PERKINS
est de 75 à 80 livres par pouce carré. Mais les pressions de 100 livres ne sont pas rares, et ou peut regarder ce dernier chiffre comme un u maximum moyen », correspondant à ce qu'était la pression de 60 livres au com-
mencement de la période que nous étudions, c'est-à-dire vers 1850.
Quelques conslructeiirs ont pourtant adopté des pressions beaucoup plus considérables, et plusieurs ingénieurs en ont même essayé d'énormes. Dès 1 823, Jacob Perkins ' commençait à expérimenter la vapeur â des tensions très élevées. Comme nous l'avons déjà dit, les pressions les plus habituelles du temps de Watt ne dépassaient que de quelques livres, 5 ou 7, la pression atmosphérique. Evaus, Trevithick et Stevens avaient employé la vapeur à des pressions de 50 à 75 livres par pouce carré, et déjà aux États-Unis, sur les fleuves de l'Ouest et ailleurs, on était allé jusqu'à 100 et 150 livres; aussi les explosions devenaient-elles d'une fréquence alarmante.
L'appareil expérimental de Perkins consistait en une chaudière de cuivre, de 1 pied cube environ de capacité et dont les parois avaient 3 pouces d'épaisseur. Elle était fermée en bas et en haut, et munie de cinq petits tubes partant de la partie supérieure. On la plaça sur un fourneau, où un tirage forcé produisait une haute température. Dessou-
1. Perkins naquit le 9 juillet 1706 à Newburf porl (Massachusetts), et mourut ï Londi-es le 3 juillet \U9. U se rendit en Angleterre k l'ftge de cinquante-deux ans, pour y proposer si
papes de sûreté, chargées respectivement à 425 et 550 liyres par pouce carré, furent placées sur deux des tubes de prise de vapeur.
Perkins employa la vapeur produite dans ces conditions à faire mouvoir une petite machine dont le piston avait 2 pouces de diamètre et 1 pied de course. La puissance en était estimée à 10 chevaux ^
En 1827, Perkins avait atteint dans une machine à simple elTet et à un seul cylindre, des pressions de plus de 800 livres par pouce carré. Lorsqu'il dépassa 200 livres, il éprouva beaucoup de peine à lubrifier convenablement les organes, parce que toutes les huiles brûlaient et se décomposaient aux hautes températures qui accompagnent ces grandes pressions. Il finit enfin par triompher de cet obstacle qui semblait insurmontable, en employant, pour la confection des parties frottantes, un alliage particulier qui n'exigeait l'emploi d'aucun lubrifiant et devenait même, après quelque usage, d'un si beau poli qu'il donnait moins de frottement que les autres substances lubrifiées. A ces pressions élevées, Perkins semble n'avoir pas rencontré d'autres difficultés sérieuses. Il condensait la vapeur à sa sortie et la renvoyait à la chaudière, mais n'essayait pas de produire le vide dans son condenseur et, par conséquent, n'avait pas besoin de pompe à air. La détente commençait au 1/8 de la course.
La même année, Perkins fit une machine Compound du
1. C'est à propos de cette machine queStuart écrivait en 1824 : «D'après les progrès rapides accomplis par la machine à vapeur pendant ces quarante dernières années, et qui tendent à en faire un moteur d'un usage universel, d'après l'expérience qu'a dû procurer cette extension même de son usage, nous sommes convaincus que toute invention qui en diminuera le poids, sans en amoindrir la puissance, la rendra plus apte à venir en aide aux grands travailleurs de ce monde, le cultivateur et le paysan, pour qtii elle fait encore si peu de chose. A présent on lui fait seulement parfois moudre le grain. Quel honneur pour celui qui saura se servir de sa force pour labourer, semer, herser et moissonner ! » Les progrès réalisés par la machine à vapeur pendant ces quarante années-là ne nous paraissent plus aussi étonnants aujourd'hui. INéanmoins les pensées exprimées dans ees lignes n'ont rien perdu de leur vérité.