‹ Histoire de la magie en FranceChapitre 15 sur 23 · PIECES · texte numérisé non relu

PIECES

N°. I er . (Page 3i.)

Êdit de Childéric III contre les sorciers.

(An 742.)

Nous ayons aussi décrété , en conformité des saints canons , que chaque évéque , aidé du magistrat défenseur des églises, mette tous ses soins à empêcher le peuple de son diocèse de tomber dans les superstitions païennes. Nous conjurons ceux qui sont à la tete de 1 église de Dieu , de faire rejeter à nos sujets toutes les ordures de la gentilité , les sacrifices aux mânes , les sortilèges , même divins , les philtres amoureux , les augures , les enchantemens, et les sacrifices des victimes immolées en cachette, que des hommes stupides offrent, avec des cérémonies païennes, en invoquant près des églises les noms des martyrs et confesseurs ; ce qui ne peut que provoquer la colère de Dieu et de ses saints. Nous défendons rigoureusement toutes les pratiques des païens , et l'usage de ces feux sacrilèges qu'ils ont décoré d'un nom particulier. Nous enjoignons aux évéqucs de tenir la main à l'exécution de la présente ordonnance.

* 9 i HISTOIRE DE LA MAGIE EN FRANCE.

Decrevimus quoque ut, secundum canones , urmsquuque episcopus in sud parachid , sollicitudinem gérai , adjuvante graphione qui defensor ecclesiœ est , ut populus Dei paganias non facial ; sed ut omnes spurcitias gentilitatis abjiciat et respuat : sive profana sacrificux mortuorum , sive sortilegos vel divines , s iVe phylacteria et auguria , sive incantationes , sive hostias immoLmdasy quos stulti homines prope ecclesias ritu pagano ftcmnt , sub nomine sanctorum martyrum vel confesserum , Deum et suos sanctos ad iracundiam provocantes ; sive illos sacrilegos ignés, quod nedrates vocant, omnes quœcumque s uni paganorum observationes diligenter.

1S°. IL (Page 34.)

Lettre du pape Zacharie à r archevêque

Boniface.

Nous abandonnons au glaive des lois ces faux prêtres, don t votre fraternité nous a parlé dans sa lettre, et qui sont eu grand nombre que les prêtres catholiques. Ces vagabonds et ces fourbes , qui , sans mission , et sous le nom ô?évêques et de prêtres, trompent le peuple , et confondent les sacremeus de l'église , sout criminels. Ces faussaires , dans leurs parades , sont adultères , homicides > sodomites , pédérastes , sacrilèges et hypocrites ; ils traînent avec eux des esclaves qu'ils tonsurent, pour les arracher à Pesclavagf. Esclaves du diable , ils se transforment en ministres de Jésus- Christ; ne reconnaissant pas la juiisdiction épiscopale , ils

rivent à leur fantaisie, et trouvent dans le peuple des défenseurs contre les évêques qui veulent détruire la scélératesse de leurs mœurs. '

Eos autem quos reperisse affala est fraternitas tua pseudo-sacerdotes , multo magis numeri quàm catholicos, erroneos , simulatores , sub nomine episcoporum^ vel presbyterorum qui nunquàm ab episcopis catholicis fuèrunt ordinatiy illudentes populo , et ministeria ecclesiœ confundentes , et conturbantes , falsos gyronagas , adulteros , homicidas molles , masculorum concubitores > sacrilegos , hypocritas , et multos servos tonsuratos , qui fugerunt dominos suos , servos diaboli transfigurantes se in ministros Christi , qui sine episcopis proprio anbitrio viventes , populares defensores , habentes contrà episcopos ut sceleratos mores eorum non confringant* Jubemus insurgere leges contra illos.

N°. III. (Page i53.)

Les Sorcelleries de Henri de Valois , et les Oblations quil faisait au diable dans le bois de Vincennes. (Didier-Millot, i58<).)

Tel est le titre d'un pampblet séditieux , qui parut quelques mois avant l'assassinat de Henri III. En voici quelques passages :

« Henri de Valois et d'fpernon , avec ses autres mignons,

faisaient quasi publiquement profession de sorcellerie , étant commune à la cour entre iceux et plusieurs personnes dévoyées de la foi et religion catholique.

» D n'a pas été instruit en France de cette abominable science ; car, du temps de feu François I"., la France n'était pas empoisonnée de telles abominations. Plusieurs schismes , hérésies , hypocrisies , simonies , parricides , meurtres , injustices , paillardises , incestes , sodomies et apostasies , n'y étaient ni connus, ni entretenus.

» On a trouvé chez d'Epernon un coffre plein de papiers de sorcellerie , auxquels il y avait divers mots d'hébreu, chaidaique, latin, et plusieurs caractères inconnus, des rondeaux ou ternes , esquels à l'entour il y avait diverses figures et écritures, même des miroirs , onguens et drogues , avec des verges blanches , lesquelles semblaient être de couldre , que l'on a incontinent brûlés , pour l'horreur qu'on en avait.

» On a trouvé dernièrement , au bois de Yincennes , deux satyres d'argent , de la hauteur de quatre pieds. Us étaient au-devant d'une croix d'or , au milieu de laquelle y avait enchâssé du bois de la vraie croix de notre Seigneur Jésus- Christ. Les politiques disent que c'étaient des chandeliers. Ce qui fait croire le contraire , c'est que , dans ces vases, il n'y avait pas d'aiguille qui passât pour y mettre un cierge ou une petite chandelle ; joint qu'ils tournaient le derrière à ladite vraie croix , et que deux anges ou deux simples chandeliers y eussent été plus décens que ces satyres , estimes par les païens être les dieux des forêts , où l'on tient que les mauvais esprits se trouvent plutôt qu'en autres lieux. Ces monstres diaboliques ont été vus par messieurs de la ville.

(La gravure qui représente ces satyres accompagne le pamphlet. )

PIÈCES JUSTIFICATIVES. a 97

» Outre ces deux figures diaboliques , on a trouyé* une peau d'enfant, laquelle avait été corroyée ; et sur icelle y avait aussi plusieurs mots de sorcellerie , et divers caractcres.

» Lorsque plusieurs, dans les années i586 et i587, avaient été condamnés à mort pour sorcellerie , il (Henri El) les faisait renvoyer absous. 11 ne faut pas s'émerveiller si , ayant délaissé Dieu, Dieu ne l'ait aussi délaissé. Tout ce qu'il allait souvent au bois de Vinccnnes , n'était que pour entendre à ses sorcelleries , et non pour prier Dieu.

N». IV. (Page i540

Remontrances à Henri de Valois sur les choses horribles envoyées par un enfant de Paris. (28 janvier i58g. Jacques Grégoire. In-8°.)

« Henri , vous savez que lorsque vous donnâtes liberté à tous sorciers et enchanteurs , et autres devinateurs, de tenir libres écoles ez chambres de votre Louvre , et même dans votre cabinet, à chacun d'iceux une heure le jour, pour mieux vous en instruire , vous savez qu'ils vous ont donné un esprit familier nommé Terragon.

» Henri , vous savez qu'aussitôt que vous vîtes Terragon , vous l'appelâtes votre frère en l'accolant ; et , la nuit suivante , il coucha dans votre chambre , seul avec vous dans votre lit. Vous savez qu'il tint sur votre nombril un anneau,

i 9 5 HISTOIRE DE LA MAGIE ES FRANCE.

et sa main liée dans la vôtre ; et fut le matin votre mai» trouvée comme toute ceinte. Terragon vous mit sur icelie on applic , et , ce matin , vous montra que , dans la pierre de cet anneau , était la votre âme figurée.

» Henri , vous savez bien que cedit Terragon ent affaire un jour à uue fille de joie , en la chambre secrète ; de quai icelle cuida mourir , suivant le récit qu'elle a fait à ses p ri v êi amis, certifiant que Nogaret ou Terragon n'est point uc homme naturel , parce que son corps est trop chaud et trop brûlant. C'est par charme et sortilège que vous avex donné pour époux à la comtesse de Foix votre démon favori. Elle a dit que la première nuit de ses noces fut Terragon d'elle évanoui , et puis le matin se trouva couché près d'elle; et alors icelui Terragon la voulait dépuceler ; elle ne sçut endurer sa chair si chaude qu'elle était , dont le jour ensuivant ne cessa de plorer devant sa tante. »

N«\ V. (Page 161.)

Senlimens de Boguet sur les Sorciers.

Hbnri Boguet , qui s'intitule lui-même grand- juge de U terre de Saint-Claude, a dédié ses ouvrages contre les sorciers à Ferdinand de Rye , prince du saint empire romain, abbé de Saint-Oyan-de-Joux. 11 s'exprime ainsi dans son épître :

« Des incrédules osent dire qu'il n'y a point de sorciers; quant à moi , je ne fais nul doute , d'autant que si nous jetons les yeux sur nos voisins, nous les verrons tous fourmi!-

PIÈCES JUSTIFICATIVES. ac J9

Jcr de cette malheureuse et damnable engeance.... La Savoie n'en est pas vide , car elle nous envoie tous les jours une infinité de personnes qui sont possédées du démon.... Mais quel jugement ferons-nous de la France ? Il est bien difficile de croire qu'elle en soit purgée , attendu la grande quantité qu'elle contenait du temps de Trois-Échelles....

» Non , non ; les sorciers marchent partout par milliers , multipliant en terre , tout ainsi que des chenilles en nos jardins ; qui est une honte aux magistrats, auxquels appartient le chitoi des crimes et délits ; car , quand nous n'aurions autre chose que l'exprès commandement de Dieu de les faire mourir, comme ses plus grands ennemis, pourquoi les endurons-nous davantage ? En nous rendant désobéissans à la majesté du Très-Haut , nous faisons pire qu'eux , puisque la désobéissance est comparée à l'idolâtrie et à la sorcellerie , par Samuel , parlant au roi Saul.

» Je laisse aussi que les sorciers ne se plaisent qu'à mal faire , et qu'ils se baignent dans la mort des personnes et du bétail ; qui est une raison pour laquelle nous sommes poussés naturellement à les punir , si toutefois nous sommes touchés de quelque humanité.... Je dis de plus que , quand nous ne ressentirions en rien de ce qui est de l'homme ; car les bêtes même les plus déraisonnables ne souffrent pas entre elles celles qui se bandent et se mutinent contre les autres, comme nous le voyons par expérience. L'auteur de la nature nous imprime ce commun devoir dans l'âme ; car aussi , sans cela , le monde ne pourrait subsister. Par ces considérations donc , il est bien nécessaire que chacun prêle la main à un si bon office , et spécialement ceux qui sont en charge , afin que nous nous montrions tels -que nous avons été créés, c'està-dire hommes et politiques , et que nous ne fassions foudroyer sur nos têtes l'ire et l'indignation du Dieu vivant.

3oo HISTOIRE DE LÀ MAGIE EN FRANCE.

» D y en a eu qui ne se sont voulu persuader que tout ce qu'on disait des sorciers était véritable ; mais , par une grâce spéciale de Dieu , ils commencent à revenir de leur erreur, et Dieu leur a dessillé les yeux, que Satan leur avait bande* pour augmenter son règne. Ces messieurs , dis-je , s'adonnent maintenant à faire rechercher les sorciers , d'où j'augure que Satan, dans peu de jours, se verra terrassé , avec ses suppôts. Je veux bien qu'ils sachent que , si les effets correspondaient à ma volonté , la terre en serait bientôt repurgée ; car je désirerais qu'ils fussent tous unis en un seul corps, pour les faire brûler tous à une fois, en un seul feu. Je m'efforcerai cependant de leur faire la guerre, tant par la justice que j'en procurerai, que par mes petits écrits, connut déjà j'ai fait.

» Henri Boguet. ■

N # , VI. (Page 166.) Code des Sorciers.

Boguet rédigea ce Code en soixante-dix articles, dont voici les sommaires :

« Le juge du ressort instruit l'affaire et la juge ; on ne doit point suivre là-dedans les formes ordinaires.

» La présomption de sorcellerie suffit pour arrêter les personnes. L'interrogatoire doit suivre l'arrestation , parce que le diable assiste les sorciers en prison.

» Le juge doit demander à l'accusé s'il a des enfans.

» Il doit bien adviser k la contenance des sorciers, voir

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3oi

si le prirent! ne jette point de larmes , s'il regarde a terre , s'il barbotte à part, s'il blasphème : cela est indice.

n Souvent la honte empêche le sorcier d'avouer; c'est pourquoi il est bon que le juge soit seul , et que le greffier soit caché pour écrire les réponses.

» Si le sorcier a devant lui un compagnon du sabbat , il se trouble.

» On doit raser le sorcier, pour mettre a découvert le sort de taciturnité.

» On ne doit point mettre au bain le sorcier ; le suflragaut de Trêves dit que c'est péché.

» Il faut visiter le prévenu avec un chirurgien, pour chercher les marques.

» Si l'accusé n'avoue pas , il faut le mettre dans une dure prison, et avoir des gens affidés pour tirer la vérité du patient.

» Il y a des juges qui veulent promettre le pardon , et qui ne laissent pas de passer à l'exécution ; mais cette coutume , autorisée par bon nombre de docteurs , me paraît barbare.

» Le juge doit éviter la torture pour le prévenu , puisqu'elle ne fait rien sur le sorcier ; néanmoins il est permis d'en faire usage , même un jour de fête.

» Si l'accusé se trouve saisi de graisses , si Je bruit public l'accuse de sorcellerie , il est sorcier.

» Les indices légers sont les variations dans les réponses , les yeux fixés en terre , le regard hagard.

* Les indices graves sont la naissance; comme si , par exemple , le prévenu était enfant de sorcier, s'il est marqué , s'il blasphème.

» Le fils est admis à déposer contre son père.

» Les témoins reprochables doivent être entendus comme les autres,

3oa HISTOIRE DE LA MAGIE EN FRANCE.

» On doit aussi entendre les cnfans.

» Les variations dans les réponses du témoin ne peuYect faire présumer en faveur de l'innocence de l'accusé, si tous l'accusent d'être sorcier.

n La peine est le supplice du feu : on doit e'trangler la sorciers, et les brûler après.

■ Les loups-garous doivent être brûlés vifs.

» On condamne justement sur des conjectures et présomptions ; alors on ne brûle pas , mais on peut pendre.

» Le juge doit assister aux exécutions , suivi de son greffier, pour recueillir les dépositions. »

Ce cbef-d'œuvre de jurisprudence et d'humanité rtent dans le temps les suffrages universels. Boguet dédia ce Code à Daniel Romanez , avocat à Salins. Son ouvrage est i eve!i de l'approbation suivante :

« Je soussigné , docteur en sainte théologie , confesse avoir m lu le livre intitulé Discours sur les Sorciers , auquel je » n'ai rien trouvé de contraire à la religion catholique et n romaine , ni aux bonnes mœurs , ains plutôt rempli de plu- » sieurs belles doctrines.

» Dole, i3 août iGot.

n De La Barre. »

PIECES JUSTIFICATIVES. *o3

1N°. VII. (Page 177.)

Arrêt du parlement de Bordeaux , du samedi

10 mars 1610.

Veu par la cour , les chambres assemblées , le procez criminel et extraordinaire fait par les conseillers à ce députez , a la requeste du sieur procureur général du roi , en ce qui résulte à l'encontre de Diego Castalin , natif de Bogno , en Espagne, et de Francesco Ferdilio , natif de Lina , en Castilfe , et de Vineentino Torrados , natif de Madril , et de encore» Catalina Froseb , natifve de Colonasos, les conclusions du sieur procureur général du roy ; ouys et interrogez par ladite cour lesdits accusez, sur les enchantemens , magies, sortilèges et autres œuvres diaboliques , et plusieurs autres crimes à eux imposez ; tout considéré , dit a esté que ladite cour a déclaré et déclare lesdits Diego Castalin , Francesco Ferdilio , et Vineentino Torrados , et encores Catalina Frosella , duement atteints et convaincus des crimes de magie , sortilèges et autres pernicieuses œuvres malheureuses et diaboliques ; et pour réparation desquels crimes les a ladite cour condamnés et condamne à estre prins et menés , par l'exécuteur de la haute justice , en la place du Marché-aux-Porcs, et à estre conduits sur un buscher , pour illec estre bruslés tout vifs , et leurs corps estre mis en cendres ; ensemble Jeurs livres, caractères, cousteaux , parchemins , billets servant à magie.

L'arrétiste ajoute qu'ils moururent saus se repentir. Ainsi

3o4 HISTOIRE DE LÀ MAGIE EH FRANCE.

fut la fia de ces maudits magiciens, lesquels, étant possédés du diable , meurent sans aucune contrition de leurs fautes et péchés.

H°. VOL (Page 189.)

Confession de messire Louis Gaujridi , prince des magiciens, depuis Constaniinople jusqu'à Paris. (Mai 161 1.)

Immédiatement après la mort du curé des Acooles , parut dans le public une confession fabriquée par les moines, et qu'on supposait avoir été faite à deux capucins. En voici quelques passages :

• J'avoue que le diable m'est apparu , et que j'ai fait une cédule avec lui.

n J'avoue que je lisais le grimoire pour le faire venir.

» J'avoue que le diable me promit que , par la vertu de mon souffle , j'enflammerais à mon amour toutes les filles et femmes dont j'aurais envie , pourvu que ce souffle leur arrivât aux narines ; et dès lors je commençai à souffler à tontes celles qui me venaient à gré.

» J'avoue que je fréquentais la maison de M. La Palud , et que j'ai eu envie de Madeleine; mais sa mère la tenait de si près, que ce fut cause que je soufflai sur la mère, ponr qu'elle me l'amenât dans ma chambre, et qu'elle prît confiance en moi : de sorte que, me trouvant avec Madeleine , je l'ai baisée et plus.

» J'avoue que je lui donnai un diable nommé Émodes,

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3o3

pour l'assister, la servir et l'échauffer à mon amour; que jt lai mariée à BcUéhuUi, qui parut sous la forme d'un gentil- Lomme , et qu'après son mariage elle a signé un pacte. Le diable dit qu'il ferait tintamarre si je brûlais ces promesses.

» J'avoue que j'ai brûlé le grimoire.

» J'avoue que les sorciers, sorcières et magiciens sont marqués avec le petit doigt du diable , et que les parties marquées sont insensibles.

• J'avoue que , lorsque je roulais aller au sabbat , je me mettais a ma fenêtre , et que Lucifer m'y transportait.

• J'avoue qu'on adore h diable chacun selon son degré ; les masque* l'adorent tous couches à terre; les sorciers, i deux genoux; et les magicien*, comme prince* du sabbat, seulement à genoux d'un côté.

«• J'avoue que j'ai abu* de Madeleine , d'une princesse de Frise , et d'autres filles im lesquelles f ai «ociHe.

•» J'avoue que le diable est un vni rinçe de l'-'^ï :se . cj /oo baptise au sabt*t au nom de Beh^burn , de Lucifrr , e 1 antres ; qu'il y a dotue prêtres qui y £<ent la me<î« v.*a i r.v;?, et que le diable sert la messe; que h tce.tLe *çY<m f\*~* quand la messe est à la «msexratsoe est fcrî \imza*M #,t puante.

• J'avoue que la elocfce de la «sse est d* '.fxu*. . ».*. \%+. son bâton est de pmla tr,e*er . \ k*v* a tains manques qui ont 'fcarçe X \r>. 4* U laudes, pour lui farre maaf.er la exuru -: * • « ,^ très ne veulent mander. »

Ce qui me eoafamc 4ao» Tsite *>t * itc écrite par qneiqwe» Ircret 4* un « 4i* 4* l^^f #*a*çois , c'est qu'elle etf plu* d* ***tFw&*i>t , i/mt*** y*** levou,^'dye* ^l^W d**U*>o f : *

So6 HISTOIME DE LA MAGIE EN FRANCE.

porte de l'église des Capucins , et qu'il n'était tranquille que la. On voit encore dans cette confession nne autre particularité , qui est qu'on renie Dieu et les saints an sabbat , et particulièrement saint François.

H°. IX. (Page 191.)

Extrait de la Sentence, donnée contre les démons qui sont sortis du corps de Denjse de La Caille.

« Nous, grands-vicaires de monseigneur l'évesque comte » de Beauvais , étant duement informez que plusieurs dé- » mons et malins esprits vexoient et tourmentaient une cer- >» taine femme nomracc Dcnyse de La Caille , de la Lan- » délie; nous estans résolus de pourvoir homme capable à ce » faire; sur ce, nous avons donné à entendre à nostredit » seigneur évesque qu'avions un certain religieux jacobin , » nommé frère Laurent Lepoft , auquel nostre dit seigneur et » évesque a donné toute puissance , et nous lui donnons aussi » pareillement, conjurer lesqjts malins esprits ,comme si c'es- » toit notre propre personne , ledit frère Lepot ayant pris » la charge de nostre seigneur , iceluy a , fait plusieurs exor- » cismes et conjurations , desquels plusieurs démons sontsor-

* tis , comme le procès verbal le démontre appartement ; et ,

* voyant que , de jour eu jour , plusieurs diables se présen-

* toient, tant au corps de ladite Dcnyse, qu'on autres lieux

* et parties de son corps j comme l'expérience en est fort

PIECES JUSTIFICATIVES ft*»

• impie , el comme à présent il est certain qu'an certain «ic-

■ mou nomme , lequel est derechef rcvenn, « 4a p**r

■ seder le corps de ladite Dcoyse. tyous commande, îou- » Ions , mandons , ordonnons audit Li'ssi de descemù e ao*

» enfers , sortir Jiors dn corps de ladite Deoyse La 1-ailJe , >» sans jamais y rentrer; et, pour obvier à la reyejygi tl# » quatre démons, nous commandons, voulons, mandons et » ordonnons que Beliébuth, Satan, MotcJu et BrifTaut, les

• quatre chef* , et aussi que toute* les quatre légions , qui i sont sous leurs charges ej puissance , et aussi que tous au- » très , tant ceux qui sont de Pair, de l'eau , et du fen ? el ffc m terre , et autres lieux , qui ont encore quelque puissance

• sur le corps et dans le corps de ladite Denyse de La Caille,

• comparent maintenant et sans délai , sur la même peine m d'excommunication, de parler les uns après les autres, de n me dire leurs noms , tant que je les puisse entendre , pour » le» faire mettre et rédiger par écrit, sur peuic de .Ladite » excommunication et peines infernales. Et à défaut de ne m comparoir maintenant dans ce corps, je les mets et les » jette en la puissance de I enfer, pour être crucifie* cl tour-

• mentis davantage que de coutume ; et, faute de ne m o- » Leyr présentement , après les avoir appelés par trois fois , » commandons, voulons, mandons que chacun d'eux , j leur » égard , reçoive les mènes peines imposées cv-destus, trois » mille ans après le jugement, défendant an même Lissi et à » tous ceux qui auroient possédé le corps de ladite Dcovse de

• La Caille, de n'entrer jamais dans aucun corps, tint de

• créatures raisonnables, que d'autres, sous peine d'estre crucifiez au temps de leur possession , d'une peine acci-

■ dentelle. Suivant quoi ledit Liai , maling esprit p#t* à » sortir, a signé ces présentes; Belzébuth paraissant, Lissi

• s'est retiré au bras droit, lequel Pclzéhulh a signé; pa-

3oS HISTOIRE DE LA MAGIE EN FRANCE.

» reillement , Bel zébu th s'est ant retiré , Satan apparat , et a n signé pour toute sa légion , se retirant au bras gauche ; » Motelu, paraissant, a signé pour toute la sienne, s'estaot w retiré puis après à l'oreille droite ; incontinent , Briftault » est comparu , et a signé les mêmes présentes pour la

» sienne.

» Signé 9 Lîs&nsigné, Belzébcîh; signé, Sata* ; signé ,MoTtLV t signé, Briffaci/t.

(Le signe et la marque des cinq démons sont apposés à l'original du procès. )

» Beanvais, 12 décembre 1612. »

Page 1