‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 9 sur 87 · JOUFFROY · texte numérisé non relu

JOUFFROY

nécessaires pour Tadapter à cet usage reçurent une impulsion nouvelle. En France, le marquis de Jouffroy fut Tun des premiers à comprendre que les perfectionnements de Watt, en rendant la machine moins volumineuse, plus puissante et en môme temps plus régulière et plus sûre dans son action, permettaient enfin de rappliquer facilement à la propulsion des bâtiments. Les frères Périer avaient fait venir de Soho une machine de Watt; le marquis Pétudia attentivement ^ et jugea qu'on pouvait facilement Tadapter aux roues à aubes d'un navire à vapeur. Le comte d'Auxiron et le chevalier Charles Mounin de Follenay, amis et compagnons de Jouffroy, s'intéressèrent également à cette question, et on assure que tous les trois la discutèrent souvent ensemble, et se réunirent pour chercher les moyens d'appliquer le nouveau moteur.

En 1770, d'Auxiron se décida à essayer de réaliser le système qu'il avait conçu. Il quitta l'armée, prépara ses plans et ses dessins et les présenta, en 1771 ou 1772, à M. Bertin, alors premier ministre. Celui-ci en fut très frappé et, le 22 mai 1772, le roi accorda à d'Auxiron, pour quinze années, le monopole de la navigation à vapeur sur les rivières, sous la réserve que l'efficacité du système serait démontrée et qu'elle serait admise par l'Académie.

Le jour précédent, une Société avait été constituée, qui fit l'avance des fonds nécessaires. Elle se composait de d'Auxiron, de Jouffroy, du comte de Dijon, du marquis d'Yonne et de Follenay. Le premier bateau fut commencé en décembre 1772. Il était à peu près terminé, lorsqu'en septembre 1774 il s'y déclara une voie d'eau et, une nuit, il sombra le long du quai.

Après une discussion assez vive, dans laquelle d'Auxiron fut grossièrement, et probablement à tort, accusé de mauvaise foi, la Compagnie refusa d'avancer l'argent nécessaire pour renflouer et terminer le bâtiment. Elle y fut néanmoins contrainte par les tribunaux ; mais, dans l'intervalle, d'Auxiron mourut d'apoplexie ; l'affaire en resta là et la

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