‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 55 sur 141 · ASSOCIATION DK WATT ET DF, BOULTON. SB · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DK WATT ET DF, BOULTON. SB

n'en coûterait pas beaucoup pour la transformer en machine ordinaire), deux années de mon temps et les frais des modèles, n

L'estime que Walt professait pour les talents et les connaissances de Boulton était bien fondée. Cet industriel s'était montré bon élève à l'école, et après l'avoir quittée de bonne heure pour la boutique de son père, il avait encore acquis

une instruction très étendue dans les langues étrangères et les sciences, surtout en mathématiques. Une fois à la tête de son industrie, il y apporta un grand nombre d'utiles perfectionnements, et il était toujours â l'affût des progrès réalisés par les autres pour les introduire chez lui. C'était un homme du type moderne, qui ne se laissait jamais surpasser parses concurrents sous aucun rapport, sans faire les efforts les plus énergiques pour regagner le premier rang. Il visait toujours autant à la bonne réputation de ses produits qu'à gagner de l'argent. L'atelier de son père était à Birmin-

gham ; mais Boulton ne tarda pas à voir que TexteDsion rapide de ses affaires le forcerait à chercher un emplacement, pour y construire un établissement plus vaste; il se procura un terrain à Soho, à 2 milles de Birmingham, et y fit élever sa nouvelle manufacture vers 1762.

Son industrie se bornait d'abord à la fabrication d'objets d'ornement en métal, tels que boutons, boucles, chaînes de montre, filigranes et travaux d'incrustation. Bientôt il y ajouta la fabrication du plaqué d'or et d'argent, et cette branche de son commerce se développa peu à peu, jusqu'à constituer une production très considérable d'œuvres d'art. Boulton copiait celles-ci partout où il les rencontrait, et souvent empruntait des vases, des statuettes et des bronzes de toute espèce, à la noblesse d'Angleterre et même à la reine, pour en faire des copies. La fabrication de ces horloges à bon marché, connues aujourd'hui dans le monde entier comme un article essentiellement américain, fut commencée par Boulton. Il fit aussi quelques belles horloges astronomiques et d'ornement qui furent mieux appréciées sur le continent qu'en Angleterre. La manufacture de Soho devint en peu d'années tellement considérable, que ses produits furent bientôt connus de toutes les nations civilisées. Sous la direction de l'entreprenant, consciencieux et ingénieux Boulton, l'accroissement des affaires fut quelquefois plus rapide que celui des capitaux, et le propriétaire se trouva souvent, par sa prospérité même, contraint de veiller de très près à l'emploi de ses fonds, et obligé de faire largement appel à son crédit.

Boulton avait un talent tout particulier pour se créer des relations utiles et pour en tirer le meilleur parti possible. En 1758, il fit la connaissance de Benjamin Franklin, qui visita Soho à cette époque; et, en 1766, ces hommes distingués, auxquels l'existence de Watt était encore inconnue, correspondaient ensemble et discutaient dans leurs lettres la possibilité d'apphquer la vapeur à divers usages. Ils avaient à eux deux imaginé une nouvelle machine, dont un modèle fut construit par Boulton et envoyé à Franklin qui l'exposa à Londres.

ASSOCIATION DE WATT ET DE BOULTON. iOl

Le Dr Darwin semble avoir été quelque peu mêlé à cette affaire, et Tenthousiasme, éveillé en lui par les espérances de succès qu'avait données ce modèle, peut bien avoir été l'origine des vers prophétiques, aujourd'hui célèbres et si souvent cités, qu'on trouve dans les poésies de ce médecin excentrique. Franklin avait fourni pour sa part l'idée de disposer la grille de façon à empêcher la production de la fumée. Il dit : « Il suffirait pour cela d'obliger la fumée du charbon frais à passer en descendant à travers le charbon en ignition. » Son idée a été proposée plus d'une fois comme nouvelle par des inventeurs plus modernes. Ces expériences de Boulton, Franklin et Darwin n'eurent pourtant aucune suite, et le système de Watt fit bientôt abandonner tous les autres.

En 1767, Watt visita Soho et examina soigneusement l'établissement de Boulton. L'admirable disposition des ateliers et leur outillage si complet firent sur lui une impression très favorable, qu'accrut encore la perfection de l'organisation administrative. L'année suivante, il y revint et cette fois rencontra Boulton qui était absent lors de sa précédente visite. Les deux grands mécaniciens furent également heureux de se voir, et chacun d'eux inspira immédiatement à l'autre le plus grand respect et la plus haute estime. Ils discutèrent le plan de Watt, et Boulton se résolut alors définitivement à abandonner ses propres essais, quoiqu'il eût commencé déjà la construction d'une machine d'épuisement. Avec le D' Small, qui se trouvait aussi à Soho, Watt discuta la possibilité d'appliquer sa machine à la propulsion des voitures et à d'autres usages. De retour chez lui, il continua, sur ses machines, les travaux un peu décousus dont nous avons parlé; et la conclusion finale de l'arrangement avec Boulton, qui suivit immédiatement là faillite du D' Bœbuck, eut lieu quelque temps après.

Avant de quitter l'Ecosse pour aller rejoindre son associé à Soho, Watt fut obligé de terminer les travaux dont il était chargé, tels que le lever topographique du canal Calédonien et autres petits ouvrages qu'il avait entrepris depuis quelques mois. Il se rendit à Birmingham au prin-

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temps de 1774, et fixa tout de suite son domicile à Soho, où il se mit à travailler aux machines inachevées, envoyées d'Ecosse quelque temps auparavant. Elles étaient restées trois ans à Kinneil, en plein air et sans emploi, et n'étaient pas en aussi bon ordre qu'on eût pu le désirer. Le cylindre à vapeur, fait en étain brut, était probablement en bon état ; maïs les parties en fer « périssaient » , comme dit Watt, pendant qu'il était occupé à son travail d'ingénieur civil. Pourtant, dans les moments de loisir qu'il avait eus pendant cette période. Watt n'avait pas entièrement négligé ses projets sur l'emploi de la vapeur. Il avait consacré un peu de temps et beaucoup de réflexions ù des expériences sur une machine rotative ou à « roue ». Il ne réussit pas à trouver de procédé ayant chance de succès.

Ce fut en novembre 1774, que Watt annonça définitivement à son vieil associé, le D'^ Rœbuck, les bons résultats des essais de la machine de Kinneil. Il n'écrivait pas avec l'enthousiasme et la fougue des inventeurs, car ses nombreuses déceptions et l'incertitude où il avait été si longtemps avaient complètement éteint son ardeur. Il disait simplement : « La machine à feu que j'ai inventée fonctionne maintenant, et donne des résultats bien plus satisfaisants que toutes celles qu'on ait encore faites ; j'espère que cette invention me rapportera de très grands bénéfices. ))

La transformation de la « machine atmosphérique » de Newcomen, dans la machine à vapeur moderne, était maintenant achevée quant aux détails essentiels. La première machine qui fut établie à Kinneil, près de Borouglistoness, avait un cylindre de 18 pouces de diamètre. Le dessin cidessous la représente.

La vapeur arrive de la chaudière par le tube d et la soupape c (fig. 30) ; elle pénètre dans l'enveloppe du cylindre ou chemise de vapeur YY; puis elle entre dans le cylindre a, et, pesant sur le piston, elle le force à descendre, la soupape f étant à ce moment ouverte, pour permettre l'échappement au condenseur h.

Le piston étant arrivé au bas de sa course, la maltresse-

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