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CHAPITRE XV

FONDATION D'UN HOPITAL A LA NOUVELLE-ORLÉANS PAR UN MATELOT, NOMMÉ JEAN LOUIS.—EXPÉDITION DES FRANÇAIS SOUS LE COMMANDEMENT DE MESSIEURS DE BIENVILLE ET DE NOAIL- LES D'AIME CONTRE LES CHICKASSAS,

Brenvizze pensait que la colonie ne serait jamais tranquille, tant que les Chickassas ne seraient pas réduits. Aussi, il sollicitait avec instance du gouvernement des forces suffisantes pour les soumettre. Il écrivait au ministre, le 28 février:

“Les Chickassas ne pourront être détruits, de la manière dont ils sont fortifiés, avec le secours et les instructions des Anglais, qu'avec des bombes de fort calibre et des mineurs. Il faut en envoyer. Les Anglais ont envoyé aux Chickassas plus de deux cents hommes et toute espèce de secours. Les Chactas sont bien disposés et font toujours quelques chevelures contre les Chickassas.”

Les Chactas, dont les Français se plaignaient toujours, mais qui cependant leur avaient rendu de grands services depuis la fondation de la colonie, et qui les avaient accompagnés dars toutes leurs expéditions contre les autres nations indiennes, ne se bornèrent pas à

enlever quelques chevelures aux Chickassas, comme le

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1737. dit Bienville dans sa dépêche du mois de février. Ils entrèrent avec des forces considérables sur le territoire des Chickassas, et leur firent beaucoup de mal. Bienville, dans une dépêche du 5 septembre, rend compte de ces deux expéditions. dont le résultat démontre qu'ils faisaient de franc jeu la guerre aux ennemis de leurs alliés, les Français.

Tous les fondateurs d'hôpitaux, tous ceux qui deviennent les bienfaiteurs de l’humanité, par la création d’établissements utiles, méritent que l’on fasse mention honorable de leurs noms, et qu’on les cite comme des exemples à suivre. Ainsi, il est de toute justice de consigner ici l’humble nom de Jean Louis, ex-matelot de ia compa-

“ k| gnie des Indes, qui avait fait quelque petit commerce, et

NU qui avait réussi à acquérir ce qu’on appelait alors dans

<y & le pays une fortune, pour un homine de sa classe. Il mou-

ù de rut, en consacrant toute sa fortune à la fondation d’un

Ë TA hôpital, suivant les dispositions de son testament ologra-

mn . phe. Cette fortune se montait à environ dix mille livres.

Q l = “Avec cela, dit Bienville, qui rapporte ce fait dans une

| à FE de ses dépêches, on a acheté une maison de Mme Kolly, CLS qui est dans un grand emplacement à l'extrémité de la | il LE LS ville. Elle a coûté 1,200 livres. Les réparations se | sont montées à 2,500. Le reste fut employé à l’achat de

{ lits, ete., moins une partie, qui est tenue en réserve.” 1738. Commeillustration des mœurs du temps, il n’est peut- | ètre pas déplacé de raconter que l’on trouve encore dans les archives du ministère de la marine, en France, les fl copies d’une énorme procédure faite en 1738, à la Louill siane, contre un nommé Labarre, qui s'était suicidé. On | nomma un curateur au cadavre pour le défendre. Le procès fut instruit. Jugement fut prononcé, et le cadaqu vre jeté à la voierie.

Î | Le gouvernement français avaittoujours eu beaucoup ; | de peine à tenir au complet les troupes qu’il envoyait à | LE Ja Louisiane. Les soldats désertaient constamment, et

[onar. xv.

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bientôt il ne restait plus que des cadres de compagnies. Bienville, dans une dépêche du 18 mars, se plaint beaucoup de toutes ces désertions, dans un moment où ilavait besoin de toutes ses forces. “Beaucoup de Suisses surtout, dit-il, désertent à Pensacola, où les moines les protegent ouvertement, et le gouverneur en cachette. Mais come les Espagnols manquent de vivres, j’ai recommancé à M. Diron d’Artaguette, de la Mobile, de ne pas leur en fournir, jusqu’à ce qu’ils consentent à nous rendre nos déserteurs.

[1 y a deux prisonniers français à la Caroline, le chevalier Duclos, qui était de la malheureuse expédition de d’Artaguette, et un soldat.”

Le 12 avril suivant, il écrivait : “Trois autres Suisses ont déserté à Pensacola, où la disette est toujours trèsgrande. Le gouverneur m'a envoyé demander des vivres. J’ai refusé, à cause du refuge donné à nos déserteurs. Là-dessus, il me les a renvoyés. Il vient ici tous les jours des Espagnols que la faim chasse de Pensacola. Nous en avons déjà plus de trente, dont la pâleur est affreuse. Jamais on ne vit misère pareille.”

Il est assez singulier que les soldats français et suisses aient déserté pour aller dans un endroit où l’on mourait de faim, et dont les habitants eux-mêmes fuyaient pour venir à la Louisiane chercher quelques moyens de subsistance.

Bienville et Salmon firent conjointement, cette année, un rapport fort intéressant sur les barres de sable qui obstruent les différentes entrées du Mississippi à son embouchure :

“]1 se fait chaque jour, disent-ils, des changements au passage de la barre de la Balise et à l'embouchure du fleuve. On a remarqué que lorsque l'hiver n’a pas été long, et que le vent du Nord ne souffle pas beaucoup, ces changements deviennent plus sensibles, ct qu’il s’y trouve moins d’eau.

ne ROAE Pi ésef.

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