‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 14 sur 87 · SYMMINGTON ET HENRY BELL · texte numérisé non relu

SYMMINGTON ET HENRY BELL

6 heures, malgré un vent debout très violent, cette distance d'environ 20 milles.

Les propriétaires du canal furent alors pressés d'adoptei" le nouveau système de touage; mais ils s'y refusèrent, craignant les dégradations qui pouvaient en résulter pour les berges. Lord Dundas soumit la question au duc de Bridgewater qui commanda à Symmington, pour son canal, huit bateaux pareil^ à la Charlotte Dundas, La mort du duc

Fig. 15. — La Charlotte Dundas. 1801.

vint toutefois empêcher l'exécution de ce contrat, et Symmington désespéré renonça encore une fois à ses projets. Un quart de siècle plus tard, il reçut du gouvernement anglais 100 livres sterling, et un peu après 50 autres encore, en reconnaissance de ses services. La Charlotte Dundas fut démontée et Ton n'en entendit plus parler.

Mais, parmi ceux qui avaient vu ce bâtiment et apprécié l'importance des résultats obtenus par Symmington, se trouvait Henry Bell, qui, dix ans plus tard, construisit la Comète (pi. VII, fig. 3), le premier bateau pour voyageurs qui ait existé en Europe. Commencé en 1811 et terminé le 18 janvier 1812, il jaugeait 30 tonneaux, avait 40 pieds de long et 10 pieds et demi de largeur de bau. Il était muni, de chaque côté, de deux roues à aubes mues par des machines de 3 chevaux.

Bell s'était, dit-on, montré dès 1786 enthousiaste fermement convaincu des avantages que devait procurer cette

application de la vapeur. En 1800, et de nouveau en 1803, il s'adressa àrAmirautébritanniquepourobtenirles moyens de lui assurer ces avantages, en déterminantparexpérience la forme et les proportions les plus convenables pour la machine et le bâtiment. Mais il ne putconvaincre ces hauts personnages de «la possibilité pratique et de la grande utilité d'appliquer la vapeur à la propulsion des vaisseaux contre vents et marées, et en général contre tout obstacle qu'on pouvait rencontrer sur les mers ou les rivières, pourvu qu'on y trouvât la profondeur d'eau suffisante ». 11 écrivit aussi au gouvernement des États-Unis, pour lui recommander ses projets avec la même ardeur.

Quand le bateau de Bell fut terminé, il l'annonça comme un navire destiné au transport des voyageurs, qui devait faire régulièrement le service entre Greenock, où il avait été construit, et, Glasgow situé à 24 milles de distance. Il devait partir les lundis, mercredis et vendredis de chaque semaine, et faire le voyage de retour les mardis, jeudis et samedis. Le prix de la traversée était de « 4 shillings pour la meilleure cabine et trois pour la seconde». Quelques mois s'écoulèrent avant que le bâtiment fût considéré par le public comme constituant up moyen de transport auquel on pût se fier. En résumé Bell fit au début de grandes pertes dans l'affaire, bien que son bateau fût très solide et fort bien établi.

Ce même inventeur construisit plusieurs autres bateaux en 1815, et leur réussite inaugura définitivement la navigation à vapeur dans la Grande-Bretagne. En 1814, il n'y avait que 5 steamers, tous écossais, fonctionnant régulièrement dans les eaux britanniques; en 1820, il en existait 34, dont la moitié en Angleterre, 14 en Ecosse et les autres en Irlande. Vingt ans après, à la fin delà période que nous étudions spécialement dans ce chapitre, il se trouvait dans les trois royaumes environ 1325 bâtiments à vapeur, do nt 1,000 anglais et 250 écossais.

Mais il nous faut revenir en Amérique pour être témoins du premier et du plus complet succès, au point de vue commercial, de l'introduction des steamboats.

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