‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 61 sur 141 · LE PARALLÉLOGRAMME ARTICULÉ DE WATT · texte numérisé non relu

LE PARALLÉLOGRAMME ARTICULÉ DE WATT

ticale quand celui-ci était au quart de sa course. L'extrémité supérieure de cette tige s'attachait au bout du balancier, et son extrémité inférieure à celle d'une tringle horizontale d'une longueur égale à la moitié de ce balancier. L'autre bout de cette tringle était rattaché à la charpente de la machine. Quand le piston montait et descendait, les deux extrémités de la tige verticale, reliées au balancier et à la tringle horizontale, s'écartaient de quantités égales de part et d'autre de la verticale; le point milieu, où était attachée la tige du piston, restait donc sur cette verticale. Ce système avait l'inconvénient que tout l'effort de la machine était transmis par l'intermédiaire des tiges du parallélogramme. Une autre disposition, représentée dans le croquis de la machine à double effet donné plus loin (fig. 3k) n'a pas cet inconvénient. La tête de la tige du piston g est guidée par des tringles qui la relient à la charpente c, et forment un parallélogramme gdeb avec le balancier. Bien d'autres variétés de « mouvement parallèle » ont été imaginées depuis le jour où Watt appliqua son invention aux machines de Soho. Elles sont toutes plus ou moins imparfaites, en ce qu'elles ne font parcourir à la tige du piston qu'une ligne à peu près droite. La traverse avec glissières, aujourd'hui d'un usage général, est constituée à peu près telle que Watt la décrivait dans son brevet, comme son « second principe ». On en trouvera la représentation dans les figures données ci-après de machines plus modernes. La tige du piston s'assemble dans une barre transversale, ou crosse, munie à ses deux extrémités de pièces convenablement disposées, portant des patins guidés par des glissières fixées au bâti de la machine. Ces glissières sont exactement parallèles à l'axe du cylindre. La crosse, glissant entre elles, se meut en ligne parfaitement droite, et la tige du piston se trouve ainsi plus rigoureusement guidée qu'au moyen d'un parallélogramme. Ce dispositif, quand il est convenablement organisé, n'entraîne pas nécessairement de grands frottements ; et il est plus facile à ajuster et à remettre en place que le parallélogramme, quand les pièces s'usent ou qu'il y a des défauts de montage.

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Par le même brevet, Watt s'assurait rinvention de la soupape à tige (puppet-valve) avec portées en biseau, et l'application de la machine à vapeur aux laminoirs et aux marteaux de forges, ainsi « qu'aux voitures à roues pour transporter les personnes, marchandises ou autres objets, d'un point à un autre ». Pour ce dernier cas, il propose d'employer des chaudières « de bois ou de métal mince, fortement consolidées par des cercles ou autrement » et contenant des « boîtes à feu intérieures ». Il proposait aussi l'emploi d'un condenseur refroidi par des courants d'air.

La place nous manque pour suivre Watt dans tous ses projets pour le perfectionnement et l'application de la machine à vapeur. Il faut nous borner à décrire quelques-uns des plus importants et des plus ingénieux. La plupart des contrats que passaient Boulton et Watt leur assuraient, pour prix de leurs machines, une fraction — habituellement un tiers — de la valeur du combustible économisé par la substitution de la machine de Watt à celle de Newcomen ; le montant de cette redevance devant être payé annuellement ou par semestre, et l'acheteur conservant la faculté de s'en libérer d'un seul coup au bout de dix ans. Ce genre de marché obligeait à déterminer souvent, et avec précision, le travail fait et le combustible dépensé, tant par la nouvelle machine que par celle dont elle prenait la place. Il était impossible de s'en rapporter pour cela à l'observation pure et simple du nombre de coups de piston fournis. Watt imagina donc {( un compteur » semblable à ceux pour le mesura ge du gaz, que tout le monde connaît aujourd'hui. C'est, comme on sait, une série de roues faisant mouvoir des aiguilles sur divers cadrans, dont le premier marque les dizaines, le deuxième les centaines, le troisième les milliers, etc., de coups de piston ou de tours. Le mouvement était communiqué à ce mécanisme par le moyen d'un pendule monté sur le balancier, dont il répétait les oscillations. On employait quelquefois 8 cadrans; le compteur, fixé à demeure et fermé à clef, ne s'ouvrait qu'une fois par an, quand il s'agissait de relever le travail exécuté pendant les jlouze mois précédents.

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