Odyssey, Book VUI, p
3. Nous n^avons naturellement pas à traduire ici ces vers de Pope, qui ne sont eux-mêmes que la traduction, aussi magnifique que peu littérale, du texte d*Homère, correspondant aux cinq vers d'Ogilby, rendus plus haut assez exactement par un nombre égal de vers français.
Voici du reste, d'après la traduction en prose de Dugas-Montbel, le passage de VOdyssèe auquel il est fait allusion, et qui, soit dit en passant, semblerait plutôt se rapporter à la connaissance de la boussole qu'à celle de la machine à vapeur : o Dites-moi quel est votre pays, votre peuple, votre ville, afin que de leur propre mouvement nos vaisseaux vous y conduisent. Les navires phéacicns n'ont point de pilotes, point de gouvernails, toutes choses qu'ont les autres navires ; mais ils savent les pensées et les désirs des hommes, et connaissent les villes et les champs fertiles de tous les mortels; ils sillonnent avec rapidité les vagues de la mer, toujours enveloppés dans l'ombre et les nuages; ils n'ont aucune crainte d'éprouver quelque dommage, ni de périr. » {Odyssée, chant VIII, p. 160-161, édition de Firmio- Didot^ 1834.) (N. du tr.)
On rapporte que Farmée romaine, commandée parClaudius Caudex, fut transportée en Sicile dans des bateaux mus par des roues à palettes, que faisaient tourner des bœufs. Vulturius donne des dessins de ces navires.
Peut-être cette application de la puissance de la vapeur a-t-elle été prévue, il y a six cents ans, par le savant moine franciscain Roger Bacon, qui, dans un siècle d'ignorance et de torpeur intellectuelle, écrivait ces lignes :
« Je mentionnerai maintenant de merveilleux produits de Fart et de la nature, dans lesquels il n'y a rien de magique, et que la magie ne pourrait créer. On peut faire des instruments au moyen desquels les plus grands vaisseaux, avec un seul homme pour les diriger, marcheront avec une vitesse plus grande que s'ils étaient remplis de matelots, etc., etc. »
La prophétie poétique de Darwin fut publiée bien des années avant que la machine de Watt en eût rendu possible l'accomplissement partiel ; ainsi, longtemps avant le premier effort heureux, l'esprit des hommes les plus intelligents se trouvait déjà prêt à apprécier l'invention dès qu'elle paraîtrait.
Les auteurs espagnols réclament, comme nous l'avons dit, pour Blasco de Garay, l'honneur d'avoir le premier tenté de faire mouvoir un navire par la vapeur, dans le port de Barcelone, en 15/|3. Le document qui rapporte ce fait, et qu'on présente comme provenant des archives espagnoles de Simancas, dit que le bâtiment jaugeait 200 tonneaux et qu'il était mû par des roues à palettes; il ajoute que les spectateurs virent, bien qu'on ne leur eût pas permis d'examiner de près le moteur, qu'un de ses éléments était un « vase d'eau bouillante » ; et enfin que l'on fit des objections à l'emploi de cet organe de la machine, à cause des dangers d'explosion.
Cette histoire semble quelque peu apocryphe, et l'affaire, en tout cas, n'eut certainement aucun résultat utile.
Dans un mémoire anglais anonyme, publié en 1651, et que Stuart suppose avoir été écrit par le marquis de Worcester, on parle assez vaguement de quelque chose qui peut