TENDANCES ACTUELLES
rieure, était conforme aux principes scientifiques aujourd'hui connus.
Nous pouvons résumer comme il suit, le résultat de cette étude sur le développement progressif de la machine à vapeur :
1« Le progrès a tout d'abord procédé par spécialisation; le nombre des organes a été continuellement augmenté, en même temps que la tâche de chacun d'eux se simplifiait, chaque organe étant afl'ecté à une opération distincte.
2o Une sorte de travail secondaire de spécialisation a succédé au précédent : une même opération commencée dans une partie de la machine va se terminer dans une autre. Nous en avons des exemples dans les deux cylindres de la machine compound et de la machine à vapeur d'éther.
3° La voie suivie par le progrès a été signalée par une augmentation continuelle de la pression, de la détente et de la vitesse du piston, par les soins apportés pour obtenir de la vapeur sèche et éviter les pertes de chaleur par conductibilité ou rayonnement, et, dans les machines marines, par remploi de la condensation par surface.
Dans quelle direction doivent se faire les nouveaux progrès à espérer? Les principes scientifiques, aussi bien que les données qui ressortent du résumé qui précède, semblent nous indiquer clairement la voie : il faut augmenter autant que possible l'écart des températures. La vapeur doit entrer dans la machine à la température la plus élevée possible, être mise à l'abri des déperditions et ne conserver à l'échappement que la quantité minimum de chaleur. Celui dont le génie inventif ou l'habileté mécanique permettront, soit d'employer avec sécurité et sans perte de la vapeur à plus forte pression, soit de diminuer la température du fluide expulsé, aura bien mérité de l'humanité.
En entrant dans le détail, on reconnaît que les tendances sont aujourd'hui et seront sans doute encore assez longtemps les suivantes :
Pour ce qui concerne les machines, pressions élevées,
large détente dans plusieurs cylindres, chemise devapeur. surchauffe, enveloppes isolantes soigneusement établies» grande vitesse de piston.
Pour ce qui concerne les chaudières, combustion complète sans excès d'air, transmission plus parfaite de la cha? leur des fumées. Peut-être sera-t-on amené, pour satisfaire à ce dernier desideratum, à substituer le soufflage mëca* nique au tirage naturel, qui laisse perdre tant de chaleur par la cheminée.
I^our ce qui concerne la construction, emploi de matériaux de meilleure qualité, travail d'exécution plus soigné, surtout dans la chaudière, et perfectionnements nombreux dans les formes et les proportions des organes.
Pour ce qui concerne la conduite, le champ des améliorations à introduire est immense, et nous pouvons être assurés qu'on ne tardera pas à s'y engager; on comprend nettement aujourd'hui que le soin, l'habileté, l'intelligence sont de première nécessité pour tirer un parti productif de la machine à vapeur; et que ces qualités payent largement le temps et l'argent consacrés pour se les procurer.
Quand on essaye de réaliser un progrès dans Tune ou l'autre de ces directions, ce serait le comble de la folie que de s'imaginer avoir atteint la Umite extrême du possible, ou même d'en avoir approché. Si parfois toute amélioration se mble désormais impraticable, si tous les efforts tentés pour dépasser les résultats acquis semblent frappés de stérilité, c'est affaire à l'ingénieur de découvrir la vraie nature de l'obstacle qui l'arrête, et, une fois reconnu, de le faire disparaître.
Il y a quelques années, la tendance à faire travailler par détente la vapeur à haute pression fut mise en échec par des expériences qui paraissaient démontrer qu'il y a désa-* vaut âge positif à pousser la détente au delà de certaines valeurs. En examinant avec attention ces résultats, on voit bien que le fait, vrai en lui-même, ne s'appliquait qu'à des machines construites, comme c'était alors trop souvent le cas, au mépris de tous les principes impliqués par ce mode d'emploi de la vapeur, au mépris des précautions