‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 84 sur 141 · VOITURES A VAPEUR DE HANCOCK · texte numérisé non relu

VOITURES A VAPEUR DE HANCOCK

pour son usage persouriel, faisait 20 milles à Pheure et circulait dans la ville parmi les chevaux et les voitures, sans gêner ni blesser personne. Sa vitesse ordinaire était d'environ 10 milles à Theure. En tout, Hancock construisit 9 voitures à vapeur, capables de transporter 116 voyageurs en sus des conducteurs ^

En décembre 1833, environ 20 voitures à vapeur et locomotives routières circulaient ou étaient en cours de construction, à Londres et aux environs. Aux États-Unis, le mauvais état des routes décourageait les inventeurs; et même dans la Grande-Bretagne Tadoption des locomotives routières qui, un moment, semblait presque un fait accompli, finit par se heurter à tant d'obstacles que Hancock luimême, cet inventeur si ingénieux, si persévérant, si favorisé par le succès, abandonna la partie en désespoir de cause. Une législation hostile obtenue par des adversaires intéressés, et les progrès rapides de la locomotion à vapeur sur les chemins de fer, amenèrent ce résultat.

On ne fit presque plus rien dans cette voie pendant le quart de siècle suivant ; et, quoique les études semblent n'avoir jamais été entièrement abandonnées, c'est seulement dans ces derniers temps qu'on a pu obtenir, avec les locomotives routières, quelques résultats ayant une valeur à peu près industrielle.

L'opposition des propriétaires de diligences et de tous les individus ayant un intérêt dans ces entreprises, fut des plus opiniâtres. Ils montrèrent dans la lutte un incroyable acharnement. Mais les partisans du nouveau système de transport n'étaient pas moins décidés et persévérants; et comme ils avaient le droit de leur côté, et en vue l'avantage matériel du public, ils eussent probablement fini par réussir, sans l'apparition de la méthode encore meilleure du transport sur les rails.

Dans l'été de 1831, au moment où la lutte entre les deux partis était la plus vive, une commission de la Chambre des

1. Pour une histoire détaillée des progrès de la locomotion à vapeur sur les grandes routes, YoirSteam on Common Roadsf etc., par Young, Holley et Fisher. Londres, 1861. •

communes fit une enquête très complète sur la question. Cette commission arrivait dans son rapport à conclure que (( la substitution aux animaux de moteurs inanimés, pour la traction sur les routes ordinaires, constitue Tun des plus importants perfectionnements qu'on ait jamais introduits dans les moyens de communication ». Les commissaires considéraient la possibilité de la réalisation pratique de ces idées comme « pleinement établie », et prédisaient (( que la rapidité delà mise en service dépendrait de la façon dont le public encouragerait les savants à perfectionner le système proposé )>. Le succès de celui-ci avait, disaient-ils, été retardé par les préjugés, les intérêts adverses, les péages prohibitoires ; et la commission remarque : « Quand nous considérons que ces essais ont eu lieu dans les circonstances les plus défavorables, à grands frais, avec une incertitude complète, sans aucun de ces guides que Texpérience fournit aux autres branches des arts mécaniques; que ceux qui s'en occupent n'ont en vue que leurs propres intérêts, et ne sont pas des théoriciens cherchant la perfection de modèles ingénieux ; quand nous les trouvons convaincus, après une longue expérience, qu'ils sont sur la voie d'introduire un mode de transport susceptible d'attirer le public par la supériorité de ses avantages, au point de lui faire déserter les admirables services de diligences établis partout, il nous est certainement impossible de prétendre que l'introduction des voitures à vapeur n'est encore qu'un essai sans portée, indigne de l'attention du législateur. »

Farey, l'un des ingénieurs-mécaniciens les plus distingués du temps, affirma qu'il considérait la possibilité d'appliquer pratiquewient ce système, comme suffisamment démontrée pour en assurer l'adoption générale. Gurney avait fait faire à «^ voiture de 20 à 30 milles à l'heure ; Hancock pouvait soA^tenir une vitesse de 10 milles; Ogle en avait fait jusqu'^ 32 et 35, et avait remonté une pente au 1/6 avec une vitesst de 24 1/2 milles ; Summers en avait gravi une du 1/12, avec 19 voyageurs à la vitesse de 15 milles à' l'heure ; il avait soutenu pendant 4 1/2 heures une vitesse de 30 milles. Farey pensait que les frais de transport par

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