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été sur le point d’en venir aux mains. Sice malheur fut arrivé, votre excellence eût marché sur les cendres de la Nouvelle-Orléans. Dans une circonstance aussi déplorable, sans troupes, sans argent, sans secours, sans ressource, ayant contre moi le conseil et la plus grande partie de la colonie, jai cru que, pour ne pas perdre ce pays, il convenait d'agir avec bien de la réserve. Jai cru qu’il était de mon devoir de faire tous mes efforts pour empêcher l’effusion du sang espagnol et français, afin de tâcher de conserver cette colonie en son entier, jusqu’à ce qu’on fût à même de pouvoir faire respecter les ordres sacrés de Leurs Majestés Très-Chrétienne et Catholique. La providence a eu pitié de la colonie et de moi. Au milieu des orages et des tempêtes, qui menaçaient de nous submerger, elle a envoyé un libérateur qui a rétabli le calme et la tranquillité. La prise de possession qui a été faite le 18 de ce mois par. votre excellence, avec la solennité, l’éclat et la grandeur dignes du monarque qui vous a envoyé, est l’époque du bonheur de cette colonie. Dès ce moment, le trouble et la discorde cessent, la justice et la paix oubliées depuis si long-temps reparaissent, les fanatiques les plus furieux ont enfin ouvert les yeux et reconnaissent la grandeur de leur faute. Tous les habitants se soumettent avec joie, et reinercient Dieu du digne choix que Sa Majesté Catholique a fait en vous envoyant ici.
“Je communiquerai à votre excellence, les arrêts, les mémoires et toutes les pièces d’iniquités qui ont été fabriqués dans ces temps de trouble et de désordre. Je lui remettrai les protestations que j'ai faites contre ces injustices. Ma conduite sera exposée devant le juge le plus équitable et le plus éclairé. Son suffrage, que j'ose me flatter de mériter, sera l'honneur le plus grand et la plus belle récompense que je puisse jamais recevoir.”
Le 21, il y avait grande réception chez Oreilly. Tous les chefs de la révolution y étaient, et y furent arrêtés.
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Ils furent livrés à une compagnie de grenadiers chargée de les déposer dans leurs prisons respectives. Noyan fut conduit à sa propre maison, où il fut établi un piquet de soldats pour le garder. Boisblanc fut traité de la même munière. Quant aux autres, ils furent enfer. més dans la principale caserne, à l'exception de Villeré qui fut ais à bord d’une frégate, mouillée en face de la ville, parce qu’il ne se trouva pas de place pour lui dans la caserne.
Quant à l’arrestation et la mort de Villeré, il y a plusieurs récits contradictoires. Il paraîtrait d'après une lettre d’Aubry, en date du ler septembre, que tous les conjurés furent arrêtés en même temps chez Oreilly. Mais Bossu, officier français, qui avait déjà servi dans la colonie et qui y revint en 1770, donne la version suivante sur cet évènement :
“M. de Villeré, dit-il, écrivain du roi pour le département de la Louisiane, s'était embarqué dans une pirogue sur le Mississippi, avec ses esclaves, afin de gagner les possessions anglaises, aussitôt qu’on eut annoncé l’arrivée des Espagnols, commandés par M. Oreilly. Mais ayant reçu une lettre dans laquelle M. Aubry, d’après les assurances que lui avait données ce général, lui marquait qu’il pouvait revenir en toute süreté, M. de Villeré, dans cette confiance, descendit le fleuve, pour se rendre à la Nouvelle-Orléans. Quelle fut sa surprise, lorsqu’en se présentant à la barrière, il se vit arrêté ! Sensible à cet outrage, il ne put modérer son indignation. Dansun premier transport, il donna un coup de poing dans l'estomac de l'officier espagnol qui commandait le corps de garde. Ses soldats s’élancèrent aussitôt sur lui, et le percèrent de coups de bayonnettes. ]1 fut emporté dans une frégate qui était au port, où il mourut quelques jours après.”
Il est probable que Bossu, qui a dû obtenir des renseignements de la bouche des témoins mêmes de ce drame,
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