‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 77 sur 141 · MACHINES D'EVANS · texte numérisé non relu

MACHINES D'EVANS

de farine et marchant à raison de 50 milles en 24 heures; chacune de ces voitures aurait remplacé 10 chariots attelés de 5 chevaux.

Dans le dessin ci-dessus donné de VOruktor Amphibolis, on voit que la machine ressemble à celle précédemment décrite. La roue A est mise en mouvement par une bielle suspendue à Textrémité d'un balancier BB', dont Tautre extrémité est soutenue en F par le cadre EF6. Le corps de la machine est porté sur des roues KK, auxquelles des courroies MM transmettent le mouvement de la poulie placée sur l'arbre qui porte la roue A. On voit en W la roue à palettes. Quelque temps auparavant, Evans avait envoyé Joseph Sampson en Angleterre, avec des copies de ses plans, que celui-ci fit voir à Trevithick, Vivian et autres ingénieurs anglais.

Entre autres inventions, la chaudière à carneau intérieur, aujourd'hui d'un usage général dans le Cornouailles, et celle à deux carneaux du Lancashire, furent imaginées et employées par Evans.

Vers le temps où il était occupé de sa dragueuse à vapeur, Evans était en relation avec MM. Mc-Keever et Valcourt, qui signèrent avec lui un traité pour la construction d'une machine, destinée à un bâtiment à vapeur qui devait faire le service entre la Nouvelle-Orléans et Natchez surleMississipi ; la coque du navire devait être construite sur le fleuve et la machine envoyée dans la première de ces deux villes pour y être montée à bord. Des difficultés financières et les basses eaux empêchèrent l'achèvement du steamer ; de sorte que la machine fut employée pour faire marcher une scierie, où elle débitait du bois à raison de 250 pieds de planches par heure; elle fut détruite par un incendie.

Evans ne parvint jamais à obtenir en Amérique d'aussi grands succès que Watt dans la Grande-Bretagne ; il n'en continua pas moins à construire des machines à vapeur jusqu'à sa mort, arrivée le 19 avril 1819, et eut pour successeurs ses deux gendres, James Rush et David Muhlenberg.

Il montra autant d'intelligence et d'ingéniosité à per-

THURSTON. I, — il

fectionncr les procédés de mouture qu'à apporter des améliorations dans ses affaires de meunerie. Il n'avait que vingtquatre ans lorsqu'il inventa une machine à faire les dents de cardesen ûl métallique, pour le travail du coton et de la laine; cette machine en faisait 3,000 par minute. Un peu plus tard il inventa une machine à poser les cardes, qui coupait le fil de la bobine, pliait les dents et les plantait dans la monture. Pour les moulins, il inventa toute une série de machines et de combinaisons mécaniques, telles que l'élévateur, le transporteur {conveyor)y la trémie {hopper-box) , la vis d'Archimede {dnll)y le descender; le meunier put ainsi faire de plus belle farine, gagner plus de 20 livres par baril, et obtenir ces résultats avec moitié moins de frais de conduite. L'adoption de ces perfectionnements aux moulins Ëllicot près de Baltimore, où Ton faisait 325 barils de farine par jour, permit de réaliser une économie évaluée à 5,000 dollars par an sur les frais de main-d'œuvre, et à plus de 30,000 par l'augmentation des produits obtenus. Il écrivit le Guide du jeune mécanicien à vapeur^ et un ouvrage qui continua à faire autorité bien des années après sa mort : le Guide du jeune constructeur de moulins ^ », Moins heureux que son rival d'Europe, il n'en fut pas moins également digne de célébrité. On l'a quelquefois appelé « le Watt de l'Amérique ».

L'application de la vapeur à la locomotion sur les routes ordinaires réussit beaucoup mieux dans la Grande-Bretagne qu'aux États-Unis. Dès 1786, William Symmington, qui, par la suite, fut plus heureux dans ses efforts pour introduire la propulsion à vapeur dans la marine, construisit, avec l'aide de son père, un modèle de voiture à vapeur, qui toutefois ne conduisit pas à d'importants résultats.

En 1802, Richard Trevithick, un des élèves deMurdoch, dont le nom se trouva plus tard intimement lié à la création des chemins de fer, construisit un modèle de voiture à vapeur qui fut breveté la même année. On peut voir encore

i. The Young Steam-Engineer's Guide, 2. The Young Millwright's Guide.

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