LE CONDENSEUR DE WATT
piston et les parties adjacentes, de la température de l'eau froide à celle de la vapeur. » C'est en poursuivant le cours de ces réflexions que Watt fut conduit à Imaginer le con-
Dès le lundi matio, il se mit en devoir d'espérimenter sa nouvelle invention, en employant, pour cylindre à vapeur et piston, une grosse seringue en laiton de 1 3/i pouce de diamètre et 10 pouces de long. A chaque extrémité était iiïé un tube amenant la vapeur de la chaudière et muni d'un robinet faisant l'office de soupape. Un tube
- Eipéi
conduisait aussi du haut du cyhndre au condenseur, la seringue ayant été placée la tige du piston en bas, pour plus de commodité. Le condenseur était représenté par deux tuyaux en étain mince, de 10 à 12 pouces de long et d'environ 1/6 de pouce de diamètre, placés verticalement et communiquant par leur partie supérieure avec un tube horizontal de plus grand diamètre, muni d'uue » soupape reniflante ». Un autre tube vertical d'un pouce environ de diamètre, communiquant avec le condenseur et pourvu d'un piston, devait servir de « pompe à air ». Le tout était placé dans un réservoir d'eau froide. La tige du piston du petit cylindre à vapeur était forée d'un bout à l'autre pour permettre de faire sortir du cylindre l'eau qui pouvait s'y
former. Ce petit modèle, représenté (flg. 28), fonctionna très bien ; et la perfection du vide était telle que la machine soulevait un poids de 18 livres suspendu à la tige du piston, comme dans le dessin. Un modèle de plus grandes dimensions fut immédiatement construit et les résultats qu'il permit d'obtenir confirmèrent pleinement les espérances qu'avait fait naître la première expérience.
Après ce premier pas et ce perfectionnement capital, d'autres se succédèrent rapidement, comme une série de conséquences forcées de la première modification introduite dans la vieille machine de Newcomen. Mais la détermination complète des formes et des proportions de tous les détails de la nouvelle machine occupèrent pendant des années le puissant esprit de Watt, si bien pourvu qu'il fût de connaissances théoriques et pratiques heureusement combinées. En adoptant le condenseur séparé, il avait d'abord essayé de la condensation par surface ; celle-ci ne réussissant pas, il y substitua l'injection. Il en résulta la nécessité immédiate d'imaginer un dispositif pour empêcher le condenseur de se remplir d'eau.
Watt essaya d'abord de l'expédient qui avait bien réussi avec la condensation moins efficace de la machine de Newcomen, et qui consistait à munir le condenseur d'un tuyau, descendant à une profondeur plus grande que la hauteur d'une colonne d'eau faisant équilibre à la pression atmosphérique ; plus tard, il employa la pompe à air qui débarrasse le condenseur, non seulement de Feau, mais de l'air qui s'y rassemble ordinairement aussi en quantité considérable, et qui nuit à la perfection du vide. Il substitua ensuite l'emploi de l'huile et du suif pour lubréfier le piston, à la couche d'eau qu'on maintenait au-dessus pour empêcher les fuites. Il évitait ainsi le refroidissement du cylindre, inhérent à l'emploi de ce procédé barbare. Watt découvrit encore une autre cause de refroidissement du cylindre et par conséquent de perte de force, dans l'entrée de l'air ambiant, qui suivait à chaque coup le piston jusqu'au fond du cylindre, et en refroidissait l'intérieur par son contact. L'inventeur imagina de faire disparaître ce