‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 6 sur 87 · Scientific American, 24 février · texte numérisé non relu

Scientific American, 24 février

6 LA NAVIGATION A VAPEOR.

qu'en cooséquencela requête a'esipas agréée par Son Altesse Électorale.

fl Hanovre, Ï5 juillet 1707. " " H. Reiche. »

Ce refus opposé à la pétition de Papin porta un coup mortel aux efforts qu'il faisait pour inaugurer la navigatiou à vapeur. Quelques stupides bateliers, croyant voir dans ce steamer embryonnaire la ruine de leur industrie, se jetèrent pendant la nuit sur le bâtiment et le mirent en pièces, Papin ne réussit qu'à grand'peine à sauver sa vie et s'enfuit eu Angleterre.

Eu 1736, Jonathan Hulls prit un brevet anglais pour

l'emploi d'une machine à vapeur comme propulseur des vaisseaux. En 1737, il publia un mémoire très bien rédigé, o£i il décrivait cette machine. La ligure 72 est un fac-similé, à échelle réduite, du dessin joint à ce travail.

Hulls proposait de se servir de la machine de Newcomen, en l'armant d'un contrepoids et d'un système de cordes et de poulies â gorge, qui, par l'intermédiaire d'engrenages, produisaient un raouvemeot de rotation continu. Son bateau devait servir de remorqueur. Il dit dans sa description : oEn quelque partie convenable du bateau remorqueur est placé un récipient rempli d'eau environ aux 2/3, et fermé par en haut; et ce récipient, étant tenu bouillant, raréfie l'eau en vapeur ; cette vapeur, étant amenée par un gros tuyau dans un vase cylindrique et là condensée, produit un vide, qui fait presser le poids de l'atmosphère sur

JONATHAN HULLS. 7

ce vase, et ainsi fait descendre un piston ajusté dans ce vase cylindrique, de la même manière que dans la machine de M. Newcomen, avec laquelle il élève Teau par le moyen du feu.

« P, tuyau allant du fourneau au cylindre; Q, cylindre où la vapeur est condensée ; R, soupape qui empêche la vapeur d'entrer dans le cylindre, pendant la condensation de celle qu'il contient; S, tuyau pour amener dans le cylindre Teau qui doit produire la condensation; T, robinet pour laisser entrer cette eau dans le cylindre quand il est plein de vapeur et que la soupape P est fermée; U, corde fixée au piston qui monte et descend dans le cylindre.

(( Note, Cette corde U est la même qui s'enroule autour de la roue D, dans la machine. »

Dans le grand compartiment de la figure, A est la cheminée; B est le bateau-remorqueur; CC, cadre qui porte la machine; Da, D et D6 sont trois roues portant les cordes M, F6 et Fa; M étant la corde U de la petite figure 30 ^ Ha et H6 sont deux roues montées sur Tarbre à palettes II, et munies de tiges disposées de façon à faire tourner toujours les palettes dans le même sens, bien que le mouvement de ces roues elles-mêmes soit alternatif; F6 est une corde qui relie les roues D6 placées dans le bateau avec celles qui se trouvent à l'arrière.

Hulls ajoute :

« Quand le poids G est ainsi élevé, pendant que les roues Da, D et D6, se meuvent en arrière, la corde Fa cède et la force du poids G fait tourner en avant la roue Ha et les palettes avec elle ; de manière que ces palettes continuent toujours de marcher en avant, quoique les roues Da, D et D6 se meuvent en avant et en arrière, suivant que le piston descend ou monte dans le cylindre. LL sont des dents où vient s'engrener un cliquet tombant de

1. Laquelle petite figure 30 n'a pas été reproduite dans le dessin cidessus, qui ne représente évidemment qu'une partie de celui de l'ouvrage original. On voit ici une figure 22, une figure 20, une figure 7, etc.; mais U doit en manquer bien d'autres. (N. du tr,)

l'axe, et elles sont disposées de façon à entrer en prise alternativement pour faire mouvoir les palettes toujours en avant ; car la roue Ha travaille sous l'action du poids G, pendant que Tautre roue H6 retourne en arrière afin de recommencer une course nouvelle.

« Note, Le poids G ne doit égaler que la moitié du poids de la colonne d'air pressant sur le piston, parce que ce poids G est soulevé en même temps que la roue H6 travaille ; de sorte qu'on a en réalité deux machines agissant alternativement par le poids d'une colonne d'air d'un diamètre égal à celui du cylindre. »

L'inventeur propose l'emploi de poutres en bois pour protéger les roues contre les chocs extérieurs ; et dans les eaux basses il recommande de fixer aux arbres à palettes des crampons u pour prendre appui sur une pièce de bois placée au fond de la rivière, ce qui poussera le vaisseau en avant avec d'autant plus de force ». Il conclut : « Ainsi je me suis efforcé de donner un exposé clair et satisfaisant de la machine que j'ai nouvellement inventée, pour remorquer des vaisseaux à l'entrée ou à la sortie d'un port, havre ou rivière quelconque, contre vent et marée ou par un temps calme ,- et je ne doute pas que quiconque se donnera la peine de parcourir cet essai n'ait la loyauté d'excuser ou d'oublier telles imperfections dans la diction ou le style, considérant de quelle main il provient, si ce que j'ai imaginé peut seulement paraître aux autres aussi clair qu'à moi-même, à savoir : que le projet présenté par moi maintenant est praticable et sera utile s'il est encouragé. »

On n'a pas de preuve positive que Hulls ait jamais soumis son système à l'épreuve de l'expérience, quoique la tradition raconte qu'il fit un modèle dont les essais donnèrent de si mauvais résultats, qu'il renonça à pousser plus loin ses études ; et il existe' encore des couplets burlesques chantés par ses voisins pour se moquer de ce qu'ils appelaient sa folie.

En 1752, un prix fut accordé par l'Académie des sciences de France, pour le meilleur essai sur la manière de faire marcher les navires sans le secours du vent. BernouUi

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