‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 41 sur 87 · MACHINE DE CORNOUAILLES. Î · texte numérisé non relu

MACHINE DE CORNOUAILLES. Î

soupapes, qui sont bien mieux établies et mieux proportionnées, on est parvenu à donner à la machine un peu plus de vitesse et à en obtenir beaucoup plus de travail. Elle n'en reste pas moins un appareil énorme, coûteux et incommode, exigeant des fojidations dispendieuses, des soins tout spéciaux, une adresse et une expérience exceptionnelles pour la bien conduire. Aussi tend-elle peu à peu à disparaître. La figure 97 en est une coupe, indiquant la disposition que lui donnent aujourd'hui les bons constructeurs.

En la comparant avec la machine de Watt, d'un siècle plus ancienne, on peut apprécier tout de suite de quelles modifications est susceptible une machine, même après qu'elle est devenue complète, c'est-à-dire pourvue de tous ses organes essentiels.

Dans cette figure, A est le cylindre auquel la vapeur arrive de la chaudière par la lumière M. Cette vapeur pénètre d'abord au-dessus du piston, le fait descendre rapidement, et soulève ainsi la maîtresse-tige E. Bientôt après l'admission est coupée par la fermeture soudaine de la soupape M ; la course du piston s'achève sous l'action de la vapeur qui se détend, aidée par l'inertie des lourds organes en mouvement. Le plus souvent, quand la machine travaille à l'épuisement de mines profondes, le poids et l'inertie nécessaires sont assurés par la longueur même des lourdes tiges de pompe. Si ce poids n'est pas suffisant, on ajoute le complément voulu; dans le cas contraire, on l'équilibre en partie. Quand la course est terminée, la « soupape d'équilibre » s'ouvre, et, la vapeur se répandant à la fois sur les deux faces du piston, les pressions s'annulent; la maîtressetige descend alors, refoulant l'eau et soulevant le piston à vapeur. L'absence de manivelle, ou de tout autre organe pouvant limiter exactement la longueur de course, oblige à proportionner avec précision la quantité de vapeur admise au poids à soulever. Si la course venait à s'allonger de manière à faire craindre un choc du piston contre le fond du cylindre, l'étendue en serait limitée par des poutres élastiques faisant office de tampons. La distribution est manœu-

vrée par uoe poutrelle JK. comme dans la machioede Watt. Le mouvement est réglé par une « cataracte », sorte de régulateur hydraulique, formé d'uo piston plongeur pressant sur un matelas d'eau et d'un réservoir. Ce piston est soulevé par la machine, puis retombe automatiquement d'une chute plus ou moins rapide, suivant les diniensioDS de l'orifice de sortie de l'eau, qu'on peut régler à la maÎD.

Quand il atteint le fond du corps de pompe, il repousse nn cliquet et permet ainsi à un poids d'agir sur la soupape d'admission pour l'ouvrir; la machine donne alors un coup de piston. Quand l'oriUce de la cataracte est presque fermé, la machine s'arrête pendant le temps assez considérable que le plongeur emploie pour desceodre, et les coups de piston se succèdent à de longs intervalles. Si l'ouverture est plus grande, la cataracte agit plus rapidement et le mouvement s'accélère.

Jusqu'à ces derniers temps, cette machine a été consi-

POMPES A VAPEUR. lOO

dérée comme Pappareil d'épuisement le plus économique ; elle est encore généralement employée dans les mines et dans tous les cas d'ailleurs où Ton peut utiliser, pour équilibrer Faction de la vapeur, le poids même des tiges de pompe ; rinertie de ces lourdes masses entretient le mouvement après que la vapeur, en se détendant, a perdu une partie de sa pression primitive.

Dans cette machine, un balancier élégant et solide D a remplacé la poutre grossière des anciens temps; il est supporté par un fort pilier en maçonnerie R ; F est la soupape d'échappement par où la vapeur se rend au condenseur G, à côté duquel on aperçoit la pompe à air H et la bâche à eau chaude I. Le cylindre est enveloppé d'une chemise de vapeur P, et protégé contre les pertes dues au rayonnement par un mur de briques ; le tout repose sur de puissantes fondations Q.

On rencontre encore assez fréquemment la machine de Cornouailles de Bull. Ces pompes de Cornouailles donnent en Angleterre un rendement moyen d'environ /i5, 000, 000 de livres élevées à un pied de hauteur pour 100 livres de charbon. Quelquefois même on a obtenu plus du double.

Une forme beaucoup plus simple de machine d'épuisement sans volant est la « pompe à vapeur à action directe », aujourd'hui très répandue. On l'emploie généralement comme pompe alimentaire, comme pompe foulante ou pompe à incendie, et dans le cas où le débit de l'eau à refouler n'est pas très grand, mais où la pression au refoulement est forte. Le cylindre à vapeur AR et la pompe BQ (fig. 98) sont placés dans le prolongement l'un de l'autre, les deux pistons ayant une tige commune D. Ces deux cylindres sont reliés par un solide châssis N, et reposent sur deux supports munis d'oreilles, qui servent à boulonner la pompe sur un plancher ou sur la fondation.

La distribution est fort ingénieuse. Dans la position de la figure, les pistons se meuvent vers la gauche. Quand ils arrivent vers l'extrémité de leur course, le piston à vapeur touche une cheville ou autre organe analogue ; il fait ainsi

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mouvoir une petite soupape auxiliaire I qui décoarre nne lumière E et iulroduit la vapeur derrière le grand piston ou, comme dans la figure, laisse échapper la vapeur qaî presse sur le pistou auxiliaire F : la pression à l'iQtériear de la boite à vapeur pousse alors ce piston vers la gauche

et fait mouvoir le tiroir G, auquel il est relié. La vapeur pénètre ainsi sur la face gauche du grand piston et sort du côté lie sa face droite A. De cette façon la machine manœuvre sa distribution; et le dispositif est tel qu'il D'y a jamais à craindre de temps d'arrêt dans la marche à la flo de la course du piston, malgré l'absence de manivelle et de volant, ou d'un mécanisme indépendant comme la cataracte de la machine de Cornouailles. Il existe une très grande variété de pompes de cette espèce, qui diflèrent toutes dans les détails, mais présentent toutes aussi le trait caractéristique de posséder une distribution et un piston auxiliaires, les deux systèmes de pistons et de distribution se commandant réciproquement.

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