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ter le poste, lui et sa troupe pour remonter ici, s’il apercevait plusieurs vaisseaux ennemis ensemble.
“La passe de l'Est a dix sept pieds. Le Char ‘n l’a passé avec la plus grande facilité.
“J’envoie deux plans et devis pour deux forts, dont l’uñ est le fort de Plaquemines, situation que M. Lenormant préconise toujours. Outre mes raisons déjà développées contre cette situation, je dirai que le terrain n’est élevé que de deux pieds et demi au-dessus des plus basses eaux et qu’il est couvert d’un pied d’eau, lors des débordements. D'ailleurs, il est probable que le sol n’a pas assez de solidité pour supporter des travaux de fortifications, et c’est l’opinion du sieur Devergès, qui a une longue expérience.
“Au détour des Anglais, le terrain est élevé de neuf à dix pieds au-dessus des plus basses eaux et pourrait soutenir toute sorte d'ouvrages. 11 est nécessaire d’aviser incessamment au choix du site à fortifier,”
On voit que le gouvernement avait en perspective la nécessité de fortes dépenses, lorsque le budget des dépenses courantes de cette année avait pris déjà des proportions plus fortes qu’à l'ordinaire et se montait à la somme de 506,445 livres.
Au commencement de 1748, il s’éleva comme une guerre civile entre les Chactas, dont les uns se déclarèrent pour les Français et les autres pour les Anglais. Ceux qui s'étaient prononcés pour les Anglais, étant dans la minorité, étaient appelés les révoltés, et se mirent, par petites handes, à faire des courses sur les Français, ainsi que plusieurs lettres de M. de Vaudreuil en font foi. Une troupe de Chactas attaqua un village des Allemands, tua un habitant, blessa sa femme et fit sa fille prisonnière, avec trois nègres et deux négrites. M. de Vaudreuil écrit à ce sujet, en date du 4
juin:
“Sur ce qu'on m'avait annoncé qu'un sauvage avait
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visité ce village, (Côte des Allemands) quelque temps auparavant, examinant tout avec attention, j'avais donné ordre de se tenir toujours sur ses gardes et de veiller surtout sur le ruisseau, par où ce sauvage était venuet par où il s’en était retourné. Pendant les premiers jours, qui suivirent cet ordre, on fut assez prudent et alerte, mais peu à peu,.on a abandonné toute précaution. Puis, quand le mal a été fait, au lieu de s’assembler et de prendre des mesures efficaces contre un ennemi, dont on n’a rien à craindre, lorsqu'on est sur ses gardes, ils ont abandonné leurs habitations et se sont presque tous sauvés à la Nouvelle-Orléans, où pour les renvoyer, on a été obligé de les menacer, et de leur donner un détachement considérable pour les rassurer et les mener chez eux. A peine le détachement fut-il parti pour revenir, que la plupart des Allemands se sont retirés de l’autre côté du fleuve, pour y faire quelques défrichés dans les cannes. Ils ant abandonné leurs maisons et laissé leurs terres bien cultivées, entièrement à la discrétion de leurs bestiaux.
“Voilà l'effet que produisent dans cette colonie les incursions des sauvages, et ce, autour de la Nouvelle- Orléans, où on a moins lieu ue les appréhender que partout ailleurs. J’ai envoyé à Tombekbé l’ordre de faire tout au monde pour s'assurer des auteurs de cet acte, et fait dire à la nation que, si elle ne vengeait au plus tôt cette insulte, elle me mettrait dans le cas de l’abandonner entièrement.”
Dans une dépêche du 15, il ajoute : “Depuis la précédente, j'ai appris, par des lettres de la Mobile, que le partisan, qui était venu aux Allemands faire le coup dont j'ai parlé, avait été tué, en arrivant à son village, par son chef même et son propre frère, après avoir reçu les reproches qu’on lui fit, d’être venu gâter la parole donnée à la Mobile et la résolution prise de se réconcilier avec nous.
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“J'apprends des Alibamons qu’un parti de Chactas anglais, conduit par le frère de Soulier Rouge, passant aux Kaouitas pour aller à la Caroline demander des secours, a été attaqué et a eu huit hommes tués.”
Le 14 juillet, les Chactas du parti français attaquèrent un village du parti anglais, et tuèrent treize hommes, au nombre desquels étaient plusieurs chefs très considérés. Les Chactas du parti anglais, ayant entrepris de s’en venger, attaquèrent à leur tour, le 16 août suivant, un village des Chactas français. Le combat fut opiniâtre de part et d'autre. Il y eut plus de cent hommes tués à cette attaque, et les Chactas anglais furent obligés de plier. On les poursuivit l’espace de trois lieues. Leur perte fut estimée à plus de quatrevingts morts, avec pareil nombre de blessés, dont plusieurs moururent des suites de leurs blessures.
Il se donna entre ces sauvages plusieurs autres combats moins considérables, dans lesquels ceux attachés au parti français eurent toujours l'avantage.
Le marquis de Vaudreuil renouvela, à cette accasion, les représentations qu'il avait déjà faites sur la nécessité d'augmenter les troupes de la colonie, et fit observer que, tant que les postes ne seraient pas bien garnis, on ne saurait se flatter de pouvoir contenir les sauvages. Il marqua aussi que les Anglais ne cessaient pas, en paix comme en guerre, de travailler à indisposer les nations sauvages contre les Français.
Après de longues délibérations, et après beaucoup de sang versé dans une guerre civile qui menaçait de les anéantir, la majorité de la nation des Chactas s'était enfin déterminée à porter la tête du Soulier Rouge à M. de Vaudreuil. Ce chef célèbre fut tué au moment où il conduisait un convoi de marchandises anglaises dans son village, et, par cet événement, le parti qu’il était parvenu à former en faveur des Anglais serait tombé, si, en le faisant mourir, on avait eu soin en même
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temps de détruire le convoi. Mais les Anglais qui en étaient les maîtres, par le moyen des présents qu’ils se trouvèrent en état de faire, parvinrent à soutenir leur parti, à la tête duquel ils mirent un frère de Soulier Rouge. Quelques-uns mêmes de leurs partisans vinrent faire une excursion du côté des établissements français, et tuèrent cinq personnes. La nation se trouvant, par là, encore divisée en deux partis, malgré la mort du Soulier Rouge, il y eut recrudescence de guerre civile. Les Anglais ayant profité de ces circonstances pour donner plus d'extension à leur commerce dans la nation, l’oflicier français, M. de Grand-Pré, commandant du poste de Tombekbé, fut informé que cinq traiteurs anglais devaient partir des Chactas avec soixante chevaux chargés de pelleteries. Sur cet avis, il forma un parti de douze sauvages, commandés par un ehef affidé qui, s'étant posté sur la route que devait tenir le convoi, l’attaqua et le défit entièrement. Des soixante chevaux dont il était composé, quarante furent enlevés et les vingt autres tués ; mais il n’y eut qu’un anglais qui périt, les autres s'étant échappés.
Quant aux autres nations sauvages qui habitaient sur le territoire de lu colonie, les Anglais, dont l’activité était pour le moins égale à celle de leurs rivaux, étaient parvenus à décider les Illinois à massacrer les Français et à détruire leurs établissements. Mais la conspiration ayant été découverte, le chevalier de Berthel, qui commandait dans cette partie du pays, en empêécha l’exécution, de sorte qu’on eut lieu d'espérer que la tranquillité serait bientôt rétablie.
Le marquis de Vaudreuil, en rendant compte au ministre de ces mouvements des nations sauvages, l’informa qu’il ne pouvait les attribuer qu'au mépris que ces nations avaient conçu pour les Français, en voyant le peu de forces qu'ils avaient dans les différents postes, et qu'au bruit répandu par les Anglais que le roi de France
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