DÉVELOPPEMENT DES CHEMINS DE FER
un railway circulaire devant sa maison — aujourd'hui Hudson Terrace — à Hoboken, pour prouver que ses affirmations reposaient sur des données sérieuses. Cette machine avait deux chaudières tubulaires « à lanterne », c'est-à-dire composées chacune d'une série de petits tubes de fer disposés verticalement en cercle autour du foyer*. Cette expérience n'eut toutefois d'autre résultat que d'exciter un certain intérêt, ce qui aida plus tard à la rapide extension des chemins de fer.
La première ligne ferrée dans les États de la Nouvelle- Angleterre fut, dit-on, établie, en 1826-27, à Quincy (Massachusets), entre une carrière de granit et le Neponset-River, sur une longueur de 3 milles. Celle qui va des mines de houille de Mauch-Chunk (Pensylvanie) à la rivière Lehigh, distante de 9 milles, fut construite en 1827. L'année suivante, la compagnie du canal de la Delaware à l'Hudson construisit un chemin de fer entre ses mines et l'extrémité du canal, à Honesdale. Les moteurs employés sur ces voies ferrées étaient la gravité, ou bien des chevaux et des mulets.
Le concours de Rainhill, sur la ligne de Liverpool à Manchester, avait reçu une telle publicité, et il promettait de fournir des données si concluantes sur la valeur réelle des locomotives et dés chemins de fer, qu'une foule d'ingénieurs ot d'autres personnes intéressées dans la question étaient accourues de toutes les parties du monde, pour assister à cette épreuve solennelle. Parmi les étrangers se trouvaient M. Horatio Allen, alors ingénieur en chef de la Compagnie du canal de l'Hudson à la Delaware, et M. E.-L. Miller, habitant de Charleston (Caroline du Sud), qui venaient des États-Unis tout exprès pour assister à l'essai des nouvelles machines.
M. Allen avait été autorisé à acheter trois locomotives et les rails pour la voie; il avait déjà embarqué une machine pour les États-Unis et l'avait mise en service. Cette machine fut reçue à New-York en mai 1829, et l'essai en fut fait au
1. Une de ces chaudières à compartiments est encore conservée dans la salle de conférences de l^auteur, à Hnstiut technologique Stevens.
mois d'août à Honesdale; elle était conduite par M. Allen lui-même. Mais la voie n'était pas assez solide pour supporter la locomotive, qui fut mise de côté et ne fit jamais de service régulier. Elle s'appelait le Lion de Stourbridge, et avait été construite par Poster, Rastrick & G°, de Stourbridge en Angleterre. Pendant l'été de l'année suivante, une petite machine d'essai, exécutée en 1829 par Peter Gooper, de New-York, fut éprouvée avec succès à Baltimore sur la ligne qui va de cette ville à l'Ohio ; elle fit 13 milles en moins d'une heure et atteignit même, sur certains points, une vitesse de 18 milles à l'heure. Une voiture contenant 36 voyageurs lui était attelée. Elle n'était, du reste, considérée que comme un modèle de machine, et sa force n'était évaluée qu'à 1 cheval.
Ross Winans, relatant cet essai de la machine de Cooper, et, le comparant avec les résultats obtenus par la Fusée de Stephenson, prétendit que la première avait une supériorité marquée. Il concluait que cette épreuve établissait pleinement la possibilité pratique d'employer des locomotives à grande vitesse sur la ligne de Baltimore à l'Ohio, sans aucun inconvénient ni danger, malgré les courbes et les fortes pentes de la voie.
Cette machine avait une chaudière à tubes verticaux et le tirage était obtenu mécaniquement, comme dans la Nouveauté, de Liverpool, par un ventilateur rotatif. L'unique cylindre avait 3 pouces 1/4 de diamètre et ta course du piston était de U pouces 1/2. Les roues avaient 30 pouces de diamètre, et elles étaient reliées à Tarbre à manivelle par un engrenage. La machine, dans ses essais, développa une force de 4,3 cheval, et remorqua un poids brut de 4 tonnes 1/2. M. Cooper, n'ayant pu trouver des tubes tels qu'il lui en fallait pour sa chaudière, avait employé des canons de fusil. L'ensemble de la machine pesait moins d'une tonne.
Un peu plus tard, MM. Davis et Gartner construisirent pour cette ligne le York, — locomotive à chaudière verticale, d'une forme très analogue aux chaudières des pompes à incendie à vapeur d'aujourd'hui.
Elle avait 51 pouces de diamètre et contenait 282 tubes