‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 27 sur 87 · ERICSSON · texte numérisé non relu

ERICSSON

Tautre, tournant en sens inverse, et portant Pun une hélice dextrorsum, Tautre une hélice sinistrorsum. Ces deux hélices avaient 5 1/4 pieds de diamètre. Dans son voyage d'essai, ce petit steamer atteignit une vitesse de 10 milles à Theure. Sa puissance comme remorqueur fut trouvée très satisfaisante; il remorqua un schooner de 140 tonneaux à raison de 7 milles à Pheure, et put amener dans la Tamise le grand paquebot américain Toronto avec une vitesse de 5 milles.

Ericsson s'efforça d'intéresser l'Amirauté britannique à ses études, et tout ce qu'il obtint fut d'emmener avec lui les lords de l'Amirauté dans une excursion sur le fleuve. Le nouveau système n'éveilla aucun intérêt, et rien ne fut fait par les autorités maritimes. Le capitaine Beaufort, un des excursionnistes, se contenta d'écrire à l'inventeur une note dans laquelle il disait que les résultats obtenus avec ce petit bâtiment n'avaient pas répondu aux espérances et k l'attente de ses collègues. Tous les intérêts des ateliers de construction de machines à vapeur qui existaient alors étaient opposés à l'innovation proposée. Et le conservatisme proverbial des marins et de l'administration de la marine contribua à faire rejeter les plans d'Ericsson.

Heureusement pour les États-Unis, il se trouva qu'à cette époque ils avaient en Angleterre des représentants de l'ordre civil et maritime aussi hardis qu'intelligents. Le consul à Liverpool, M. Francis B. Ogden, de New-Jersey, connaissait quelque peu les machines et la navigation à vapeur. Il avait vu, longtemps auparavant, les plans d'Ericsson, et en avait immédiatement apprécié la valeur. Il eut assez de confiance dans le succès pour mettre des capitaux à la disposition de l'inventeur. Le petit bateau à hélice dont nous venons de parler fut construit avec des fonds dont il avait fourni une partie, et baptisé, en son honneur, du nom de Francis Ogden,

Le capitaine Robert F. Stockton, officier de la marine des États-Unis, originaire aussi du New-Jersey, se trouvait alors à Londres et fit, avec Ericsson, une excursion sur VOgden, Il fut immédiatement convaincu des avantages

(le cette nouvelle méthode et commanda à Tingéniéur deux steamboatsen fer à hélice pour les États-Unis. C'est alors qu'Ericsson fut amené par MM. Ogden et Stockton à venir habiter dans ce pays\ VOgdcii fut envoyé à la voile en Amérique, en avril 1839, et vendu à la Compagnie du canal delà Deiaware au Raritan. Son nom fut changé, et sous celui de New-Jersey il resta longtemps en service.

Le succès du bateau construit par Ericsson était si évident que, malgré l'inertie des autorités navales anglaises, une Compagnie particulière se fonda en Angleterre en 1839, pour exploiter les brevets de F.-P. Smith. Cette « Compagnie pour la propulsion des navires » (Ship-propellcr Company), construisit un bâtiment d'expérience appelé l'^rc/iimede, dont le voyage d'essai eut lieu le U octobre de cette même année. La vitesse obtenue fut de 9,64 milles à l'heure. C'était, sous tous les rapports, un résultat satisfaisant; le navire fit un grand nombre de voyages d'un port à l'autre et linil par accomplir le tour de la Grande-Bretagne. Pourtant l'entreprise ne réussit pas financièrement, et la Compagnie perdit beaucoup sur la vente du bâtiment. L'.'1rc7imià/c avait 125 pieds deiong, 21 pieds 10 pouces (le large, tirait 10 pieds d'eau et jaugeait nominalement 232 tonneaux. Les machines avaient une puissance de 80 chevaux. Smitli avait fait ses premières expériences en 1837, avec une petite embarcation de 6 tonneaux, mue par une machine dont le cylindre avait 6 pouces de diamètre et le piston 15 pouces de course. Un banquier de Londres, M. Wright, avait fourni les fonds nécessaires.

lîennett Woodcroft avait aussi expérimenté l'hélice dès 1832 sur rirwcll, près de Manchester, dans un bateau de 55 tonneaux. 11 employait des hélices jumelles à pas progressif, ayant chacune deux pieds de diamètre, et tournant en sens opposés. La vitesse atteignit 4 milles à l'heure.

Des expériences faites plus tard (en 1843) sur l'hélice à pas progressif, concurremment avec Thélice à pas constant de Smith, établirent très nettement la supériorité delà

1. Cet inventeur (listin*îiié réside encore à New-York (1878).

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