‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 92 · PIRATES · texte numérisé non relu

PIRATES

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auraient massacré les femmes et les enfants, et ravagé

toutes les habitations. Ce qui lui a fait prendre le parti ai de rester sur la défensive et de partager tont son monde a en trois bandes, dont l’une pour conserver le haut, l’au- tre le milieu, et la troisième le bas de la côte, où il était, disait-il, en attendant du renfort. Cette conduite a m'a d'autant plus surpris, que je lui avais donné l’ordre “A précis de secourir ceux qui seraient attaqués de ce côté- q° ci, et que j'ai toujours pensé que de cent vingt à cent A

trente Allemands qu’il avait, portant les armes, il aurait la

pu en détacher une cinquantaine, avec lesquels il aurait dû marcher de préférence. Il était inutile qu’il me a demandât un renfort, l’exprès qui m’apporta cette lettre de m’ayant assuré que les ennemis s'étaient retirés le 10, pe sur les dix heures du matin, et qu'il avait été avec cinq se

de ses nègres, la nuit du 9 au 10, sur les dix heures du soir, chercher le nommé Baby, prêt à expirer; qu’il l’avait traversé de l’autre côté pour recevoir les derniers sacrements, et ensuite amené à l'hôpital de cette ville, où il est mort peu de temps après son arrivée.

“La nuit du 11 au 12, je fus averti que les sauvages ennemis, sur le point de se retirer, avaient été attaqués par notre détachement, qui leur avait tué deux hommes, blessé plusieurs autres, et que le reste avait gagné un pays impraticable, où l’on n'avait pu les suivre. J'ai aussitôt commandé les petites nations d'ici, (les environs de la Nouvelle-Orléans) pour leur aller couper le chemin dans le haut de Manchac, et j'ai envoyé un détachement de vingt hommes pour aller aussi les guetter dans le même endroit, en cas qu’ils s’y rendent.

“Les deux premiers détachements sont arrivés, le 12, à sept heures du matin, et m'ont amené tout le bagage et les voitures des ennemis, avec une négresse qu’ils avaient faite prisonnière. Cette négresse a rapporté que : les sauvages étaient au nombre de treize, que ce parti Le. a perdu aux Allemands deux guerriers, qui ont été tués, à

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et trois dangereusement blessés. Surpris. par nos déta- 1718.

chements, ils ont eu deux hommes tués, et les autres se sont sauvés dans des marais, d’où ils ne sortiront peutêtre jamais. A l’exception de deux fusils, ils ont tout abandonné, butin, voitures, et quatre chevelures qu'ils avaient levées. De ce parti sauvage il ne reste plus que deux hommes capables d’aller dans leurs foyers.”

“Voilà, Monseigneur, ce qui a causé tant d’alarmes. A entendre les Allemands et la plupart des habitants de la Nouvelle-Orléans, ce parti était composé de plus de deux cents hommes, et encore des plus intrépides de la nation des Chactas. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait tout au plus que douze à quinze vagabonds qui, connaissant la timidité des Allemands, venaient tâcher de leur enlever quelques nègres pour les vendre aux Anglais.”

La situation militante dans laquelle se trouvait la colonie fut sans doute pour elle une grande cause de dépenses, car le budget de cette année s’éleva à 539,265 livres. :

Le 2 janvier, M. de Maurepas, alors ministre, envoya la dépêche suivante, concernant le commerce de la colonie, au marquis de Vaudreuil et à Michel de la Rouvillière qui avait remplacé M. Lenormant comme commissaire-ordonnateur : “Je vous recommande de veiller soigneusement à ce que le commerce interlope ne se fasse pas entre la Louisiane et les colonies anglaises, par lequel les colons pourraient, au détriment des intérêts du roi, vendre leur indigo aux Anglais, qui leur donneraient des marchandises, des nègres ou de largent. .

“C’est à quoi il est de votre devoir de veiller, et cet objet exige d’autant plus de soin et d’attention de votre part, que, depuis quelque temps, les interlopes anglais ont trouvé le moyen de s’introduire dans cette colonie. IL m'est même revenu qu'il y a été expédié des bateaux pour la Caroline, Le goût pour ce comunerce fraudu-

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leux y prendrait bientôt de profondes racines, pour peu que l’on négligeât d'y mettre ordre.

“L'intention du roi est donc que vous empéchiez exactement tout commerce avec les Anglais dans la colonie. Si quelqu'un s’avisait de conduire ou d’envoyer quelques batiments chez eux, il faudrait punir suivant toute la rigueur des lettres patentes du mois d'octobre 1727. Vous ne devez, sous quelque prétexte qne ce puisse être, admettre dans la colonie aucun de leur batiments, et tous ceux qui entreprendront d’y aborder, doivent être confisqués sis peuvent être pris. En un mot, vous ne devez ni tolérer ni laisser impuni aucun commerce avec eux, et Sa Majesté n’admettrait pas d’excuse de votre part surcela. Il en est de même pour le commerce des Hollandais.” ,

Pour ce qui concernait les produits agricoles de la colonie, le ministre, voulant donner de l'extension à l'exploitation du cirier, autorisa M. de Vaudreuil à acheter la cire végétale provenant de cet arbre, et à la payer, pour le compte du gouvernement, de 10 à 12 livres, la livre.

La colonie eut encore beaucoup à souffrir, cette année, de l’hostilité des Indiens. Le marquis de Vaudreuil, dans une dépêche du 22 septembre, parle de continuelles attaques faites par des partis de différentes nations sauvages et de l'alarme générale qui régnait depuis les Natchez jusqu’à la Nouvelle-Orléans.

Pour détruire entièrement les sauvages, ajoute-t-il, Il faudrait des créoles du pays, qui sont seuls capables de courir les bois et de faire la guerre à la manière des barbares; mais malheureusement, il n’y en a pas suffisamment.

Cependant, les Chactas du parti français avaient si souvent et si rudement frappé sur les Chactas du parti anglais, qu’il n’y avait plus que deux villages de cette nation, restés fidèles aux Anglais. “Encore, de ces deux

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