‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 14 sur 95 · HAP · texte numérisé non relu

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tanqui revenait sans cesse, ils s'excitaient mutus lement à se montrer dignes d’un si noble chef.—“Mort, disaientils, mort aux pâles visages ! Quigualtanqui le veut. Leurs regards ont souillé les ossements de nos pères et leurs lèvres ont profané les eaux du vieux Meschacébé | qu’ils meurent! ou qu’ils soient esclaves ! Quigualtanqui le veut.”

Le onzième jour, les Indiens montrèrent moins d’acharnement. Ils se contentèrent de faire des attaques partielles et de harceler les Espagnols pendant six jours de plus. Le dix-septième jour de la poursuite, au lever du soleil, ils adorèrent cet astre avec toutes sortes de solennités et comme s'ils lui rendaient des actions de grâces pour le triomphe qu’ils avaient obtenu sur leurs ennemis. Puis, ils se retirèrent après avoir poussé d’horribles hurlements accompagnés du bruit épouvantable de toute espèce d'instruments sauvages, et après avoir crié plusieurs fois aux Espagnols de ne pas s’imaginer qu’ils avaientété poursuivis par une ligue de caciques, parce que ce n'était que leur grand chef Quigualtanqui, qui leur avait fait la guerre. Dans cette retraite qui leur fut si vivement disputée, les Espagnols perdirent tous leurs chevaux, et cinquante deux hommes parmi lesquels se trouvait le vaillant capitaine Juan de Guzman. Au moment où la poursuite cessa, les Espagnols étaiont presque sans défense, ayant épuisé toute leur poudre et toutes leurs autres munitions. A l'endroit où les Indiens, pensant sans doute qu’ils s'étaient avancés trop loin de leur pays, prirent la résolution de rétrograder, le fleuve-était si large qu’on n’en voyait pas les bords. On n’apercevait que des roseaux et l’eau pouvait couvrir à peu près une quinzaine de lieues de pays. Le vingtième jour de leur navigation, les Espagnols découvrirent la mer. Avant de s’y aventurer, Muscoso voulut faire quelques réparations à ses embarcations,

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