LIVINGSTON
MM. Stevens, Livingston, Fulton et Roosevelt y furent les pionniers les plus heureux de cette entreprise. On rapporte que le dernier construisit la Polacca, petit bateau à vapeur lancé sur la Passaïc en 1798. Il avait 60 pieds de long. Sa machine, de 20 pouces de diamètre de cylindre et 2 pieds de course de piston, lui fit faire 8 milles à Pheure, dans une promenade où il transporta une société d'invités, dont faisait partie le ministre d'Espagne. Livingston et John Stevens avaient déjà^ amené Roosevelt à essayer leurs systèmes, en payant eux-mêmes les frais des expériences. Le premier adopta la méthode de Bernoulli et Rumsey, c'est-à-dire se servit d'une pompe centrifuge pour refouler un jet d'eau qui s'écoulait par l'arrière ; le dernier employa l'hélice. Livingston se rendant en France comme ministre des États-Unis, Barlow acheva les plans de la Polacca, et les amis de Roosevelt rapportent qu'un bateau construit par eux, de concert avec Fulton, était un sistership de ce bâtiment*. En 1798, Roosevelt fit breveter une machine double actionnant deux manivelles à angle droit. Mais ce ne fut qu'en 1814 qu'il reçut un brevet pour un navire à vapeur muni de roues à aubes, dans lesquelles la longueur des palettes pouvait se régler à volonté. Certains auteurs assurent que son bateau de 1798 fut exécuté de compte à demi avec Livingston et Stevens. Quelques années plus tard, Roosevelt était encore une fois à l'œuvre, associé avec Fulton, pour l'introduction de la navigation à vapeur sur les fleuves de l'Ouest ^
En 1798, la législature de New- York vota une loi donnant à Livingston le monopole exclusif de la navigation à vapeur dans les eaux de l'État, pendant une période de vingt années, pourvu qu'avant un an il parvînt à construire un bateau capable de faire 4 milles à l'heure.
Livingston ne réussit pas à satisfaire à ces conditions ;