‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 62 sur 141 · LE RÉGULATEUR CENTRIFUGE · texte numérisé non relu

LE RÉGULATEUR CENTRIFUGE

Uapplicalion de la nouvelle machine à des travaux pour lesquels une vitesse très régulière était indispensable, conduisit Watt à disposer, dans le tuyau d'admission de vapeur, une soupape de réglage ou « soupape à gorge » qu'on manœuvrait à la main et qui permettait de régler, à tout moment et au degré voulu, la quantité de vapeur envoyée à la machine. On donne aujourd'hui à cette soupape bien des formes diverses, mais elle est encore faite le plus souvent comme Watt l'avait disposée à l'origine.

Fi g. 32. — Le gouverneur (régulateur).

C'est, ou un disque circulaire qui ferme exactement le tuyau quand il est placé perpendiculairement à sa longueur, ou un disque elliptique qui intercepte la communication quand il se trouve faire, avec l'axe du tube, un angle d'un peu moins de 90°. Ce disque est monté sur un pivot, qui traverse le tuyau de part en part et porte extérieurement, à l'une de ses extrémités, un bras de levier, qui permet de le placer dans une position quelconque. Quand son plan est parallèle à l'axe du tuyau, il n'offre que très peu de résistance au passage de la vapeur qui se rend au cylindre ; placé dans la position inverse, il l'intercepte entièrement et fait stopper la machine ; il est incliné à chaque instant sous un angle tel que la vitesse soit juste ce qu'elle doit être

1*20 LA xMACHINE A VAPECR MODERNE.

à ce moment. Dans le dessin de la machine à double effet avec volant (flg. 34), on aperçoit ce registre en T, avec le régulateur chargé de le manœuvrer.

Ce « régulateur à boules », comme il est souvent appelé à cause de sa disposition, fut encore une autre des inventions secondaires, mais essentielles de Watt. Deux lourdes balles de fer ou de bronze BB' (fig. 32) sont suspendues par des goujons CC, à une petite traverse fixée au sommet d'un axe vertical AA' que la machine fait tourner. Toutes les variations de vitesse de celle-ci se transmettent donc à cet axe. Plus les balles tournent vite, plus elles s'écartent l'une de l'autre; si la vitesse diminue au contraire, les balles, tournant plus lentement autour de Taxe, s'en rapprochent. Tant que la vitesse de la machine se maintient uniforme, les boules restent à la même distance de Taxe et, par suite, à la même hauteur; celle-ci étant déterminée parle rapport entre la gravité et la force centrifuge, dans la position (l'équilibre. La hauteur du point de suspension au-dessus des balles est toujours égale à 9,78 pouces, divisé par le carré du nombre de révolutions accomplies dans une

9 78 seconde, c'est-à-dire : h = -1-. *.

Les bras qui portent les balles, ou ces balles elles-mêmes, sont articulés avec des tiges MM', reliées à une douille NN' qui peut glisser librement le long de l'axe. Dans une rainure T, ménagée sur cette pièce, s'engage un levier V, agissant sur la tigeW, laquelle, suivant la position de la douille, ouvre plus ou moins l'arrivée de la vapeur, de façon à maintenir à la machine une vitesse à peu près constante. La transmission de mouvement entre le régulateur et la soupape à gorge ou les appareils de détente variable se voit, non seulement dans le dessin de la machine de Watt à double effet (flg. 34), mais aussi dans ceux des machines de Green et de Corliss (flg. 97, 98 et 99). Ce dispositif avait été précé- •demment employé h régulariser le mouvement des roues

\. Soit en mesures françaises : h. met. = ^ (N« du trad.).

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