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ce qu'on peut faire de mieux, c’est de choisir une compagnie assez forte pour soutenir cette entreprise.
“A l'égard des dédommagements que Sa Majesté accordera à M. Crozat, le conseil de marine n’en parle point, ce détail regardant le conseil des finances.”
< (Signé) L. A. De Boursox.
Le Maréchal D’Esrress.
En vertu de cette délibération du conseil de la marine, la compagnie d'Occident fut créée, et la charte en fut enregistrée au parlement de Paris, le 6 septembre 1717.
Pendant les cinq années d'existence qu'avait eue la charte de Crozat, agriculture et le commerce de la colonie n'avaient nullement prospéré. Sa population seule s’c‘ait faiblement augmentée ; car, en comptant les troupes, elle ne dépassait pas sept cents ames.
Le monopole de Crozat ne cessait que pour être transféré à une compagnie. La France n’imaginait pas d’autre moyen pour faire prospérer cette colonie naissante. Le sens commun et l'expérience indiquaient cependant une autre route à suivre. ,, L'histoire nous apprend que plus d’un souverain d'Europe, lorsqu'il avait voulu fonder une ville ou en rebâtir une détruite, avait promis et
accordé toute espèce de franchises, immunités et dispen-.
satians d'impôts à la population qui viendrait s’y établir. Ce moyen avait toujours été infaillible. Mais aussitôt que la ville devenait florissante, aussitôt que l’enfant, devenu homme, pr”vait porter tous les fardeaux que le maître jugeait convenable de lui jeter s. les épaules, la factice libéralité que l’on avait employée comme moyen de séduction disparaissait, et ceux qui en avaient été les dupes s’apercevaient que ce n’était pas dans leur intérêt particulier qu’ils avaient été si paternellement traités. Voilà la politique toute simple que la France avait à appliquer à sa colonie de la Louisiane. Il fallait donner à ses jeunes poumons tout l'air dont ils avaient besoin; il fallait donner au pays toutes les libertés possibles, li-
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berté de conscience, liberté de pensée, liberté de commerce, liberté d’action. La population y serait accourue de toutes les parties du monde, et, au bout d’un petit nombre d'années, puisqu'il est convenu que les colonies ne doivent exister que pour servir de pâture à leurs métropoles, la France aurait peut-être trouvé assez de substance dans la Louisiane pour s’alimenter à ses dépens. Il est vrai qu’après lui avoir permis de goûter les douceurs de ce nouveau régime de liberté, il aurait été difficile de la ramener à l’ancien régime du monopole et de l’absolutisme. Quoiqu'il en soit, il est évident que si la colonie ne se peuplait pas et ne prospérait pas, c’est qu’au lieu de dire à ceux qu’on y envoyait : Travaillez pour vous ; on leur disait : Travaillez pour nous.