuer à leurs yeux l’image de l'autorité et les traces de l’administration espagnole que M. Ulloa leur a présentée sous un appareil si menaçant, bien secondé d’ailleurs, en ses vexations, par tous ceux auxquels il avait départi la moindre parcelle de l'autorité qu’il aflectait ; qu’ils viennent encore de recevoir de tristes nouvelles touchant ceux qui ont participé à cette autorité illégale ; que les sieurs Rivard et Bérard. négociants, allant aux Illinois, se sont vus contraints de débarquer aux Arkansas, et de se rendre par terre, pour n’être plus témoins des propos injurieux qu’un certain Catalan, nommé Chouriac, envoyé par les Espagnols aux dits lieux des Illinois, comme garde-magasin et commissaire, tenait contre la nation française; que le sieur Piernas, capitaine des troupes espagnoles, allant aux Illinois pour en prendre le com-

FIN à

HILL Es à té éd

ii Ua

250 [crar. xxv.

mandement avec le dit Chouriac, ont rencontré, aux écores à Margot, une voiture qui descendait de ce lieu, qu’ils l'ont arrêtée, et en ont enlevé deux rameurs pour augmenter leur équipage, avec menace de faire jouer leur périer sur la voiture, et de faire amarrer les neuf hommes qui la conduisaient ; que, malgré le besoin qu’ils se faisaient les uns aux autres, ils ont tiré au sort pour décider ceux qui embsr'queraient dans le bateau espagnol, sans autre expertative que la crainte des mauvais traitements ; qu’aya’.’ voulu convenir de leur salaire, le dit Chouriac leur a dit qu’il fallait marcher pour le service du roi, sans autre information.

“Les demandeurs ajoutent que ce trait en rappelle un autre qui ne sert pas moins à démontrer l'évidence de la tyrannie que les officiers, sous les ordres de M. Ulloa, exerçait déjà ; qu’ils les rapportent tels qu’ils se sont passés, sans la moindre passion et sans fiel, et qu’ils désirent ardemment que la vérité toute nue, qui guide leur plume, puisse dessiller les yeux de quelques mauvais citoyens, si par malheur il en existe parmi eux, dont l'ame basse et vénale flotterait encore incertaine dans le choix de la liberté ou de l'esclavage ; que le sieur Chamard partit l’année dernière dans son bateau pour les Illinois ; qu'ayant touché aux Natchez, le sieur Piernas, commandant espagnol, s’adressant à un passager, lui demanda des vivres, dont il craignaït de manquer; que ce passager lui répondit qu’il était à même de s’en procurer, soit à la Pointe-Coupée, soit ailleurs, lui ajoutant que les bateaux qui s’expédiaient de la Nouvelle- Orléans pour les Illinois, loin d’être en état de pouvoir vendre leurs vivres, étaient eux-mêmes obligés d’en acheter dans tous les postes établis le long du fleuve ; que le sieur Piernas s'étant retiré, l'équipage du bateau crut en être quitte, et qu’on embarquait pour:pousser au large, lorsque, tout à coup, le sieur Piernas fit charger le canon pour tirer sur le bateau, s’il osait partir, et fit

PA

+ OO © ©, de 7°

Len pt = |

pelle lence

. Ul-

e sont ls dée leur uvais , dont > dans sieur 1 pour r Pierssager, nquer ; le s’en li ajouuvellepouvoir és d’en fleuve ; bateau 1sser au charger ir, et fit

sonner la cloche, (signal ordinaire dont il se servait pour faire prendre les armes), rassembla sa troupe, et ordonna à M. de Lavillebeuvre de se mettre à leur tête ; que cet officier, malgré sa répugnance, fut obligé d’obéir, et qu’il fallut livrer les vivres ; qu’il n’y a point de vexation plus complète ni de violence mieux circonstanciée ; qu’il faut donc qu’on les prenne pour des forçats; qu’enfin cette humeur altière et l’affectation tyrannique de ce soi-disant officier de Sa Majesté Catholique doit leur causer toute indignation.

“Continuent les dits demandeurs, en leurs dites qualités, de représenter que c’est à la cour à appliquer le remède au mal qu’ils font connaître, mais ils ne balancent point à dire que la continuation de ces vexations ferait de la colonie un désert.

“En conséquence, ils prient le conseil de solliciter de la justice de M. Aubry, qu’il engage le capitaine de la frégate espagnole, le Volant, à accélérer son départ dans l'intérêt de la tranquillité publique.”

Le conseil supérieur, sur les conclusions conformes du procureur-général, rendit un arrêt dans le sens de la requête.

Le 23 décembre, Aubry, dont l'esprit était assez éclairé et le jugement assez calme pour prévoir les suites funestes de ce qui s'était passé à la Louisiane, et dont par conséquent les inquiétudes ne faisaient que croître, communiquait au ministre ses réflexions sur la révolution dont il avait été témoin.

“Je me trouve, disait-il, dans la triste nécessité de parler, et de tout dire, malgré ma répugnance. Le conseil s’est mal comporté. Le procureur-général, Lafrénière, est un des principaux meneurs.

M. de Ulloa a commis plusieurs fautes, mais jamais de crimes, et, abstraction faite de son rang et de son caractère, ne méritait pas le traitement qu'on lui à fait subir,

TiiE.

2 AI RSS s cts mc ét

lé bi

25? [cuar, xxv.

“Il faut envoyer ici un bataillon et un nouveau conseil. L'un, pour renvoyer du pays dix à douze boutefeux qui y font la loi, et ont fait tout le mal; l’autre, pour administrer la justice, qui est presque méconnue.

“Si cette révolution n’occasionne aucun changement dans les arrangements qui ont été pris entre la France et l'Espagne, par rapport à cette colonie, ne serait-il pas convenable que les ordres de Sa Majesté arrivässent le plus tôt possible, annonçant la dernière et irrévocable volonté de Sa Majesté sur la cession à l'Espagne, promettant pardon et oubli, sauf pour un petit nombre de coupables qu’il faut absolument punir.

“Il est probable que les plus coupables se retireront chez les Anglais, en apprenant l’arrivée des troupes.

“]l serait bien à désirer que celui que Sa Majesté Catholiqne enverra pour prendre possession ait les qualités conveuables. Si M. Ulloa eut eu plus de douceur et de complaisance, il y a long-temps que le pays serait espagnol. Tout y serait tranquille, et nous n’en serions pas où nous en sommes. Je vous assure, monseigneur, que, sans moi, il y a plus de deux ans qu’on l'aurait renvoyé.

“Il serait à désirer que l’on laissât venir, pendant quelque temps, dans la colonie les vaisseaux de France et des îles. Ce serait le plus grand bienfait que Sa Majesté Catholique pourrait accorder aux habitants de la Louisiane.

“Si le pays reste à la France, les habitants en seraient comblés de joie ! Ils ont généralement le cœur français, et ce serait la plus agréable nouvelle qu’ils pourraient recevoir. Mais je suis certain présentement qu’ils aimeraient mieux presque tous passer sous la domination anglaise que d’être Espagnols, à moins que Sa Majesté Catholique ne voulût bien leur accorder quelques priviléges et avantages pour les engager à rester. La trop grande sévérité de M. Ulloa les a effrayés et ils

ance pas t le able prole de

eront ajesté quauceur serait erions ;neu’r, aurait

ndant ‘rance ue Sa ints de

2raient r franpourit qu’ils lomina- Sa Mauelques er. La s et ils

ES EUTE

cHAr, XXV.] 253

craignent d’être gouvernés despotiquement comme dans le Mexique.

“Avec un million par an, on pourrait entretenir ici pour la France une troupe suffisante pour faire marcher l’administration et pour faire les présents aux sauvages, et l'on conserverait une colonie qui nous est attachée et dont le commerce peut être fort avantageux.”

On voit par cette dépêche que le gouverneur français pensait qu’il y avait une douzaine de boute feux à punir dans la colonie, et que, par conséquent, il anticipait ainsi sur le jugement qui fut rendu plus tard par Oreilly.

En même temps que la dépêche d’Aubry, il en partit une autre de Foucault qui expliquait le rôle qu’il avait joué au conseil, lorsqu’il délibéra sur l'expulsion de la frégate Espagnole :

“Le 9 du courant, dit-il, les syndics des habitants, colons et commerçants de cette colonie me remirent une requête adressée par eux en cette qualité au conseil supérieur, tendante à ce que la frégate du roi d'Espagne, qui est amarrée au quai de cette ville, ensemble les offciers et autres personnes ayant titres et brevets de Sa Majesté Catholique, ou commissions de M. de Ullea, venus ici avec lui ou sur d’autres bâtiments espagnols, füssent contraints de s'éloigner de cette colonie dans le plus court délai. J'étais instruit des vexations qui ont donné lieu à cette demande, et elles étaient trop iniques pour*que je pûsse me dispenser de blâmer intérieurement les sieurs Piernas, capitaine dans les troupes espagnoles, commandant aux Natchez, (1) et Chouriac, envoyé par M. de Ulloa, comme garde magasin et commissaire aux Illinois: Mais je fus d’abord tenté de n’y

(1) Le nom de Natchez ne s’appliquait pas seulement à la rive gauche du fleuve sur laquelle la ville de Netchez est située, mais s’étendait aussi à la rive opposée. À l’époque dont il est ici question, on sait que cette partie de

‘la rive gauche était en possession des Arpinis

RSI IT 2

1 Wa A

ÉD à és de séler

Phi

254 Louar. xxv.

avoir aucun égard, attendu que le conseil ne pouvait y faire droit, sans s’écarter des bornes qu'il s'était prescrites par. son arrêt du 29 octobre dernier, de ne prononcer que contre M. Ulloa ; que renvoyer hors de la colonie les vaisseaux et les officiers que Sa Majesté Catholique y avait fait passer, ce serait se détacher de l’obéissance due aux volontés de notre souverain, convenant mieux, selon moi, d'interdire l’autorité à ceux de ces officiers qui en feraient un usage abusif et d’en rendre compte, &e. &e.

“Pour bien des raisons, j'ai été obligé de convoquer le conseil pour le lendemain. Il a rendu un arrêt interlocutoire portant qu'il serait informé juridiquement des faits imputés aux sieurs Piernas et Chouriac, pour sur le tout rapporté être ordonné ce que de droit.

“Le 14, le conseil s'étant assemblé de nouveau sur le rapport du cahier d'informations contenant les dépositions de quatre témoins, jy ai donné mon avis par écrit, où sont déduites les autres raisons que j'ai eues de m’opposer fortement à ce qu’il fût rien prononcé ni contre la frégate ni contre aucun officier espagnol. Le conseil a ordonné que l’arrêt du 29 octobre sortirait son p'ein et entier effet, et prie M. Aubry de solliciter le capitaine de la frégate d'accélérer son départ dans ce bâtiment, sous le plus court délai possible. Il m'a prié aussi d'offrir et fournir à ce capitaine toutes les augmentations nécessaires à cet effet, en matelots, ouvriers et effets. Je m’y suis conformé malgré-rna répugnance, et seulement quant aux ouvriers ét matelots, n’y ayant point d'effets à ma disposition dans le: magasins du roi. J’ai l'honneur de vous adresser ci-jointe, Monseigneur, copie du cahier d'informations, de mon avis et de l'arrêt.

“Les postes établis par M: de Ulloa seront relevés, en conformité de la prière qu’il en a faite à M. Aubry, et occupés par des Français, jusqu’à ce que les ordres que :

Page 1