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LES SUCCESSEURS DE BAULÏON ET WATT

n'était pas Tinventeur de la nouvelle machine et ne conservait pas les privilèges légaux dont il jouissait précédemment.

Le jeune Boulton et le jeune Watt n'étaient plus les Boulton et les Watt d'autrefois ; et eussent-ils possédé tout le talent commercial et le génie inventif de leurs pères, ils n'auraient pu retenir entre leurs mains une industrie, dont le développement devenait maintenant beaucoup plus rà^ pide que ne pouvait l'être celui de la puissance productive d'un seul établissement. Par toute l'Angleterre, même sur le continent européen et jusqu'en Amérique, des milliers de mécaniciens de profession et une foule d'autres personnes ayant du goût pour la mécanique, s'étaient familiarisés avec les principes de la nouvelle machine et méditaient sur le parti qu'on en pourrait tirer pour tous les travaux auxquels elle a été depuis appliquée. Une multitude d'ouvriers enthousiastes, un bien plus grand nombre encore de visionnaires et de rêveurs ignorants, essayaient de tous les procédés imaginables, dans le vain espoir d'arriver par quelques modifications ou perfectionnements, à la réalisation du mouvement perpétuel ou d'autres conceptions à peu près aussi absurdes. Partout où un ouvrier réussit à monter un atelier et à se faire une réputation locale dans le travail des métaux, on vit s'élever des établissements pour la construction des machines à vapeur; et un grand nombre des ouvriers de Watt quittèrent Soho pour prendre la direction des travaux dans ces nouvelles maisons. Presque toutes les grandes usines, aujourd'hui célèbres par leur étendue et l'importance de leur production, non seulement dans la Grande-Bretagne, mais en Europe et aux États-Unis, prirent naissance pendant cette seconde période de l'application de la machine à vapeur.

Les nouveaux établissements se formèrent, en général, par l'agrandissement d'anciens ateliers d'un caractère plus modeste, et furent dirigés par des élèves de Watt, ou par des hommes dont l'éducation s'était faite dans des conditions plus propres encore à leur aiguiser l'intelligence , c'est-àdire, par ceux qui s'étaient longtemps efforcés de lutter, à force d'ingéniosité et d'habileté manuelle, contre la maison

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de Soho, si puissante par son monopole et sa grande expérience des affaires.

II fut d'abord extrêmement difficile de trouver des ouyriers habiles et consciencieux, et les outils employés à la construction des machines n'avaient pas atteint la même perfection que la machine elle-même. Néanmoins ces obstacles furent peu à peu surmontés et, dès lors, la nouvelle industrie prit un accroissement rapide.

Toutes les formes importantes de machine avaient maintenant été inventées. Watt avait perfectionné, avec l'aide de Murdoch, aussi bien la machine d'épuisement que la machine d'atelier. Il avait inventé la machine à fourreau, et Murdoch avait imaginé la machine oscillante et le tiroir glissant ; il avait fait un modèle de machine locomotive, pendant que Hornblower introduisait la machine à deux cylindres. L'application de la vapeur à la navigation avait souvent été proposée, et quelquefois essayée avec assez de succès pour faire prévoir à l'observateur intelligent une réussite finale. Il ne restait plus qu'à étendre l'emploi du nouveau moteur à toutes les branches connues de l'industrie, et à effectuer les perfectionnements de détail dont l'expérience devait faire reconnaître la nécessité.

Les machines de Héron, de Porta et de Branca étaient, on s'en souvient, sans condensation ; mais le premier projet d'une machine de cette espèce qui pût être de quelque utilité réellement pratique, est celui donné dans le Theatrum machinarum de Leupold, publié en 1720. Le dessin en est reproduit ci-contre (fig. 44). Leupold affirme que ce système fut proposé par Papin. La machine devait se composer de deux cylindres à simple effet r, s, recevant alternativement la vapeur que leur amenait un même tube muni d'un « robinet à quatre voies » x, lequel servait aussi à la faire écouler ensuite dans l'atmosphère. La vapeur est produite dans la chaudière a; et les pistons c, d, alternativement soulevés et abaissés, font descendre et monter les tiges de pompes ft, I, auxquelles ils sont reliés par des balanciers h, g, oscillant autour des centres t, i. Ueau puisée par les pompes est refoulée dans le tuyau vertical q et s'écoule par son extré-

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