CHAPITRE X
L'Empirisme raisonné et la méthode expérimentale éclairée par l'induction ne sont pas le dernier mot des formules philosophiques de l'Empirisme. Sous une dénomination nouvelle, plus prétentieuse que vraie, ressuscite de nos jours, avec ses conséquences morales, l'Empirisme ancien légèrement modifié. Les arts et la littérature nous ont donné le Réalisme; dans les sciences physiques, naturelles et médicales, ce sera le Positivisme, inauguré par A. Comte.
Voyons ce que c'est que cette méthode, en quoi elle diffère ou se rapproche de l'Empirisme ancien et moderne et nous dirons ensuite quelles applications en ont été faites à la médecine.
A. Comte ne revendique nullement la découverte des principes philosophiques d'observation et d'expérimentation de la méthode à laquelle son nom se trouve désormais attaché. Cette philosophie est la propriété de tous les vrais savants. Pour lui Bacon, Descaries et Galilée sont collectivement les fondateurs du positivisme qui se résume de la façon suivante :
« Nous ne connaissons rien que des phénomènes ; et la connaissance que nous avons des phénomènes est relative et non pas absolue. Nous ne connaissons ni l'essence ni le mode réel de production daucun fait ; nous ne connaissons que les rapports de succession et de similitude des faits les uns avec les autres. Ces rapports sont constants, c'est-à-dire toujours les mêmes dansles mêmes circonstances. Les ressemblances constantes qui lient les phénomènes entre eux, et les successions constantes qui les unissent ensemble à titre d'antécédents et de conséquents sont ce qu'on appelle leurs lois. Les lois des phénomènes sont tout ce que nous savons d'eux. Leur nature essentielle et leurs causes ultimes, soit efficientes, soit finales, nous sont inconnues et restent pour nous impénétrables. » (Stuart Mill. A. Comte et le Positivisme, traduction par Clemenceau. Paris, 1868. )
Cette manière de voir ne diffère en rien de celle de tous les esprits scientifiques de notre temps, c'est évidemment l'Empirisme raisonné. Toute la science moderne procède des faits observés plus ou moins correctement selon le degré d'attention des observateurs et dont elle a tiré des lois. Quant aux questions relatives à la nature des phéno-
mènes étudiés, tous les bons esprits les laissent sur le second plan et sous tonne d'hypothèse susceptible de préparer la recherche de nouveaux phénomènes et de nouvelles lois 1 ).
Comte s'imagine avoir donné la philosophie réelle de toutes les sciences en disant qu'elles ont passé par trois phases : 1° celle du Fétichisme théocratique. monothéiste ou polythéiste; 2° celle de la Métaphysique; 3° entin celle du Positivisme.
Il repousse absolument le mode de philosopher théologique et métaphysique, ce sont ses expressions, qui d'ailleurs ne veulent pas dire autre chose que celles de mysticisme, de supernaturalisme et d'ontologie que la science emploie depuis longtemps. Il a raison car, dans les sciences naturelles, l'intervention de la puissance divine et diabolique ainsi que celle des entités imaginaires ou des forces chimériques, doivent être entièrement bannies. Les progrès des sciences depuis le retour à la méthode d'observation en est la preuve.
Il veut qu'on ne tasse qu'étudier les phénomènes sans souci de leurs causes premières et efficientes, et en n'admettant que les causes physiques, encore voudrait-il qu'on supprimât le mot de cause pour ne parler que des lois de succession, et ici l'induction ne joue aucun rôle. C'est la constatation certaine des phénomènes se succédant d'une façon constante qui permet d'établir une loi, et la science n'a pas d'autre but. Cela constitue le mode positif de penser.
On trouve conséquemment dans les sciences la phase théologique, métaphysique et enfin positive, ce que tout le monde appelle empirique ou d'observation, et Comte s'applique à montrer l'ordre de succession suivant lequel les différentes sciences ont passé d'une de ces phases à l'autre. De là résulte cette échelle de subordination des sciences « représentant l'ordre de la dépendance logique dans laquelle celles qui précèdent tiennent celles qui suivent » (Stuart Mill, p. 34.)
A. Comte divise alors les sciences en abstraites qui s'occupent des lois qui gouvernent les faits élémentaires de la nature, et en sciences concrètes qui étudient les combinaisons particulières toutes formées. Ainsi la physique et la chimie, sciences abstraites, recherchent les lois de l'agrégation mécanique et de l'union chimique tandis que la minéralogie, science concrète, n'a pas à s'en occuper et ne recherche que les agrégats formés à une certaine époque dans la nature. La physiologie, science abstraite, s'occupe de découvrir les
(1) C'est l'hypothèse de la force vitale qui m'a conduit à l'étude de Vayent séminal et du séminalisme. (Voyez Vitahsme séminal.)
lois de l'organisation et de la vie, tandis que la zoologie et la botanique, sciences concrètes, ne poursuivent que l'étude des espèces présentes et passées. En un mot, les sciences concrètes ont pour objets les Etres ou les Objets et les sciences abstraites les Evénements.
Les sciences concrètes sont toujours plus tardives que les autres, bien qu'elles soient cultivées les premières, car on ne peut bien étudier que les choses dont on connaît les lois; or celles-ci sont le domaine des sciences abstraites. Elles sont à peine formées faute de faits suffisants, et ne renferment que des matériaux d'une science future, tandis que les sciences abstraites sont plus avancées en raison de la découverte d'un certain nombre de lois ou de vérités incontestables. Il y en a six qui ont entre elles des relations évidentes par lesquelles on forme une série ascendante en raison de la complexité de leurs phénomènes et de la dépendance où sont leurs vérités propres des autres vérités appartenant aux sciences précédentes.
Ainsi..., « les vérités de nombre sont vraies de toutes choses et ne dépendent que de leurs propres lois ; c'est pourquoi la science dû nombre, qui se compose de l'arithmétique et de l'algèbre, peut s'étudier sans avoir égard à aucune autre science. Les vérités de la géométrie présupposent les lois du nombre ainsi qu'une classe plus spéciale de lois particulières aux corps étendus, mais n'en exigent pas d'autres ; la géométrie peut donc s'étudier indépendamment de toutes les sciences, sauf celle du nombre, la mécanique rationnelle présuppose, tout en étant sous leur dépendance, les lois du nombre et de l'étendue et, avec elles, un autre groupe de lois, celles de l'équilibre et du mouvement. Les vérités de l'algèbre et de la géométrie ne dépendent nullement de ces dernières, et eussent été vraies, fûtil arrivé à celles-ci d'être le contraire de ce que nous les trouvons, mais on ne saurait comprendre ni exposer les phénomènes de l'équilibre et du mouvement sans supposer les lois du nombre et de l'étendue telles qu'elles existent dans la réalité. Les phénomènes de l'astronomie dépendent de ces trois classes de lois, et, en oulre, de la loi de gravitation, laquelle est sans influence sur les vérités du nombre, de la géométrie ou de la mécanique. La physique (qu'en Angleterre dans le langage commun on nomme si mal à propos philosophie naturelle) présuppose les trois sciences mathématiques, ainsi que l'astronomie, puisque tous les phénomènes terrestres sont affectés par des influences qui dérivent des mouvements de la terre et de ceux des corps célestes. Les phénomènes chimiques dépendent de toutes les lois qui précèdent (outre les leurs propres), de celles de la physique parmi le reste, spécialement des lois de la
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chaleur et de V électricité ; les phénomènes physiologiques, des lois de la physique et de la chimie et, p;ir surcroît, de leurs lois propres. Les phénomènes de la société humaine obéissent à des lois qui lui appartiennent en propre ; mais ils ne dépendent pas seulement de celles-ci : ils dépendent de toutes les lois de la vie organique et animale en même temps que de celles de la nature inorganique ; ces dernières agissent sur la société non-seulement par leur influence sur la vie, mais encore en déterminant les conditions physiques dans lesquelles la société est appelée à se développer, a Chacun de ces degrés successifs exige des inductions qui lui sont propres ; mais elles ne peuvent jamais devenir systématiques que sous l'impulsion déductive résultée de tous les ordres moins compliqués. » (Système de philosophie jjositive, tome II, p. 36.)
La série des sciences représente dans chaque terme un progrès en spécialité sur le terme qui le précède, avec un accroissement de complexité. Elle est ainsi composée dans l'ordre suivant : 1° la Mathématique et ses trois branches rangées à la suite l'une de l'autre, d'après le même principe, le nombre, la géométrie, la mécanique ; 2° l'astronomie; 3° la physique ; 4° la chimie; 5° la biologie; 6° la sociologie ou science sociale, dont les phénomènes dépendent des vérités des autres sciences sans lesquelles ils ne pourraient êlre compris.
Il y aurait beaucoup à dire sur cette systématisation des sciences et sur leurs phases théologique, métaphysique et positive, car ce qui est vrai des unes ne l'est pas des autres et, pour ne citer qu'une seule exception, je mentionnerai la science mathématique. Aucun théologien n'a jamais dit que si deux et deux font quatre, il y ait là une influence divine, pas plus qu'on n'a invoqué cette influence dans la solution d'un problème de géométrie quel qu'il soit. — D'une autre part, il me paraît difficile de faire de la sociologie une science, car si les principes de la civilisation reposent en majeure partie sur les vérités fournies par les sciences abstraites, il y a en elle tout un ordre de principes moraux qui ne relèvent en rien de la mathématique, de l'astronomie, de la physique, de la chimie, ni même de la biologie, dans laquelle A. Comte comprend la physiologie. — Ce peut être là une systématisation hardie, mais elle est prématurée et je doute un peu que la civilisation gagne beaucoup en grandeur par l'étude de la biologie et de la physiologie positive.
Je n'irai pas plus loin sur ce sujet étranger à l'objet de ce livre et je reviens au Positivisme, doctrine que son auteur présente comme n'ayant d'autre principe que la recherche des lois de succession des phénomènes à l'exclusion des hypothèses.
Malheureusement A. Comte n'a pu s'affranchir de la loi commune à tous les réformateurs. — Il a le premier dérogé à sa méthode car il a fait tout autant d'hypothèses que les savants qu'il condamne, et, son excuse, c'est la commodité qui en résulte pour faire rentrer dans une conception générale un vaste groupe de phénomènes Il réclame la liberté d'adopter « sans aucun vain scrupule » les hypothèses commodes « afin de satisfaire entre les limites convenables nos justes inclinations mentales, toujours dirigées avec une prédilection instinctive, vers la simplicité, la continuité et la généralité des conceptions , tout en respectant la réalité dos lois extérieures autant qu'elle nous est accessible. » (À. Comte, tom. VI, p. 639.) — Cette porte ouverte à l'hypothèse selon « l'inclination des savants ».... « leur prédilection instinctive par l'ordre et l'harmonie ».... « leurs convenances personnelles ».... est absolument contraire à une bonne méthode scientifique et ne devrait pas se trouver dans une philosophie positive. Que dire ensuite de cette autre prétention d'/Y. Comte qui prémunit les penseurs contre un examen trop rigoureux de l'exacte vérité des lois scientifiques et qui frappe « d'une sévère réprobation » ceux qui renversent « par une investigation trop minutieuse, » des généralisations déjà instituées, sans être capables de leur en substituer d'autres (p. 629). C'est ce qui est arrivé dans le cas de la théorie générale de Lavoisier, laquelle aurait rendu cette science plus satisfaisante qu'elle ne l'est aujourd'hui pour « les inclinations de notre intelligence » si elle avait été trouvée vraie, mais qui par malheur ne le fut pas. (StuartMill, p. 66.) — Ce retour au fétichisme, liez un philosophe qui le condamne, aurait lieu de surprendre si on ne savait que tous les révolutionnaires sont les mêmes, et qu'ils veulent bien user contre les puissances à détruire d'une liberté qu'ils refusent aux autres le lendemain de leur triomphe.
Le positivisme n'a pas eu jusqu'ici, comme méthode scientifique, d'applications spéciales très-étendues à la médecine. Son nom se trouve souvent dans la bouche de quelques médecins qui ne savent pas trop à quoi cela les engage et qui n'ont jamais lu les ouvrages d' A. Comte. Il a popularisé dans la science le mot de biologie qui s'emploie comme synonyme de physiologie, et plutôt comme terme de ralliement d'une camaraderie d'école qu'à litre de programme défini. C'est enfin une protestation contre la recherche des causes premières et contre l'esprit d'hypothèse que les demi- savants veulent
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toujours introduire dans les sciences. Par son principe de la loi de succession dos phénomènes, il fait de l'obseï vatioa et de l'expérience la base de toute recherche scientifique. — Sous ce rapport, il se confond avec l'empirisme dont il ne dilîère pas sensiblement. Cela explique- pourquoi il n'a rien donné à la médecine que l'empirisme inductil de Bacon ne lui ait déjà promis, c'est-à-dire le principe de l'observation et de l'expérience, le mépris de l'hypothèse et la recherche des causes expérimentales, c'est-à-dire des lois physiologiques et pathologiques tirées de l'observation des phénomènes. Encore si, plus heureux que la méthode Baconienne, il avait tenu les promesses de ce beau programme, il faudrait lui être reconnaissant, mais comme il est facile de le juger, le mode de penser positif en médecine ne s'est signalé jusqu'ici que par des hypothèses forl discutables.
Ainsi, Comte refait à sa façon la physiologie du cerveau, ii rejette les localisations de Gall, mais il admet le principe et, dans sa théorie positive du cerveau et de l'innervation, il admet que dans la masse cérébrale, la région spéculative ou intellectuelle est en avant et la région affective , en arrière. Entre ces deux régions se placent les organes de l'activité.
Pour qu'il y ait harmonie dans les fonctions cérébrales, il faut que le sentiment soit pour ainsi dire le centre et le régulateur. (Agir par affection et penser pour agir.)
Les régions spéculatives (antérieures) et actives (moyennes) sont liées aux appareils sensitifs et locomoteurs, tandis que la région affective est indépendante de ces appareils et ne communique directement qu'avec les régions spéculatives et actives (1).
Chacune des régions cérébrales est douée d'une activité propre mais l'harmonie de l'intellect repose sur la formule ci-dessus. Agir par affection et penser pour agir.
C'est une sorte de sensualisme.
Les positivistes admettent la prépondérance du cœur par l'esprit. Ils n'admettent pas la distinction établie par Gall entre les sentiments et les penchants.
Pour eux, la vie affective stimule et règle toute existence et elle se décompose en : Personnalité , -- commune à tous les animaux, et en Sociabilité, — comprenant l'égoïsnre et l'altruisme, propre aux espèces élevées, surtout à l'homme, etc.
Les positivistes admettent 18 fonctions cérébrales comme constituant le tableau systématique de l'ârne. Ce sont :
(1) Niliil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu.
L'instinct nutritif, sexuel, maternel, militaire, industriel; — l'orgueil, la vanité, l'attachement, la vénération, la bonté, la conception synthétique, la conception analytique, la généralisation, la systématisation, ia communication, le courage, la prudence, la persévérance.
D'après A. Comte, « l'ensemble de ces 18 organes cérébraux constitue l'appareil nerveux central qui d'une part stimule la vie de nutrition, et d'une autre part coordonne la vie de relation en liant ses deux sortes de fonctions extérieures. Sa région spéculative communique directement avec les nerfs sensitifs et sa région active avec les nerfs moteurs. Mais sa région affective n'a de connexité nerveuse qu'avec les visrères sensitifs, sans aucune correspondance immédiate avec le monde extérieur, qui ne s'y lie qu'à l'aide des deux autres régions. Ce centre essentiel de toute l'existence humaine fonctionne continuellement d'après le repos alternatif des deux moitiés symétriques de chacun de ses organes. »
« Envers le reste du cerveau, l'intermittence périodique est aussi complète que celle des sens et des muscles. Ainsi l'harmonie vitale dépend de la principale région cérébrale, sous l'impulsion de laquelle les deux autres dirigent les relations passives et actives de l'animal avec le milieu. »
Il faut le concours harmonique de toutes les fonctions, mais pour cela il faut qu'il y ait synergie cérébrale et de tout l'organisme.
A. Comte admet huit sens au lieu de cinq : ce sont :
Un sens général, — qui est le Tact, et sept sens spéciaux, — qui sont : la Musculation, la Gustation, la Calorition, l'Olfaction, l'Audition, la Vision et l'Electrition (1).
Le cerveau subit deux sortes d'influences simultanées émanées du corps, influences transmises au cerveau par les nerfs et par les vaisseaux.
Le cerveau se rattache encore au corps par les nerfs spéciaux de la nutrition. « Ces nerfs, dit Comte, remplissent envers la nutrition un office de perfectionnement analogue à celui des nerfs moteurs pour les fonctions musculaires. »
En résumé : il y a deux sortes de rapports mutuels entre le physique et le moral :
1° Par les nerfs sensitifs et les vaisseaux, l'influence générale ou spéciale des viscères se transmet au cerveau;
2° Par les nerfs nutritifs et moteurs, l'appareil cérébral modifie l'existence organique.
Le grand sympathique dont chaque filet est constitué par des filets
(!) A. Comte. Politique positive, t. IV, p. 235.
sensitifs, moteurs et nutritifs augmente et concentre la solidarité dans les espèces plus élevées. — De là, l'utilité de reconnaître dans l'organisme une vie végétative et une vie cérébrale ce qui est à peu de chose près la théorie de Jiichat.
La théorie positive de la maladie se trouve surtout dans les écrits des disciples de Comte.
Toute conception biologique repose sur une harmonie nécessaire entre l'être et le milieu où il vit.
Il faut une harmonie entre la vie végétative ou animale et la vie cérébrale. Il faut l'équilibre cérébral et viscéral. Il faut aussi l'harmonie des solides et des liquides.
« Cette harmonie est plus compréhensible lorsque les éléments se trouvent ramenés aux trois formes celluleuse, fibreuse et tubuleuse qui correspondent à la vie nutritive, à la contractilité et à l'excitation ou transmission nerveuse (1). »
La constitution anatomique comprend les éléments, les tissus et les organes.
Il faut la solidarité des fonctions suivantes : 1° dans Y absorption : l'élaboration et l'assimilation.
2° Dans Y exhalation : la dépuration, l'excrétion et la circulation.
Pour A. Comte « la santé résidant dans l'unité, la maladie résulte toujours dune altération de l'unité, par excès ou défaut d'une des fonctions en harmonie.. . Le désordre peut provenir du dehors ou du dedans, quand les limites normales de variation se trouvent dépassées en un sens quelconque, par une action prolongée soit du milieu, soit de l'organisme... » « Chez les occidentaux actuels, même masculins la maladie doit donc être attribuée habituellement au centre cérébral qui domine mieux l'ensemble de l'organisme et d'ailleurs fonctionne davantage. ..mais on est habituellement trompé sur le vrai siège de la maladie parce que les symptômes affectent rarement les fonctions cérébrales, sauf les cas de grand danger (2). »
« Puisque la région affective domine dans l'état normal il faut s'attendre à la voir prévaloir dans les perturbations qui peuvent compromettre l'existence de l'être, d'autant plus que l'exercice de cette région est seul continu. (Audiffrent.)
Selon que le défaut de stabilité cérébrale ou viscérale persiste plus longtemps, la maladie est chronique ou aiguë.
VAtaxie est la conséquence de la rupture profonde du consensus cérébral.
(1) Audiffrent. Appel avec médecins, p. 98.
(2) Id., Ib., p. 172, Correspondance d'A. Comte.
La Putridité résulte de la suspension des fonctions centrales, qui laisse sans stimulation les phénomènes nutritifs.
« Lorsque la constitution est déjà vivement ébranlée, la plus légère cause, agissant sur certains organes prédisposés, peut y appeler toute l'activité cérébrale et susciter des accidents plus ou moins graves, en privant les organes les plus importants de leur stimulation nécessaire (1) ». Ainsi se doivent expliquer les repercussions humorales dans le cours de quelques affections goutteuses ou rhumatismales, les morts subites à la suite d'amputations, etc.
Les Constitutions médicales inflammatoire et bilieuse sont dues aux influences climatériques, tandis que la constitution catarhale semble provenir de la décomposition sociale , consistant dans un état d'éréthisme nerveux et dans une altération des humeurs.
L'Ecole positiviste admet trois sortes de symptômes ou maladies correspondant à nos trois modes d'existence végétative, animale et sociale.