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L'HÉLICE

tioDs apportées par Ericsson aux anciens systèmes, il faut citer le condenseur par surface, avec pompe à circulation manœuvrée par une petite machine indépendante.

On constata que Phélice possédait, comme organe de propulsion, de nombreux avantages sur la roue à aubes. Son emploi réduisait beaucoup le prix de la machine ; et si les frais d'entretien se trouvaient un peu augmentés, ce désavantage était plus que compensé par Timmense économie que les machines à hélice permettaient de réaliser dans Ja marche des bâtiments.

Quand un navire est mû par des aubes, son mouvement produit, par suite du frottement contre Teau, des flancs et du fond, un courant dirigé dans le sens de la marche, qui suit le vaisseau pendant quelque temps, en diminuant peu à peu de vitesse, et finit par la perdre tout entière au contact de la masse liquide ambiante. La force employée à produire ce courant est, dans le steamer à aubes, entièrement perdue. Dans les navires à hélice, au contraire, le propulseur fonctionne au milieu même du fluide entraîné, et son action tend précisément à le ramener au repos. Il reprend donc ainsi et utilise une grande partie de cette force qui, autrement, eût été perdue. De plus l'hélice est complètement immergée et agit, en conséquence, d'une façon plus efficace. Sa rotation est douce et rapide, ce qui permet l'emploi de machines petites, légères et à grande vitesse. Cette dernière circonstance apporte une économie de poids et d'espace ; non seulement elle épargne les frais de transport de tout l'excès de poids qu'aurait une machine plus volumineuse, mais l'espace ainsi rendu libre pouvant être employé au chargement d'une cargaison rémunératrice, le bénéfice se trouve en réalité doublé. En outre les machines à grande vitesse sont, toutes choses égales d'ailleurs, celles qui consomment le moins de vapeur ; d'où économie de ^ combustible, économie du poids et de la place qu'il occuperait à bord et que peut remplacer encore la marchandise transportée. La substitution de l'hélice aux roues se trouva donc produire un bénéfice direct considérable. Enfin elle eut encore indirectement quelques autres avan-

tages, comme celui de débarrasser le pont d'une machine encombrante et de l'arbre des roues, de permettre un meilleur arrimage de la cargaison, une plus grande facilité d'établir et d'employer les mâts et la voilure. Les énormes tambours des roues fixés aux flancs du navire, eu prise au vent et à la mer, entravaient beaucoup la marche, et leur suppression est encore un avantage incontestable.

Pendant quelques années, l'hélice fut regardée généralement comme un simple auxiliaire des voiles. Plus tard, elle devint au contraire le moteur essentiel. Les bâtiments simplifièrent leur gréement et diminuèrent la surface de leur voilure, qui ne fut plus à son tour qu'un simple auxiliaire de la machine à vapeur.

En novembre 1843, le steamer à hélice 31idas, capitaine Poor, petit bâtiment gréé en schooner, partit de New- York pourla Chine. C'était probablement le premier voyage d'une telle étendue entrepris par un navire à vapeur. Au mois de janvier suivant, VEdith, capitaine Lewis, bâtiment à hélice grééenbarque, partit du même port pour l'Inde et la Chine. Le Massachusetts, capitaine Forbes, vapeur à hélice d'environ 800 tonneaux, partit pour Liverpool le 15 septembre 1845. C'était le premier voyage d'un transatlantique américain portant des passagers, depuis l'expédition aventureuse du Savannah, un quart de siècle auparavant. Deux ans après, grâce surtout aux efforts du capitaine R.-B. Forbes, des entrepreneurs américains avaient introduit les steamers, tant à hélice qu'à roues, sur les fleuves de la Chine ; et la navigation à vapeur se trouvait définitivement établie d'un bout à l'autre du globe.

Quand on compare les steamers à hélice d'aujourd'hui avec les meilleurs types de steamers à roues, leur supériorité est tellement marquée, qu'on peut être surpris du temps qu'il a fallu pour accomplir cette transformation. La cause en est sans doute que cette révolution en entraînait une autre complète dans l'organisation des machines marines, par suite de la substitution, à des roues tournant lentement, d'une hélice qui doit être au contraire animée d'un mouvement très rapide. Remplacer de lourdes machines, dont

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