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lier Rouge s'approchia à pas de loup d’un village ennemi, et fit faire une décharge dans les cabanes. Mais comme il y avait dans cet endroit beaucoup de sauvages, le Noulier Rouge fut attaqué immédiatement par des forces immensément supéricures aux siennes, et poursuivi par environ deux cents hommes pendant sept lieues. 11] eut quatre des siens tués ou faits prisonniers, parmi lesquels le frère du grand chef.
“Les choses en étaient là, continue Bienville, lorsque je me rendis à la Mobile, où je fis venir les Chactas, lesquels me firent des excuses. Le Soulier Rouge seul fit valoir, et trop valoir ce qu’il avait fait, et parla avec l'arrogance que M. Périer avait autorisée. Dans ma réponse, je le relevai durement. En quoi, je fus approuvé des autres chefs. De sorte que je leur donnai ce que je voulus pour présents. J’eus besoin de lésiner par pauvreté.
“Néanmoins je renouvelai notre alliance avec eux. Nous convinmes du prix de traite, et ils renoncèrent, de leur part, à toute communication avec les Anglais. Je leur déelarai que désormais je priverais de présents ceux des chefs qui n’iraient point en guerre contre les Chickassas, et que je répartirais leur part sur ceux qui iraient et qui se distingueraient. Ce qui fut approuvé par tous. L’un d’eux me fit cette rodomontade : Fuismoi donner un plein bateau de poudre, et je l’userai scul contre tes ennemis, en n’employant qu'une pleine corne à la fois.”
M. de Bienville ajoute, que les Chactas possèdent trente-deux villages répandus sur un espace de cent lieues de circonférence, et que, quoique braves, ils le sont moins que les Chickassas.
Il se plaint de ce qu’on n’envoie point assez de marchandises françaises pour traiter avec les sauvages, et fait ressortir les mauvais effets politiques de la nécessité où l’on se trouve d’acheter des marchandises anglai-
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Le 30 septembre 1733, une dépêche du conseil supéricur de la colonie, signée par Bienville, Salmon, et Prat, conseiller, relativement à la dépréciation du papiermonnaie de la compagnie des Indes, et aux procès qui en ctaicnt la suite, avait été envoyée au ministre en France. Elle est transcrite ici en entier, comme jetant un grand jour sur l’état financier de la colonie à cette époque :
Dergcus pu CoNsEIL SUPERIEUR.
“Le grand nombre de procès qui arrivent tous les jours entre les habitants de la province de la Louisiane, à l’occasion de la monnaie et des billets que la compagnie des Indes ÿ a introduits pour le paiement de ses dettes et la facilité de son commerce, oblige le conseil supérieur de s'adresser à Votre Grandeur pour avoir un réglement dans les décisions qu'il sera forcé de porter.
“Le fait est que, depuis que la compagnie des Indes a géré ce pays, les espèces d’or et d'argent ÿ ont toujours été fort rares. Il y fut d'abord envoyé des espèces de billon, dont la plus grande partie a été rapportée en France par les particuliers qui vont passe. La compa-
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