LES LOCOMOTIVES ET LES RAILWAYS
protéger au moyen de plaques de fonte fixées dessus. La connaissance et l'emploi de ce procédé se répandirent rapidement. Un tramway construit à Sheffield, en 1776, pour le duc de Norfolk, était composé de barres de fonte quadrangulaires disposées sur des Jongrines en bois; un autre, exécuté en 1789 par William Jessup en Leicestershire, avait un rail en forme de cornière, et les roues étaient munies de mentonnets comme celles d'aujourd'hui. La conicité de la jante, qui prévient l'usure des mentonnets et réduit la résistance à la traction, ne fut inventée que quarante ans plus tard par James Wright de Golumbia (Pensylvanie). Le chemin de fer moderne n'est autre chose que le résultat des perfectionnements successifs apportés à l'ancienne route à ornières, et de l'usage de la machine à vapeur pour traîner les véhicules.
Ainsi donc, au commencement du xix® siècle, les deux éléments essentiels du chemin de fer moderne étaient prêts : la machine à vapeur avait reçu une forme tout à fait pratique, et la voie à ornières étaitassez perfectionnée, pour qu'on pût entreprendre sans crainte de la construire d'une manière durable; les inventeurs s'étaient graduellement préparés à fondre en un système unique la traction à vapeur et la voie de fer. Des chemins de fer avaient été établis dans toutes les parties de la Grande-Bretagne, quelquesuns d'une longueur considérable; et les intérêts de tant de particuliers s'y trouvaient impliqués, que leur construction dut être soumise à l'autorisation d'actes législatifs. En 1805, le Merstham railway fut ouvert à la circulation, et on rapporte qu'un jour un seul cheval put y traîner à la descente, sur une pente au 1/120, un train de 12 wagons, portant 38 tonnes de pierre, à la vitesse de 6 milles par heure.
Richard Trevithick fut le premier ingénieur qui appliqua la machine à vapeur au remorquage des fardeaux sur les voies ferrées. Trevithick était né à Redruth en Cornouailles. Il était naturellement fort adroit et fut confié par son père à Murdoch, le collaborateur de Watt, qui dirigeait le montage des machines d'épuisement dans le Cornouailles. C'est sans doute à ce mécanicien ingénieux et accompli que le
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jeune Trevithick dut à la fois l'habileté et les coDuaissances qui, jointes à son laleut naturel, à son esprit industrieux et entreprenant, lut permirent d'accomplir l'œurre
' qui l'a rendu célèbre. On lui confia bientôt le soin d'établir et de diriger de grandes machines d'épuisement, et plus
' tard il se mil à construire lui-même des machines à vapeur,
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en société avec un autre ingénieur, Edward Bull, qui, ainsi que Hornblo^ver et d'autres, prit une part active à la lutte engagée contre les brevets de Boulton & Watt. Le résultat de ces procës, qui affirmèrent la validité des brevets, ruina leur industrie. Trevithick se mit en quête d'ouvrage, et, peu après, s'associa avec un de ses parents, André Vivian, qui était aussi un mécanicien fort babile. Ils conçurent ensemble et firent breveter la machine à vapeur dont nous avons déjà parlé. Elle avait réussi d'une manière assez satisfaisante pour faire naître une pleine confiance dans un