ET DES DOCTRINES MEDICALES
comme cause de la maladie ou de la santé. On peut rapprocher de cette doctrine le fétichisme médical, la thaumaturgie, le supernaturalisme, la magie, la sorcellerie, la démonologie, le magnétisme l'homœopathie, etc.
2° Vient ensuite le naturisme, qui admet chez l'homme un principe, la nature, laquelle régit la matière, s'oppose à l'invasion des maladies et lutte contre celles-ci lorsqu'elles ont envahi l'organisme. C'est la doctrine d'Hippocrate, également connue sous le nom de dogmatisme. Par la suite elle a changé plusieurs fois de nom, et après s'être appelée pneumatisme avec Athénée de Gilicie, archéisme avec Van Helmont, animisme avec Stahl, elle a, en subissant quelques modifications, pris le nom de vitalisme, auquel s'attache le nom deBarthez.
3° Une troisième doctrine, aussi ancienne que la théurgie, qui est en opposition directe avec le naturisme, c'est \ empirisme. Elle a pour fondateurs Philinus de Cos et Serapion qui, fatigués des vaines discussions spéculatives, prétendirent qu'il fallait, en laissant de côté tout raisonnement, s'en tenir exclusivement à l'obser vation et à l'expérience, pour en faire les seules bases de la médecine.
4° Une autre doctrine qui a rendu les plus grands services à la science, et qui Ta fait sortir du chaos des abstractions inutiles, c'est Vanatomisme. Quand l'ordre d'idées sur lequel repose cette doctrine n'est pas considéré comme l'unique base de la science et que l'étude du corps sain ou malade ne vient qu'à son rang dans la recherche des maladies, l'anatomisme mérite la plus sérieuse attention. Hérophile et Erasistrate en ont jeté les fondements que devait consolider Galien, et qui plus tard devaient être l'appui du grand édifice anatomique de Mondini, de Yésale, d'Harvey, d'Aselli, d'Eustache, etc. C'est l'anatomisme qui, par ses transformations, est le point de départ de tout le solidisme, de la chimiatrie de Sylvius de le Boé, de Yanatomie pathologique de Bonnet, de Morgagni, de Cruveilhier, de Lebert, de Ch. Robin, de Wirchow, etc., de la physiologie de Harvey, de Haller, de Magendie, de Flourens, de Cl. Bernard, de Longet, etc., de Yiatro-mécanique de Boerhaave; de l' or g ano graphie, à laquelle nous devons la percussion, l'auscultation, le spéculum, l'ophthalmoscope, le laryngoscope, etc., et l'emploi de tous les procédés physiques d'exploratiun indispensables au diagnostic; enfin de Yorganicisme, qui utilise toutes ces données pour en faire un seul et grand corps de doctrine.
5° La cinquième doctrine qui ait pris naissance dans l'antiquité est le méthodisme. Son auteur, Asclépiade de Bithynie, ne vit dans
l'homme qu'un être purement passif dont les tissus sont formel par un lacis de pores à travers lesquels circulent des corpuscules, ou atomes, et du relâchement ou du resserrement de ces pores, il fit naître les maladies. Quelques années plus tard, Thémison, à Home, reprit ces idées, dont il fit un corps de doctrine, et de même qu'Asclépiade, il déduisit la maladie du strictum ou du laxum des tissus, faisant obstacle à l'exercice régulier des fonctions.
Cette théorie, bien vite oubliée, a cependant reparu dans les temps modernes, mais sous d'autres noms; le spasme et Y atonie avec Frédéric Hoffmann et Cullen; Y état sthénique et asthénique avec Brown; le stimulus avec Rasori; Y irritation avec Broussais, etc.
6° Enfin la sixième doctrine que nous a léguée l'antiquité, est Y éclectisme, dont on attribue la fondation à Agathinus de Sparte. Ce n'est pas, à proprement parler, une doctrine, car elle se contente de prendre dans toutes les autres ce qui lui paraît juste et admissible ; aussi, agissant sans principes, n'ayant pas de lois, elle ne peut former un tout homogène et devient un véritable autocratisme individuel. Mais, si ce n'est pas là ce qu'on peut appeler une doctrine philosophique, c'est un excellent moyen de polémique et * de démolition. Par lui, l'on attaque tout ce qu'il y a de trop absolu dans les systèmes, et c'est ainsi que l'on a vu la doctrine de Broussais être anéantie sous les coups de l'éclectisme.
Telles sont, en résumé, les principales doctrines qui, tour à tour, ont régné avec plus ou moins de gloire, et qui, tour à tour, sont tombées pour se relever plus tard sous des noms nouveaux, mais en réalité avec les mêmes idées fondamentales. C'est du reste ce qu'il sera facile de voir en reprenant une à une chacune de ces doctrines et les étudiant dans toutes leurs phases.
Remontant donc dans cette étude aux premières époques, je vais commencer par analyser le mysticisme médical et la théurgie qui, avec l'empirisme, se retrouvent partout et toujours à l'origine de notre science.