ST 1 PRE FE
HROFPFASIUE LE
288 [ouar, xu.
la compagnie des Indes à la Louisiane (la rétrocession de la colonie ayant été acceptée), de présenter leurs comptes et de les faire viser, pardevant les conseillers délégués à cet effet, Bruslé et Bru. Ces créances devaient être payées sur les lieux, et il était défendu aux dits créanciers de poursuivre à ce sujet la compagnie en Europe.
Le même jour que cet arrêt du conseil d'Etat était signé en France, c’est-à-dire le 15 novembre, le gouverneur Périer et Edme Gatien Salmon, commissaire de la marine, rendaient à la Louisiane cette ordonnance :
“Etant informés qu’il reste dans le public une certaine quantité de billets de caisse de la compagnie des Indes, qui ont été fabriqués pour le paiement des dettes de la dite compagnie, et attendu que ces billets de caisse, faits de particulier à particulier, ne doivent pas continuer à être reçus dans le public comme monnaie courante, attendu le dérangement qu’ils causent dans la valeur intrinsèque des monnaies du roï; cependant, voulant donner aux particuliers qui sont porteurs des dits billets, la faculté d’acquitter les dettes qu’ils ont contractées pour la valeur d’iceux, nous, sous le bon plaisir de Sa Majesté, en avons permis le cours dans la colonie pendant quinze jours, à compter du jour de la publication de la présente ordonnance, passé lequel temps ils ne pourront être admis dans le public, sous peine de vingt livres d'amende pour la première fois et de punition corporelle en cas de récidive.”
Cette ordonnance causa une grande gêne dans le pays. (Car les billets de caisse de la compagnie constituaient depuis long-temps la monnaie courante de la province. Cette ordonnance les faisait disparaître ou du moins les frappait de nullité, sans prendre en considération l’iniustice d’une pareille mesure et sans avoir pourvu préa:ablement à combler le déficit que l’on créait dans ce qui formait les moyens d'achat et de
[ouar, xu.
étrocession nter leurs conseillers ances defendu aux compagnie
l'Etat était le gouversaire de la ance :
une cerpagnie des des dettes s de caisse, pas continnaie cout dans la ndant, vours des dits ils ont conbon plaisir y la colonie la publica- | temps ils s peine de t de puni-
1e dans le gnie consrante de la araître ou > en Consisans avoir t que l’on chat et de
paiement dans la colonie, Il en résulta une forte perturbation dans les affaires.
Ainsi finit !» compagnie, après une laborieuse existence de près de quatorze années. Cependant la colonie avait un peu prospéré sous son administration. La Nouvelle-Orléans avait été fondée, des établissements importants avaient été faits aux Tchoupitoulas, aux Cannes Brûlées, à la côte des Allemands, au bayou Manchac, à Bâton Rouge et à la Pointe-Coupée. Enfin, l'on doit se rappeler que, lors de la formation de la compagnie, en 1717,la population blanche à la Louisiane n’était que de cinq à six cents ames et que l’on n’y comptait pas plus de vingt nègres. Lorsque la compagnie fut dissoute, cette même population blanche se montait à cinq mille ames et le nombre des nègres dépassait deux mille. Il est à remarquer néanmoins que, depuis 1721, la population blanche ne s'était pas accrue, La population noire était la seule qui eût fait des progrès ; car de six cents ames elle s'était élevée à deux mille.
msgstr eZ qu
IQ A = CU 1732.
LE GOUVERNEUR PÉRIER EST RAPPELÉ EN FRANCE. —BIENVILLE EST RENOMMÉ AU GOUVERNEMENT DE LA LOUISIANE.— SALMON, COMMISSAIRE-ORDONNATEUR.—DÉMORALISATION ET DÉSASTRES QUI SONT LE RESULTAT DE L'INTRODUCTION DU SYSTÈME DE PAPIER - MONNAIE DANS LA COLONIE. — QUEL FUT LE PREMIER CRÉOLE.
Le roi était convenu de prendre pour son compte toutes les propriétés de la compagnie à la Louisiane. L’inventaire en fut fait sous les yeux de Salmon, le commissaire-ordonnateur, et se monta à la valeur de deux cent soixante trois mille livres. Ces propriétés consistaient en quelques marchandises dans les magasins, en une briqueterie en face de la ville, sur laquelle il y avait deux cent soixante nègres, quatorze chevaux et huit mille barrils de riz. Les nègres furent évalués, les uns dans les autres, 4 700 livres, les chevaux à 57 livres, et le riz à 3 livres le cent.
Le conseil supérieur de la Louisiane fut réorganisé par lettres-patentes du 7 mai, et fut ainsi composé : Périer, gouverneur ; Salmon, commissaire -ordonnateur ; Loubois et d’Artaguette, lieutenants de roi ; Bénac, major de la Nouvelle-Orléans ; Fazende, Bruslé, Bru, Lafrénière, Prat et Raguet, conseillers ; Fleuriau, procureur-général. C'était le même qui s'était démis de sa